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  • Lettre ouverte aux paysans français d’aujourd’hui et de demain

    Lettre ouverte aux paysans français d’aujourd’hui et de demain

    © Jonathan SARAGO / MEAE. CC BY-NC.

    Chaque année, le Salon de l’agriculture expose ses produits de terroir, ses charolaises aux robes rutilantes, ses paysans fiers de partager les fruits de leur labeur avec les consommateurs. Reflet d’une profession heureuse tout entière dédiée à la qualité, ou plutôt image idyllique qu’une partie de la profession souhaite renvoyer ? En réalité, paysans et non paysans s’accordent sur le caractère alarmant de la situation actuelle du secteur : revenus agricoles dramatiquement bas, conscience de la demande croissante des consommateurs pour une alimentation de proximité exempte de produits de synthèse et respectueuse du bien-être animal, absence de renouvellement générationnel des actifs agricoles, menace du dérèglement climatique et de l’érosion massive de la biodiversité sur les capacités de production du pays, raréfaction de la ressource en eau, etc.

    Rappelons toutefois que la Politique agricole commune subventionne massivement les agriculteurs européens. Fin 2020, sa réforme sera scellée à la fois au niveau européen et au niveau national. Cette réforme constitue la dernière opportunité pour redonner une voie d’avenir au secteur agricole sur la prochaine décennie, avant que des tendances irréversibles ne soient franchies (en termes de nombre d’agriculteurs comme en matière d’écologie). Si nous sommes capables de partager les constats, nous devons être capables de nous entendre sur les solutions à préconiser pour la PAC post 2020.

    C’est justement l’exercice conduit par la plateforme Pour une autre PAC, forte de l’expérience de terrain de nos organisations paysannes couplée à la prise en compte de tous les enjeux sur lesquels la PAC a un impact : accès à une alimentation saine, diversifiée et accessible à tous, dynamisme des zones rurales, renouvellement des générations, bien-être des animaux d’élevage, préservation de la biodiversité et de la ressource en eau, lutte contre le changement climatique, souveraineté alimentaire, santé publique. Entre monde paysan et représentants des citoyens, le dialogue, le partage d’une vision politique et la co-construction de propositions politiques sont possibles ! Ainsi, la plateforme Pour une autre PAC a élaboré un projet complet de réforme pour la PAC post 2020, à la fois ambitieux dans les choix politiques qu’il dessine et ouvert à tous les paysans, quelles que soient leurs pratiques actuelles. Il ne met de côté aucun des défis que la prochaine PAC devra relever – de l’encadrement des marchés agricoles à l’accompagnement de la transition agroécologique, car l’ensemble de la société est concerné par chacun d’entre eux.

    Dans le cadre des négociations pour la réforme de la PAC, un débat public sera lancé dimanche 23 février et ouvert jusqu’à fin mai. Il représente l’occasion d’éviter une fermeture sur lui-même du monde agricole, à l’heure où la société tout entière devrait considérer le caractère indispensable du travail des paysans et où le système agricole dans son ensemble doit être revu pour répondre à l’intérêt général. En effet, seule une réorientation du modèle agricole et alimentaire pourra sortir les agriculteurs de l’ornière dans laquelle ils se trouvent, prisonniers d’un système. Cependant, l’ampleur et le rythme des changements requis se heurtent à l’opposition farouche des représentants de certains syndicats agricoles et lobbies de l’agro-industrie, à l’image de récentes tentatives de réforme des politiques agricoles allant pourtant dans le sens d’une alimentation plus saine, plus respectueuse de l’environnement et du bien-être animal.

    Unissons-nous pour demander aux responsables politiques qui arpenteront les allées du Salon de l’agriculture dans les prochains jours d’oser une vraie réforme de la PAC ! Transformons-la en un nouveau PAACte (pacte fondé sur une Politique agricole et alimentaire commune) entre les paysans et la société, permettant tout à la fois aux premiers de vivre fièrement de leur métier et à leurs concitoyens de bénéficier des bienfaits de leur activité.

    Liste des 41 signataires et membres de la plate-forme :

    Organisations paysannes

    Afac – Agro-foresteries, Confédération paysanne, FADEAR, FNAB, MRJC, RENETA, Réseau CIVAM, Terre de liens, Terre et Humanisme, UNAF.

    Organisations de protection de l’environnement et du bien-être animal

    Agir pour l’environnement, CIWF, Fédération des CEN, Fédération des PNR,

    FNH, FNE, Générations futures, Greenpeace, Humanité et Biodiversité, Les Amis de la Terre, LPO, Réseau Action Climat, Welfarm, WWF.

