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  • Témoignage : de la JAC au CMR

    Témoignage : de la JAC au CMR

    En l’an 2000, lorsque l’âge de sa retraite a sonné, signant son retour au pays, Jacquelin Séphard a rejoint une équipe CMR. Elle évoque les bienfaits de son engament au sein de notre mouvement.

    Dans ma jeunesse, après mon bas, j’ai fait « un service social », suggéré par mon père, qui considérait que la pension nous coupait du monde et de la vraie vie ! Je me mis donc au service de jeunesse de Mazangé, créant une équipe de « Cœurs Vaillants » et « Ames Vaillantes » (ACE), et fis connaissance de la Jeunesse Agricole Catholique (JAC), mouvement d’éducation populaire où les échanges en équipe de la vie de chacun me firent connaître le milieu paysan.

    Quand je revins au pays, après ma professionnelle d’institutrice, mes amis d’antan m’invitèrent au congrès CRM à Lourdes en 2000, pour me présenter ce qu’était devenu le mouvement. Ce fut une expérience extraordinaire de voir toute la France rurale représentée avec, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, toutes les particularités, les productions dans chaque région et la fierté de s’exprimer, par des sketches, des chants ou des ateliers. On ressentait une joie, une dignité, une espérance dans l’avenir qui faisait chaud au cœur. Le congrès choisit comme slogan : « Des ruraux bâtissent un avenir solidaire, pourquoi pas vous ? ».

    A travers le congrès quinquennal, le CMR crée, invente avec d’autres, des solutions pour mettre plus de « vivre ensemble » dans les zones rurales. Nous voulons bâtir un avenir solidaire, une espérance partagée. Au congrès 2020, la Clameur du Rural prendra toute son importance. Il aura lieu à Tarare dans le Rhône.

    Démarche de réflexion chrétienne

    Mais…en attendant ce grand rendez-vous, que se passe-t-il à la base ?

    Plusieurs équipes se retrouvent régulièrement. Nous nous rassemblons chaque mois chez l’un ou l’autre pour partager, chacun en confiance, un fait de vie, une action, un événement heureux ou angoissant, dans lequel il est impliqué.

    Nous réagissons, débattons, approfondissons nos convictions sur l’un des faits évoqués par l’un d’entre nous. Nous nous mettons à l’écoute de la parole de Dieu, un texte d’évangile pour éclairer ce fait de vie.

    Nous cherchons ce que nous pouvons entreprendre pour mieux vivre ensemble.

    Fête de l’amitié et vacances-formation

    En septembre, une équipe invite tous les membres du département à la découverte de son village. Chaque été, le CMR organise des vacances-formation dans des régions différentes. L’an dernier, ce fut à Cudos en Gironde ; que 76 personnes de 2 à 82 ans, venues de toute la France, ont posé leur valise pour une semaine de formation sur le thème suivant : « une semaine pour parler de dignité », en se référant à la pensée sociale de l’Église et à l’évangile. Les enfants et les adolescents ont aussi échangé sur le respect à l’école et dans le sport. Chaque après-midi, des sorties à la découverte de la région étaient proposées par nos hôtes ou nous pouvions la découvrir librement en famille.

     

  • Politique agricole commune : «Servir l’intérêt général plutôt que l’agrobusiness»

    Politique agricole commune : «Servir l’intérêt général plutôt que l’agrobusiness»

    Dans une tribune au Parisien-Aujourd’hui en France, « La plateforme Pour une autre PAC », dont le CMR est membre, invite paysans et citoyens à se rassembler le 22 octobre devant le Parlement européen à Strasbourg. Le CMR 67 participera à cette action avec le CMR national.

    Mardi prochain, le candidat à la fonction de commissaire européen à l’agriculture, Janusz Wojciechowski, sera auditionné par les eurodéputés, qui devront juger de son adéquation au poste. Qui est-il ?

