Auteur/autrice : Mélanie Cacace

  • Les femmes une chance pour l’agriculture

    Les femmes une chance pour l’agriculture

    Le vendredi 29 novembre avait lieu à Paris la 8e journée annuelle du réseau Agriculture et Alimentation. Cette année le thème était « Les femmes, une chance pour l’agriculture ! »

    Après avoir pris un temps pour reprendre tous les clichés entendus ici ou là sur les femmes chefs d’entreprise agricole, plusieurs experts et témoins se sont succédé tout au long de la journée :

    Repères historiques et culturels

    Élisabeth Saint-Guily (enseignante en lycée agricole, diplômée de l’Institut supérieur d’agronomie de Lille) nous a parlé de son expérience et le regard porté sur le travail des femmes en agriculture chez nous et en Afrique. « Les femmes ont pris en charge la ferme pendant les guerres, puis elles ont disparu des champs lors de l’apparition du tracteur pour enfin réapparaître lors de la diversification actuelle avec les ventes à la ferme ou sur le marché. Dans certains pays africains, ce sont les femmes qui s’occupent des semences et le travail de la terre est fait uniquement par elles, toutes ensemble, les maris travaillant à l’extérieur. D’ailleurs elles vivent entre elles et mangent entre elles. C’est assez difficile de comprendre cela pour un occidental ! »

    Les femmes, premier rempart à la crise

    Puis Véronique Louazel nous a parlé du travail de » Solidarité Paysan », des difficultés de certains agriculteurs et comment les femmes interviennent dans la demande d’aide auprès de l’association.

    Souvent ce sont elles qui appellent, étant plus à la comptabilité, les relances de factures et les appels de la banque, ce sont elles qui les reçoivent. Si on voit plus de suicide chez les hommes, les femmes sont plus sujettes à des dépressions. Mais quand elles ont fait appel à l’association elles accordent plus facilement leur confiance et dévoilent rapidement la totalité des soucis contrairement aux hommes qui restent plus longtemps dans le déni et qui parlent d’un problème à la fois au lieu de révéler la situation complète. Pour les hommes seuls la demande arrive souvent tard, car Solidarité Paysan intervient que lorsque la personne le demande et qu’elle est prête à changer certaines choses dans sa façon de faire. Parfois il y a un élément qui permettait de s’en sortir qui entraine la désorganisation, le stress et un effet boule de neige : une mère qui faisait la traite qui tombe malade, une séparation, un accident… C’est en écoutant la parole du couple pour ce qui concerne l’exploitation, en apportant notre regard extérieur, qu’on peut voir avec eux les issues possibles. Lorsqu’une prise de décision se fait, ça marque une étape et c’est souvent la fin de prise en charge de Solidarité Paysans.

    Vous pouvez consulter le rapport en ligne :

    www.solidaritepaysans.org/des-agriculteurs-sous-pression-une-profession-en-souffrance

    Les femmes doivent prouver leur légitimité

    Alexis Annes et Chloé Lebrun, sociologues et chercheurs, nous ont parlé des études faites auprès de femmes impliquées dans la diversification agricole et les circuits courts. 1/4 des chefs d’exploitation sont des femmes. Parfois elles ne sont pas issues de familles d’agriculteurs. Le foncier et les prêts leur sont plus difficilement accordés, les cédants et les banques préférant un homme. Elles ont besoin de prouver leur légitimité. Elles apportent pourtant des nouvelles façons de penser la profession. Par exemple l’exploitation peut être un lieu d’éducation. Elles ressentent le besoin de groupe d’échange professionnel féminin.

    Chloé a étudié la place des femmes dans la filière vin. Il n’y avait que des organisations où siégeaient des hommes et qui ne répondaient pas aux attentes des femmes.  C’est pourquoi elles ont eu besoin de créer des collectifs de femmes qui sont des réseaux d’entr’aide, de parole libre des femmes, avec des journées techniques, des outils de communication pour une meilleure commercialisation de leurs vins. Les circuits courts ont donné aux femmes l’occasion de communiquer avec les consommateurs, elles ont pu expérimenter et laisser s’exprimer leur créativité. Le bilan est positif, c’est durable, ça apporte une certaine indépendance et une autonomie financière meilleure ; mais une autre forme de pénibilité est apparue : les trajets pour la commercialisation.

