Fondée en 1945 pour unir toutes les nations dans la lutte contre la faim, la FAO fête son anniversaire le 16 octobre, à travers une célébration mondiale connue comme la Journée Mondiale de l’Alimentation. A cette occasion, La FIMARC renouvelle ses propositions d’actions en lien avec le thème de cette année « Cultiver, Nourrir, Préserver. Ensemble. Agir pour l’avenir ».
Des actions pour AGIR au quotidien :
CHOISIR UNE ALIMENTATION SAINE ET VARIÉE Une alimentation saine contribue à une vie saine. N’oublions pas qu’une alimentation diversifiée favorise la biodiversité !
CHOISIR DES PRODUITS LOCAUX Chaque fois qu’on le peut, soutenons nos paysans en achetant des aliments frais cultivés localement, par ex. sur des marchés de producteurs de notre communauté.
CHOISIR DES ALIMENTS DE SAISON Evitons les importations en profitant des saisons.
CULTIVER DES ALIMENTS CHEZ SOI Apprenez à cultiver vos propres fruits, légumes et herbes aromatiques
RESPECTER LA NOURRITURE ET LES PAYSANS Les pertes et gaspillages alimentaires peuvent se produire tout au long de la chaîne alimentaire – Respectons la nourriture et respectons les paysans.
Des actions pour SENSIBILISER
Organiser des activités loisirs et sports comme une course, une marche, une ballade ou même un marathon contre la faim.
Organiser des Conférences, débats et tables rondes publiques avec des dirigeants politiques, des éducateurs, des scientifiques et des agriculteurs.
Organiser les dons de nourriture qui autrement auraient été jetée conformément aux règlements locaux. Lien avec les magasins locaux, restaurants, etc.
Organiser une exposition pour la JMA pour soutenir des produits agricoles.
Le 28 avril 2020, la Commission européenne a proposé un accord international permettant l’importation de 20 000 tonnes de viande bovine mexicaine en Europe, à droit de douane réduit. Cet accord doit à présent être voté par le Conseil des ministres de l’UE et par le Parlement européen.
Cette proposition a fait réagir l’interprofession de la viande (Interbev) et les principaux syndicats agricoles en France, qui sont tous opposés à cette mesure, rappelant que jusqu’à présent, la viande bovine mexicaine était interdite d’importation en Europe faute de garanties suffisantes sur le plan sanitaire. De plus, la crise du Covid-19 a rappelé aux États l’importance de la souveraineté alimentaire en période de limitation des transports : pouvoir produire une alimentation de qualité localement est un atout.
Au sein du mouvement Chrétiens dans le monde rural, nous sommes particulièrement sensibles aux questions agricoles et alimentaires. Avec les agriculteurs et agricultrices membres de notre association, nous avons à cœur de réfléchir, de débattre et d’agir pour des systèmes alimentaires durables. Le CMR soutient tous les agriculteurs et agricultrices : personne ne doit être laissé de côté. Mais nous ne soutenons pas tous les modèles agricoles.
Encouragé-es par l’encyclique du pape François, Laudato si’, sortie il y a cinq ans, nous voulons réaffirmer nos aspirations au sujet de l’agriculture et l’alimentation et en particulier, aujourd’hui, sur la production et la consommation de viande.
Notre politique de l’alimentation doit viser à diminuer notre consommation de viande, pour assurer à toutes les populations qui en ont besoin de manger une viande de meilleure qualité, produite localement, qui permette une digne rémunération des éleveurs. En France, les éleveurs de bovins-viande sont parmi les plus bas revenus. Leur nombre diminue. Leur disparition pourrait encore accroître notre dépendance vis-à-vis du marché mondial. De plus, l’élevage bovin permet le maintien de prairies, utiles à la biodiversité, à la gestion de l’eau et à la lutte contre le changement climatique, et à l’entretien des massifs de moyenne montagne.
Nous nous opposons à la libéralisation des marchés internationaux qui orientent les systèmes agricoles vers des modèles non durables (déforestation, accaparement des terres, culture intensive du soja et du maïs, absence de traçabilité).