    Organisations de solidarité internationale

    ActionAid France, Agter, ATTAC, CFSI, ISF-Agrista, SOL, Réseau Foi et Justice Afrique Europe.

    Organisations de citoyen·ne·s — consommateur·rice·s

    Bio Consom’acteurs, Citoyens pour le climat, CMR, Commerce équitable France, Générations Cobayes, Les Amis de la Conf, Miramap, Resolis, Secours Catholique, Slow Food.

    (1) La plateforme Pour une autre PAC rassemble 41 organisations paysannes, environnementales, de bien-être animal, de solidarité internationale et de citoyens-consommateurs.

    Cottenchy, petit village près d’Amiens sous une brume de pollution. Dominique Levesque, CC BY-ND.
  • Quelle place pour les laïcs dans l’Église?

    Quelle place pour les laïcs dans l’Église?

    Découvrez le nouveau numéro d’Agir en Rural

    Quelle place pour les laïcs dans l’Église ?

    Le comité de rédaction d’Agir a pensé à moi pour écrire quelques lignes sur cette question. Aurais-je le « physique » de l’emploi ? C’est vrai que je suis très liée à l’Église :

    Professionnellement : je suis animatrice laïque en pastorale pour l’animation rurale dans le Pas-De-Calais (favoriser les liens entre les mouvements ruraux : ACE, MRJC et CMR et le diocèse). Par exemple, je fais partie de l’équipe d’animation de la formation des accompagnateurs d’équipe, ou sur mon doyenné, je suis membre de l’équipe pastorale du doyenné (une sorte de « bureau » du doyenné).

    Bénévolement : je suis membre du CMR, accompagnatrice d’équipe, et engagée en paroisse pour la préparation baptême et sur le doyenné comme membre de l’équipe pastorale du doyenné.

    Je me sens à l’aise dans l’Église. Je prends ma place de baptisée dans la communauté chrétienne. Sur mon territoire, les relations prêtres-laïcs se passent bien…, Oui, c’est encore possible ! C’est le souci partagé du travail en commun, au service de nos frères et sœurs, souci partagé de faire vivre des équipes de proximité, bref, d’être une église de proximité. De nombreuses initiatives sont préparées et animées en inter-mouvement et doyennés : soirées « grand débat », élections, bioéthique….

    Je suis consciente en discutant au CA National, à l’Université d’été, par exemple, que cela ne se passe pas partout ainsi.

    Dans certains diocèses, les évêques récupèrent des subventions attribuées aux mouvements, des financements de postes de laïcs. Certains jeunes prêtres « reprennent en main » leur paroisse et cantonnent les laïques et laïcs à la catéchèse et à l’entretien des églises. Cela signifie le peu de considération pour leur action et une tendance au cléricalisme : le pouvoir appartient aux prêtres.

    Face à ces constats, sur quels arguments s’appuyer pour vivre sa vocation de baptisé-e et « appeler d’autres à la moisson » ?

    • Le concile Vatican II, qui a fêté allègrement ses 50 ans, insiste pourtant sur l’égale dignité des baptisés, appelé sacerdoce commun des baptisés (voir Lumen Gentium n°32)
    • Dans ce numéro, vous lirez avec intérêt différents textes et initiatives ici ou ailleurs qui élargiront notre regard.

     

    Au moment où j’écris ces lignes, s’achève le synode sur l’Amazonie : Il demande l’égale ouverture des ministères laïcs (diaconat) aux hommes et aux femmes et la création de nouveaux ministères pour l’accueil des migrants, le soin à la maison commune, et un ministère de femme leader de communauté. Le pape invite à la créativité des églises locales… Attendons le texte du pape qui clôt ce synode.

    Le monde change, l’Eglise doit changer et quitter la posture de visitation pour celle d’une « Église samaritaine », lieu où les laïcs sont en première ligne.

    Je souhaite que chacun (laïc ou clerc) dans l’Église, puisse prendre place, à la suite du Christ, au service de la communion, en épanouissant ses charismes, pour construire une Eglise plus belle. Le mot charisme ne signifie-t-il pas beauté en grec ? Beau chemin à chacun.e et bonne lecture !

    Sabine Clermont

    Administratrice nationale

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  • Chrétiennes et chrétiens, nous sommes l’Église

    Chrétiennes et chrétiens, nous sommes l’Église

    «Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1Co 12, 26).

    La santé du corps ecclésial est donc l’affaire de tous. Suite aux révélations de scandales dans l’Église, nous, mouvements d’action catholique, sommes témoins du désarroi de croyantes et croyants.

