Catégorie : (00) national

  • Témoignage de Elisabeth et Fernand Trau

    Témoignage de Elisabeth et Fernand Trau

    Témoignage de Elisabeth et Fernand Trau

    (paru dans Regard Neuf, le bulletin fédéral du CMR Bas-Rhin )

    « Les mouvements, un formidable tremplin pour la vie. »

    En équipe CMR depuis de nombreuses années, Elisabeth Trau et son mari Fernand y relisent leur vie ainsi que leurs multiples engagements au niveau de leur village, de leur paroisse et du CMR. retour sur leur témoignage paru dans le bulletin fédéral du CMR Bas-Rhin de novembre 2020;

    Pour lire leur témoignage cliquez ici : REGARD NEUF 11-2020 EXTRAIT

  • Témoignage de Michel Doiezie

    Témoignage de Michel Doiezie

    Témoignage de Michel Doiezie, membre CMR et paysan en Maine-et-Loire

    (paru sur le site du CCFD en octobre 2019)

    Pourquoi et comment s’est fait notre passage au bio ?

    Depuis 30 ans que je suis paysan, en GAEC avec mon frère René, c’est le plus beau projet que nous avons mis en place.

    La ferme de 80 ha était menée, avant 2016, de manière conventionnelle. Elle permettait de vendre 500 000 litres de lait et le produit de 30 ha de céréales (blé, orge, colza).

    En 2015, à notre demande, un conseiller de gestion est venu nous aider pour échanger au sujet de notre fin de carrière. Chacun a parlé sur la manière avec laquelle il envisageait la transmission de la ferme. De ces discussions est ressorti un souhait commun de transmettre notre entreprise en espérant que l’activité d’élevage laitier continue.

    Ce n’est que quelques jours après ces échanges que j’ai fait part à René de l’idée du passage au bio, afin de se donner plus de chance de trouver un ou des repreneurs.

    Cela me trottait dans la tête depuis quelques temps. Les nombreuses conversations avec mes enfants m’avaient fait avancer dans ma réflexion sur des changements de pratiques agricoles. De même en équipe CMR, le sujet du bio avait été abordé plusieurs fois et Luc (un membre de l’équipe) était déjà dans cette démarche depuis un an.

    A ma grande surprise, mon frère m’a dit que c’était une bonne idée !

    Pendant l’hiver 2015/2016, nous avons visité des fermes bio de notre département et nous avons suivi une formation à la chambre d’agriculture sur « le passage au bio ». Cela nous a permis de rencontrer d’autres agriculteurs très motivés. Nous avons mieux compris les choix et les changements que cela entraînerait dans notre activité. Très vite, nous nous sommes convaincus qu’il fallait faire ce choix et rapidement, sachant que la conversion dure au minimum 2 ans.

    Cette période de conversion a débuté le 15 mai 2016 avec l’objectif de vendre notre lait en bio le 15 mai 2018; Ce choix est plutôt marginal dans notre région. Pour nous, c’est devenu très motivant de penser et de faire sans les produits chimiques dans les terres ainsi que de soigner les animaux avec un recours aux antibiotiques très limités et très contrôlés. Nous avons découvert les vertus du fumier et du compost étendus sur les terres. Des prairies multi-espèces ont été mises en place pour le pâturage des vaches. Nous nous faisons la main pour soigner nos animaux avec des huiles essentielles et de l’homéopathie.

    Aujourd’hui, je suis vraiment heureux que nous ayons pris cette orientation ! Nos conditions de travail sont plus faciles notamment en faisant moins d’heures de tracteur.  Nous ne vendons plus de céréales et les achats extérieurs ont vraiment diminué. Le troupeau est en meilleur forme. Les résultats économiques sont supérieurs, nous envisageons même d’embaucher un salarié pour diminuer notre temps de travail. C’est un peu comme si j’avais changé de métier. Ma relation aux animaux et à la terre est différente avec plus de proximité et de confiance.