Il est aussi nécessaire de se questionner sur ce paradoxe : ce sont parfois les mêmes personnes qui dénoncent les accords internationaux qui pénalisent nos producteurs, qui « en même temps » défendent à cor et à cri la vocation exportatrice de notre agriculture. Si nous sommes opposés à l’importation de viande bovine mexicaine en Europe, de la même manière, nous sommes solidaires des paysan-nes d’Afrique de l’Ouest victimes des exportations de poudre de lait de l’UE, encore aggravées depuis le Covid-19.
La souveraineté alimentaire devrait être la pierre angulaire de toutes les politiques agricoles et alimentaires dans le monde. Elle est incompatible avec les traités de libre-échange. La défense de la souveraineté alimentaire est une expression de solidarité internationale.
Nous encourageons donc les citoyens et les citoyennes à écrire aux eurodéputé-es à ce sujet.
Anne-Marie Blanchard et Dominique de Vivies, co-présidentes du CMR
Les cloches sonnent pour le climat : re-démarrons autrement !
Le 24 mai 2015 était publiée l’encyclique Laudato si’ sur la préservation de notre Maison commune.
En cette période inédite de bouleversement de nos modes de vie (relations aux autres, consommation, déplacements, travail) un nouveau chapitre peut s’écrire.
Le pape François appelle à se mobiliser pour une Semaine Laudato si’ du 16 au 24 mai à travers le monde, coordonné par le GCCM (Global Catholic Climat Mouvement).
Que nous dit Laudato si’ ?
Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous. § 14
L’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre ce réchauffement ou, tout au moins, les causes humaines qui le provoquent ou l’accentuent. §23
L’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties. § 193
Dans la famille, on cultive les premiers réflexes d’amour et de préservation de la vie, comme par exemple l’utilisation correcte des choses, l’ordre et la propreté, le respect pour l’écosystème local et la protection de tous les êtres créés. § 213
Toutes les communautés chrétiennes ont un rôle important à jouer dans cette éducation à la contemplation reconnaissante du monde, à la protection de la fragilité des pauvres et de l’environnement. § 214
Faisons sonner les clochers, mais aussi nos cloches, clochettes et smartphones !
Nous proposons que les églises de France fassent sonner leurs cloches dimanche 24 mai à 20h00 et que tous fassent sonner des cloches chez eux, aux balcons, aux fenêtres, dans les jardins. Ces sonneries seront le signe de notre engagement pour dire notre désir de changer en profondeur au sortir de la crise sanitaire.
Nous, membres du bureau de la FIMARC (Fédération internationale des mouvements d’adultes ruraux catholiques), exprimons notre profonde inquiétude concernant l’impact de la pandémie COVID-19 sur les agriculteurs, les pêcheurs et autres petits producteurs alimentaires, les pauvres des zones rurales et urbaines, les travailleurs journaliers et saisonniers, les migrants et les chômeurs, et exprimons notre solidarité à tous. La maladie se propage très rapidement partout et est devenue un problème mondial qui appelle des réponses autant mondiales que locales.
La pandémie COVID-19 a des effets négatifs sur la production alimentaire, l’offre et la demande de denrées alimentaires, la distribution, la commercialisation et la sécurité alimentaire à tous les niveaux. La vie et les moyens de subsistance de millions de travailleurs salariés, de pêcheurs et de familles d’agriculteurs sont gravement touchés et menacés par cette pandémie. Fermeture des frontières, confinement, quarantaine, perturbations du commerce limitent l’accès des populations à des ressources alimentaires suffisantes et diversifiées dans la plupart des pays. Le confinement lié au COVID-19 signifie que les pauvres des zones rurales et urbaines n’ont plus de nourriture ni de travail. Des millions de personnes des régions sous-développées sont confrontées à la pauvreté et au dénuement du fait de l’arrêt de l’activité économique en raison des mises en confinement.