    Ceux-là perçoivent, au niveau de leurs espaces d’engagement, la perte de légitimité de l’Église pour intervenir dans les débats d’une société en crise. En particulier, nous pouvons témoigner que la façon d’organiser et de concentrer le pouvoir conduit à établir un rapport de domination qui blesse des êtres humains dans leur chair et dans leur foi. Notre remise en cause porte sur le fonctionnement de l’institution de l’Église qui est aussi source de souffrance pour de nombreux prêtres. « Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui
    qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. » (Luc 22, 27) Parce que nous sommes tous égaux dans le baptême, nous ne pouvons plus accepter de dissocier clercs et laïcs dans les processus de décision. La coresponsabilité est une chance pour notre Église. Nous témoignons aussi de la richesse de la place des femmes dans les organes de direction et de décision de nos mouvements. Cette parité pleine et entière permet la complémentarité et l’ouverture sur le monde et les situations vécues. Elle est une chance pour nos mouvements et pourrait l’être pour toute l’Église. Les mouvements d’action catholique sont des lieux pour partager les joies et les difficultés, s’épauler, agir, prier et se nourrir de la Parole de Dieu. Ce lien entre nos vies et l’Évangile
    est signe d’espérance. Il nous fortifie dans la mise en place d’actions inscrites dans la pensée sociale de l’Église. Ancrés dans la société, les mouvements nous envoient au large, vers ceux qui sont exclus, éloignés, aux périphéries. Ils constituent un terreau d’accueil pour celles et ceux qui cheminent dans leur foi ou sont en recherche. Nous vivons cette expérience dans une réelle articulation entre prêtres et laïcs (femmes et hommes) dans le respect, l’apport et l’écoute mutuels. Ces relations démontrent qu’il existe au sein de l’Église d’autres approches de la gouvernance qui peuvent être source de fécondité et de fidélité à l’Évangile, parce qu’elles laissent la place à chacun et à chacune. Conscients de la diversité des baptisés et de l’urgence du travail de transformation ecclésiale, nous, mouvements d’action catholique, demandons qu’à tous les niveaux (évêques, prêtres, diacres, religieux, laïcs), des débats continuent de se déployer pour répondre à l’appel du pape François à rénover notre Église en souffrance.

    Nous proposons que ces débats portent sur :

    ● la gouvernance collégiale de l’Église, pour un meilleur enracinement dans la société,
    ● la place des laïcs, dont celle des femmes, dans le fonctionnement et la mission de
    l’Église,
    ● la formation des séminaristes en vue de leur collaboration avec les laïcs

    Nous sommes prêts à prendre notre place dans la transformation d’une Église humble, pleinement dans le monde, qui accepte de ne plus être exclusivement enseignante et autoréférencée mais d’être elle-même enseignée par le monde. Nous croyons que c’est ainsi que nous pourrions contribuer à revenir à la source de notre foi,
    l’Évangile, afin qu’il continue à désaltérer notre monde.

    Texte réalisé en intermouvement

  • Les femmes une chance pour l’agriculture

    Les femmes une chance pour l’agriculture

    Le vendredi 29 novembre avait lieu à Paris la 8e journée annuelle du réseau Agriculture et Alimentation. Cette année le thème était « Les femmes, une chance pour l’agriculture ! »

    Après avoir pris un temps pour reprendre tous les clichés entendus ici ou là sur les femmes chefs d’entreprise agricole, plusieurs experts et témoins se sont succédé tout au long de la journée :

    Repères historiques et culturels

    Élisabeth Saint-Guily (enseignante en lycée agricole, diplômée de l’Institut supérieur d’agronomie de Lille) nous a parlé de son expérience et le regard porté sur le travail des femmes en agriculture chez nous et en Afrique. « Les femmes ont pris en charge la ferme pendant les guerres, puis elles ont disparu des champs lors de l’apparition du tracteur pour enfin réapparaître lors de la diversification actuelle avec les ventes à la ferme ou sur le marché. Dans certains pays africains, ce sont les femmes qui s’occupent des semences et le travail de la terre est fait uniquement par elles, toutes ensemble, les maris travaillant à l’extérieur. D’ailleurs elles vivent entre elles et mangent entre elles. C’est assez difficile de comprendre cela pour un occidental ! »

    Les femmes, premier rempart à la crise

    Puis Véronique Louazel nous a parlé du travail de » Solidarité Paysan », des difficultés de certains agriculteurs et comment les femmes interviennent dans la demande d’aide auprès de l’association.