    Regard croisé

    En seconde partie de journée, nous avons eu l’intervention de Bénédicte Willemart (action catholique rural des femmes, Belgique) qui nous a permis de comparer les différences avec l’agriculture belge. Ce petit pays a une population qui vit à 60% hors urbain, mais seulement 25% en rural, le reste étant appelé rurbain car très proche d’une ville. 72% des fermières ont travaillé en moyenne 7 ans à l’extérieur avant de s’installer. Parmi les jeunes femmes 37.5% ont repris la ferme de leurs parents. Elles ont majoritairement des tâches féminines : bureau, traite, alimentation des veaux… Leurs attentes principales : une information cohérente et bien vulgarisée, une simplification administrative, des occasions de se retrouver et d’échanger, un système d’écoute et de médiation performant. Elles se regroupent pour défendre et valoriser leurs droits.

    Puis des ateliers ont permis de sortir des chiffres et de rencontrer des femmes agricultrices ou retraitées. Pour ma part nous avons pu comparer le parcours d’une agricultrice et de sa fille qui a repris il y a 10 ans en association avec sa mère, au départ en retraite de son père, et avec son conjoint il y a 6 ans.  » Les façons de faire ont changé et nous avons parfois peur pour eux quand elle soigne ses vaches en homéopathie. C’est elle qui négocie avec les acheteurs et certaines personnes disent à son mari : « Alors toi, tu fais quoi à la ferme ? »

    L’égalité homme /femme à la ferme, ça n’est pas encore pour tout de suite !

    Patricia Thierry

  • Une église en mouvement !

    Une église en mouvement !

    L ‘amorce est déjà faite mais qu’en sera-t-il en 2040 ? Bouleversement ou continuité ? La question reste posée tant les changements et les évolutions sociétaux nous bousculent. Des réflexions sont en cours dans le cadre de la conférence des évêques de France mais aussi au niveau de notre diocèse. Les Chrétiens dans le Monde Rural (CMR) attentifs à l’avenir de l’église en rural, ont abordé ce thème lors de la journée de lancement le 6 octobre dernier.

    Voici, quelque peu résumés, les propos de l’abbé Michel Grolleau, l ‘aumônier diocésain du mouvement.

    • Les chrétiens auront leur place au cœur de toutes les spiritualités, au milieu de tous ceux qui cherchent un sens à leur vie, pour peu qu’ils veuillent bien y réfléchir et s’engager.La Vendée, riche de son passé religieux en héritage saura faire perdurer la foi chrétienne. L’engagement des laïcs dans les associations et mouvements sera le point de contact de la présence chrétienne au cœur du monde. Les églises qui resteront ouvertes permettront d’y vivre les célébrations mais seront aussi des refuges pour l’art (expositions, concerts, musique, théâtre.). Les personnes de tous bords pourront alors y découvrir le lien avec l’évangile et la foi chrétienne. On ne pourra pas rester tout seul dans son coin ! des temps forts dans les paroisses et des temps liturgiques auront toute leur place ; partages, rassemblements, ouverture aux autres se mêleront aux diverses collaborations artistiques pour découvrir l’Esprit-Saint à l’œuvre dans l’autre – enrichissement réciproque – certes, les prêtres seront moins nombreux, moins d’églises ouvertes mais des lieux de rencontres en Maison Paroissiale par exemple ; un lieu pour tous. Être en communauté chrétienne pour pouvoir proposer le Trésor de la Foi.
    • L’Eglise et les Chrétiens seront minoritaires. Ils devront s’organiser, se prendre en main, regarder, discerner ce qu’il conviendra de mettre en place pour vivre sa foi et la nourrir. En Vendée, il y aura peut-être 20 à 30 prêtres de moins de 60 ans. On peut prévoir moins de baptêmes et de mariages, de 1 ere communion et de confirmation mais on aura toujours le souhait de se rassembler pour célébrer Jésus Christ et lire la parole de Dieu. Les diacres seront en nombre et resteront attachés à un territoire, en lien avec les précarités, les fragilités locales. La vie de l’élise sera alors portée et animée par les laïcs.
    • Les chrétiens auront à s’impliquer dans les grandes questions de société : la bioéthique, l’écologie, l’accueil des migrants… sujets toujours d’actualité. Ils auront à être présents pour que la place de la femme et de l’homme soit respectée du début à la fin de vie. Ils auront également à être présents pour témoigner, accompagner, protéger…