La fermeture des marchés locaux et une moindre fréquence d’accès aux petits commerces réduisent la demande de produits frais et de produits de la pêche, affectant à la fois les producteurs et les fournisseurs qui sont également confrontés à la hausse des prix des denrées alimentaires et à la limitation de leur pouvoir d’achat. Les restrictions sur le tourisme, la fermeture des restaurants et des cafés et la suspension des repas scolaires aggravent la pauvreté. Des millions d’enfants n’ont plus accès aux repas scolaires qui sont leur principale ressource alimentaire. Beaucoup d’entre eux n’ont pas de protection sociale, ni d’assurance maladie. Les travailleurs journaliers ou saisonniers, les migrants, les personnes déplacées et celles touchées par les conflits sont confrontées à une faim extrême car elles n’ont aucun revenu, ni soutiens ou mesures de protection sociale. De nombreux pays ont annoncé des mesures soudaines de confinement sans aucune disposition de protection des travailleurs pauvres et vulnérables vivant dans des conditions économiques précaires. Les pays en développement sont particulièrement menacés, car la pandémie COVID-19 peut entraîner une importante réduction des activités de production à haute intensité de main-d’œuvre (agriculture, pêche, petites entreprises, etc).
Nous ne condamnons pas les mesures nécessaires telles que le confinement et les autres moyens de protection des personnes. Cependant, nous demandons que les personnes pauvres et vulnérables, les travailleurs, les petits agriculteurs et les familles ne souffrent pas de façon particulièrement dure et qu’ils reçoivent toute l’aide nécessaire pour traverser cette période difficile afin d’éviter une crise alimentaire, économique et sociale.
Au fil des ans, la plupart des gouvernements ont mis en œuvre des politiques économiques néolibérales qui ont réduit de manière drastique les dépenses publiques des services de santé et permis leur privatisation. Les effets catastrophiques de ce Covid-19 sont les conséquences de ces décisions politiques. Dans de nombreux pays, les pauvres et les personnes à faibles revenus sont les victimes des systèmes de santé privatisés. De nombreuses personnes ne détectent pas leur infection car elles ne peuvent supporter le coût élevé des tests et des traitements. Cela peut être la cause d’une grave menace d’expansion du COVID 19 au sein des communautés et de la mort éventuelle de millions de personnes. L’auto-isolement ou l’enfermement social peut aussi provoquer un stress traumatique, un mélange de peur et de colère chez des individus avec une augmentation de la violence domestique et familiale. Nous appelons donc les autorités à fournir en urgence des orientations et un soutien psychologique aux individus et aux familles. La FIMARC appelle également à la gratuité des tests et des traitements pour les patients atteints de COVID, quels que soient leurs revenus, leur nationalité, leur sécurité sociale ou leur statut de réfugié.
Nous craignons que la plupart des gouvernements, dans le cadre de leurs politiques néolibérales, donnent la priorité aux dispositions économiques, aux incitations et aux programmes de sauvetage et de protection des industries à grande échelle, à l’agrobusiness et aux banques. Nous nous opposons fermement à une telle approche et appelons à ce que les groupes les plus vulnérables soient au centre des politiques visant à combattre l’impact de la pandémie COVID-19 à la fois sur la santé et l’économie.
Il est évident que la crise menace dans le monde entier l’approvisionnement en denrées alimentaires et autres produits de base essentiels et que les systèmes alimentaires agro-industriels et les chaînes transnationales des super marchés sont quasi paralysés à cause des distorsions du commerce transfrontalier et des transports. Cependant les petits producteurs alimentaires représentent plus de 70 % de la nourriture nécessaire à l’échelle de la planète et environ 90 % des produits alimentaires consommés par les communautés locales et les personnes à l’intérieur des frontières nationales. Nous ne devons pas oublier que les petits agriculteurs demeurent au centre de la production, de l’approvisionnement et de la distribution alimentaires dans tous les pays, même en cette période de crise, grâce à la vente directe, aux chaînes de circuits courts, aux systèmes de distribution publique et aux possibilités offertes par les marchés locaux. Les petits producteurs alimentaires continueront à jouer leur rôle important en promouvant un système alimentaire écologiquement rationnel et socialement juste. Ils sont et resteront les champions et les gardiens de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, même en pleine épidémie de COVID 19. Ils constituent les solutions et les réponses positives pour assurer une alimentation saine pour tous et ne devraient pas être seulement considérés comme de simples victimes ou un groupe vulnérable de cette crise.