    Souvent ce sont elles qui appellent, étant plus à la comptabilité, les relances de factures et les appels de la banque, ce sont elles qui les reçoivent. Si on voit plus de suicide chez les hommes, les femmes sont plus sujettes à des dépressions. Mais quand elles ont fait appel à l’association elles accordent plus facilement leur confiance et dévoilent rapidement la totalité des soucis contrairement aux hommes qui restent plus longtemps dans le déni et qui parlent d’un problème à la fois au lieu de révéler la situation complète. Pour les hommes seuls la demande arrive souvent tard, car Solidarité Paysan intervient que lorsque la personne le demande et qu’elle est prête à changer certaines choses dans sa façon de faire. Parfois il y a un élément qui permettait de s’en sortir qui entraine la désorganisation, le stress et un effet boule de neige : une mère qui faisait la traite qui tombe malade, une séparation, un accident… C’est en écoutant la parole du couple pour ce qui concerne l’exploitation, en apportant notre regard extérieur, qu’on peut voir avec eux les issues possibles. Lorsqu’une prise de décision se fait, ça marque une étape et c’est souvent la fin de prise en charge de Solidarité Paysans.

    Vous pouvez consulter le rapport en ligne :

    www.solidaritepaysans.org/des-agriculteurs-sous-pression-une-profession-en-souffrance

    Les femmes doivent prouver leur légitimité

    Alexis Annes et Chloé Lebrun, sociologues et chercheurs, nous ont parlé des études faites auprès de femmes impliquées dans la diversification agricole et les circuits courts. 1/4 des chefs d’exploitation sont des femmes. Parfois elles ne sont pas issues de familles d’agriculteurs. Le foncier et les prêts leur sont plus difficilement accordés, les cédants et les banques préférant un homme. Elles ont besoin de prouver leur légitimité. Elles apportent pourtant des nouvelles façons de penser la profession. Par exemple l’exploitation peut être un lieu d’éducation. Elles ressentent le besoin de groupe d’échange professionnel féminin.

    Chloé a étudié la place des femmes dans la filière vin. Il n’y avait que des organisations où siégeaient des hommes et qui ne répondaient pas aux attentes des femmes.  C’est pourquoi elles ont eu besoin de créer des collectifs de femmes qui sont des réseaux d’entr’aide, de parole libre des femmes, avec des journées techniques, des outils de communication pour une meilleure commercialisation de leurs vins. Les circuits courts ont donné aux femmes l’occasion de communiquer avec les consommateurs, elles ont pu expérimenter et laisser s’exprimer leur créativité. Le bilan est positif, c’est durable, ça apporte une certaine indépendance et une autonomie financière meilleure ; mais une autre forme de pénibilité est apparue : les trajets pour la commercialisation.

    Regard croisé

    En seconde partie de journée, nous avons eu l’intervention de Bénédicte Willemart (action catholique rural des femmes, Belgique) qui nous a permis de comparer les différences avec l’agriculture belge. Ce petit pays a une population qui vit à 60% hors urbain, mais seulement 25% en rural, le reste étant appelé rurbain car très proche d’une ville. 72% des fermières ont travaillé en moyenne 7 ans à l’extérieur avant de s’installer. Parmi les jeunes femmes 37.5% ont repris la ferme de leurs parents. Elles ont majoritairement des tâches féminines : bureau, traite, alimentation des veaux… Leurs attentes principales : une information cohérente et bien vulgarisée, une simplification administrative, des occasions de se retrouver et d’échanger, un système d’écoute et de médiation performant. Elles se regroupent pour défendre et valoriser leurs droits.

    Puis des ateliers ont permis de sortir des chiffres et de rencontrer des femmes agricultrices ou retraitées. Pour ma part nous avons pu comparer le parcours d’une agricultrice et de sa fille qui a repris il y a 10 ans en association avec sa mère, au départ en retraite de son père, et avec son conjoint il y a 6 ans.  » Les façons de faire ont changé et nous avons parfois peur pour eux quand elle soigne ses vaches en homéopathie. C’est elle qui négocie avec les acheteurs et certaines personnes disent à son mari : « Alors toi, tu fais quoi à la ferme ? »

    L’égalité homme /femme à la ferme, ça n’est pas encore pour tout de suite !

    Patricia Thierry

  • Une quarantaine d’organisations catholiques répond à l’appel du pape et lance la démarche « Promesses d’Église »

    Une quarantaine d’organisations catholiques répond à l’appel du pape et lance la démarche « Promesses d’Église »

    Dominique Rouyer, Secrétaire Nationale du CCFD-Terre Solidaire, et Emmanuel Odin, de la Communauté de l’Emmanuel, ont présenté le 6 novembre 2019 aux évêques de France réunis à Lourdes la démarche « Promesses d’Eglise ». Cette démarche réunit une quarantaines d’associations, de communautés et de mouvements catholiques.

