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  • Agir en Rural : Oser faire autrement

    Agir en Rural : Oser faire autrement

    Edito

    30/50 ans, ils osent faire autrement ….

    Cette génération, en effet, n’a pas fini de nous questionner, de nous bousculer ! Et c’est tant mieux !

    Consommer autrement et réduire ses déchets. Donner une deuxième vie aux biens matériels par le troc, le don, les associations. Habiter autrement pour plus de sobriété. Réfléchir à la manière de se débarrasser de ce qui peut être superflu en termes de consommation, et agir en conséquence et en cohérence avec ces réflexions. Partager et vivre autrement pour ne pas épuiser la « Terre Mère » qui nous accueille et pour permettre à chacune et chacun, sur la planète, de profiter des richesses qu’elle peut encore nous offrir.

    Oser faire autrement, ne pas s’enfermer dans des clichés, dans des habitudes.

    Dans l’Ehpad où je suis animatrice, nous sommes une dizaine à venir de suivre une formation sur l’approche de la douleur et de l’hypnose dans la prise en charge de la personne âgée : une approche autre, là aussi, une approche de la personne dans son intégralité, bien loin des ordonnances à rallonge et des sédatifs si vite prescrits et distribués …

    La prise en charge de personnes vulnérables devient accompagnement, les rendant actrices et non plus consommatrices. On ose redonner à chaque personne sa place, sa dignité, on ose l’aider à trouver, à retrouver les capacités à prendre ses responsabilités. On ne fait plus « pour » ou « à la place de », on « chemine avec ».

    Il flotte dans l’air, dans la vie de cette génération des 30/50 ans, comme une envie et même un besoin de s’engager. Pour la planète, pour la justice humaine et sociale, pour la solidarité, pour les autres.

    Cette envie se concrétise par des engagements qui révèlent une certaine forme de foi. Dans la vie. Dans l’humain. Dans le respect de ce qui nous entoure, et de ceux qui nous entourent. Dans la capacité de l’Homme à inventer, à créer ce monde d’après auquel, toutes et tous, nous aspirons.

    Pour nous-mêmes. Pour les autres. Et « l’Autre » dans tout ça ?

    Les générations précédentes se nourrissent de leur foi, agissent, s’engagent au nom de leur foi.

    Et les plus jeunes, comment vivent-ils leur spiritualité ?

    Quelle place tient-elle dans leurs vies ?

    Est-ce qu’il s’agit d’une spiritualité chrétienne ?

    Est-ce qu’un mouvement comme le CMR peut proposer des réponses à leurs envies, à leurs attentes ?

    Toutes ces questions sur les 30/50 ans, le CMR se les pose au national et les décline en fédés, en équipes, en se faisant accompagner.

    Une volonté d’ouvrir les portes du mouvement aux jeunes, de les accueillir, de leur donner la parole.

    Dominique de Vivies

    Co-présidente nationale

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  • Opération escargot sur l’ambition de la prochaine PAC

    Le CMR, signataire de communiqué de Pour une autre PAC

    Aujourd’hui, une frange des agriculteurs, certains producteurs de grandes cultures, manifeste bruyamment, pour faire connaître ses revendications pour la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC). La plateforme Pour une autre PAC, regroupant 46 organisations paysannes, de protection de l’environnement et du bien-être animal, de solidarité internationale et de citoyens-consommateurs, fait part de sa très vive opposition aux revendications exprimées par cette partie de la profession agricole, dénonce leur tentative d’affaiblissement dramatique de l’ambition de la réforme de la PAC et s’inquiète de l’écho que pourrait trouver leur démarche dans les décisions gouvernementales imminentes sur ce dossier.

     

    Une portion congrue des agriculteurs tente d’imposer ses intérêts au détriment de l’intérêt général

    Les organisations professionnelles agricoles à l’origine des actions du jour jouent de leur pouvoir de nuisance disproportionné par rapport à leur réelle représentativité. Rappelons que les producteurs de céréales, maïs, betteraves et oléo-protéagineux qui manifestent ce jour ne représentent au mieux que 17% des fermes françaises, ce qui équivaut à 0,1% de la population française, et donc des contribuables et consommateurs ! Pourtant, elles semblent considérer qu’il est parfaitement légitime de faire primer leurs intérêts économiques de court terme sur l’intérêt de la majorité des agriculteurs et sur l’intérêt général. Concrètement, leurs demandes consistent à maximiser la part du budget de la PAC qui leur reviendrait au détriment de l’élevage en plein air ou de la production de fruits et légumes, à privilégier les grandes fermes plutôt que les petites et moyennes et à supprimer toute incitation à une amélioration de leurs pratiques. Ces demandes constituent un affaiblissement dramatique du niveau d’ambition attendu pour la réforme de la PAC et même un recul par rapport à la PAC actuelle. Elles sont absolument incompatibles avec la totalité des défis économiques, sociaux et environnementaux auxquels la prochaine PAC doit répondre.