Nous saisissons cette occasion pour féliciter et soutenir les équipes de soins de santé du monde entier, les agents sanitaires, les agents de nettoyage et les autres personnes. qui risquent leur vie pour combattre cette pandémie en première ligne. Nous appelons donc les gouvernements à fournir des assurances spéciales de santé et de vie pour ces combattants de première ligne.
Nous tenons aussi à souligner que la pandémie COVID 19 a eu des effets positifs importants pour le genre humain et la nature. Notre ciel et nos rivières sont plus clairs qu’auparavant, la biodiversité et l’environnement s’améliorent, les émissions de carbone et le réchauffement climatique diminuent, de meilleures habitudes de santé et d’hygiène deviennent les slogans du jour, la nature renaît, l’exploitation excessive des ressources naturelles diminue, ce qui nous donne plus de temps pour améliorer nos relations, même en famille, et pour écouter l’appel de la nature. C’est le moment de réfléchir à notre mode de vie, au mode de développement que nous avons promu et d’approfondir nos relations avec la nature et les autres êtres humains. Il est temps de prendre une nouvelle route. Nous devons vraiment construire une nouvelle histoire à partir des leçons que nous avons apprises. Allons de l’avant ensemble.
Dans ce contexte, la FIMARC formule les demandes suivantes:
Des mesures et services urgents en matière de soins de santé
La disponibilité et la gratuité du test COVID pour tous, quelle que soit la nationalité, y compris pour les immigrés clandestins. L’idéal est d’organiser le test COVID sur la population la plus large possible, sinon, un test rapide aléatoire, même pour ceux qui ne présentent aucun symptôme d’infection.
La mise en place de mesures et d’installations de quarantaine appropriées, sûres et adéquates à domicile ou dans les hôpitaux, dans les zones urbaines et rurales.
La fourniture d’équipements médicaux adéquats, du matériel de sécurité et d’hygiène, y compris des masques, des désinfectants et des kits d’équipement de protection individuelle (EPI) pour tous les médecins en exercice et tous les autres professionnels de la santé.
Les gouvernements devraient prendre des mesures urgentes pour construire des infrastructures temporaires ou permanentes, notamment des hôpitaux, des ventilateurs, des unités de soins intensifs et assurer la fourniture de médicaments pour traiter gratuitement tous les patients atteints de COVID, avec un budget spécial pour les soins de santé publique. Personne ne devrait se voir refuser les tests et les traitements en raison de son statut de protection sociale
Une sensibilisation massive du public
Des campagnes massives de sensibilisation du public doivent être organisées dans les zones rurales et urbaines sur la pandémie de COVID 19 et les mesures de protection (y compris le port de masques, le lavage des mains, le respect de l’hygiène personnelle et environnementale et plus encore la distanciation sociale) à prendre pour prévenir la maladie.
Les mouvements sociaux de base, incluant les membres de la FIMARC, devraient soutenir les programmes de sensibilisation et les initiatives des gouvernements pour aider les populations à sortir de cette crise.
Les médias et groupes sociaux ne doivent pas diffuser de fausses informations sur le COVID 19.
Les médias devraient assumer le rôle moral et social de fournir à tous des informations vraies et opportunes plutôt que de susciter la peur et l’anxiété du public.
Tous les membres de la FIMARC devraient suivre les mesures de confinement et soutenir la politique d’endiguement des gouvernements.
Les membres de la FIMARC peuvent également organiser des campagnes de sensibilisation (en fournissant du matériel d’hygiène, en préparant des brochures dans les langues locales sur les habitudes saines pour prévenir les maladies, des programmes de soutien communautaire) à la base pour prévenir l’expansion sociale de la maladie.