    De cette manière, ils seront missionnaires en étant le sel de la terre pour donner du goût et garder la grandeur de la vie. Ils devront être aussi « Lumière » pour dire et porter les valeurs et le message du Christ. Ils seront le levain dans la pâte pour faire grandir l’Amour, la Fraternité, l’Espérance au cœur de la société.

     

  • Si on se bougeait..l’initiative réussie d’une équipe du Doubs

    Si on se bougeait..l’initiative réussie d’une équipe du Doubs

    Déjà bientôt dix années de rencontres pour notre équipe CMR! Nous sommes 5 couples de Remoray-Boujeons qui aimons nous retrouver régulièrement pour partager et débattre sur divers sujets. Ces années ont été riches de remise en question, d’éveil mais également de réconfort dans les moments difficiles de nos vies.

    L’envie est devenue de plus en plus forte d’aller plus loin, l’envie de diffuser autour de nous, l’envie de faire bouger et de passer à l’action !

    Le sujet de l’écologie, de l’humanité est le point sensible commun à notre équipe. Nous avons l’impression que de plus en personnes partagent ce sentiment qu’il est encore temps d’agir pour demain mais c’est maintenant. Inspirés par le film Demain, puis le livre « Petit manuel de, résistance contemporaine » de C.Dion, nous décidons d’inviter la population de notre village à une soirée débat intitulée « Et si on se bougeait ? »

    L’idée étant de visionner dans un premier temps quelques extraits du film Demain afin de définir les enjeux puis dans un second temps partager des idées, des envies sur la manière de passer à l’action et constater les points à améliorer.

    Pour l’anecdote, au moment de préparer la salle nous nous demandions le nombre de chaises à installer. Certains disaient 5, 10, 20, 30, 50. Les paris étaient lancés même si nous avions tous la crainte d’avoir personne en réponse à notre appel. Petit à petit, des gens de toute génération ont franchi la porte de la salle des fêtes. Une petite cinquantaine de personnes ont osé, le pari était gagné !

    Suite à cette soirée, quatre collectifs se sont mis en place basés sur les thèmes suivants : partage, énergie, transports, alimentation/déchets. Des réunions ont eu lieu. Chacun a pu participer selon ses sensibilités. Voici un état des lieux des avancées deux mois après cette soirée.

     

    Collectif « partage »

    Beaucoup de personnes semblent motivées par ce collectif pour partager des biens, des services, des connaissances, pour rendre service ou faire du lien.

    Actions déjà engagées

    Boîtes à livres

    Jean-Marie et Christelle aidés par Emile sont en train de fabriquer deux boîtes à livres pour notre village.

    L’une sera placée au poids public à Remoray et l’autre sous le nouveau porche à l’entrée de l’école à Boujeons. Surveillez ces endroits et utilisez ces boîtes dès que possible sans modération !

    Le jardin partagé

    Un collectif motivé a débuté un jardin partagé sur la commune de Remoray dans le « Grand Clos ». Ce collectif aimerait plus tard en commencer un autre sur Boujeons.

    Ce jardin se fait en utilisant des bases de permaculture (lasagnes avec déchets verts, cartons, branchages, fumier, paillage). Les connaissances de Marysette et Franck sont d’une grande aide et permettent un échange de savoirs sur le sujet.