     

    Des arbitrages gouvernementaux imminents

    Le calendrier des organisateurs de ces opérations escargot n’a pas été choisi au hasard : les tout prochains jours vont être décisifs pour les grands arbitrages gouvernementaux concernant la réforme de la PAC. L’histoire récente nous permet d’être réellement inquiet : ce sont ces mêmes acteurs qui ont obtenu la réautorisation des néonicotinoïdes, entre autres choses. Or les prises de parole récentes de Julien Denormandie, ministre de l’agriculture et de l’alimentation, laissent entendre qu’il est encore particulièrement à l’écoute de leur discours. Il est donc impératif que le Premier ministre, à qui reviendra l’arbitrage interministériel sur ce dossier, ne se laisse pas berner par les promesses de souveraineté alimentaire ou de verdissement miraculeux de l’agriculture française faites par son ministre de l’agriculture.

     

    De nombreux acteurs de la transition font des propositions constructives pour la réforme de la PAC

    La plateforme Pour une autre PAC a pourtant soumis au gouvernement des propositions techniquement faisables et à même d’enclencher une transition agroécologique massive de l’agriculture française, tout en la remettant au service de notre souveraineté alimentaire. Pour autant, malgré la représentativité de notre plateforme inter-organisation, autrement plus importante que celle des manifestants du jour, notre voix et notre légitimité ne semblent pas être prises en compte dans les négociations. Nous en appelons donc au Premier ministre, Jean Castex, pour adopter un regard critique sur les propositions d’arbitrages qui lui seront soumises par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et pour intégrer dans ses choix les demandes formulées par nos 46 organisations en faveur d’une réforme en profondeur de la PAC, mise aux services de tous les citoyens et d’une majorité de paysans.

  • Il est impossible aujourd’hui de parler d’un seul modèle familial

    Il est impossible aujourd’hui de parler d’un seul modèle familial

    Après la publication, lundi 15 mars, d’une note publiée par la Congrégation pour la doctrine de la foi rappelant le caractère « illicite » des bénédictions d’unions de couples de même sexe.

    Nous Chrétiens dans le Monde Rural, face à cette déclaration excluante et qui nous heurte, nous réaffirmons notre position et nos valeurs.

    Nous réaffirmons que « La famille est le lieu de vie essentiel pour petits et grands. C’est un trésor. Il est impossible aujourd’hui de parler d’un seul modèle familial. Il existe bien des familles, plurielles, diverses dans lesquelles chacun peut trouver sa place et s’épanouir. »

    Nous dénonçons le positionnement de certains membres de l’institution ecclésiale tendant à exclure et à juger, face à des situations familiales différentes en dehors de la norme de l’Église.

    Dans l’Église, des personnes engagées accueillent et accompagnent des familles dans leur diversité.

    La pastorale familiale de l’Eglise de France se doit de mieux intégrer les nouvelles formes de conjugalité et de parentalité. Le CMR invite à les reconnaître pour, ensemble, faire évoluer les règles institutionnelles, sans risque d’exclusion.

     (Extraits l’Agir en Rural n° 121, chapitre famille p. 25 et 28).

    Pour passer commande de l’Agir 121 : mcacace@cmr.cef.fr

  • Vacances formation 2021 : donner du sens à ses vacances

    Vacances formation 2021 : donner du sens à ses vacances

    « Donner du sens à ses vacances »

    Le CMR, association agréée d’éducation populaire, organise ses vacances formation 2021, du samedi 24 juillet au samedi 31 juillet, au lycée agricole de Ressins, dans le département de la Loire (42).

    Une semaine pendant laquelle le CMR invite les participants (environ 80 personnes) venus de toute la France à aborder le thème « aller à la rencontre de l’autre » tout en découvrant le patrimoine et la culture du Pays Roannais.

    Des vacances apprenantes et conviviales

    Ces vacances formation se veulent un espace d’échange et d’ouverture, un temps de pause, d’engagement en famille et entre amis, un temps de réflexion et d’expérimentation.

    Elles promettent une richesse tant dans le programme de formation que dans l’immersion au cœur du Pays Roannais.

    Des vacances pour qui ?

    Ce programme estival s’adresse aux membres du CMR et à leurs familles, ainsi qu’à toute personne qui souhaite les rejoindre pour cette semaine d’échanges.

    Un public intergénérationnel, avec des activités spécifiques pour les plus jeunes.

    Les temps libres et la découverte du territoire

    Le rythme des journées permettra de découvrir la région et ses acteurs : acteurs du monde rural dans toute leur diversité, mais aussi paysages, loisirs, randonnées, patrimoine culturel, traditions, …

    Les bénévoles des fédérations CMR du Rhône (69) et de la Loire (42) accompagneront et animeront cette semaine en collaboration avec les salariés et les administrateurs nationaux du CMR.