Un soutien économique viable aux plus vulnérables
Les gouvernements doivent fournir des financements en espèces pour soutenir les petits producteurs de denrées alimentaires, les petites entreprises, les travailleurs formels ou informels et les populations sans emploi pendant les périodes de fermeture et de quarantaine.
Les gouvernements doivent augmenter les dépenses publiques pour la relance et le redémarrage des activités économiques, en accordant la priorité aux groupes les plus vulnérables.
Prévoir des pensions anticipées pour les catégories les plus faibles de la société telles que les personnes âgées, les personnes handicapées, les veuves et autres groupes vulnérables.
Les gouvernements devraient mettre un moratoire sur tous les prêts et recouvrements de crédits des agriculteurs, des travailleurs, des petites entreprises et de tous les autres auprès des banques privées et publiques et autres organismes financiers.
Fournir des aides d’urgence aux petits producteurs, aux jeunes entreprises et aux petites entreprises.
Le gouvernement devrait fournir gratuitement les services de base tels que l’eau et l’électricité à tous les groupes à faibles revenus pendant les périodes de blocage.
De meilleures installations de soins de santé doivent être mises en place dans toutes les prisons pour éviter la propagation du COVID 19.
Les membres de la FIMARC sont appelés à organiser des activités de secours telles que l’organisation de kits alimentaires, d’articles essentiels ou de matériel sanitaire.
Un renforcement des programmes de protection sociale
En augmentant les montants des transferts pour aider les familles à satisfaire leurs besoins fondamentaux ; en fournissant des paiements complémentaires pour compenser la perte de revenus des petits producteurs.
Par la fourniture directe de nourriture par les gouvernements ainsi que par des dons de particuliers, de réseaux de solidarité et d’organisations non gouvernementales.
En injectant des fonds dans l’agriculture, la pêche et les petites industries par le biais de subventions, pour aider la production alimentaire, les micro, petites et moyennes entreprises, les travailleurs occasionnels et le personnel salarié qui ne peut pas travailler lorsque toutes les activités s’arrêtent.
Promouvoir un système économique qui réponde aux besoins des populations les plus vulnérables grâce à des filets de sécurité sociale, notamment un revenu de base universel, des soins de santé gratuits et d’autres mesures de sécurité sociale.
Production et approvisionnement alimentaire
Les pays doivent répondre aux besoins alimentaires immédiats de leurs populations vulnérables.
Les pays devraient veiller à ce que les besoins alimentaires d’urgence soient satisfaits ; en ajustant et en élargissant les programmes de protection sociale ; en ajustant les programmes de repas scolaires de façon à maintenir la fourniture de repas aux enfants lorsque les écoles sont fermées.
La production alimentaire et le transport des denrées alimentaires, des médicaments et autres articles essentiels doivent être déclarés comme services essentiels et les mouvements de ces articles à l’intérieur du pays ou au-delà des frontières ne doivent pas être limités.
Les gouvernements doivent mettre en place des programmes spécifiques pour collecter directement les produits à un prix équitable auprès des petits producteurs alimentaires et organiser des canaux et des points de vente spécifiques pour la commercialisation, l’approvisionnement et la distribution.
Les gouvernements devraient prendre des mesures fermes contre la thésaurisation, le marché noir et la hausse des prix par les négociants et les intermédiaires.
Les gouvernements devraient distribuer des céréales alimentaires essentielles et d’autres matériaux nécessaires pendant au moins trois mois par le biais de programmes de distribution publique à tous les pauvres des zones rurales et urbaines.
Les gouvernements, avec l’aide des détaillants, devraient prendre des initiatives pour promouvoir la livraison à domicile des denrées alimentaires et autres produits essentiels aux consommateurs.
Les gouvernements devraient promouvoir des systèmes alimentaires localisés et diversifiés basés sur l’agroécologie et la souveraineté alimentaire.