    Je pense que l’agriculture biologique ne peut que se développer dans le contexte actuel de transition écologique. Mais il y a URGENCE car notre planète est déjà malade.

    Tous les paysans, éleveurs, agriculteurs, céréaliers, vignerons, maraîchers…doivent réfléchir pour faire évoluer leurs pratiques et aller jusqu’au bio si possible. Nos enfants et nos petits enfants ne pourrons que s’en réjouir.

    Michel Doiezie

  • “Fratelli Tutti” / « Tous frères »- Texte intégral de l’Encyclique du 3 octobre 2020 du pape François

    “Fratelli Tutti” / « Tous frères »- Texte intégral de l’Encyclique du 3 octobre 2020 du pape François

    “Fratelli Tutti”, l’appel pressant du pape François à la fraternité.

    Le pape reprend les mots mêmes du poverello dans Les Admonitions : « Fratelli tutti, écrivait saint François d’Assise, en s’adressant à tous ses frères et sœurs, pour leur proposer un mode de vie au goût de l’Évangile ». Cette encyclique se décline selon huit chapitres :

    Les ombres d’un monde fermé ; Un étranger sur le chemin ; Penser et gérer un monde ouvert ; Un cœur ouvert au monde ; La meilleure politique ; Dialogue et amitié sociale ; Des parcours pour se retrouver ; Les religions au service de la fraternité dans le monde. Dans les derniers paragraphes le pape explique ses sources d’inspiration : « Je me suis particulièrement senti stimulé par saint François d’Assise, et également par d’autres frères qui ne sont pas catholiques : Martin Luther King, Desmond Tutu, Mahatma Mohandas Gandhi et beaucoup d’autres encore.

    Téléchargez ici le fichier PDF de l’Encyclique “Fratelli Tutti” dans son intégralité

     

  • Publication du Faire Mouvement n°7

    Publication du Faire Mouvement n°7

    Le Faire Mouvement n’7 à l’attention des équipes du CMR est paru ! Retrouvez-le en suivant ce lien.

     

  • FIMARC – Appel à l’action pour la Journée mondiale de l’Alimentation 2020

    FIMARC – Appel à l’action pour la Journée mondiale de l’Alimentation 2020

    Fondée en 1945 pour unir toutes les nations dans la lutte contre la faim, la FAO fête son anniversaire le 16 octobre, à travers une célébration mondiale connue comme la Journée Mondiale de l’Alimentation. A cette occasion, La FIMARC renouvelle ses propositions d’actions en lien avec le thème de cette année « Cultiver, Nourrir, Préserver. Ensemble. Agir pour l’avenir ».

    Des actions pour AGIR au quotidien :

    • CHOISIR UNE ALIMENTATION SAINE ET VARIÉE Une alimentation saine contribue à une vie saine. N’oublions pas qu’une alimentation diversifiée favorise la biodiversité !
    • CHOISIR DES PRODUITS LOCAUX Chaque fois qu’on le peut, soutenons nos paysans en achetant des aliments frais cultivés localement, par ex. sur des marchés de producteurs de notre communauté.
    • CHOISIR DES ALIMENTS DE SAISON Evitons les importations en profitant des saisons.
    • CULTIVER DES ALIMENTS CHEZ SOI Apprenez à cultiver vos propres fruits, légumes et herbes aromatiques
    • RESPECTER LA NOURRITURE ET LES PAYSANS Les pertes et gaspillages alimentaires peuvent se produire tout au long de la chaîne alimentaire – Respectons la nourriture et respectons les paysans.

    Des actions pour SENSIBILISER

    • Organiser des activités loisirs et sports comme une course, une marche, une ballade ou même un marathon contre la faim.
    • Organiser des Conférences, débats et tables rondes publiques avec des dirigeants politiques, des éducateurs, des scientifiques et des agriculteurs.
    • Organiser les dons de nourriture qui autrement auraient été jetée conformément aux règlements locaux. Lien avec les magasins locaux, restaurants, etc.
    • Organiser une exposition pour la JMA pour soutenir des produits agricoles.
    • etc.