    « Promesses d’Église » est une démarche engagée depuis plusieurs mois par un groupe d’une quarantaine de responsables de mouvements d’Église, communautés et associations, pour répondre à l’appel du Pape François, dans sa lettre au peuple de Dieu d’août 2018.

    Ce message du Pape, faisant le lien entre abus sexuels, abus de pouvoir et abus de conscience et la nécessité de réagir face à ce que le Pape a appelé le cléricalisme (autant du fait des laïcs que des clercs) a fait prendre conscience à ces mouvements et associations catholiques de sensibilités très diverses qu’il était important de répondre à cet appel. Mais surtout qu’il était important de rassembler leurs forces et leurs diversités pour porter ensemble cette transformation ecclésiale à laquelle le Pape appelle.

    Nous avons entamé une démarche de réflexion avec le désir que les expériences vécues dans nos mouvements puissent aider à revoir les modes de gouvernance dans l’Église. Avec le souhait de se mettre au service de l’Église, de travailler en pleine collaboration avec les évêques et les prêtres.

    Télécharger le texte intégral de l’intervention de Dominique Rouyer, Secrétaire Nationale du CCFD-Terre Solidaire et Emmanuel Odin de la Communauté de l’Emmanuel à l’Assemblée des évêques de France

    Source : https://ccfd-terresolidaire.org/actualites/Promesses-d-eglise-6480

  • Agroparade devant le parlement européen

    Agroparade devant le parlement européen

    Le CMR dans le cadre de son partenariat avec la Plateforme pour une Autre PAC participait ce mardi 22 octobre à la manifestation organisée à Strasbourg pour réclamer une autre PAC. Le CMR Bas-Rhin était également présent lors de ce rassemblement qui a réunit prés d’un millier de manifestants.

    Entre 650 et un millier de manifestants, selon la préfecture et les organisateurs, battaient le pavé mardi à Strasbourg pour réclamer « une autre » politique agricole commune européenne (Pac) et interpeller les eurodéputés réunis au Parlement européen.

    Parti un peu avant 11h30 de la place de l’Université, au cœur de la capitale alsacienne, le cortège de cette « agroparade » devait ensuite rallier l’hémicycle européen pour organiser devant le bâtiment un « die-in », selon les organisateurs.
    Parmi les manifestants figuraient des agriculteurs et apiculteurs français et allemands ainsi que des militants écologistes ou du bien-être animal. Plusieurs étaient munis de drapeaux du syndicat agricole Confédération paysanne ou de pancartes proclamant « entre miel et pesticides, il faut choisir » ou encore « non à l’agro business. Pour une vraie réforme de l’agriculture européenne ».
    Des remorques sur lesquelles étaient juchés une abeille et un porcelet géants étaient également visibles dans le cortège. « On espère peser sur le débat » autour de la future Pac post-2020, a indiqué à la presse Jacques Morineau, président de la plateforme « Pour une autre Pac », qui fédère une quarantaine d’associations et syndicats impliqués dans les questions agricoles et alimentaires, dont le CMR.
    « La Pac, c’est une organisation dépassée (…) On dépense des milliards pour la monoculture, on détruit la biodiversité et on perd nos abeilles avec des produits phytosanitaires », a dénoncé Bertrand Hirtz, apiculteur strasbourgeois.
    Selon lui, il faut « revoir le principe de répartition des subventions (européennes à l’agriculture), elles sont attribuées majoritairement aujourd’hui à la productivité » alors qu’il faudrait les diriger « vers une agriculture plus biologique et plus respectueuse de l’environnement ».

    Source : AFP

    Fort de son expérience et de son ancrage territorial le CMR dénonçait déjà dans une tribune paru en 2015 (Pour une éthique agricole et rurale) : »Un système qui appauvrit et fragilise les femmes, les hommes, et les cultures du rural, en France et au delà. Le fonctionnement actuel de notre système de production agricole est fondé sur un principe de dérégulation destiné à assurer la liberté des échanges. En absence de règles, cette liberté se transforme en instruments de capitalisation, de spéculation financière et de pouvoir, visant à satisfaire les intérêts d’un petit nombre d’individus ou de sociétés qui imposent leur mode de fonctionnement au détriment du bien commun. Nous déplorons en conséquence, un appauvrissement du tissu rural et humain, et des atteintes aux valeurs qui nous réunissent« .

  • Un pacte pour la transition écologique

    Un pacte pour la transition écologique

    Annie Rauwel, membre du CMR Nord-Lille, nous raconte son engagement au CMR mais aussi pour l’écologie, l’environnement et l’agriculture.

