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  • Tout est lié

    Tout est lié

    Article paru dans Agir en rural n°120, « Face au changement climatique, quelles réponses ? »

    Osée 2,20-25

    En ce jour-là je conclurai à leur profit une alliance avec les animaux des champs, avec les oiseaux du ciel et les bestioles de la terre ; je briserai l’arc, l’épée, la guerre, pour en délivrer le pays, et ses habitants, je les ferai reposer en sécurité.

    Tu seras ma fiancée, et ce sera pour toujours. Tu seras ma fiancée, et je t’apporterai la justice et le droit, l’amour et la tendresse ; tu seras ma fiancée, et je t’apporterai la fidélité, et tu connaîtras le Seigneur.

    En ce jour-là je répondrai à l’appel des cieux, déclare le Seigneur ; oui, je répondrai aux cieux et eux répondront à l’appel de la terre ; la terre répondra au froment, au vin nouveau et à l’huile fraîche, et eux répondront à la « Vallée-de-la-fertilité ». Je m’en ferai une terre ensemencée.

    J’aimerai celle qu’on appelait « Non-aimée » ; et à celui qu’on n’appelait « Pas-mon-peuple », je dirai : « Tu es mon peuple », et il dira : « Tu es mon Dieu ! »

    Osée, un prophète que l’on associe habituellement à Amos au VIII° s. avant notre ère ; les deux ont dénoncé les dérives sociétales de leur temps avec les conséquences à la fois sur le lien avec leur Dieu, sur les relations avec leurs compatriotes et aussi leur rapport à la terre, à la création.

    Pour Osée, s’éloigner du Dieu de l’alliance, ce Dieu qui choisit ce peuple comme partenaire (2,21s) pour humaniser le monde, y apporter justice et droit, amour et tendresse, c’est faire surgir le chaos non seulement dans les domaines politiques, économiques, sociaux, mais aussi écologiques et environnementaux.

    Plutôt que de se tourner vers les divinités de la fécondité ou de la fertilité (qui annonçaient déjà les divinités actuelles de la croissance, présentée comme unique chemin vers le bonheur pour celles et ceux que notre modèle veut réduire au simple statut de consommateurs), le prophète rappelle l’engagement avec le Dieu de l’alliance… Cette alliance concerne non seulement le peuple d’Israël, mais aussi la terre en ce qu’elle a été donnée à l’humanité pour qu’elle la fasse fructifier en vue d’un monde plus juste et plus équitable.

    Les calculs auxquels se consacrent les responsables du peuple sont non seulement mesquins, mais aussi dangereux, car ils éloignent les cieux de la terre, cette dernière risquant de ne plus répondre au froment, au vin nouveau et à l’huile fraîche (2,23).

    Osée souligne ainsi que les choix politiques, économiques et sociaux ne sont pas sans conséquences sur l’environnement, et même sur le cosmos. Car, comme ne cesse ne nous le rappeler le Pape François, « Tout est lié ».

    Marc Delebarre, ENAD (équipe d’aumônerie diversifiée)

    William Bigelis, CC BY-ND.
  • Commentaire de l’Évangile du vendredi 29 mai

    Commentaire de l’Évangile du vendredi 29 mai

    Commentaires à partir du texte de Jean, chapitre 15, verset 19

    Après sa résurrection, Jésus se manifeste à quelques-uns de ses apôtres, au bord du lac de Tibériade. Dans cet extrait, il prend son apôtre Pierre à part pour lui confier une mission : «Sois le berger de mes brebis. »

    Avant de lui confier cette mission, il lui pose trois fois la même question : « M’aimes-tu ? » Remarquons bien qu’il ne demande pas à Pierre ce qu’il a retenu de son compagnonnage de trois ans avec lui, ni quels sont ses projets. Non ! Une seule question, à trois reprises : « M’aimes-tu ? » Ce ne sont pas les qualités de Pierre, son autorité ou ses compétences, mais la reconnaissance de l’amour donné qui fonde sa charge de pasteur.