    Lire la suite de l’appel de la FIMARC

  • Tout est lié

    Tout est lié

    Article paru dans Agir en rural n°120, « Face au changement climatique, quelles réponses ? »

    Osée 2,20-25

    En ce jour-là je conclurai à leur profit une alliance avec les animaux des champs, avec les oiseaux du ciel et les bestioles de la terre ; je briserai l’arc, l’épée, la guerre, pour en délivrer le pays, et ses habitants, je les ferai reposer en sécurité.

    Tu seras ma fiancée, et ce sera pour toujours. Tu seras ma fiancée, et je t’apporterai la justice et le droit, l’amour et la tendresse ; tu seras ma fiancée, et je t’apporterai la fidélité, et tu connaîtras le Seigneur.

    En ce jour-là je répondrai à l’appel des cieux, déclare le Seigneur ; oui, je répondrai aux cieux et eux répondront à l’appel de la terre ; la terre répondra au froment, au vin nouveau et à l’huile fraîche, et eux répondront à la « Vallée-de-la-fertilité ». Je m’en ferai une terre ensemencée.

    J’aimerai celle qu’on appelait « Non-aimée » ; et à celui qu’on n’appelait « Pas-mon-peuple », je dirai : « Tu es mon peuple », et il dira : « Tu es mon Dieu ! »

    Osée, un prophète que l’on associe habituellement à Amos au VIII° s. avant notre ère ; les deux ont dénoncé les dérives sociétales de leur temps avec les conséquences à la fois sur le lien avec leur Dieu, sur les relations avec leurs compatriotes et aussi leur rapport à la terre, à la création.

    Pour Osée, s’éloigner du Dieu de l’alliance, ce Dieu qui choisit ce peuple comme partenaire (2,21s) pour humaniser le monde, y apporter justice et droit, amour et tendresse, c’est faire surgir le chaos non seulement dans les domaines politiques, économiques, sociaux, mais aussi écologiques et environnementaux.

    Plutôt que de se tourner vers les divinités de la fécondité ou de la fertilité (qui annonçaient déjà les divinités actuelles de la croissance, présentée comme unique chemin vers le bonheur pour celles et ceux que notre modèle veut réduire au simple statut de consommateurs), le prophète rappelle l’engagement avec le Dieu de l’alliance… Cette alliance concerne non seulement le peuple d’Israël, mais aussi la terre en ce qu’elle a été donnée à l’humanité pour qu’elle la fasse fructifier en vue d’un monde plus juste et plus équitable.

    Les calculs auxquels se consacrent les responsables du peuple sont non seulement mesquins, mais aussi dangereux, car ils éloignent les cieux de la terre, cette dernière risquant de ne plus répondre au froment, au vin nouveau et à l’huile fraîche (2,23).

    Osée souligne ainsi que les choix politiques, économiques et sociaux ne sont pas sans conséquences sur l’environnement, et même sur le cosmos. Car, comme ne cesse ne nous le rappeler le Pape François, « Tout est lié ».

    Marc Delebarre, ENAD (équipe d’aumônerie diversifiée)

    William Bigelis, CC BY-ND.
  • La transition écologique, à quel prix ?

    La transition écologique, à quel prix ?

    Article paru dans Agir en rural n°120, « Face au changement climatique, quelles réponses ? »

    Pour économiser l’énergie et protéger l’environnement, les idées et les technologies ne manquent pas. Mais le résultat n’est pas toujours au rendez-vous, et certains produisent même l’effet inverse. La rédaction d’Agir en Rural vous propose un échantillon de ces « fausses bonnes idées » en matière environnementale.