    Je viens du Nord, entre Lille et Dunkerque, dans les monts des Flandres. J’étais permanente à l’ACE et au MRJC quand j’étais jeune. Au niveau de l’assemblée diocésaine, je suis déléguée du CMR au CCFD – Terre solidaire. Je fais aussi partie d’Artisans du Monde et de Terre de Liens. Récemment, je me suis investie dans « Ensemble pour le climat Hauts de France (EPLC) et localement Flandre Climat » dans le but de créer un collectif pour faire avancer cette question-là auprès du politique. Chacun son petit geste pour l’écologie c’est très bien, mais il faut qu’au niveau des lois ça bouge.

    Cet été j’ai participé aux Université d’été du CMR parce que je me sens très concernée par la question de l’agriculture qui recoupe mes engagements par ailleurs : le CCFD – Artisans du Monde qui soutient les petits producteurs par le commerce équitable dans les pays du Sud, mais aussi de plus en plus dans le nord – Terre de Liens qui favorise l’installation des paysans sur quelques hectares pour une agriculture paysanne et biologique. Ça me paraissait cohérent d’essayer de faire avancer au CMR toute cette dimension internationale.

    Dans nos réflexions, nous avons relevé l’importance de prendre le temps, le temps de voir pousser, le temps d’échanger avec les producteurs, la joie d’être dans la nature, le fait que les paysans puissent vivre dignement de leur travail, le rôle primordial de l’alimentation au niveau de la santé, le fait d’être des consom’acteurs… On sait aujourd’hui qu’on est allé trop loin dans le productivisme. Pour notre santé comme pour celle de la terre et pour la biodiversité, aidons les agriculteurs à revenir à une agriculture plus raisonnable, à dimension humaine.

    Je suis très enthousiaste d’aller au congrès à Tarare en 2020. Je crois que ce sera un moment très festif, très convivial et surtout très riche aussi bien pour chacun des participants que pour le mouvement en termes d’échanges pour faire avancer des idées.

    Malheureusement, il est en marche le dérèglement climatique. Il faudra s’adapter, mais il faut aussi prendre des mesures radicales pour retrouver un équilibre pour la terre, pour l’humain, pour la biodiversité, pour préserver les abeilles… Si certaines variétés d’arbres dans nos forêts sont en train de mourir, c’est à cause de tous ces dérèglements dus au réchauffement climatique. On nous a dit que nous avons deux ans, mais il y a déjà un an de passé. Et que font les politiques ? Ils prennent des mesures, mais elles sont très insuffisantes. Il faut vraiment un investissement massif et financier et des lois pour contenir le plus possible le dérèglement climatique. Il y a des marches pour le climat, des initiatives (zéro déchet par ex…) mais ce n’est pas suffisant. On ne peut pas dire aux gens « ne prenez plus votre voiture » et en même temps supprimer les petites gares. Il y a des choses qui clochent ; il faut être cohérent.

    Il faut agir à tous les niveaux. Artisans du Monde, ce n’est pas seulement de la vente, c’est aussi de l’éducation et du plaidoyer pour faire changer les lois ; c’est pareil pour le CCFD. Les plaidoyers ne sont pas du lobbying, ils servent le bien commun ; c’est pour la terre et non pour des intérêts privés.  Tout le monde peut agir par des pétitions ; ça a du poids. Il faut vraiment que les politiques bougent.

    A mon avis, c’est au niveau municipal qu’on peut déjà agir. Prochainement, il y aura des élections municipales. On peut créer des petits collectifs pour demander aux candidats de s’engager dans le « Pacte pour la transition ». Il existe un site : www.pacte-transition.org .

    Ce pacte propose 32 mesures : des propositions concrètes pour ralentir le dérèglement climatique, des propositions par rapport aux plus démunis, aux exclus, par rapport à l’environnement, par rapport à la restauration collective locale… On invite les candidats à s’engager sur au moins 10 d’entre elles. Une fois qu’ils sont élus, le collectif vérifie qu’ils tiennent leurs engagements. Notre rôle de citoyen n’est pas juste « donner notre voix » puis on s’en lave les mains. On peut travailler avec les élus, les accompagner et leur montrer qu’on est auprès d’eux pour que leurs engagements puissent aboutir.

    Des collectifs pour le climat existent déjà (comme par exemple Flandre Climat) et peuvent s’inscrire dans cette démarche. Mais les citoyens, ou les associations peuvent se mettre ensemble pour créer un nouveau collectif et ce, dans chaque village, (il y en a déjà 916) Rendez-vous sur le site : www.pacte-transition.org

    Annie Rauwel, en équipe CMR (fédération Nord Lille)

     

  • Les femmes, une chance pour l’agriculture

    Les femmes, une chance pour l’agriculture

    Les femmes, une chance pour l’agriculture

    Sous ce titre positif, le CMR vous invite à regarder ensemble la place et le rôle particuliers des femmes dans les évolutions du monde agricole.