    L’objectif pour cette année est de préparer de bonnes butes de terre. Pour cela nous commençons doucement avec des pommes de terre et des courges essentiellement. Nous plantons également des herbes aromatiques, quelques plants de tomates etc…

    Un verger va également être implanté à proximité cet automne grâce à un donateur qui offre à la commune de nombreuses essences d’arbres.

    Ce projet suscite une très grande motivation et une belle cohésion au sein de notre village.

     

    Collectif « Alimentation, déchets »

    Beaucoup d’entre nous voudrait réduire davantage leurs déchets.

    On s’aperçoit qu’il existe des solutions mais que seuls, ce n’est pas toujours évident de se mettre en action. On manque parfois de connaissances sur le sujet. L’achat de l’alimentation pose question (qualité, déchets par rapport aux contenants, proximité,

    Actions prévues

    Le collectif Alimentation/déchets initie des ateliers de partage des savoirs.

    De plus en plus de familles dans le village se relancent dans l’aventure du « fait maison », alors quel plaisir de se retrouver un soir pour pratiquer et échanger. Nous sommes nombreux à constater que les pots de yaourt occupent un volume important de nos déchets ménagers.

    Des ateliers yaourt et crème dessert ont déjà eu lieu.

     

    Collectifs « Transports »

    Bilan carbone lourd, difficulté d’éviter de prendre la voiture.

    Constat que beaucoup de transports pourraient être mutualisés.

    Décisions

    Dans un premier temps, il est décidé que quatre groupes WhatsApp transport se mettent en place : un groupe Remoray Boujeons/Mouthe, un groupe Remoray Boujeons/ Labergement, un groupe Remoray Boujeons/ Pontarlier et enfin un groupe Remoray/Boujeons / autres destinations.

     

    Collectif « énergie »

    Actions à court terme

    Le sujet de l’éclairage public sera discuté avec le conseil municipal. Cet éclairage est déjà coupé de minuit à 5h.

    Visite des installations photovoltaïques du SIEL (Syndicat Intercommunal d’électricité de Labergement)

    Rapprochement de l’association Ensemble mobilisons nos énergies de Quingey

    Nous avons envie de dire « OSEZ !!! ». Il suffit de se lancer, l’enjeu en vaut la peine.

    Séverine

  • Le CMR des Yvelines se mobilise !

    Le CMR des Yvelines se mobilise !

    Avec une quinzaine de membres du CMR nous avons rejoint l’association « AVL3C » créée par l’une d’entre nous il y a une quinzaine d’années : Nous luttons contre l’extension d’une carrière de calcaire dans le sud du Vexin français où se trouvent nos équipes.

    La société CALCIA/HEIDELBERG qui utilise ce calcaire pour faire du ciment, ayant épuisé le gisement précédent, près de la Seine, projette de détruire ainsi l’environnement rural et agricole de plusieurs villages, sans se soucier des nappes phréatiques ni des paysages du « Parc Naturel Régional du Vexin français », qui seront gravement impactés !

    Nous voulons défendre notre territoire rural et avec « l’AVL3C » nous menons des actions, pique-niques sur place, pétitions, manifestations et interventions auprès des responsables politiques : nous ne baisserons pas les bras !

    Colette Courteaud, présidente du CMR 78

  • Une quarantaine d’organisations catholiques répond à l’appel du pape et lance la démarche « Promesses d’Église »

    Une quarantaine d’organisations catholiques répond à l’appel du pape et lance la démarche « Promesses d’Église »

    Dominique Rouyer, Secrétaire Nationale du CCFD-Terre Solidaire, et Emmanuel Odin, de la Communauté de l’Emmanuel, ont présenté le 6 novembre 2019 aux évêques de France réunis à Lourdes la démarche « Promesses d’Eglise ». Cette démarche réunit une quarantaines d’associations, de communautés et de mouvements catholiques.

    « Promesses d’Église » est une démarche engagée depuis plusieurs mois par un groupe d’une quarantaine de responsables de mouvements d’Église, communautés et associations, pour répondre à l’appel du Pape François, dans sa lettre au peuple de Dieu d’août 2018.