    Introduire des agrocarburants dans l’essence

    90 % d’essence (SP95) et 10 % d’éthanol : c’est la composition du carburant E10. Avantage : il réduit un peu la dépendance au pétrole. Inconvénient : il est incompatible avec 40 % des véhicules (ceux construits avant 2000) et induit une légère surconsommation (1,7 %). Pas sûr que l’automobiliste s’y retrouve vraiment. Pas plus que l’air ambiant, car le bilan environnemental des agrocarburants est extrêmement variable, y compris en France. Au niveau international, ils sont accusés de se substituer aux cultures vivrières et d’accélérer la destruction des forêts tropicales, pièges à CO2. Vue l’ampleur des subventions (près de 1 milliard d’euros), le coût de la tonne de CO2 évitée est de toute façon très élevé.

    La voiture électrique

    La voiture électrique apparaît comme le véhicule zéro émission par excellence. Mais elle n’est pas forcément écolo. D’une part, elle ne résout pas les problèmes de congestion routière : sa généralisation contribuerait plutôt à pérenniser les modes de vie et de travail actuels. D’autre part, si la voiture n’émet rien localement, l’électricité qui charge sa batterie, elle, émet du CO2. En Europe, la production d’un kWh dégage à peu près 400 g de carbone. Du coup, selon l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), un véhicule électrique brûle 100 g de CO2 aux 100 km, à peine moins qu’un modèle essence (126 g). Certes, le nucléaire permet à la France de diviser ce chiffre par quatre. A condition, précise RTE (Réseau de transport d’électricité), gestionnaire du réseau électrique, que les batteries soient chargées en période creuse. Sinon, leur généralisation pourrait créer des tensions sur le réseau et contraindre à mettre en marche des centrales thermiques polluantes. Autre souci : la durée de vie de la batterie. Avec la technologie lithium-ion actuelle, elle ne dépasse pas deux ans, d’où l’afflux anticipé de batteries usagées. Si les métaux sont facilement recyclables, les solvants sont plus délicats à éliminer.

    La méthanisation, ce procédé en plein essor qui continue de diviser

    En produisant du biogaz à partir de déchets organiques, la méthanisation présente des atouts qui la font apparaître comme une option de choix en matière de développement durable. En France, la filière progresse à grande vitesse mais des voix se font aussi entendre pour dénoncer les inconvénients et dérives potentielles du procédé.

    Un digestat loin d’être sans danger ?

    Les déchets organiques utilisés pour la méthanisation sont d’origine variée. Il peut s’agir aussi bien de déjections d’animaux que de déchets issus de l’industrie agro-alimentaire, de résidus de culture ou de déchets verts. Une fois le processus achevé, reste un résidu solide et liquide, le fameux digestat qui peut ensuite être épandu sur des parcelles agricoles afin de servir d’engrais.

    Or, pour certains, ce digestat est loin d’être sans danger pour les sols. Si « l’hygiénisation » est insuffisante, ce mélange peut receler de nombreuses bactéries, potentiellement résistantes, qui vont ensuite s’infiltrer dans les sols voire les nappes phréatiques.

    A l’état brut, le digestat peut également être une source non négligeable de métaux lourds et d’autres résidus nocifs comme l’a montré une récente polémique autour du méthaniseur de Gramat situé dans le Lot. Des scientifiques affirment avoir observé, après épandage du digestat issu de cette installation, une forte chute de la population de collemboles, des insectes considérés comme des acteurs de la vie du sol.

    L’« angoisse écologique », malaise des temps modernes ?

    L’expression « angoisse écologique » fait son apparition en 2007 dans un article de Glenn Albrecht, un philosophe australien. Il parle alors de « solastalgia », un néologisme provenant de l’anglais solace, qui signifie « réconfort », et du grec algos, signifiant « douleur ».

    Au sens strict, la solastalgie fait référence à la souffrance psychique ressentie par un individu face à la destruction des éléments familiers de son environnement. C’est le terme repris aujourd’hui aux quatre coins du globe. En France, on parle plus volontiers de dépression écologique, de burn-out environnemental ou d’angoisse climatique. Le phénomène, qui émerge tout juste en France, reste encore difficile à quantifier. Les enquêtes d’opinion attestent certes d’une préoccupation grandissante de la population vis-à-vis des questions environnementales – 85 % des Français-es, et 93 % des 18-24 ans, se disent inquiets du réchauffement climatique. Mais entre se dire inquiet et être déprimé, il y a un gouffre. Combien basculent véritablement dans l’angoisse viscérale ? Une infime minorité… impossible à chiffrer pour l’heure.