    Quelle est la réponse de Pierre ? « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime. » Il a conscience de sa faiblesse, lui qui a renié Jésus trois fois dans la cour du grand-prêtre. Il dépasse la honte de son triple reniement ; il sait qu’il est pardonné. Il ne répond même pas en « je » mais en « tu » : « Tu sais que… » Il ne se met pas en avant, il ne jure pas de sa bonne foi mais en appelle au savoir de Jésus.

    Écoutons maintenant Jésus nous poser cette même question : « M’aimes-tu ? »  Comment répondrons-nous ? Nos actions ne semblent-elles pas refléter le contraire ? Répondrons-nous avec la même confiance, la même humilité que Pierre ? Cette expérience de Pierre, d’échec et de reniement, est celle de chacune et chacun de nous dans notre cheminement avec Jésus. Mais nous pouvons être certains du pardon qu’il nous accorde.

    « Suis-moi. » C’est l’invitation que Jésus adresse à Pierre. C’est aussi à nous qu’il l’adresse. Être disciple, ce n’est pas tout comprendre, ni tout réussir, mais conformer sa vie à celui qui est le seul pasteur. C’est ainsi que nous porterons la clameur du rural dans l’espérance. En cette veille de Pentecôte, laissons l’Esprit nous conduire.

    Jean-Marie, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Depuis le début du confinement, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) a été heureuse de vous proposer un commentaire de l’Évangile du jour. Nous espérons que cette initiative vous a aidé-e à vivre cette traversée et vous invitons à continuer à porter la clameur du rural.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    Saint-Pierre en Gallicante, Jérusalem. Photo archidiocèse de Boston, CC CC BY-ND (détail).
  • Commentaire de l’Évangile du jeudi 28 mai

    Commentaire de l’Évangile du jeudi 28 mai

    Commentaires à partir du texte de Jean, chapitre 17, versets 20-26

    Jean nous parle d’une dernière prière du Christ avant sa mort. Au moment d’affronter la souffrance, l’humiliation et la mort, le Christ prie son Père, non pas pour lui, mais pour les autres.

    Sa prière est pour toutes les personnes qui croient en Lui. Mais celles-ci ne pourront croire qu’à la condition qu’il y ait des disciples pour prononcer la Parole. Cette dernière est à la fois amour qui agit et conversation qui dit l’amour.

    Soyons confiants : Le Père ne refuse rien au Fils. Aussi, oui, sachons-le : le Père nous donne l’unité qui est signe du Royaume d’Amour de Dieu. Le monde ne peut croire en l’Amour que si nous acceptons de témoigner de notre unité. Et nous sommes uni-es les unes, les uns aux autres parce que disciples nous acceptons d’entrer, en particulier par l’Eucharistie en Christ et d’être déjà maintenant un en Dieu.

    Eh oui, nous sommes baptisés et nous avons la chance de connaître l’Évangile, c’est à dire le chemin d’Amour de Dieu. Aussi avons-nous une grande responsabilité, un grand service à rendre : nous devons permettre à Christ de s’incarner dans la société d’aujourd’hui, dans son histoire. Par notre baptême, par l’Esprit qui est en nous depuis ce jour, invitons le Christ à vivre avec nous la pandémie, le confinement, le déconfinement, la situation socio-économique douloureuse que nous allons vivre dans le monde entier. Refusons le désespoir, mais discernons les signes d’Espérance et ils sont nombreux.

    Saint Jean, dans son Évangile, nous l’affirme. Parce que Dieu Père aime l’humanité et lui donne vie, parce que Dieu Fils continue son incarnation jusqu’à la fin des temps, parce que Dieu esprit est totalement présent et agissant dans la vie de l’humanité, alors Dieu est avec nous et nous fait déjà entrer en unité avec Lui. Alors, nous pouvons avoir confiance : nous ne sommes pas seules ou seuls : Quand nous agissons avec nos sœurs et nos frères, quand nous nous réunissons pour voir, discerner et agir, quand nous prions et célébrons, Christ est avec nous et nous relie au Père qui nous remplit de l’Esprit. Quelles que soient nos faiblesses et nos « petites morts », il nous relève et nous permet de porter témoignage de son Amour. Ayons confiance et acceptons notre mission de servante et serviteur. Fort de l’Esprit Saint de Pentecôte, Dieu saura transformer nos petits gestes en Sacrement de son Amour.