    D’un côté, à la Cour des comptes européenne, il a soutenu des positions audacieuses sur le bien-être animal, les petites fermes, et dénoncé le manque d’ambition écologique des propositions de la Commission pour la réforme de la politique agricole commune (PAC). D’un autre côté, il émane d’une famille politique à l’ambition environnementale minime et hostile à un cadre européen fort. Les eurodéputés obtiendront-ils de lui assez de garanties pour lui accorder leur confiance ?

    Par ailleurs, Frans Timmermans, probable vice-président de la Commission chargé de la stratégie verte de l’UE, devrait poser les fondements d’une politique alimentaire intégrée, « de la fourche à la fourchette ». Cela permettrait une convergence cohérente entre agriculture, santé, environnement, bien-être animal et développement. Une perspective dans laquelle la réforme de la PAC doit s’inscrire.

    Enfin, Phil Hogan, ancien commissaire à l’agriculture, chantre du libre-échange et de la dérégulation, passerait au commerce, ce qui est inquiétant pour la souveraineté alimentaire globale. En résumé, ces choix augurent d’un difficile exercice d’équilibre pour la nouvelle Commission si elle veut se montrer à la hauteur de l’enjeu vital auquel nous faisons face !

    Aujourd’hui en Europe, les campagnes sont dans l’impasse du modèle productiviste. Au lieu d’être nourricière, l’agriculture est majoritairement organisée comme une industrie : productions uniformisées niant la diversité des territoires, concurrence internationale exacerbée, chimie de synthèse et mécanisation systématisées, négation de la sensibilité et des besoins des animaux, obsession quantitative et non qualitative… Les feux de cet été en Amazonie, liés notamment à nos importations de soja, ont rappelé les conséquences écologiques folles de cette course au moindre coût économique.

    Ce faisant, l’agriculture industrielle a significativement appauvri les savoir-faire locaux des paysans, ignoré le bien-être animal, dégradé la biodiversité, altéré la fertilité du sol et contribué à la crise climatique. Le modèle productiviste a un temps fait illusion mais aujourd’hui les rendements et les revenus des paysans sont à la baisse. L’impasse est totale : environnementale, sociale, sanitaire, culturelle et éthique.

    En soutenant ce modèle, la PAC nous mène à l’échec. Aujourd’hui, elle incite les agriculteurs à produire plus, sur des surfaces toujours plus grandes, pour une rentabilité toujours plus faible : nombre d’entre eux ne s’y retrouvent plus et ne s’en sortent pas.

    En parallèle, soutenant des « fleurons » de l’agroalimentaire avec l’argent public, la PAC contribue aux prix artificiellement bas de nos exportations dans les pays du Sud dont elle sape l’agriculture vivrière, tout en ralentissant l’essor d’alternatives justes, saines et durables chez nous. La PAC est en cours de réforme. Celle-ci doit être radicale pour sortir de l’impasse !

    Pour une autre PAC propose d’utiliser les milliards d’euros de la PAC pour une transition effective de l’agriculture européenne. En moins de dix ans, nous pouvons accompagner tous les producteurs vers l’agroécologie paysanne, notamment via l’agriculture biologique. C’est possible et indispensable ! Cela rétablira aussi la confiance entre paysans et consommateurs.

    L’avenir de notre agriculture et de notre alimentation est entre les mains de nos dirigeants européens. C’est pourquoi, le mardi 22 octobre 2019, avec nos partenaires allemands, nous organisons devant le Parlement européen de Strasbourg un rassemblement de paysans et citoyens venus de toute l’Europe. Exigeons que la prochaine PAC soit enfin juste, saine et durable, pour servir l’intérêt général et non celui de l’agrobusiness. Rejoignez-nous !

  • L’espace Vie-Foi de Lourdes : « enrichir sa démarche de pèlerinage »

    L’espace Vie-Foi de Lourdes : « enrichir sa démarche de pèlerinage »

    L’espace Vie-Foi à Lourdes propose aux pèlerins une halte au cours de laquelle ils peuvent prendre un café, rencontrer les bénévoles de la permanence, découvrir les propositions des mouvements d’action catholique pour faire le lien entre leur vie et leur foi et ainsi enrichir la démarche de pèlerinage.