La solidarité est la clé de la lutte contre la pandémie
La solidarité et les coopérations nationales, régionales et mondiales sont essentielles pour lutter contre la crise actuelle. Les systèmes de soins de santé nationaux et mondiaux doivent être réorganisés pour le bien de l’humanité.
Les pays devraient partager les résultats de la recherche de médicaments et de vaccins en temps réel et ne pas viser le profit et le brevetage.
Les pays devraient s’échanger les médicaments, masques, kits de test et autres informations pertinentes sur les traitements disponibles et en excédent.
Les institutions financières internationales et régionales devraient accorder un allègement de la dette ainsi que des prêts inconditionnels à très faible taux d’intérêt, voire sans taux d’intérêt, aux pays en développement et aux pays sous-développés afin de lutter contre la pandémie et de stimuler leurs activités économiques post-pandémie.
Les institutions des Nations Unies devraient adopter une approche mieux coordonnée et plus cohérente dans la conception et la mise en œuvre de politiques, programmes et projets urgents à court et à long terme afin d’aider les gouvernements nationaux à faire face à la crise actuelle et à l’éventuel processus de construction de la nation.
Les agriculteurs, les travailleurs et les citoyens ordinaires devront relever d’énormes défis pour reconstruire leur vie et leurs moyens de subsistance. Il est nécessaire de mettre en place des mesures d’aide et de réhabilitation, pour aider les personnes touchées. Ne pas agir maintenant aura des conséquences catastrophiques et la FIMARC appelle donc tous les gouvernements, nos mouvements membres et les autres parties prenantes à agir en conscience pour faire le meilleur de l’histoire de l’humanité.
La Fimarc (Fédération internationale des mouvements d’adultes catholiques) adresse ses salutations à tous les ruraux et leur souhaite de joyeuses Pâques.
Le pape François, dans son message de Carême, a expliqué le « style de vie » dans lequel nous devons marcher « ces temps », en concrétisant les gestes traditionnels de Carême. Et cette année, outre les événements et situations traditionnels bien connus, il nous encourage à « vivre à la suite du Christ », cette « pandémie », le COVID-19, qui a été déclenchée. Et qu’il est important que nous soyons responsables les uns des autres, non seulement dans ce temps présent mais aussi pour le futur.
Le CMR lance un crowdfunding (financement participatif) afin de soutenir l’organisation de l’assemblée Mondiale 2018 des mouvements d’action catholique en milieu rural.
Du 3 au 15 novembre, le CMR participera à ce rassemblement au Sénégal. Un temps fort d’échange et de mobilisation sur le thème « Développement rural et Agriculture : vers un monde meilleur pour tous ».
LETTRE OUVERTE Au Président de la République Emmanuel Macron
Monsieur le Président de la République,
Dans le monde entier, les paysannes, les paysans et les autres personnes travaillant dans les zones rurales subissent des violations graves de leurs droits : 70 % des victimes de la faim sont des ruraux, principalement des agricultrices et des agriculteurs ; nombre d’entre eux sont expulsés de manière arbitraire des terres qu’ils cultivent et qui les font vivre, les privant aussi d’un accès durable à l’eau ; la liberté qu’ils ont de produire leurs propres semences recule partout car de plus en plus de législations favorisent les semences industrielles, produites par un nombre toujours plus réduit de multinationales, au détriment des semences paysannes ; partout dans le monde, agriculteurs, agricultrices et autres personnes travaillant dans les zones rurales peinent à vivre de leur travail faute de revenus décents. Il ne s’agit là que de quelques exemples.
Face à cette situation, à l’insuffisance des instruments juridiques existants et suite aux recommandations de son comité consultatif (1), le Conseil des droits de l’homme a décidé d’élaborer une Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales.
Cette Déclaration a pour but de promouvoir ces droits en codifiant des droits humains existants, mais éparpillés dans de nombreux textes. Elle a également pour objectif de conférer la valeur de droits humains à des droits émergents, essentiels pour combattre des discriminations spécifiques qui affectent les paysannes, les paysans, les travailleuses et les travailleurs de la terre (droit aux semences, à la terre, à la protection sociale, à des conditions de vie et de travail dignes…).
