Coopérer pour le bien commun

66 personnes ont participé à la Journée de réflexion du CMR, le 1er décembre 2019.

Conférence du Père Jean-Yves BAZIOU, théologien et prêtre diocésain de Quimper

Au regard des défis actuels (changement climatique, destruction de la maison commune), Jean-Yves BAZIOU met l’accent sur les solidarités à créer pour sauver la nature et nous-mêmes, dans un monde fragmenté.

Mais qu’est-ce qui est bon pour nous ? Comment s’organiser ? Comment choisir entre ce qui est bon ou mauvais ? entre privé et public ?

Dans l’antiquité, Platon le philosophe précise le rôle des gardiens de la cité idéale : être des responsables désintéressés et justes pour permettre l’unité de la cité, garder les citoyens dans le tissu social (Livre La République). Pour Aristote, la cité requiert que les citoyens doivent préférer l’intérêt commun à leurs désirs personnels. Sénèque, dans le Traité des bienfaits, précise que l’horizon de l’homme est une société heureuse, préoccupée par le bien de tous.

Au XII siècle, pour Saint Thomas, la cité n’est pas la finalité, c’est le salut : le bien commun voulu par Dieu pour tous.

– La Société est dans l’Église, la Cité doit être réglée par Dieu donc ses représentants.

– L’homme est un être politique, ce qui implique une organisation collective de la Cité.

Vivre ensemble induit donc la construction d’institutions politiques pour l’épanouissement de tous. Il faut articuler la réalisation de la cité et la réalisation de la personne ! Justice sociale et dignité de chaque personne.

Le pouvoir est un service, un ministère… Donc le ministre a la mission de punir, de suppléer et de parfaire.

Le Bien Commun précède et dépasse le politique, telle la Loi de Dieu par rapport à la Loi des hommes.

En 1789, la déclaration des droits de l’homme ET du citoyen croissent 2 axes pour définir le bien commun.

  • axe descendant : partir du collectif pour aller vers les personnes (enjeu : dignité des personnes). Le Bien Commun ne peut être atteint individuellement. Cela nécessite une complémentarité.
  • axe ascendant : partir des personnes pour aller vers le collectif (chacun a le devoir de contribuer). Le Bien de la personne contribue au Bien Commun.

En cette période pré-électorale, des paroles interpellent :

– Dans la cité idéale de Platon, les « élus » ne peuvent pas cumuler des biens propres afin de ne pas tirer profit de leur situation.

– L’égalité de tous à l’accès des biens fondamentaux : ceux-ci sont privatisés (l’eau, les semences, la terre, les plantes et médicaments…). Tout tend à être transformé en marchandise. Nous sommes invités à avoir une éthique de la limite.

– L’éducation à l’art de goûter ce que l’on reçoit, permettrait à chacun de retrouver de la joie. Dans notre société de consommation, le désir d’acquérir pousse au cumul sans fin de biens propres.

– La participation des personnes aux décisions qui les concernent : chacun est appelé à faire de la politique.

Le Pape François nous invite à entendre la clameur des pauvres de la Terre.

Annabelle Bourdeaud’huy, accompagnatrice ACE et MRJC

Luc Van Inghelandt

 

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