    Des animations pour les enfants sont proposées régulièrement par l’ACE.

    Chaque semaine, une marche-réflexion vers Bartrès sur le chemin de Bernadette est proposée à ceux qui le souhaitent, via l’information des sanctuaires et de l’office de tourisme.

    18 juillet, 9h. Nous sommes deux au pied de la Vierge Couronnée (lieu de rendez-vous très fréquenté à Lourdes) avec notre panneau « marche de Bartrès »

    Dix minutes plus tard, nous sommes neuf : deux religieuses, une personne bénévole de l’espace vocation, une bénévole des sanctuaires, une personne travaillant dans une association d’accueil, une travailleuse sociale, une salariée de chez Safran, avec les deux accompagnatrices, un groupe de femmes, toutes sauf une venant pour la première fois !

    Faire connaissance, lire le texte d’Evangile choisi pour la réflexion (« Heureux, vous les pauvres ») et nous voici en chemin pour 9 km de marche tranquille, échange, contemplation, chacun son rythme.

    Trois arrêts nous permettent de réfléchir ensemble sur notre perception du texte et sur la façon dont il résonne dans notre vie. Nous sommes très différentes, dans nos vies, dans nos choix, dans notre foi, mais nous vivons un véritable échange, respectueux, ouvert sur la façon dont nous percevons les pauvretés autour de nous et en nous, mais aussi sur les réalisations, initiatives dont nous nous émerveillons.

    Nous rencontrons deux jeunes scouts, puis un groupe de filles, et enfin à l’arrivée tout un groupe de 50 jeunes du diocèse des Vosges. La communication fonctionne très bien, partager le pique-nique, chanter ensemble, faire connaissance, proposer l’Espace… Finalement toute une journée d’ouverture, de partage, qui a comblé les unes et les autres et ouvert l’appétit pour d’autres recherches….

    La marche continue, chaque jeudi.

    L’espace est ouvert tous les jours sauf le dimanche et les bénévoles du CMR, de l’ACE et de l’ACO s’y relaient jusqu’à fin août. N’hésitez pas à y faire un saut…

  • L’université d’été du CMR : une semaine de réflexion pour réaffirmer nos valeurs

    L’université d’été du CMR : une semaine de réflexion pour réaffirmer nos valeurs

    Du 8 au 12 juillet 2019, une centaine de membre du CMR venus de toute la France se sont réunis au Pellerin (Loire-Atlantique) pour participer à l’université d’été du CMR.

    Nous avons un RDV incontournable au CMR, le congrès ! Il a lieu tout les 5 ans et permet à notre association de réunir plus d’un millier de ses membres afin de réfléchir, aux orientations que va prendre notre mouvement pour les 5 prochaines années. En 2020, la ville de Tarare (Rhône) accueillera cet événement ainsi que les militants CMR qui viendront réaffirmer les valeurs qui les portent. Ainsi notre prochain congrès aura comme slogan « porter la clameur du rural, dans l’espérance ».

    L’université d’été c’est l’occasion durant une semaine d’entamer une réflexion afin de définir les valeurs et les orientations que nous réaffirmerons au congrès. Le CMR a donc convié ses membres à partager, échanger réfléchir, débattre sur 4 grandes thématiques :

    • Agriculture et alimentation, source de santé
    • Pratique démocratique et citoyenneté
    • Fragilités sociales et solidarités de proximités
    • La famille au cœur de notre quotidien

    Les militants ont été répartis dans chaque thématique et par leur participation à des ateliers, des débats, par le partage d’initiatives ils ont été invités à dégager pour chaque thème : ce que nous constatons, ce que nous questionnons et ce que nous affirmons.

    Le CMR à travers les outils de l’éducation populaire à mis les participants dans une position d’acteurs-chercheurs. Grace a son maillage territorial et l’engagement fort de ses membres sur leur territoire, chaque membre du CMR est porteur d’une expérience unique qui en fait un témoin privilégié de ce qui se vit en rural.