    Les femmes en agriculture sont bien souvent :

    impliquées dans le lancement d’activités nouvelles qui permettent à la profession de s’ouvrir vers l’extérieur,

    défenseuses de l’égalité dans la répartition du travail,

    en première ligne pour regarder les difficultés en face,

    multi-fonction, multi-tâches, en exerçant parfois une profession extérieure pour garantir un certain équilibre, humain et financier,

    d’une influence réelle sur les activités d’élevage et leur évolution, notamment… et sur les décisions à prendre concernant la transition écologique.

    Une journée de témoignages et d’échanges à laquelle le réseau Agriculture et Alimentation du CMR est heureux de vous convier !

    Intervenants :

    Véronique Louazel ( réseau Solidarités Paysan) / Bénédicte Willemart (ACRF-Femmes en milieu rural, Belgique) / Alexis Annes (sociologie rurale, ESAP-Toulouse)

     

    Le vendredi 29 novembre 2019 de 9h30 à 16h30

    Salle Jussieu (CCFD) 12 rue Guy de la Brosse 75005 Paris

    métro : Jussieu (lignes 7 et 10)

     

     

    Inscrivez-vous ! https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfBAMAu7_VXYqdzy0EDOfYFbmUuGQagAClhznWzl4N6OoPZEA/viewform

    Contact : Marie-Laure de Noray-Dardenne, CMR

    01 69 73 25 29  mldenoray@cmr.cef.fr

    CMR standard : 01 69 73 25 25

     

  • Témoignage : de la JAC au CMR

    Témoignage : de la JAC au CMR

    En l’an 2000, lorsque l’âge de sa retraite a sonné, signant son retour au pays, Jacquelin Séphard a rejoint une équipe CMR. Elle évoque les bienfaits de son engament au sein de notre mouvement.

    Dans ma jeunesse, après mon bas, j’ai fait « un service social », suggéré par mon père, qui considérait que la pension nous coupait du monde et de la vraie vie ! Je me mis donc au service de jeunesse de Mazangé, créant une équipe de « Cœurs Vaillants » et « Ames Vaillantes » (ACE), et fis connaissance de la Jeunesse Agricole Catholique (JAC), mouvement d’éducation populaire où les échanges en équipe de la vie de chacun me firent connaître le milieu paysan.

    Quand je revins au pays, après ma professionnelle d’institutrice, mes amis d’antan m’invitèrent au congrès CRM à Lourdes en 2000, pour me présenter ce qu’était devenu le mouvement. Ce fut une expérience extraordinaire de voir toute la France rurale représentée avec, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, toutes les particularités, les productions dans chaque région et la fierté de s’exprimer, par des sketches, des chants ou des ateliers. On ressentait une joie, une dignité, une espérance dans l’avenir qui faisait chaud au cœur. Le congrès choisit comme slogan : « Des ruraux bâtissent un avenir solidaire, pourquoi pas vous ? ».

    A travers le congrès quinquennal, le CMR crée, invente avec d’autres, des solutions pour mettre plus de « vivre ensemble » dans les zones rurales. Nous voulons bâtir un avenir solidaire, une espérance partagée. Au congrès 2020, la Clameur du Rural prendra toute son importance. Il aura lieu à Tarare dans le Rhône.

    Démarche de réflexion chrétienne

    Mais…en attendant ce grand rendez-vous, que se passe-t-il à la base ?

    Plusieurs équipes se retrouvent régulièrement. Nous nous rassemblons chaque mois chez l’un ou l’autre pour partager, chacun en confiance, un fait de vie, une action, un événement heureux ou angoissant, dans lequel il est impliqué.

    Nous réagissons, débattons, approfondissons nos convictions sur l’un des faits évoqués par l’un d’entre nous. Nous nous mettons à l’écoute de la parole de Dieu, un texte d’évangile pour éclairer ce fait de vie.

    Nous cherchons ce que nous pouvons entreprendre pour mieux vivre ensemble.

    Fête de l’amitié et vacances-formation

    En septembre, une équipe invite tous les membres du département à la découverte de son village. Chaque été, le CMR organise des vacances-formation dans des régions différentes. L’an dernier, ce fut à Cudos en Gironde ; que 76 personnes de 2 à 82 ans, venues de toute la France, ont posé leur valise pour une semaine de formation sur le thème suivant : « une semaine pour parler de dignité », en se référant à la pensée sociale de l’Église et à l’évangile. Les enfants et les adolescents ont aussi échangé sur le respect à l’école et dans le sport. Chaque après-midi, des sorties à la découverte de la région étaient proposées par nos hôtes ou nous pouvions la découvrir librement en famille.