    Le thème 2021 :

    Aller à la rencontre de l’autre : une fraternité… au pied du mur ?

    Qui que tu sois, il est bon que tu existes !

    Dans un monde qui a tendance à s’individualiser, comment aujourd’hui aller vers l’autre, dans une démarche individuelle et collective, en vue d’agir pour une transition sociale et environnementale. Il s’agit d’oser promouvoir le vivre ensemble et d’expérimenter des pistes pour aller vers l’autre et faire vivre les mots Solidarité et en Fraternité.

    Un sacré enjeu dans cette période de crise sanitaire ! Dans le respect strict des mesures sanitaires.

    Présentation et programme provisoire :Plaquette VF 2021


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  • Journée agriculture et alimentation du CMR : Combiner agriculture et élevage une chance pour la terre

    Journée agriculture et alimentation du CMR : Combiner agriculture et élevage une chance pour la terre

    Cette rencontre (au format visio-conférence en raison du contexte sanitaire), qui a réuni près d’une centaine de personnes, avait pour ambition de maintenir un échange au sein du réseau « Agriculture-Alimentation » sur une question d’actualité : la place et l’évolution de l’élevage en agriculture. Quatre interventions complémentaires se sont succédé et ont porté sur l’intérêt de renforcer ou de rétablir des liens entre l’élevage et les productions végétales dans le mode de fonctionnement des exploitations agricoles.

    Dans son exposé introductif, Jean-Claude Germon a rappelé l’évolution récente des structures de notre élevage avec la spécialisation en filières, la concentration de ces structures, les difficultés des éleveurs et les nuisances environnementales. Il a aussi mis en avant les avantages d’un élevage intégré aux productions végétales et mis en lumière des initiatives d’agriculteurs et d’agricultrices qui font le pari de rénover leurs modes de fonctionnement.

    Ronan Guernion, jeune agriculteur breton « bien dans sa tête et ses baskets », a repris l’exploitation laitière familiale. Marqué par un séjour au Paraguay et la découverte de la production industrielle de soja pour les élevages européens, au détriment des agriculteurs locaux, il a recherché l’autonomie alimentaire de son troupeau à travers la bonne gestion de ses prairies (il assure ne plus avoir de parcelles cachées au Paraguay pour nourrir son troupeau !) Pour mettre en place les changements qu’il a osé faire, comme par exemple les vêlages groupés qui lui permettent une organisation de vie satisfaisante, il s’appuie sur le CEDAPA (Centre d’études et de développement pour une agriculture plus autonome) qui fonctionne sur la base de partage d’expériences.

    Philippe Collin, agriculteur en GAEC sur les « petites terres à cailloux » des plateaux de Bourgogne, exprime cette même préoccupation d’autonomie alimentaire. Jeune agriculteur il avait vendu son troupeau pour alléger ses charges de travail : convaincu des impasses d’une agriculture aux rotations trop courtes (blé, orge, colza) et de la nécessité de s’affranchir de la dérive pesticide, il a décidé de réintroduire un troupeau laitier vingt ans plus tard, pour allonger ses rotations culturales et entretenir ses terres, avec notamment la culture de luzerne, bien adaptée à la sécheresse de ses terrains. Cela lui permet d’assurer sa production laitière biologique sans faire appel au soja importé.

    Bruno Guermonprez, de l’association « Elevages sans frontières » a montré l’intérêt de l’élevage dans les pratiques agricoles des pays en développement à travers le soutien à l’élevage maîtrisé de chèvres en Afrique de l’Ouest. Un investissement à la portée d’éleveurs pauvres, un moyen de valorisation d’une biomasse végétale résiduelle difficilement utilisable autrement, et une démarche de développement communautaire.

    La rencontre s’est poursuivie par des échanges complémentaires qui ont principalement porté sur la contribution de l’élevage à l’effet de serre, soulignant l’intérêt des modes de gestion des prairies et des haies, et sur l’accentuation des contraintes climatiques, dont Philippe Collin soulignait qu’elles « bouleversent actuellement tout ce que les agriculteurs savent faire ». Une incitation à continuer à travailler dans un esprit de sobriété.

    Retrouvez l’intégralité de la rencontre dans les actes de la journée agriculture et alimentation 2020 ACTES JAA

     

     

     

     

     

  • Cohésion des territoires : L’agenda rural

    Cohésion des territoires : L’agenda rural

    Découvrez l’Agenda rural mis en place par le secrétariat d’Etat à la ruralité.

    Le CMR National a organisé une rencontre le jeudi 14 janvier 2021 avec le Secrétariat d’État à la Ruralité auprès de la Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales. Nous avons pu échanger avec Théodore Bidgrain (directeur-adjoint du cabinet) et Ludovic Pinto (conseiller spécial), et faire une présentation du CMR ainsi que des ces activités et priorités pour 2021, et plus particulièrement les 4 thématiques et la démarche de rejoindre les 30/50 ans.