    Pendant cette semaine, nous avons pris de la hauteur grâce à l’accompagnement de Jean-Yves Baziou (théologien) et d’Isabelle Calmels (consultante en parentalité), nous avons réfléchi tout en nous amusant grâce au spectacle de Benoît Samson, nous avons découvert une nouvelle région grâce à l’accueil chaleureux de la fédération Loire-Atlantique et l’ensemble de ses bénévoles qui ont préparé tout les repas avec des produits locaux, bio et avec un minimum de déchets afin de rester en accord avec les valeurs du CMR.


    Vidéos et témoignages

  • Une rencontre avec nos homologues européens sur les spécificités culturelles Est/Ouest

    Une rencontre avec nos homologues européens sur les spécificités culturelles Est/Ouest

    Les représentants de 10 mouvements ou associations de chrétiens de 10 pays européens se sont retrouvés pendant 5 jours à Cluj Napoca en Roumanie.

    Cette rencontre était financée par le programme européen Erasmus+ de l’Union Européenne dans le cadre du projet Prorure.

    Ces journées furent riches en échanges sur la culture du pays, sur la vie économique en monde rural, sur l’importance de l’Histoire dans ce pays d’Europe centrale. Les différents intervenants, chacun dans son domaine de compétences, nous ont fait découvrir combien la Roumanie est une mosaïque faite de différentes influences culturelles, religieuses, politiques, qu’elle a été soumise à de nombreuses convoitises qui marquent encore aujourd’hui sa population. Peut-on faire confiance aux autres, à des organisations collectives quand on a subi l’oppression, le manque de liberté ? Il faut du temps, de la patience mais aussi de la volonté pour se réconcilier, pour avancer vers une construction européenne pacifiée. Les acteurs de ce pays (maire, enseignants, chercheurs) nous ont exprimé leur désir de développer une agriculture familiale, d’une économie et d’un développement structurel offert à tous et toutes, même aux plus petites communes et exploitations agricoles.

    Markus Vennewald de la COMECE (Conférence européenne des évêques, Bruxelles) nous invite à travailler ensemble pour demander à l’UE de changer de politique. Nous devons soutenir les territoires ruraux en Europe.

     

    Dans nos collectifs, comme « Pour une autre PAC » nous devons avoir le souci des plus petits pour qu’ils aient les mêmes droits que les autres, que l’humain soit la priorité des décisions européennes.

    Nous avons aussi découvert que nous ne pouvons pas demander aux autres de se lancer « tête baissée » dans des projets sans les écouter, les comprendre, sans respecter leur rythme.

    Nous avons aussi été reçus par des villageois pour célébrer et pour un repas convivial. Nous avons visité un jeune agriculteur qui vient de s’installer.

    Nos échanges d’expériences sont fraternels, respectueux, ouverts. Des liens d’amitié se créent, nous avons du bonheur à nous retrouver et à connaître la vie des autres.

    Avram Fitiu, professeur à la faculté d’agriculture de Cluj (Roumanie) nous a alerté sur la situation des agriculteurs roumains, qui sont très nombreux et qui ont beaucoup de mal à s’en sortir. Ils ont en moyenne 3-4 ha. La PAC profite aux grandes exploitations de plusieurs milliers d’ha qui ont été rachetées par des investisseurs étrangers. Oui nous avons besoin d’une autre PAC.

    La délégation CMR à Cluj (Roumanie) pour la rencontre Prorure qui regroupe les associations de chrétiens dans le monde rural de 11 pays d'Europe.
    La délégation CMR à Cluj (Roumanie) pour la rencontre Prorure qui regroupe les associations de chrétiens dans le monde rural de 11 pays d’Europe.
  • Travail : un monde en mutation