     

  • Politique agricole commune : «Servir l’intérêt général plutôt que l’agrobusiness»

    Politique agricole commune : «Servir l’intérêt général plutôt que l’agrobusiness»

    Dans une tribune au Parisien-Aujourd’hui en France, « La plateforme Pour une autre PAC », dont le CMR est membre, invite paysans et citoyens à se rassembler le 22 octobre devant le Parlement européen à Strasbourg. Le CMR 67 participera à cette action avec le CMR national.

    Mardi prochain, le candidat à la fonction de commissaire européen à l’agriculture, Janusz Wojciechowski, sera auditionné par les eurodéputés, qui devront juger de son adéquation au poste. Qui est-il ?

    D’un côté, à la Cour des comptes européenne, il a soutenu des positions audacieuses sur le bien-être animal, les petites fermes, et dénoncé le manque d’ambition écologique des propositions de la Commission pour la réforme de la politique agricole commune (PAC). D’un autre côté, il émane d’une famille politique à l’ambition environnementale minime et hostile à un cadre européen fort. Les eurodéputés obtiendront-ils de lui assez de garanties pour lui accorder leur confiance ?

    Par ailleurs, Frans Timmermans, probable vice-président de la Commission chargé de la stratégie verte de l’UE, devrait poser les fondements d’une politique alimentaire intégrée, « de la fourche à la fourchette ». Cela permettrait une convergence cohérente entre agriculture, santé, environnement, bien-être animal et développement. Une perspective dans laquelle la réforme de la PAC doit s’inscrire.

    Enfin, Phil Hogan, ancien commissaire à l’agriculture, chantre du libre-échange et de la dérégulation, passerait au commerce, ce qui est inquiétant pour la souveraineté alimentaire globale. En résumé, ces choix augurent d’un difficile exercice d’équilibre pour la nouvelle Commission si elle veut se montrer à la hauteur de l’enjeu vital auquel nous faisons face !

    Aujourd’hui en Europe, les campagnes sont dans l’impasse du modèle productiviste. Au lieu d’être nourricière, l’agriculture est majoritairement organisée comme une industrie : productions uniformisées niant la diversité des territoires, concurrence internationale exacerbée, chimie de synthèse et mécanisation systématisées, négation de la sensibilité et des besoins des animaux, obsession quantitative et non qualitative… Les feux de cet été en Amazonie, liés notamment à nos importations de soja, ont rappelé les conséquences écologiques folles de cette course au moindre coût économique.

    Ce faisant, l’agriculture industrielle a significativement appauvri les savoir-faire locaux des paysans, ignoré le bien-être animal, dégradé la biodiversité, altéré la fertilité du sol et contribué à la crise climatique. Le modèle productiviste a un temps fait illusion mais aujourd’hui les rendements et les revenus des paysans sont à la baisse. L’impasse est totale : environnementale, sociale, sanitaire, culturelle et éthique.

    En soutenant ce modèle, la PAC nous mène à l’échec. Aujourd’hui, elle incite les agriculteurs à produire plus, sur des surfaces toujours plus grandes, pour une rentabilité toujours plus faible : nombre d’entre eux ne s’y retrouvent plus et ne s’en sortent pas.

    En parallèle, soutenant des « fleurons » de l’agroalimentaire avec l’argent public, la PAC contribue aux prix artificiellement bas de nos exportations dans les pays du Sud dont elle sape l’agriculture vivrière, tout en ralentissant l’essor d’alternatives justes, saines et durables chez nous. La PAC est en cours de réforme. Celle-ci doit être radicale pour sortir de l’impasse !

    Pour une autre PAC propose d’utiliser les milliards d’euros de la PAC pour une transition effective de l’agriculture européenne. En moins de dix ans, nous pouvons accompagner tous les producteurs vers l’agroécologie paysanne, notamment via l’agriculture biologique. C’est possible et indispensable ! Cela rétablira aussi la confiance entre paysans et consommateurs.

    L’avenir de notre agriculture et de notre alimentation est entre les mains de nos dirigeants européens. C’est pourquoi, le mardi 22 octobre 2019, avec nos partenaires allemands, nous organisons devant le Parlement européen de Strasbourg un rassemblement de paysans et citoyens venus de toute l’Europe. Exigeons que la prochaine PAC soit enfin juste, saine et durable, pour servir l’intérêt général et non celui de l’agrobusiness. Rejoignez-nous !