    On retient de cet entretien, la mise en place de l’agenda rural qui se veut un plan d’action en faveur des territoires ruraux. Il couvre de nombreux domaines : numérique, santé, culture, éducation, commerces et services, emploi et activité économique, écologie, déplacement. « Ils touchent au quotidien des habitants, tant dans leurs activités personnelles que professionnelles, et contribuent à la cohésion sociale et territoriales des zones rurales. »

    Voici un lien vers le site du ministère qui présente en détail l’Agenda Rural.

    De quoi nourrir la réflexion en fédé ou en équipe sur cette action qui touche nos territoires ruraux.

    ©lecreusois de Pixabay

  • Un Noël en équipe autrement avec la Fédé 59 Lille

    Un Noël en équipe autrement avec la Fédé 59 Lille

    Cher.e.s ami.e.s, membres du CMR,

    En cette période de confinement, le Conseil d’Administration de la Fédé 59 Lille vous invite à vivre un Noël
    autrement, en équipe, si vous le pouvez, et dans votre famille.

    La covid ne cesse de bouleverser nos vies. Les réunions familiales, entre amis semblent
    compromises, restreintes pour les fêtes de fin d’année, car jugées potentiellement dangereuses.
    Et, si cette situation d’épidémie nous obligeait à imaginer un Noël autrement…
    Il y a 2000 ans, un enfant est né dans le plus grand dénuement. Des bergers, des petites gens à
    l’époque, sont les seuls à être présents, à veiller dans la bergerie. Ils étaient sa première famille.

    Une équipe du CMR s’est posée des questions sur le sens de Noël.

    On entend dans les médias, « il faut sauver Noël ». Qu’en pense-t-on ?
    Comment voit-on approcher la fête de Noël 2020 dans ce contexte ?

    – Noël sans rassembler toute la famille ? Sans revoir les enfants et les petits-enfants, les grands-parents ?
    – Noël masqué ?
    – Noël à distance ? en visio ? Noël à Pâques ?
    – Y aura-t-il des messes de Noël ?
    – Et les cadeaux ? Passage obligé ? Courses impossibles ou compliquées
    – Le sapin ? Les décorations ? La crèche ?

    Et pourtant, le jour de Noël, un bébé est arrivé et rien n’était prévu pour cet événement prévisible.
    Qu’est-ce qui est important pour nous aujourd’hui ?

    Faut-il préserver les habitudes, les rites et les adapter ?

    – Dans quel respect de chacun ?
    – Le « cadeau » : Comment ? obligatoire ? Objet ? Achat ou recyclage ou création ou … ? Promesse d’un moment ?
    – Les retrouvailles : Comment ? Quand ? Avec qui ? Combien ?La pandémie qui dure, fragilise et isole des personnes, des proches, des voisins.
    Noël est signe de fraternité, d’attention aux plus fragiles, à ceux qu’on ne voit pas
    – Comment fêter Noël avec les plus fragiles, les invisibles proches de notre pas de porte ?

    – Que pourrions-nous offrir les uns aux autres, voisins de rue ou de village ?

    Le fait de partager en équipe peut nous permettre d’exprimer nos interrogations, nos peurs ou nos joies, le sens que
    nous mettons derrière ces moments de fête, de les redécouvrir, de s’enrichir des expériences ou éclairages des autres.
    Difficile de prévoir les conditions de vie, de santé pour la fin du mois de décembre… Alors sommes-nous prêts pour
    un Noël autrement ?

    A vous de partager ce questionnement en équipe ou dans votre foyer.

    Fraternellement,

    Le Conseil d’Administration du CMR Fédé de Lille.

  • Noël 2018, nous avons vécu l’aventure du calendrier inversé !

    Noël 2018, nous avons vécu l’aventure du calendrier inversé !

    Témoignage de Florence et Margot HUET (CMR 44).

    Noël 2018, nous avons vécu l’aventure du calendrier inversé !

    Chaque année les calendriers de l’Avent fleurissent dans les magasins, les réseaux sociaux nous abreuvent d’idées pour satisfaire petits et grands. Cette année là, c’était différent, j’avais envie d’autre chose.

    Nos enfants ont grandit, d’enfants elles sont devenues ados puis jeunes adultes, le calendrier « classique » aurait-t-il toujours cette même saveur aux senteurs de familles, d’amour, de partages ?

    Les rues en décembre sont remplies de personnes heureuses d’acheter de quoi fêter Noël, les pas se pressent dans les magasins, les marchés rivalisent de couleurs, d’odeurs alléchantes pour satisfaire chacun et chacune. C’est l’effervescence et on se laisse chaque année porter par cette ambiance aux senteurs de pain d’épices et de sapins.