    Ce message du Pape, faisant le lien entre abus sexuels, abus de pouvoir et abus de conscience et la nécessité de réagir face à ce que le Pape a appelé le cléricalisme (autant du fait des laïcs que des clercs) a fait prendre conscience à ces mouvements et associations catholiques de sensibilités très diverses qu’il était important de répondre à cet appel. Mais surtout qu’il était important de rassembler leurs forces et leurs diversités pour porter ensemble cette transformation ecclésiale à laquelle le Pape appelle.

    Nous avons entamé une démarche de réflexion avec le désir que les expériences vécues dans nos mouvements puissent aider à revoir les modes de gouvernance dans l’Église. Avec le souhait de se mettre au service de l’Église, de travailler en pleine collaboration avec les évêques et les prêtres.

    Télécharger le texte intégral de l’intervention de Dominique Rouyer, Secrétaire Nationale du CCFD-Terre Solidaire et Emmanuel Odin de la Communauté de l’Emmanuel à l’Assemblée des évêques de France

    Source : https://ccfd-terresolidaire.org/actualites/Promesses-d-eglise-6480

  • Agroparade devant le parlement européen

    Agroparade devant le parlement européen

    Le CMR dans le cadre de son partenariat avec la Plateforme pour une Autre PAC participait ce mardi 22 octobre à la manifestation organisée à Strasbourg pour réclamer une autre PAC. Le CMR Bas-Rhin était également présent lors de ce rassemblement qui a réunit prés d’un millier de manifestants.

    Entre 650 et un millier de manifestants, selon la préfecture et les organisateurs, battaient le pavé mardi à Strasbourg pour réclamer « une autre » politique agricole commune européenne (Pac) et interpeller les eurodéputés réunis au Parlement européen.

    Parti un peu avant 11h30 de la place de l’Université, au cœur de la capitale alsacienne, le cortège de cette « agroparade » devait ensuite rallier l’hémicycle européen pour organiser devant le bâtiment un « die-in », selon les organisateurs.
    Parmi les manifestants figuraient des agriculteurs et apiculteurs français et allemands ainsi que des militants écologistes ou du bien-être animal. Plusieurs étaient munis de drapeaux du syndicat agricole Confédération paysanne ou de pancartes proclamant « entre miel et pesticides, il faut choisir » ou encore « non à l’agro business. Pour une vraie réforme de l’agriculture européenne ».
    Des remorques sur lesquelles étaient juchés une abeille et un porcelet géants étaient également visibles dans le cortège. « On espère peser sur le débat » autour de la future Pac post-2020, a indiqué à la presse Jacques Morineau, président de la plateforme « Pour une autre Pac », qui fédère une quarantaine d’associations et syndicats impliqués dans les questions agricoles et alimentaires, dont le CMR.
    « La Pac, c’est une organisation dépassée (…) On dépense des milliards pour la monoculture, on détruit la biodiversité et on perd nos abeilles avec des produits phytosanitaires », a dénoncé Bertrand Hirtz, apiculteur strasbourgeois.
    Selon lui, il faut « revoir le principe de répartition des subventions (européennes à l’agriculture), elles sont attribuées majoritairement aujourd’hui à la productivité » alors qu’il faudrait les diriger « vers une agriculture plus biologique et plus respectueuse de l’environnement ».

    Source : AFP

    Fort de son expérience et de son ancrage territorial le CMR dénonçait déjà dans une tribune paru en 2015 (Pour une éthique agricole et rurale) : »Un système qui appauvrit et fragilise les femmes, les hommes, et les cultures du rural, en France et au delà. Le fonctionnement actuel de notre système de production agricole est fondé sur un principe de dérégulation destiné à assurer la liberté des échanges. En absence de règles, cette liberté se transforme en instruments de capitalisation, de spéculation financière et de pouvoir, visant à satisfaire les intérêts d’un petit nombre d’individus ou de sociétés qui imposent leur mode de fonctionnement au détriment du bien commun. Nous déplorons en conséquence, un appauvrissement du tissu rural et humain, et des atteintes aux valeurs qui nous réunissent« .