    Philippe, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    Photo Delphine Ménard, CC BY-SA.
  • Commentaire de l’Évangile du mercredi 27 mai

    Commentaire de l’Évangile du mercredi 27 mai

    Commentaires à partir du texte de Jean, chapitre 17, versets 11b-19

    Dans ce chapitre 17, Jésus adresse une longue prière à son Père avant sa Passion, prière qui conclut son discours d’adieu.

    Que lui demande-t-il pour ses disciples? Durant sa vie apostolique, il les a protégés, guidés, soutenus. Il demande à son Père de les aider à rester fidèles à son nom, à transmettre cette joie de vaincre la mort, à être guidés par cette joie. Ce message ne s’adresse-t-il pas aussi à nous dans ces moments d’interrogations diverses que nous traversons?

     « De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. »

    « Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. »

    « Je ne te prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. »

    Jean souligne l’opposition entre les disciples et le monde : ils sont laissés dans le monde ; ils n’en font cependant pas partie. Ils n’y seront pas mieux accueillis que Jésus et seront haïs à leur tour. Mais Jésus prie pour qu’ils ne se retirent pas du monde. Jésus prie pour, qu’au contraire, ils agissent en son sein et témoignent de l’amour de Dieu.

    Cette prière exprime le désir de vivre bien attaché à la vérité que Dieu nous a révélée. La tentation peut être grande de se retirer dans un petit îlot avec l’espoir, un peu vain, de vivre dans la paix et l’harmonie. Comment « ne pas être du monde » tout en « n’étant pas enlevé du monde » ? En nous tenant en ce lieu qu’est la Parole. L’Évangile nous tire du côté des chemins de vie, non de perdition.

    Nous appartenons au monde avec tout son désordre. Ne cherchons pas une existence épargnée par la lutte. Notre mission est d’être sel de la terre et lumière du monde, en témoignant de la vérité et de l’amour de Dieu.

    Jean-Marie, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

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    Christ en majesté, église abbatiale de Saint-Chef (Isère).
  • Commentaire de l’Évangile du mardi 26 mai

    Commentaire de l’Évangile du mardi 26 mai

    Commentaires à partir du texte de Jean, chapitre 17, versets 1-11a

    Dans cette première partie de la prière dite « sacerdotale » de Jésus… très probablement composée par l’auteur de l’Évangile, mon attention est attirée par la place du monde, thème important dans cet Évangile, ce monde d’où le Père nous a pris pour nous donner au Christ ! Mais alors, comment être dans le monde sans être du monde ?

    Avec ce que nous venons de vivre, il est vrai que l’avenir de ce monde (notre Terre et les êtres vivants qui la peuplent) semble bien compromis, surtout si nous refusons de passer dans un après différent de l’avant.

    Avant, pour beaucoup d’entre nous (les habitant-es de cette terre), c’est la société technicienne qui, avec son exigence d’efficacité, nous apparaissait de plus en plus comme le chemin du salut, mais le voilà bien compromis aujourd’hui ! Nos smartphones et autres montres connectées ne nous donnent guère d’espoir face à cette pandémie plus forte que nos économies et autres options politiques.

    Or, c’est dans le monde que le Christ ressuscité nous laisse, partant auprès du Père, après nous avoir donné des paroles d’espérance qui nous permettent d’y vivre, mais en cessant d’idolâtrer les œuvres humaines (la technoscience peut en être une dont le pape François dénonce la toute-puissance dans Laudato si’). Ce monde que les techniciens ont colonisé, monde à l’issue incertaine, a besoin d’espérance, raison pour laquelle le Christ prie pour celles et ceux que Dieu lui a donnés, afin qu’ils œuvrent en conséquence, pour sa vie donnée ne l’ait pas été en vain.