    Mais Noël, ce n’est pas que féérie et douceurs, Noël c’est aussi une période où la solitude devient plus grande, où la précarité devient plus forte encore face aux manques qu’elle met à jour pour ceux qui l’éprouvent. Parce que d’enfants, d’ados, des adultes sont devenus isolés, sans travail, voire sans domicile fixe, abandonnés ou laissés pour compte. Plus les années passaient, plus notre famille n’arrivait plus à regarder ailleurs… L’envie de faire autrement devenait pressante.

    Tout en y réfléchissant, j’ai vu passer sur les réseaux sociaux cette idée du « calendrier inversé » : au lieu de recevoir, on donne, au lieu d’ouvrir une petite fenêtre, on remplit une boite, un sac… et ce sac, remplit pendant ces 24 jours d’attente, devenait cadeau pour une personne démunie. J’aimais l’idée.

    J’en ai parlé à notre 3ème fille, Margot, qui habitait encore avec nous. L’idée l’a séduite. Nous avons donc décidé de faire un « calendrier inversé » … choix des objets : de quoi a besoin une personne à la rue ? Il fait froid : des vêtements chauds, il, elle est seul-e ? : une petite radio transportable, un petit livre pour s’évader ? (nous aimons lire chez nous, pourquoi pas ?) un sac à dos, des produits d’hygiène, des gâteaux secs, une lampe torche…. De quoi se faire du bien, et de quoi être moins mal avons-nous pensé.

    Noël est arrivé et il était temps de remettre ce cadeau à quelqu’un, mais à qui ? Margot connait bien le centre de Nantes, sait où se trouvent les sans domicile fixe, mais aussi ce que l’on nomme les « punks à chiens »… terme plutôt laid pour désigner des jeunes principalement, qui vivent à deux ou en groupe, avec des chiens, beaucoup d’alcool et parfois de la drogue, des nomades, des personnes se disant libres mais vivant difficilement ces temps d’hiver au contact d’une population qui les rejette bien souvent.

    A qui donner ? Difficile, choisir une personne parmi d’autres ? Encore plus difficile… « choisir son SDF », quelle vilaine impression que nous partagions toutes les deux… arpentant les rues du centre ville, un peu angoissées, un peu fébriles, mais heureuses d’être là.

    Nous arrivons place du Commerce, près de la ligne de Tram et nous voyons ce monsieur, assis au milieu de ses sacs. Une barbe énorme rend son visage doux et agréable, il sourit, regarde autour de lui, ne dit rien mais observe. Il nous séduit et nous décidons : c’est lui !

    On s’approche, nous le saluons et nous asseyons près de lui… il s’étonne mais semble content. Je lui explique notre démarche (pas dans les détails… juste l’envie d’offrir) et comprend vite qu’il est étranger, même s’il parle le français et le comprend bien. Il est polonais, en France depuis 10 ans et depuis 6 ans il est à la rue. 3 ans qu’il passe ses journées ici « les gens me connaissent maintenant, j’ai mes petites habitudes ». Nous lui donnons le sac à dos, il ne regarde pas dedans mais nous remercie, sourit, continue à nous parler. Il le cache derrière lui et nous voyons arriver 2 jeunes, sensiblement éméchés, le regard hagard,  le teint blanc, ils tournent autour de nous, regardant Margot avec insistance, cherchant le sac des yeux ; je me sens moins bien… je vois Margot qui ne semble pas inquiète et cela me rassure. Et puis  le regard de ce monsieur se fige dans le mien, il me sourit encore, il calme mes inquiétudes. Puis, d’un coup, comme s’il pensait cela urgent, il me tend la main, enlève son gant, prend la mienne et ne bouge plus, 1 seconde, 2 secondes… moment de grâce.

    Au revoir monsieur, « au revoir » a-t-il répondu et il a regardé ailleurs.

    Nous avions souhaité prendre une photo de lui avec nous, cela nous a semblé déplacé alors nous l’avons photographié lui, tout seul, de loin alors que nous l’avions quitté.

    On ne s’est rien dit… on s’est regardées, contentes de ces quelques minutes avec lui. En montant dans le tram pour rentrer chez nous, nous nous sommes écriées, en même temps : « mais on ne lui a pas demandé son prénom » !!

    Noël 2018, une belle expérience qui déplace autant qu’elle apporte, et finalement si, on reçoit aussi !…

    Florence et Margot HUET.

    FABRIQUER UN CALENDRIER DE L’AVENT INVERSÉ POUR L’OFFRIR À UNE PERSONNE QUI EN A BESOIN !

    L’idée vient d’une association de Mons en Belgique, mais c’est largement transposable à l’échelle de chacun-e d’entre vous, dans votre ville ou votre quartier.

    De quoi s’agit-il ?