  • Parution d’Agir en rural n° 122 : « La santé, un bien commun ? »

    Parution d’Agir en rural n° 122 : « La santé, un bien commun ? »

    Le n°122 d’Agir en rural sera chez nos abonné·es avant la fin du mois. Il est consacré à la santé, bien commun. Pour le recevoir dans votre boîte aux lettres, abonnez-vous !

    Édito : À notre santé !

    Habituellement, quand nous trinquons, nous disons « À votre santé ! » Mais depuis cette pandémie qui nous est tombée dessus, nous avons expérimenté qu’en termes de santé, être attentif à la nôtre, c’est aussi être attentif à la vôtre : nous soucier de notre santé, c’est aussi se soucier de la santé des autres.

    Par ailleurs, si nous ne le savions pas encore, la santé humaine ne peut plus se penser en vase clos, car elle est en lien avec la santé animale et l’environnement… L’OMS a ainsi développé ce concept : « One Health » (la santé de l’homme est intimement liée à celle des animaux et des écosystèmes).

    Certes, nous serions parfois encore tenté·es de confier notre santé à des spécialistes (très écouté·es durant ces mois de confinement, puis de déconfinement) et pourtant, n’avons-nous pas tou·tes une responsabilité dans l’entretien de cette santé, qui tarde à être reconnue comme bien commun ?

    André Comte-Sponville, dans une interview du 27 mai au quotidien belge L’Écho, parle d’un danger qui nous menace : le pan-médicalisme qui consisterait à confier à la seule médecine et à ses spécialistes, par le biais de notre santé, la conduite de nos vies et de nos sociétés. Cette dérive pourrait dé-responsabiliser les citoyen·nes.

    Dans le domaine de la santé, écrit encore le professeur Didier Sicard dans un article d’Études de mai 2020, il est urgent d’être plus attentif au réel et de prendre en considération la complexité de l’environnement… et c’est là où tou·tes, nous avons notre mot à dire, car nous faisons partie de cet environnement qui contribue non seulement à notre bien-être, mais à celui de toutes les créatures.

    La santé, c’est, dit encore l’OMS, « tout ce qui concourt au bien-être des gens », donc un domaine très vaste que la diversité des articles de ce numéro n’arrive pas à couvrir.

    En ce domaine et en bien d’autres, nous prenons conscience que « tout est lié », tant la clameur de la Terre que la clameur des pauvres (cf. Laudato si’ 49)… Nous sommes lié·es non seulement les un·es aux autres, bien au-delà des frontières, mais aussi à toute la création avec laquelle nous sommes en inter-dépendance pour notre avenir, sinon pour notre survie.

    Nous avons réalisé aussi, espérons-le, combien la santé ne peut ignorer ni l’espace ni le temps…

    L’espace c’est aussi bien l’intérieur, i.e. la complexité de nos organismes (cela comprend ces mondes que nous sectorisons bien trop : minéral, végétal, animal), que l’extérieur, i.e. les relations entre les êtres vivants, non pas en vue de l’exploitation des uns par les autres, mais d’une meilleure harmonie.

    Le temps, c’est notre histoire, celle dont nous héritons et que nous transmettons ; la santé du monde de nos descendant·es dépend du souci que nous en avons maintenant… Prenons le temps de soigner notre environnement…

    Il est donc urgent d’« initier des processus plutôt que de posséder des espaces… en privilégiant les actions qui génèrent des dynamismes nouveaux » (pape François, La Joie de l’Évangile 223)… Oui, plus que jamais, œuvrons à notre santé commune !

    Marc Delebarre (ENAD)

    S’abonner à Agir en rural. Trimestriel, 16 pages couleurs.