    Dans le prolongement de cette réflexion, je vous invite à lire l’article de Frédéric Rognon, dans le numéro d’Études de mai 2020 (pp. 67-78), consacré à Jacques Ellul : « Une espérance pour un monde sans issue ».

    Marc, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

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    Image Stefan Keller (Pixabay).
  • Commentaire de l’Évangile du lundi 25 mai

    Commentaire de l’Évangile du lundi 25 mai

    Commentaires à partir des Actes des Apôtres, chapitre 19, versets 1-8 et Jean, chapitre 16, versets 29-33

    Les disciples s’adressent à Jésus : « Voici que tu parles ouvertement et non plus en images. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin, qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »

    C’est à la fin du dernier repas que ce dialogue a lieu avec Jésus et ses disciples. Progressivement le Maitre a préparé ses compagnons à son départ imminent. Quelle délicatesse de la part du Seigneur ! Pour les disciples, l’événement est grave, c’est-à-dire porte tout le poids de l’histoire de ce temps vécu avec leur maître et leur adhésion à Lui.

    Le maître les prépare à sa séparation. Le groupe sera dispersé. Il les rassure : « Je ne suis pas seul puisque mon père est avec moi. »

    Comment cette parole nous rejoint-elle ?

    Le CMR va vivre une AG. Des membres quittent la responsabilité nationale. Le travail de préparation du congrès a permis aux membres de voir ensemble la clameur du monde rural. Le confinement suite à la pandémie a stoppé l’élan de ces préparatifs. Notre attachement au CMR a-t-il été freiné ?

    Notre adhésion au Ressuscité s’est renforcée par tous ces liens tissés les uns avec les autres autrement.  Jésus nous donne un critère de discernement de sa présence.

    « Je vous ai parlé ainsi afin qu’en moi vous ayez la paix » Le CMR est un Don de Dieu.

    Comment accueillir aujourd’hui ce Don ? Le maître nous attend déjà à travers toutes les beautés de la création mais aussi dans le combat pour la justice avec les hommes les femmes qui ont le souci de préparer l’avenir des générations futures.

    Béatrice, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

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    Photo Marc Lagneau, CC BY-NC-ND.
  • Commentaire de l’Évangile du vendredi 22 mai

    Commentaire de l’Évangile du vendredi 22 mai

    Commentaires à partir du texte de Jean, chapitre 16, versets 20-23 a

    La pandémie que nous vivons a placé une bonne partie du monde contemporain dans la peine. Et nous qui voyons ce monde, nous avons la compassion (souffrir avec…) des souffrances que nous côtoyons : les familles qui ont perdu une ou un des leurs et qui ne peuvent faire leur deuil habituel ; les malades qui ont été à l’hôpital et qui reviennent chez eux très amoindri-es ; les personnels soignants et les personnels de service qui ont travaillé la peur au ventre ; les enfants décontenancés par l’absence d’école ; les violences encore plus vives dans plusieurs couples ; la peur du chômage ;  etc. La liste est longue et chacune et chacun d’entre nous peut y rajouter beaucoup de situations.

    Le monde actuel va-t-il changer ? Allons-nous à nouveau penser solidarité, poser des choix écologiques pour préserver notre maison commune, etc. ?

    Et le Christ semble tellement absent. N’est-ce pas le sentiment de l’absence de Dieu quand nous voyons dans nos médias, le pape, des évêques ou des prêtres célébrer seuls dans des églises ou des chapelles vides. Sans la pratique de l’eucharistie, le Christ n’est-il pas absent, parti loin, ailleurs ?