    L’idée de ce geste solidaire est de revisiter le traditionnel CALENDRIER DE L’AVENT : au lieu de s’offrir à soi même chaque jour une bricole, un chocolat pour patienter jusqu’au 24 décembre, mettre de côté chaque jour, dans un “colis de l’avent” un cadeau gourmand afin de partager tout le contenu du panier avec une personne démuni le 24 au soir, ou à la date de votre choix.

    Pour ce faire, on privilégie les denrées non périssables, les produits d’hygiène, voire une petite radio transportable, un livre, des gants, des chaussettes, une écharpe …, ce qui peut être utile mais aussi permettre de s’évader, pourquoi pas ?

    Il est aussi possible le 23 ou le 24 de glisser des denrées fraîches pour compléter le colis.

    Si vous n’osez pas franchir le pas et apporter vous-même votre colis à une personne démunie, renseignez-vous, il y a des associations autour de vous qui peuvent le faire (téléphonez à votre mairie, ils ont ce genre de renseignements).

    En « Avent » pour un Noël solidaire et fraternel !

  • Fratelli Tutti : Fragilité sociale et solidarité.

    Fratelli Tutti : Fragilité sociale et solidarité.

    « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »  Jésus s’identifie au frère pauvre et démuni. Il nous interpelle sur notre attitude vis-à-vis des personnes fragiles, de celles qui sont dans le besoin. Il nous appelle à nous faire le prochain de toutes ces personnes qui souffrent dans leur corps, dans leur cœur… Jésus vient à nous dans le pauvre qui nous attend, qui espère une attention, une écoute, un geste de notre part qui nous met en situation de serviteurs, comme Jésus l’est pour nous. « La Bible nous propose notre humanité comme un parcours spirituel. Et sur ce chemin de vie, l’autre n’est pas une option », nous dit un commentaire de Prions en Eglise à propos de ce texte.

    Dans l’encyclique Fratelli Tutti, le pape François nous met devant cette question : Qui est ton prochain ? De qui vas-tu te faire le frère ? Il nous invite à élargir notre regard à la dimension de Notre Maison Commune dans laquelle nous sommes tous frères.

    Je vous livre quelques passages de l’encyclique qui peuvent vous aider à prolonger votre réflexion.

    Jean Yves Guillaume ENAD 

     

    Dieu nous aime, chacun a la même dignité

    I,18  « …Certaines parties de l’humanité semblent mériter d’être sacrifiées par une sélection qui favorise une catégorie d’hommes jugés dignes de vivre sans restrictions. Au fond, les personnes ne sont plus perçues comme une valeur fondamentale à respecter et à protéger, surtout celles qui sont pauvres et avec un handicap, si elles ne servent pas encore, -comme les enfants à naître-, ou ne servent plus- comme les personnes âgées… ».

    II, 68 « … Nous avons été créés pour une plénitude qui n’est atteinte que dans l’amour. Vivre dans l’indifférence face à la douleur n’est pas une option possible… »

    II,80 « … Jésus, juif, ne nous invite pas à nous demander qui est proche de nous, mais à nous faire proches, prochains… » «… Il nous exhorte à laisser de côté toutes les différences et, face à la souffrance, à devenir proches de toute personne… II,81»

    II, 83 « …Dieu aime chaque être humain d’un amour infini, et il lui confère ainsi une dignité infinie. A cela s’ajoute le fait que nous croyons que le Christ a versé son sang pour tous et pour chacun, raison pour laquelle personne ne se trouve hors de son amour universel. Et si nous allons à la source ultime, c’est-à-dire la vie intime de Dieu, nous voyons une communauté de trois Personnes, origine et modèle parfait de toute vie commune… »

    Aimer en actes

    III, 97 « …Il y a un aspect de l’ouverture universelle de l’amour qui n’est pas géographique mais existentiel. C’est la capacité quotidienne d’élargir mon cercle, de rejoindre ceux que je ne considère pas comme faisant partie de mon centre d’intérêts, même s’ils sont proches de moi. Par ailleurs, chaque sœur ou frère souffrant, abandonné ou ignoré par ma société, est un étranger existentiel, même s’il est natif du pays… »

    III,107 « Tout être humain a le droit de vivre dans la dignité et de se développer pleinement, et ce droit fondamental ne peut être nié par aucun pays… »

    III, 115 « …La solidarité se manifeste dans le service qui peut prendre des formes très différentes de s’occuper des autres. Servir, c’est en grande partie, prendre soin de la fragilité. Servir signifie prendre soin des membres fragiles de nos familles, de notre société, de notre peuple … Le service vise toujours le visage du frère, il touche sa chair, il sent sa proximité et même dans certains cas la « souffre » et cherche la promotion du frère…»