  • Une épicerie zéro déchet

    Une épicerie zéro déchet

    Article paru dans Agir en rural n°120, « Face au changement climatique, quelles réponses ? »

    Nous sommes de plus en plus nombreux à réfléchir sur nos modes de consommation et à introduire des petits gestes écologiques dans notre quotidien. Parfois, certaines personnes vont plus loin. C’est le cas d’Aurélie et de Cédric Heim, âgés respectivement de 36 et 37 ans qui se sont lancés dans l’ouverture d’une épicerie de produits en vrac et de produits locaux.

    Aurélie, avec ton mari Cédric, vous avez ouvert une épicerie de produits en vrac et locaux où les gens viennent avec leurs contenants pour limiter, voire supprimer, les emballages. Pourquoi un tel projet et comment s’est-il concrétisé ?

    Depuis trois ans, avec mon mari, nous sommes dans une démarche écologique. A la base, je fais de la vente à domicile de produits ménagers biodégradables, donc respectueux de l’environnement. Ce sont des produits concentrés que les clients vont ensuite diluer. Du fait qu’ils sont concentrés, leurs emballages sont réduits. Par rapport aux produits ménagers nous limitions nos déchets mais nous avons voulu aller plus loin dans la démarche et l’étendre à l’ensemble de notre consommation. Mais en faisant le tour des magasins, nous nous sommes rendu compte que financièrement et écologiquement on ne s’y retrouvait plus.

    Mon mari, qui était en pleine recherche professionnelle, a voulu utiliser ses compétences de manager de rayon en grande surface, pour ouvrir une épicerie de produits en vrac sur la région de Saverne. En cherchant un local, nous sommes tombés sous le charme de celui-ci. Il a un parking et il est situé en périphérie de Saverne. Nous le voulions aussi accessible aux gens des villages autour. La taille de ce local nous permettait de développer aussi dans notre future épicerie des produits frais locaux. En mars 2019, ce local nous a permis d’agrandir la vision de notre projet.

    Aurélie, je suppose qu’avant, comme beaucoup de personnes, tu faisais tes courses dans un supermarché classique. Quelles différences te frappent ici au VracOmarché ?

    Quand je retourne dans un supermarché classique, ce qui me fait mal au cœur, c’est de voir les caddies qui débordent de plastiques. Les gens viennent ici pour le concept mais aussi pour la convivialité. Nous avons voulu créer un esprit familial. Les personnes viennent avec leurs enfants. Nous nous sommes appuyés sur notre propre expérience. Nous avons trois enfants et nous savons ce que c’est de faire les courses avec eux. Nous avons aménagé un espace pour les enfants au sein du magasin. Les gens viennent en famille et parfois les enfants râlent quand il faut repartir. Je m’intéresse aux personnes, je leur demande comment ça va aujourd’hui. Ce qui différencie surtout notre commerce, c’est la convivialité et le fait que ce soit aussi un lieu d’échange.

    Je suppose que les clients qui viennent chez vous sont déjà la plupart dans une démarche écologique. Penses-tu que votre magasin vrac et local puisse aider à sensibiliser un plus large public ?

    Oui, si les clients viennent ici, c’est qu’ils ont déjà une démarche par rapport à la réduction des déchets. Mais ce qui a été vraiment énorme, c’est que pendant la période de Noël, nous avons vendu beaucoup de produits ‘’0 déchet’’ que les gens voulaient offrir à leurs proches. Les personnes qui ont reçu ces cadeaux sont ensuite venues au magasin. Je pense que c’est ainsi qu’on va pouvoir avancer, quand les personnes converties qui fréquentent le magasin vont par l’exemple convertir leurs proches.

    Ton mari Cédric fait partie d’un réseau plus large, le « réseau vrac ». Est-ce que des réflexions sur une consommation plus écologique sont vraiment en cours ?

    En effet, Cédric adhère à un réseau pour les gérants de commerces en vrac. Ils se réunissent plusieurs fois par an pour partager ensemble leurs avancées et pour discuter de nouvelles propositions. Ce réseau propose des groupes de réflexion pour réduire encore davantage les emballages du côté des fournisseurs.

