Parution d’Agir en rural n° 122 : “La santé, un bien commun ?”

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Édito : À notre santé !

Habituellement, quand nous trinquons, nous disons « À votre santé ! » Mais depuis cette pandémie qui nous est tombée dessus, nous avons expérimenté qu’en termes de santé, être attentif à la nôtre, c’est aussi être attentif à la vôtre : nous soucier de notre santé, c’est aussi se soucier de la santé des autres.

Par ailleurs, si nous ne le savions pas encore, la santé humaine ne peut plus se penser en vase clos, car elle est en lien avec la santé animale et l’environnement… L’OMS a ainsi développé ce concept : « One Health » (la santé de l’homme est intimement liée à celle des animaux et des écosystèmes).

Certes, nous serions parfois encore tenté·es de confier notre santé à des spécialistes (très écouté·es durant ces mois de confinement, puis de déconfinement) et pourtant, n’avons-nous pas tou·tes une responsabilité dans l’entretien de cette santé, qui tarde à être reconnue comme bien commun ?

André Comte-Sponville, dans une interview du 27 mai au quotidien belge L’Écho, parle d’un danger qui nous menace : le pan-médicalisme qui consisterait à confier à la seule médecine et à ses spécialistes, par le biais de notre santé, la conduite de nos vies et de nos sociétés. Cette dérive pourrait dé-responsabiliser les citoyen·nes.

Dans le domaine de la santé, écrit encore le professeur Didier Sicard dans un article d’Études de mai 2020, il est urgent d’être plus attentif au réel et de prendre en considération la complexité de l’environnement… et c’est là où tou·tes, nous avons notre mot à dire, car nous faisons partie de cet environnement qui contribue non seulement à notre bien-être, mais à celui de toutes les créatures.

La santé, c’est, dit encore l’OMS, « tout ce qui concourt au bien-être des gens », donc un domaine très vaste que la diversité des articles de ce numéro n’arrive pas à couvrir.

En ce domaine et en bien d’autres, nous prenons conscience que « tout est lié », tant la clameur de la Terre que la clameur des pauvres (cf. Laudato si’ 49)… Nous sommes lié·es non seulement les un·es aux autres, bien au-delà des frontières, mais aussi à toute la création avec laquelle nous sommes en inter-dépendance pour notre avenir, sinon pour notre survie.

Nous avons réalisé aussi, espérons-le, combien la santé ne peut ignorer ni l’espace ni le temps…

L’espace c’est aussi bien l’intérieur, i.e. la complexité de nos organismes (cela comprend ces mondes que nous sectorisons bien trop : minéral, végétal, animal), que l’extérieur, i.e. les relations entre les êtres vivants, non pas en vue de l’exploitation des uns par les autres, mais d’une meilleure harmonie.

Le temps, c’est notre histoire, celle dont nous héritons et que nous transmettons ; la santé du monde de nos descendant·es dépend du souci que nous en avons maintenant… Prenons le temps de soigner notre environnement…

Il est donc urgent d’« initier des processus plutôt que de posséder des espaces… en privilégiant les actions qui génèrent des dynamismes nouveaux » (pape François, La Joie de l’Évangile 223)… Oui, plus que jamais, œuvrons à notre santé commune !

Marc Delebarre (ENAD)

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