    III, 116 « …La solidarité c’est penser et agir en termes de communauté, de priorité de la vie de tous sur l’appropriation des biens de la part de certains. C’est lutter contre les causes structurelles de la pauvreté, de l’inégalité, du manque de travail, de terre et de logement, de la négation des droits sociaux et du travail. C’est faire face aux effets destructeurs de l’Empire de l’argent… »

    Les migrants

    IV, 129 « Nos efforts vis-à-vis des personnes migrantes qui arrivent peuvent se résumer en quatre verbes : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer … »

    IV,132 « Au- delà des différentes actions indispensables, les Etats ne peuvent pas trouver seuls des solutions adéquates car les conséquences des choix de chacun retombent inévitablement sur la Communauté internationale. Par conséquent les réponses pourront être seulement le fruit d’un travail commun, en élaborant une législation globale pour les migrations… »

    IV, 133 « L’arrivée de personnes différentes, provenant d’un autre contexte de vie et de culture, devient un don, parce que les histoires de migrants sont aussi des histoires de personnes et cultures : pour les communautés et les sociétés d’accueil, ils représentent une opportunité d’enrichissement et de développement humain intégral de tous… »

    Sens et portée de nos actes

    IV 180, « Un individu peut aider une personne dans le besoin, mais lorsqu’il s’associe à d’autres pour créer des processus sociaux de fraternité et de justice pour tous, il entre dans le champ de la plus grande charité, la charité politique… »

    IV,181 « « Tous les engagements qui naissent de la doctrine sociale de l’Eglise sont imprégnés de l’amour qui, selon l’enseignement du Christ, est la synthèse de toute la Loi (cf. Mt 22,36-40). Cela suppose qu’on reconnaisse que l’amour, fait de petits gestes d’attention mutuelle, est aussi civil et politique, et il se manifeste dans toutes les actions qui essaient de construire un monde meilleur … »

    Pour poursuivre, vous pouvez relire le texte d’évangile suivant : 

    Évangile Matthieu (25, 31-46)

    Le Christ jugera les hommes sur leur amour pour les malheureux

    Jésus parlait à ses disciples de sa venue: «Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres: il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.
    «Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite: “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi!”
    «Alors les justes lui répondront: “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli? tu étais nu, et nous t’avons habillé? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi?”
    «Et le Roi leur répondra: “Amen, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”
    «Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche: “Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli; j’étais nu et vous ne m’avez pas habillé; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
    «Alors ils répondront, eux aussi: “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service?”
    «Il leur répondra: “Amen, je vous le dis, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.”
    «Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle.»

     

  • Fratelli Tutti : La famille en filigrane

    Fratelli Tutti : La famille en filigrane

     

    L’actualité proposée par le pape François avec sa dernière encyclique « Tous Frères » nous permet d’aborder le thème de la famille d’une façon plus large. Même si cette encyclique n’est certainement pas centrée sur le souci de la famille, elle apparait souvent en filigrane comme une idée en arrière-plan pour soutenir la réflexion du Pape. Il nous parle souvent de la grande famille de l’humanité qu’il nous faut ressouder et construire ensemble sur les bases de la fraternité, mais cette idée laisse aussi entendre que nous avons aussi à faire le même chemin au niveau de nos familles au sens propre !

    Je vous propose donc quelques passages  qui peuvent résumer cette vision de la Famille par notre Pape François :

    Chap. 1, 26. Cela n’est pas surprenant si nous considérons l’absence d’horizons à même de nous unir, car ce qui tombe en ruine dans toute guerre, c’est « le projet même de fraternité inscrit dans la vocation de la famille humaine » ; c’est pourquoi « toute situation de menace alimente le manque de confiance et le repli sur soi ».

    Chap. 3, 88. À partir de l’intimité de chaque cœur, l’amour crée des liens et élargit l’existence s’il fait sortir la personne d’elle-même vers l’autre.65 Faits pour l’amour, nous avons en chacun d’entre nous « une loi d’‘‘extase’’ : sortir de soi-même pour trouver en autrui un accroissement d’être ».66 Voilà pourquoi l’homme doit de toute manière mener à bien cette entreprise : sortir de lui-même.

    Chap. 3,  100. « … » Comme notre famille humaine a besoin d’apprendre à vivre ensemble dans l’harmonie et dans la paix sans que nous ayons besoin d’être tous pareils !

    Chap. 3, 114. Je voudrais mettre en exergue la solidarité « … ». Ma première pensée va aux familles, appelées à une mission éducative première et incontournable. Elles constituent le premier lieu où se vivent et se transmettent les valeurs de l’amour et de la fraternité, de la convivialité et du partage, de l’attention et du soin de l’autre. Elles sont aussi le milieu privilégié pour la transmission de la foi, en commençant par ces simples gestes de dévotion que les mères enseignent à  leurs  enfants « … »

    Chap. 4, 143. La solution ne réside pas dans une ouverture qui renonce à son trésor propre. Tout comme il n’est pas de dialogue avec l’autre sans une identité personnelle, de même il n’y a d’ouverture entre les peuples qu’à partir de l’amour de sa terre, de son peuple, de ses traits culturels. Je ne rencontre pas l’autre si je ne possède pas un substrat dans lequel je suis ancré et enraciné, car c’est de là que je peux accueillir le don de l’autre et lui offrir quelque chose d’authentique « … ».