    Le souci est que parfois nous sommes limités dans notre entreprise, peut-être parce qu’aujourd’hui on essaye de se surprotéger. Parfois c’est un frein pour le recyclage des produits. Un exemple : une fois que les clients avaient acheté les œufs, notre petit producteur reprenait les plateaux sur lesquels les œufs étaient posés. Mais avec la réglementation actuelle il ne peut pas nous les reprendre. Nous nous sommes obligés de les jeter et lui d’en racheter des neufs.

    C’est une des raisons pour lesquelles nous voulons développer le réseau local. On se rend compte qu’en circuit court on arrive beaucoup mieux à travailler en flexibilité avec les petits producteurs. Ils reprennent plus facilement les emballages. Si on veut atteindre le zéro déchet il faudra tendre vers une réutilisation des emballages pour éviter de les jeter.

    Nous ne nous revendiquons pas zéro déchet mais notre conditionnement en génère moins qu’un magasin traditionnel. Notre rêve c’est de tendre vers un quasi zéro déchet. Avec les petits producteurs en circuit court, on remarque qu’il y a une grande avancée bien que parfois certaines réglementations représentent un frein dans ce domaine.

    Propos recueillis par Valérie Velten

  • Nos fédérations à l’initiative

    Nos fédérations à l’initiative

    Article paru dans Agir en rural n°120, « Face au changement climatique, quelles réponses ? »

    Le CMR Pas-de-Calais, aidé de l’EDAR (Équipe diocésaine d’animation en rural), a organisé en octobre un forum sur la transition écologique « Plus belle la Terre ».

    Il est 9 h et nous sommes à pied d’œuvre pour installer les tables, les chaises, les grilles d’exposition prêtées par la municipalité de St Laurent et monter deux tonnelles supplémentaires à celles déjà présentes sur la base. Il bruine mais cela n’empêche pas la bonne humeur et le plaisir de se retrouver pour proposer cette journée de découverte de belles initiatives locales existantes sur l’Artois et la Gohelle. Des élèves du lycée Senez d’Hénin Beaumont sont venus faire l’accueil et des jeunes musiciens ont animé toute la journée. Acheter des meubles relookés, des produits équitables, consommer local, utiliser un frigo solidaire, recycler ses tee-shirts ou chaussettes usagées, trier nos déchets, cuisiner les fruits abîmés, utiliser le vélo plutôt que la voiture pour les petits trajets, sont des actions à la portée de tou-tes. Nous pouvons aussi mettre des hôtels pour les abeilles, des nichoirs pour les oiseaux, et des mangeoires pour les aider à passer l’hiver en les nourrissant, planter des haies arbustives, acheter une énergie verte, participer au financement d’un projet écologique et solidaire, …

    L’Église réfléchit et montre l’exemple à travers le label « Église Verte ». Le CMR dans son dernier congrès proposait comme chemins des possibles de « Consommer autrement » et d’avoir « une économie co-opérante au service du bien commun ». Chaque geste que nous faisons contribue au changement. À nous citoyens, chrétiens ou non, de nous « bouger ». Quand le consommateur devient « consomm’acteur », il pose un geste politique. À nous de dire et de montrer par nos actes, que nous voulons vivre sur une planète belle et propre, car nous n’en avons qu’une et qu’il n’y a pas de plan B !

    Sylvie Preux et Bénédicte Neuts

    Le label Église verte, c’est quoi ?

    Église verte est un dispositif né en 2017 et proposé aux paroisses et à tout groupe chrétien pour vivre une conversion écologique collective. Le label Église verte est né de la mobilisation autour de la COP21 (Pèlerins climatiques, marches, publications, jeûnes…) et de l’élan qu’a provoqué l’encyclique Laudato si’ en 2015. En deux ans, plus de 300 communautés se sont lancées dans la démarche : paroisses mais aussi écoles, centres spirituels, monastères, familles…

    Plus d’informations : https://www.egliseverte.org/

    Jeanne Menjoulet, CC BY.