    Travail : un monde en mutation

    Découvrez le nouveau numéro d’Agir en Rural

    Le travail, c’est la santé…

    L’origine du mot travail est sans ambiguïté: le «tripalium» était un instrument de torture, triple pal. La Genèse en rajoute «une couche » puisque qu’il est dit au chapitre 3, verset 19: « A la sueur de ton front tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes à la terre».
    Nous voila donc condamnés au labeur «ad vitam aeternam» et dans des temps plus récents, Coluche disait: « le travail est bien une maladie, la preuve: il y a la médecine du travail ! »
    Alors pourquoi le travail a-t-il pris une si grande importance dans nos sociétés?
    Ne confondons-nous pas travail et salaire? Le mot salaire vient du latin salarium, dérivé de sal, le sel. « Payement pour travail ou service rendu », il désignait initialement la ration de sel fournie aux soldats romains (salarium), puis désigna l’indemnité en argent versée pour acheter le sel et autres vivres (salarium). Donc le salaire nous sert à subsister alors pourquoi nous acharnons-nous à «travailler plus pour gagner plus» comme se plaisait à le dire un ex- président? Et pourtant Matthieu nous dit (6:26) : «Observez les oiseaux : ils ne sèment pas, ne moissonnent pas et ne font pas de réserves ; pourtant, votre Père céleste les nourrit. N’avez-vous pas plus de valeur qu’eux ? »
    Gagner plus pour acquérir quoi? Les derniers gadgets à la mode ? Un «I-pote triple X »? Une voiture plus puissante? Un jacuzzi ? Une garde-robe de star? En avons-nous vraiment besoin ? Avons-nous besoin de toujours produire plus alors que notre planète est limitée? Pourquoi toujours la croissance?
    N’y a-t-il pas de choses plus importantes que le travail? La présence en famille, avec son conjoint et les enfants, la culture, le temps passé avec les amis, le repos dominical, la lecture, les loisirs?
    Et pourtant le travail est un facteur d’intégration: pour le demandeur d’asile qui ainsi rejoint la société, pour le chômeur de longue durée qui retrouve sa dignité, pour la femme qui acquiert son indépendance, pour le jeune qui devient adulte!
    Alors œuvrons pour que le « taf, le boulot, le turbin » ne soient plus asservissement mais libération. Travaillons, mais « avec modération » !

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  • Je mange donc je vote

    Je mange donc je vote

    Tribune. La campagne des élections européennes s’achève. Elle n’aura que très peu abordé la Politique Agricole Commune, plus gros budget de l’Union Européenne. Pourtant, savoir si et comment nous pourrons nous nourrir demain est un enjeu primordial.

    La Politique Agricole Commune (PAC) représente près de 40% du budget de l’Union Européenne (UE). C’est la seule politique de l’UE qui nous touche aussi directement, chaque fois que nous mangeons. Prévue dans les deux ans à venir, sa réforme sera votée par les eurodéputé·e·s élu·e·s dimanche prochain. Elle déterminera rien de moins que notre capacité, ou non, à produire l’alimentation de 600 millions d’Européens de manière juste, saine et durable.

    Une nécessité à portée de vote

    Aujourd’hui, la grande partie des 58 milliards d’euros de budget annuel de la PAC est attribuée aux paysan·ne·s suivant des règles obsolètes et inéquitables, sans considérations sociales, éthiques ou environnementales. Résultat, elle n’incite pas à sortir du modèle productiviste du siècle passé qui a des conséquences désastreuses : chute drastique du nombre de paysan·ne·s, érosion de la biodiversité – notamment par l’utilisation massive de pesticides -, importantes émissions de gaz à effet de serre, pollution des sols et des eaux, et non-respect du bien-être animal.

    Cette situation n’est pas une fatalité, c’est un choix politique. Nos futur·e·s député·e·s européen·ne·s voteront la prochaine réforme de la PAC. Par son importance budgétaire, nous devons en faire un formidable levier de transformation du modèle agricole et alimentaire européen au bénéfice de toutes et tous. Pour cela, elle doit accompagner la transition agroécologique et soutenir l’agriculture biologique, organiser les marchés pour rémunérer décemment les paysan·ne·s tout en réaffirmant l’objectif de souveraineté alimentaire des peuples en Europe et ailleurs, et favoriser des pratiques d’élevage respectueuses du bien-être animal. Assurer la pérennité d’une alimentation saine et diversifiée accessible à toutes et à tous n’est pas une chimère : c’est une nécessité, à portée de vote.