  • Forum sur la transition écologique « plus belle la terre »

    Forum sur la transition écologique « plus belle la terre »

    Forum organisé par le CMR Pas-de-Calais (Chrétiens dans le Monde Rural) aidé de l’EDAR (Équipe Diocésaine d’Animation en Rural)

    Il est 9h00, et nous sommes à pied d’œuvre pour installer les tables, les chaises, les grilles d’exposition prêtées par la municipalité de St Laurent et monter 2 tonnelles supplémentaires à celles déjà présentes sur la base.

    Il bruine mais cela n’empêche pas la bonne humeur et le plaisir de se retrouver pour proposer cette journée de découverte de belles initiatives locales existantes sur l’Artois et la Gohelle.

    Des élèves du lycée Senez d’Hénin Beaumont sont venus faire l’accueil et des jeunes musiciens ont animé toute la journée.

    Acheter des meubles relookés, des produits équitables, consommer local, utiliser un frigo solidaire, recycler ses tee-shirts ou chaussettes usagées, trier nos déchets, cuisiner les fruits abîmés, utiliser le vélo plutôt que la voiture pour les petits trajets, sont des actions à la portée de tous.

    Nous pouvons aussi mettre des hôtels pour les abeilles, des nichoirs pour les oiseaux, et des mangeoires pour les aider à passer l’hiver en les nourrissant, planter des haies arbustives, acheter une énergie verte, participer au financement d’un projet écologique et solidaire, …

    L’Église réfléchit et montre l’exemple à travers l’association « Église Verte ». Le CMR (Chrétiens dans le Monde Rural), mouvement d’action catholique et d’éducation populaire, dans son dernier congrès proposait comme chemins des possibles de « Consommer autrement » et d’avoir « une économie co-opérante au service du bien commun ».

    Chaque geste que nous faisons contribue  au changement. À nous citoyens, chrétiens ou non, de nous « bouger ».

    Quand le consommateur devient « consomm’acteur », il pose un geste politique.

    À nous de dire et de montrer par nos actes, que nous voulons vivre sur une planète belle et propre, car nous n’en avons qu’une et qu’il n’y a pas de plan B !

    Sylvie Preux et Bénédicte Neuts

     

     

     

  • Un pacte pour la transition écologique

    Un pacte pour la transition écologique

    Annie Rauwel, membre du CMR Nord-Lille, nous raconte son engagement au CMR mais aussi pour l’écologie, l’environnement et l’agriculture.

    Je viens du Nord, entre Lille et Dunkerque, dans les monts des Flandres. J’étais permanente à l’ACE et au MRJC quand j’étais jeune. Au niveau de l’assemblée diocésaine, je suis déléguée du CMR au CCFD – Terre solidaire. Je fais aussi partie d’Artisans du Monde et de Terre de Liens. Récemment, je me suis investie dans « Ensemble pour le climat Hauts de France (EPLC) et localement Flandre Climat » dans le but de créer un collectif pour faire avancer cette question-là auprès du politique. Chacun son petit geste pour l’écologie c’est très bien, mais il faut qu’au niveau des lois ça bouge.

    Cet été j’ai participé aux Université d’été du CMR parce que je me sens très concernée par la question de l’agriculture qui recoupe mes engagements par ailleurs : le CCFD – Artisans du Monde qui soutient les petits producteurs par le commerce équitable dans les pays du Sud, mais aussi de plus en plus dans le nord – Terre de Liens qui favorise l’installation des paysans sur quelques hectares pour une agriculture paysanne et biologique. Ça me paraissait cohérent d’essayer de faire avancer au CMR toute cette dimension internationale.

    Dans nos réflexions, nous avons relevé l’importance de prendre le temps, le temps de voir pousser, le temps d’échanger avec les producteurs, la joie d’être dans la nature, le fait que les paysans puissent vivre dignement de leur travail, le rôle primordial de l’alimentation au niveau de la santé, le fait d’être des consom’acteurs… On sait aujourd’hui qu’on est allé trop loin dans le productivisme. Pour notre santé comme pour celle de la terre et pour la biodiversité, aidons les agriculteurs à revenir à une agriculture plus raisonnable, à dimension humaine.