Depuis 2012, la France a évolué de façon positive en passant de l’opposition à l’abstention lors des votes renouvelant le mandat du groupe de travail du Conseil des droits de l’homme chargé d’élaborer la Déclaration.
Bien que n’étant plus membre du Conseil des droits de l’homme, la France a une influence majeure au sein de l’Union européenne où se discute la position commune des États membres. Avant la prochaine session du groupe de travail, du 9 au 13 avril 2018, une prise de position forte en faveur d’une Déclaration ambitieuse pour les droits des paysannes, des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales, reconnaissant en particulier leurs droits aux semences, à la terre, à l’eau et à la souveraineté alimentaire, aurait un effet d’entrainement auprès d’autres pays européens, qui rejoindraient ainsi la grande majorité des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine qui se sont prononcés en faveur de la Déclaration. Ayant entendu votre engagement pour la souveraineté alimentaire, qui est un point clé de cette Déclaration, nous comptons vivement sur votre soutien, celui-ci pouvant prendre la forme d’une communication officielle.
Nous serions heureux de vous rencontrer pour en parler de vive voix. Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.
Pour en savoir plus sur la déclaration :
· Présentation de la Déclaration (4 pages) : https://www.coordinationsud.org/wp-content/uploads/Notes-de-SUD-n14-Défendre-les-droits-des-paysannes-et-des-paysans.pdf
· Texte de la Déclaration (version 2018, qui sera discutée en avril) : https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G17/051/63/PDF/G1705163.pdf?OpenElement
Le 10 décembre, le prix Nobel de la Paix 2017 sera remis au mouvement ICAN (Campagne internationale contre les armes nucléaires). Il récompense le travail mené par la société civile auprès des Etats qui a permis la signature à l’ONU, le 7 juillet dernier, d’un Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) par 122 pays.
Le TIAN ouvre le chemin vers l’abolition mondiale de ces armes de destruction massive. Leur utilisation qui tendrait « indistinctement à la destruction de villes entières ou de vastes régions avec leurs habitants est un crime contre Dieu et contre l’homme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation. » (Gaudium et Spes 80-4). Pourtant aucun des neuf Etats dotés de l’arme nucléaire (USA, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine, Inde, Pakistan, Israël et Corée du Nord) ne semble, à ce jour, prêt à ratifier ce traité.
Les 10 et 11 novembre dernier, les participants, dont plusieurs Prix Nobel de la Paix, réunis au Vatican pour un congrès sur le désarmement nucléaire, se sont appuyés sur les paroles du pape François pour rejeter l’argument de la dissuasion :
« La détention des armes nucléaires répond à une logique de peur et engendre une sensation trompeuse de sécurité »…Si l’on considère le risque d’une détonation accidentelle de telles armes due à n’importe quel type d’erreur, il faut condamner la menace de leur usage, ainsi que leur possession, parce que leur existence est inséparable d’une logique de peur qui ne concerne pas seulement les parties en conflit, mais tout le genre humain ».
La dissuasion nucléaire n’apporte aucune réponse aux menaces les plus graves qui pèsent aujourd’hui et demain sur la sécurité de nos concitoyens : le terrorisme, le changement climatique et l’accroissement des inégalités, tant au niveau mondial qu’au niveau national. De plus, comme le souligne aussi le pape, « les coûts de modernisation et de développement des armes nucléaires représentent un poste de dépenses considérables sur les nations » [4 milliards par an pour notre budget national qui pourrait être porté à 6 milliards d’ici à 2020]. Il laisse « au second plan les priorités réelles de l’humanité souffrante : la lutte contre la pauvreté, la promotion de la paix, la réalisation de projets éducatifs, écologiques et sanitaires et le développement des droits humains ».