    Relisons et méditons l’Évangile : Même dans la mort, dans les humiliations, Dieu ne nous abandonne pas. Discrètement, il est là présent dans notre chambre, dans nos maisons, dans les messages que nous échangeons par Internet ou autres médias. Devant le tombeau de la pandémie, et le confinement, il est là et il voit nos larmes. Il pleure avec nous : Prions et trouvons dans nos vies notre Espérance. Elle est là quand nous côtoyons le dévouement des personnels de santé, le travail des différentes « petites mains » de notre société. Elle est là quand des gestes de solidarité s’échangent autour de nous et nous pouvons en témoigner. Vivons notre Espérance et discernons tous les signes de l’Amour présent, les signes de l’Esprit. Et croyons fermement : Dans notre peine, il l’a promis, Jésus est là et nous pouvons nous réjouir. Et avec joie mais avec fermeté, agissons. C’est l’ouverture demandée à notre mouvement. Oui, pour le congrès, nous avons accumulé du bon terreau. Les limaces essaient de détruire nos plantations. Alors agissons et témoignons par nos actes, notre manière de croire à une nouvelle société fondée sur la solidarité. Et oui, si nous entrons dans cette dynamique, Jésus est avec nous. Et sa joie est en nous. Nous porterons notre grabat avec assurance. Nos plaies deviendront source de vie. C’est cela notre espérance. Elle est joie et action fondée sur l’amour de nos sœurs et de nos frères, Amour qui est Dieu lui-même.

    Philippe, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

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    Photo David Nicholls, Sainte Marie à Wirksworth (Derbyshire), CC BY-NC.
  • Commentaire de l’Évangile du jeudi 21 mai

    Commentaire de l’Évangile du jeudi 21 mai

    Commentaires à partir du texte de Matthieu : chapitre 28, versets 16-20

    Jeudi 21 mai 2020, jour de l’Ascension

    Eh oui, c’est le jour où nous aurions dû nous retrouver à Tarare et vivre notre congrès en s’appuyant sur le texte de la Résurrection de Lazare. Mais une pandémie est venue nous montrer que nous ne sommes pas maître de l’histoire. Elle s’écrit et nous, les disciples nous devons voir, juger ou discerner et agir pour dire notre Espérance.

    Oui, les disciples, qui ont eu la chance de rencontrer Jésus comme homme, ont appris également que l’histoire ne dépend pas d’eux, ni même de Jésus. Il leur a appris à vivre l’histoire comme elle vient. Il leur a montré que le Dieu Père aime l’humanité à tel point que par son Fils il vit l’histoire des hommes. Et c’est au cœur de cette histoire que le Père montre son Amour par son Fils en unité avec l’Esprit.

    Nous, les disciples, nous sommes invité-es à ne pas rester passif devant l’histoire. Nous sommes invité-es à nous mettre en mouvement : il faut aller en Galilée et ne pas rester confiner à Jérusalem ou ailleurs. La peur n’est pas notre moteur. C’est l’Amour qui nous met en mouvement. Et sachons-le, en Galilée, à Tarare ou ailleurs, le Christ est avec nous à condition de nous réunir en son nom. Mettons-nous en mouvement. Continuons à construire le CMR et témoignons de l’Amour de Dieu par nos actes, nos méditations, notre prière et nos paroles.

    Oui, nous étions enfermés comme les apôtres. Sortons de notre tombeau. Roulons les pierres qui nous enferment. Chantons ensemble le chant du congrès, mais plus encore l’Évangile inouï : Dieu aime tellement les femmes et les hommes de tout temps qu’il est toujours présent, par notre vie, dans cette humanité. Oui, il est possible de construire la nouvelle société post Covid. Oui, il est possible de créer à nouveau le conseil de la Résistance et d’apprendre à vivre la solidarité plus forte que l’économie, plus forte que tout nationalisme car nous le proclamons avec le Christ, en Dieu, nous sommes toutes et tous sœurs et frères en humanité.

    L’ascension du Christ est une invitation à porter en nous le baptême de l’humanité, baptême qui fonde le Royaume d’Amour promis et déjà donné par Dieu. Faisons lui confiance. Vivons ensemble l’Espérance et proclamons là avec humilité dans notre humanité rurale et mondiale.

    Philippe, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

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    Photo Geni79, coucher de soleil sur le mont Cervin, CC BY-ND.
  • Commentaire de l’Évangile du mercredi 20 mai

    Commentaire de l’Évangile du mercredi 20 mai

    Commentaires à partir du texte des Actes des Apôtres (17, 22-34)

    Paul est à Athènes et rencontre des philosophes réputés pour leur sagesse.