    Je suis très enthousiaste d’aller au congrès à Tarare en 2020. Je crois que ce sera un moment très festif, très convivial et surtout très riche aussi bien pour chacun des participants que pour le mouvement en termes d’échanges pour faire avancer des idées.

    Malheureusement, il est en marche le dérèglement climatique. Il faudra s’adapter, mais il faut aussi prendre des mesures radicales pour retrouver un équilibre pour la terre, pour l’humain, pour la biodiversité, pour préserver les abeilles… Si certaines variétés d’arbres dans nos forêts sont en train de mourir, c’est à cause de tous ces dérèglements dus au réchauffement climatique. On nous a dit que nous avons deux ans, mais il y a déjà un an de passé. Et que font les politiques ? Ils prennent des mesures, mais elles sont très insuffisantes. Il faut vraiment un investissement massif et financier et des lois pour contenir le plus possible le dérèglement climatique. Il y a des marches pour le climat, des initiatives (zéro déchet par ex…) mais ce n’est pas suffisant. On ne peut pas dire aux gens « ne prenez plus votre voiture » et en même temps supprimer les petites gares. Il y a des choses qui clochent ; il faut être cohérent.

    Il faut agir à tous les niveaux. Artisans du Monde, ce n’est pas seulement de la vente, c’est aussi de l’éducation et du plaidoyer pour faire changer les lois ; c’est pareil pour le CCFD. Les plaidoyers ne sont pas du lobbying, ils servent le bien commun ; c’est pour la terre et non pour des intérêts privés.  Tout le monde peut agir par des pétitions ; ça a du poids. Il faut vraiment que les politiques bougent.

    A mon avis, c’est au niveau municipal qu’on peut déjà agir. Prochainement, il y aura des élections municipales. On peut créer des petits collectifs pour demander aux candidats de s’engager dans le « Pacte pour la transition ». Il existe un site : www.pacte-transition.org .

    Ce pacte propose 32 mesures : des propositions concrètes pour ralentir le dérèglement climatique, des propositions par rapport aux plus démunis, aux exclus, par rapport à l’environnement, par rapport à la restauration collective locale… On invite les candidats à s’engager sur au moins 10 d’entre elles. Une fois qu’ils sont élus, le collectif vérifie qu’ils tiennent leurs engagements. Notre rôle de citoyen n’est pas juste « donner notre voix » puis on s’en lave les mains. On peut travailler avec les élus, les accompagner et leur montrer qu’on est auprès d’eux pour que leurs engagements puissent aboutir.

    Des collectifs pour le climat existent déjà (comme par exemple Flandre Climat) et peuvent s’inscrire dans cette démarche. Mais les citoyens, ou les associations peuvent se mettre ensemble pour créer un nouveau collectif et ce, dans chaque village, (il y en a déjà 916) Rendez-vous sur le site : www.pacte-transition.org

    Annie Rauwel, en équipe CMR (fédération Nord Lille)

     

  • Les femmes, une chance pour l’agriculture

    Les femmes, une chance pour l’agriculture

    Les femmes, une chance pour l’agriculture

    Sous ce titre positif, le CMR vous invite à regarder ensemble la place et le rôle particuliers des femmes dans les évolutions du monde agricole.

    Les femmes en agriculture sont bien souvent :

    impliquées dans le lancement d’activités nouvelles qui permettent à la profession de s’ouvrir vers l’extérieur,

    défenseuses de l’égalité dans la répartition du travail,

    en première ligne pour regarder les difficultés en face,

    multi-fonction, multi-tâches, en exerçant parfois une profession extérieure pour garantir un certain équilibre, humain et financier,

    d’une influence réelle sur les activités d’élevage et leur évolution, notamment… et sur les décisions à prendre concernant la transition écologique.

    Une journée de témoignages et d’échanges à laquelle le réseau Agriculture et Alimentation du CMR est heureux de vous convier !