Avec humilité et détermination, nous appelons la France à ratifier le Traité d’interdiction des armes nucléaires et ainsi à renoncer à posséder de telles armes. Une telle décision constituerait un geste fort capable d’entraîner d’autres Etats sur la voie du désarmement nucléaire mondial, nécessaire pour l’avenir de la planète Terre !
Nous invitons aussi nos concitoyens à engager le dialogue en vue d’un monde sans arme nucléaire, à appuyer cet appel auprès des autorités, à rejoindre ou soutenir les différents mouvements rassemblés au sein de ICAN France, aujourd’hui honoré et reconnu par l’attribution du prix Nobel de la Paix.
ACE, ACMSS, CERAS, CMR, Communauté Mission de France, Cités du Secours catholique, Confrontations, Chrétiens dans l’enseignement public, Fondacio, JEC, JOC, MRJC, Pax Christi, Voir ensemble
Du 17 au 19 novembre dernier, le CMR a accueilli la 4e rencontre du projet européen ProRure à Chevilly Larue . Trois jours d’échanges entre nos 9 mouvements partenaires pour réfléchir ensemble au renforcement des capacités de la société civile en milieu rural en Europe.
Le CMR est membre de la FIMARC (Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques). A l’initiative de celle-ci, il est engagé depuis un an dans un projet européen, avec 9 autres mouvements chrétiens européens impliqués en milieu rural. Financé par le programme Erasmus+, ce projet « ProRure » (pour « PROmouvoir le RURal ») a pour objectif de développer un réseau d’échanges entre nos mouvements afin de mieux nous connaître, d’échanger sur nos orientations et nos activités et de conforter la reconnaissance de nos mouvements en Europe et au sein de nos sociétés respectives.
Au cours des 2 années du projet, une série de rencontres a été programmée dans six pays avec les représentants des mouvements. Le CMR a accueilli la 4e rencontre, qui s’est déroulée du 17 au 19 novembre dernier à Chevilly Larue, près de Paris. 35 personnes étaient réunies, dont une dizaine de représentants du CMR. L’occasion pour le CMR de présenter les orientations de notre dernier congrès, les réalisations dans différentes fédés, puis des activités du réseau « Agriculture-Alimentation » et des actions menées avec Solidarité Paysans sur le renforcement des solidarités en milieu rural.
Cette rencontre a mis l’accent sur les préoccupations respectives de nos mouvements autour de la viabilité de nos territoires, des moyens de les renforcer et des obstacles rencontrés. Des travaux en petits groupes et l’utilisation d’outils d’animation innovants ont permis de réfléchir ensemble sur ce qui nous identifie et nous anime. Laissant apparaître une réelle volonté de mieux se comprendre et de parvenir à échanger, en vue de porter un message commun au Parlement européen en septembre 2018.
Les mouvements impliqués dans ce projet : ACRF (Belgique), KLB (Allemagne), MRC (Espagne), PAKRO (Pologne), RURE (Italie), FAR (Bulgarie), AGRU (Roumanie), FKI (Slovaquie) et le CMR. Le projet est géré par l’ILD, une structure liée au KLB.
Erasmus+, c’est quoi ?
Erasmus+ est le programme de l’Union européenne pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport pour la période 2014-2020. Il vise à encourager les synergies et les possibilités de valorisation croisée dans ces domaines en encourageant les nouvelles idées, en attirant de nouveaux acteurs du monde du travail et de la société civile et en favorisant de nouvelles formes de coopération.
Suite à un séminaire en Belgique sur les semences, en mai 2017, le comité exécutif de la FIMARC (Fédération internationale des mouvements d’adultes catholiques), dans une déclaration, « affirme que les variétés traditionnelles de légumes, fruits, herbes et semences constituent un patrimoine essentiel. Elles sont la clé de notre sécurité et souveraineté alimentaire maintenant et pour l’avenir. (…) La FIMARC exige fortement que toute loi sur les semences se penche sur les droits des paysans à ces semences. Les petits paysans sont les gardiens des semences et ressources génétiques. Le droit des paysans sur les semences doit être protégé ».