    Comme Paul, transportons-nous dans une de nos grandes villes, pleines d’animation et de culture. Nous pouvons y découvrir tous ces temples dédiés à la consommation ou au spectacle mais aussi des quartiers abandonnés. Nous y rencontrons des personnes à la recherche de biens matériels, des personnes qui se tournent vers diverses spiritualités qu’ils se fabriquent parfois, mais aussi des personnes vivant dans la précarité. Actuellement, beaucoup sont masquées (et peut-être pour un certain temps encore). Pour beaucoup, Dieu est accusé d’injustices et de cruauté envers ses créatures. Comment articuler notre message chrétien en nous adaptant à ce monde divers ?

    Comment Paul s’y prend-il pour leur parler ? Il prend connaissance du milieu dans lequel il se trouve ; il essaie d’adapter son message à leur culture religieuse où se côtoient de nombreuses divinités ; il utilise la présence d’un monument « au dieu inconnu ». Il cherche ainsi des ponts par lesquels il peut, avec l’Évangile, rejoindre les Athéniens dans ce qu’ils croient. Enfin il proclame, sans équivoque, le kérygme en affirmant la résurrection du Christ.

    Ce discours de Paul demeure très actuel. Il n’est pas seulement celui d’un communiquant mais c’est aussi la parole d’un évangélisateur.

    Ce mercredi, beaucoup d’entre nous avaient prévu de se préparer pour se mettre en route vers Tarare, participer au congrès du CMR et porter la clameur du rural dans l’espérance. La crise nous a surpris-es et a mis en lumière beaucoup de failles dans notre monde. Celui qui se présente à nous doit se regarder avec d’autres lunettes. À l’image de Paul, sachons adapter notre démarche au monde qui nous environne, mais toujours pour porter le même message. Peut-être certains de nos auditeurs se moqueront-ils, d’autres s’en iront, mais certains s’attacheront.

    Jean-Marie, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

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    Raphaël, Saint Paul prêchant à Athènes (1515).
  • Commentaire de l’Évangile du mardi 19 mai

    Commentaire de l’Évangile du mardi 19 mai

    Commentaires à partir du texte de l’Évangile selon saint Jean (16, 5-11)

    « Où vas-tu ? » Telle est la question que Jésus attend de ses disciples. Ils ont vécu si longtemps avec lui, il annonce son départ et sa destination ne semble pas les intéresser ! À moins qu’elle ne soit pas répertoriée dans leurs cartes routières et sur aucun GPS… Ce serait plutôt cela.

    À force d’être accompagné-es, nous en oublions parfois que notre destination, c’est l’autonomie, la liberté, si nous voulons nous autoriser à grandir et à vivre. Nous voilà déconfiné-es depuis une semaine. Où sommes-nous allé-es depuis ce temps ? Après un long voyage à l’intérieur de nous-mêmes, auprès de nos proches, dans nos divers lieux de confinement, nous pouvons porter un regard renouvelé sur notre vie sociale, économique, ecclésiale… et, pour reprendre les mots de l’évangéliste, en matière de péché, de justice et de jugement.

    Le péché, c’est littéralement, quand on se trompe de cible, i.e. au lieu de faire confiance au Christ, s’égarer sur d’autres chemins, qui s’avèrent être des impasses ; la justice, c’est ce qui me permet de m’ajuster à Dieu, à la suite du Christ dont la proximité avec le Père rend crédible et ses paroles et ses actes ; le jugement, c’est peut-être ce que nous n’arrivons pas encore à discerner de notre vie d’avant, qui nous permettrait d’entrer pleinement et dès maintenant dans notre vie d’après.

    Avec quel Esprit (ce défenseur ou paraclet dont Jésus a annoncé la venue) allons-nous enfin vivre notre humanité ? À chacun-e de laisser le souffle nous pousser à la suite d’un Christ qui relève, et… qui autorise.

    Marc, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

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    Photo Hermann, Pixabay.