    Proportionnelle et vote de conviction

    Au cours du mois de mai, la plateforme Pour une autre PAC a organisé une trentaine de débats partout en France avec les groupes locaux de nos organisations membres. Citoyen·ne·s, paysan·ne·s et candidat·e·s (plus de 70 !), y ont échangé sur ce sujet qui nous concerne tou·te·s : comment faire pour que le contenu de nos assiettes rémunère dignement les producteurs et productrices, tout en préservant la planète et notre santé ? Par ces rencontres, nous avons amené les candidat·e·s à s’emparer de ce sujet central.

    Notre conclusion à l’issue de ces débats : nombreuses sont les listes dont le programme inclut des mesures favorables à une agriculture plus écologique mais seulement certaines proposent une vision globale cohérente, c’est-à-dire qui ne soumet pas l’agriculture européenne au libéralisme économique et préserve le principe de solidarité de l’UE.

    Les élections européennes se font à la proportionnelle : il suffit qu’une liste obtienne 5% des voix pour qu’elle soit représentée au parlement européen. Une opportunité de voter pour un programme par choix, sans se demander si la liste qui le porte arrivera en tête.

    Le 26 mai, chaque vote aura un impact direct sur le contenu de nos assiettes, celles de nos enfants, en Europe et dans le monde. Dimanche, je mange donc je vote !

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    Découvrir les 12 priorités de la plateforme Pour une autre PAC

    Parcourir les compte-rendus des tables de débat citoyen organisées partout en France

    Les 35 organisations signataires de cette tribune sont membres de la plateforme « Pour une autre PAC ». Elle réunit des organisations paysannes, de protection de l’environnement et du bien-être animal, de solidarité internationale et de citoyens et citoyennes engagés dans leurs modes de consommation. Ensemble nous portons une vision nouvelle pour la Politique Agricole Commune : juste, saine et durable.

  • Mettez-vous à table avec un·e euro-député·e

    Mettez-vous à table avec un·e euro-député·e

    Dans moins de deux mois, le 26 mai prochain, se tiennent les élections pour choisir nos futur.es député.es européen.nes. Leur résultat aura un impact déterminant, via la Politique Agricole Commune (PAC), sur notre modèle agricole et alimentaire, dans nos champs et dans nos assiettes.

    Le CMR fait partie du collectif « Pour une autre PAC » qui rassemble 35 organisations françaises. Depuis plus de deux ans, le collectif porte auprès des dirigeant.es politiques le souhait d’un nouveau modèle d’agriculture et d’alimentation au niveau européen.

    Ce collectif a lancé en février la campagne « Tablons sur nos paysans » à laquelle le CMR participe. C’est dans ce cadre que l’on a organisé les causeries-débats au Salon de l’Agriculture sur le stand Pour une autre PAC.

    Dans cette dynamique, le collectif propose aujourd’hui à tous ses membres d’organiser des TABLES CITOYENNES pour une autre politique agricole commune.

    Nous vous proposons d’agir sur cet enjeu qui nous concerne toutes et tous, en organisant localement une rencontre courant mai avec l’appui de l’équipe d’organisation de Pour une autre PAC, en lien avec l’équipe nationale du CMR.

    C’est l’opportunité pour les membres du CMR de partager nos réflexions actuelles sur « le rural idéal » qui nous anime dans le cadre de la préparation des futurs UE et congrès.

    Pour cela, signalez-vous en répondant à ce mail et en remplissant ce rapide formulaire.

    Ces évènements, à organiser selon vos choix, auront pour but de rassembler candidat.es, paysan.nes et autres citoyen.nes pour discuter de l’enjeu agricole et alimentaire, informer les citoyen.nes sur la PAC et interpeller les candidat.es sur leurs engagements. L’ambition est de créer des espaces de dialogues conviviaux pour discuter ensemble du modèle d’agriculture et d’alimentation que nous voulons.