    Chap. 4, 144. En outre, il s’agit d’un présupposé pour des échanges sains et enrichissants. L’arrière-plan de l’expérience de la vie dans un milieu et une culture déterminés est ce qui permet à quelqu’un de percevoir des aspects de la réalité, alors que ceux qui n’ont pas cette expérience sont incapables de les saisir avec la même facilité. « … »

    Chap. 4, 151. « … » Une ouverture adéquate et authentique au monde suppose la capacité de s’ouvrir au prochain, dans une famille des nations. L’intégration culturelle, économique et politique avec les peuples voisins devrait être accompagnée d’un processus éducatif qui promeuve la valeur de l’amour du prochain, premier exercice indispensable pour obtenir une intégration universelle saine.

    Chap. 6, 217. La paix sociale est difficile à construire, elle est artisanale. « … » Ce qui est bon, c’est de créer des processus de rencontre, des processus qui bâtissent un peuple capable d’accueillir les différences. Outillons nos enfants des armes du dialogue ! Enseignons-leur le bon combat de la rencontre !

    Chap. 6, 218. Cela implique l’effort de reconnaître à l’autre le droit d’être lui-même et d’être différent. À partir de cette reconnaissance faite culture, l’élaboration d’un pacte social devient possible. Sans cette reconnaissance apparaissent des manières subtiles d’œuvrer pour que l’autre perde toute signification, qu’il devienne négligeable, qu’on ne lui reconnaisse aucune valeur dans la société. Derrière le rejet de certaines formes visibles de violence, se cache souvent une autre violence plus sournoise : celle de ceux qui méprisent toute personne différente, surtout quand ses revendications portent préjudice d’une manière ou d’une autre à leurs intérêts.

    Chap. 7, 230. Le difficile effort de dépasser ce qui nous divise sans perdre l’identité personnelle suppose qu’un sentiment fondamental d’appartenance demeure vivant en chacun. En effet, « notre société gagne quand chaque personne, chaque groupe social, se sent vraiment à la maison. Dans une famille, les parents, les grands-parents, les enfants sont de la maison ; personne n’est exclu. Si l’un d’eux a une difficulté, même grave, bien qu’il l’ait cherchée, les autres vont à son secours, le soutiennent ; sa douleur est partagée par tous. […] Dans les familles, tous contribuent au projet commun, tous travaillent pour le bien commun, mais sans annihiler chaque membre ; au contraire, ils le soutiennent, ils le promeuvent. Ils se querellent, mais il y a quelque chose qui ne change pas : ce lien familial. Les querelles de famille donnent lieu par la suite à des réconciliations. Les joies et les peines de chacun sont assumées par tous. Ça oui c’est être famille ! Si nous pouvions réussir à voir l’adversaire politique ou le voisin de maison du même œil que nos enfants, nos épouses, époux, nos pères ou nos mères, que ce serait bien ! Aimons-nous notre société ou bien continue-t-elle d’être quelque chose de lointain, quelque chose d’anonyme, qui ne nous implique pas, que nous ne portons en nous, qui ne nous engage pas ? ».

    En synthèse, le Pape réaffirme la valeur de la famille, mais une famille qui ne se renferme pas vers elle-même, où chaque sensibilité doit avoir sa place et être respectée et une famille soudée dans laquelle nous pouvons plonger nos racines pour mieux nous ouvrir aux autres et nous offrir aux autres. Les liens qui nous unissent en famille doivent être fondés sur l’AMOUR, le dialogue et la rencontre des uns avec les autres et un soutien indéfectible des uns envers les autres. Ce n’est pas par obligation morale que nous avons à vivre ainsi mais simplement pour devenir les hommes et femmes  que nous sommes appelés à être et ainsi trouver le chemin du bonheur !

    Pour finir je retiens cette partie de la prière au créateur  proposée par François en fin d’encyclique qui peut se dire pour notre monde mais aussi pour nos familles et pour le CMR.

    Marc Casal (pour l’ENAD).

     

    Prière au Créateur

    Seigneur et Père de l’humanité,

    toi qui as créé tous les êtres humains avec la même dignité,

    Insuffle en nos cœurs un esprit de frères et sœurs.

    Inspire-nous un rêve de rencontre, de dialogue, de justice et de paix.

    Aide-nous à créer des sociétés plus saines et un monde plus digne,

    sans faim, sans pauvreté, sans violence, sans guerres.