    Intervenants :

    Véronique Louazel ( réseau Solidarités Paysan) / Bénédicte Willemart (ACRF-Femmes en milieu rural, Belgique) / Alexis Annes (sociologie rurale, ESAP-Toulouse)

     

    Le vendredi 29 novembre 2019 de 9h30 à 16h30

    Salle Jussieu (CCFD) 12 rue Guy de la Brosse 75005 Paris

    métro : Jussieu (lignes 7 et 10)

     

     

    Inscrivez-vous ! https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfBAMAu7_VXYqdzy0EDOfYFbmUuGQagAClhznWzl4N6OoPZEA/viewform

    Contact : Marie-Laure de Noray-Dardenne, CMR

    01 69 73 25 29  mldenoray@cmr.cef.fr

    CMR standard : 01 69 73 25 25

     

  • Témoignage : de la JAC au CMR

    Témoignage : de la JAC au CMR

    En l’an 2000, lorsque l’âge de sa retraite a sonné, signant son retour au pays, Jacquelin Séphard a rejoint une équipe CMR. Elle évoque les bienfaits de son engament au sein de notre mouvement.

    Dans ma jeunesse, après mon bas, j’ai fait « un service social », suggéré par mon père, qui considérait que la pension nous coupait du monde et de la vraie vie ! Je me mis donc au service de jeunesse de Mazangé, créant une équipe de « Cœurs Vaillants » et « Ames Vaillantes » (ACE), et fis connaissance de la Jeunesse Agricole Catholique (JAC), mouvement d’éducation populaire où les échanges en équipe de la vie de chacun me firent connaître le milieu paysan.

    Quand je revins au pays, après ma professionnelle d’institutrice, mes amis d’antan m’invitèrent au congrès CRM à Lourdes en 2000, pour me présenter ce qu’était devenu le mouvement. Ce fut une expérience extraordinaire de voir toute la France rurale représentée avec, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, toutes les particularités, les productions dans chaque région et la fierté de s’exprimer, par des sketches, des chants ou des ateliers. On ressentait une joie, une dignité, une espérance dans l’avenir qui faisait chaud au cœur. Le congrès choisit comme slogan : « Des ruraux bâtissent un avenir solidaire, pourquoi pas vous ? ».

    A travers le congrès quinquennal, le CMR crée, invente avec d’autres, des solutions pour mettre plus de « vivre ensemble » dans les zones rurales. Nous voulons bâtir un avenir solidaire, une espérance partagée. Au congrès 2020, la Clameur du Rural prendra toute son importance. Il aura lieu à Tarare dans le Rhône.

    Démarche de réflexion chrétienne

    Mais…en attendant ce grand rendez-vous, que se passe-t-il à la base ?

    Plusieurs équipes se retrouvent régulièrement. Nous nous rassemblons chaque mois chez l’un ou l’autre pour partager, chacun en confiance, un fait de vie, une action, un événement heureux ou angoissant, dans lequel il est impliqué.

    Nous réagissons, débattons, approfondissons nos convictions sur l’un des faits évoqués par l’un d’entre nous. Nous nous mettons à l’écoute de la parole de Dieu, un texte d’évangile pour éclairer ce fait de vie.

    Nous cherchons ce que nous pouvons entreprendre pour mieux vivre ensemble.

    Fête de l’amitié et vacances-formation

    En septembre, une équipe invite tous les membres du département à la découverte de son village. Chaque été, le CMR organise des vacances-formation dans des régions différentes. L’an dernier, ce fut à Cudos en Gironde ; que 76 personnes de 2 à 82 ans, venues de toute la France, ont posé leur valise pour une semaine de formation sur le thème suivant : « une semaine pour parler de dignité », en se référant à la pensée sociale de l’Église et à l’évangile. Les enfants et les adolescents ont aussi échangé sur le respect à l’école et dans le sport. Chaque après-midi, des sorties à la découverte de la région étaient proposées par nos hôtes ou nous pouvions la découvrir librement en famille.