    L’équipe Pour une autre PAC met à votre disposition -après inscription- les outils nécessaires pour une organisation fluide et rapide de ces « Tables de débat citoyen » ainsi que les contacts avec des candidats aux élections européennes.

    Le tout est résumé sur le flyer de présentation de l’action TABLES CITOYENNES.

    Pour en savoir plus, découvrez les courtes vidéos sur la chaine youtube de la plateforme. Découvrez aussi le clip sur la PAC et le résumé des 12 priorités que l’on porte pour la prochaine PAC.

     

  • Incendie à Notre Dame : la pierre avant l’humain ?

    Comme bien des personnes nous sommes sidérés d’avoir vu la cathédrale Notre Dame de Paris se dégrader par le feu aussi rapidement. Nous sommes tristes de la destruction de ce patrimoine fruit du travail des artisans, des ouvriers, des paysans du 12° siècle qui avaient voulu une maison commune pour toutes les personnes à commencer par les plus pauvres. Reconstruire la maison commune et l’ouvrir à toutes les femmes et les hommes de notre temps en commençant par l’accueil des plus pauvres, cela nous paraît nécessaire. MAIS …

    Le mouvement « Chrétiens dans le monde Rural » est indigné par ce déferlement de dons pour reconstruire Notre Dame De Paris. Les pierres, le tourisme, la gloire, seraient-ils devenus plus importants que les hommes et les femmes de ce pays, de cette Terre ? Que faisons-nous pour sauver les migrants de la noyade, pour accueillir l’étranger sans toit chez nous, pour donner un logement décent à toutes et tous, soutenir les agriculteurs et les habitants du monde rural qui vivent dans la précarité ? Le Christ nous a précédés dans cette voie de la fraternité, de la solidarité envers les plus démunis.

    Agissons, demandons à l’État, à l’Église, qu’à chaque euro reçu l’équivalent soit versé à des associations de solidarité locale et internationale. Regroupons-nous pour exprimer notre indignation.

  • Au cœur d’une Église en danger, garder l’espérance

    Au cœur d’une Église en danger, garder l’espérance

    Beaucoup d’entre nous souffrent de voir notre Église s’enfermer. Elle peine à s’ouvrir à bien des initiatives dans lesquelles des chrétiens veulent tout simplement mettre en œuvre leur vocation de baptisés. Les orientations du CMR nous invitent à être acteurs dans L’Église et dans le monde. Notre rôle de chrétiens est d’apporter notre contribution lorsque la parole de cette Église nous semble difficilement compréhensible. Nous vous invitons  à découvrir la lettre ci-dessous dans laquelle 7 prêtres, dont Marc DELEBARRE (prêtre accompagnateur du CMR), expriment leurs préoccupations ; Ils y évoquent ce qu’ils constatent  et nous disent à quelle Église ils veulent contribuer.

    Notre société est en attente de sens, de projets collectifs…Les besoins essentiels non satisfaits, les inégalités croissantes, les migrations politiques, économiques, ou climatiques provoquent des crises importantes. Le risque est de se replier sur ses peurs et de développer ainsi de graves conflits. La personne et le message de Jésus Christ sont centraux : ils sont porteurs d’une espérance profondément humaine. Il n’est pas de l’ordre de la norme, du dogme, des règles sacrées à respecter mais bien au contraire de l’ouverture, du chemin, de l’utopie. Le Pape François appelle à ce chemin d’espérance qui concerne tout le monde dans ses encycliques et ses exhortations… alors que la part instituée de l’Église, dans son fonctionnement autoréférentiel et son cléricalisme, n’est plus audible et bloque les initiatives porteuses d’espérance. Lutter contre ce cléricalisme nous amène aussi à questionner l’exercice du ministère presbytéral dans sa forme actuelle. C’est à la mesure de notre expérience en ce domaine que nous prenons la plume…

    Pour lire l’intégralité de la lettre : GarderEspérance+++