Quelle place pour les laïcs dans l’Église?

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Quelle place pour les laïcs dans l’Église ?

Le comité de rédaction d’Agir a pensé à moi pour écrire quelques lignes sur cette question. Aurais-je le « physique » de l’emploi ? C’est vrai que je suis très liée à l’Église :

Professionnellement : je suis animatrice laïque en pastorale pour l’animation rurale dans le Pas-De-Calais (favoriser les liens entre les mouvements ruraux : ACE, MRJC et CMR et le diocèse). Par exemple, je fais partie de l’équipe d’animation de la formation des accompagnateurs d’équipe, ou sur mon doyenné, je suis membre de l’équipe pastorale du doyenné (une sorte de « bureau » du doyenné).

Bénévolement : je suis membre du CMR, accompagnatrice d’équipe, et engagée en paroisse pour la préparation baptême et sur le doyenné comme membre de l’équipe pastorale du doyenné.

Je me sens à l’aise dans l’Église. Je prends ma place de baptisée dans la communauté chrétienne. Sur mon territoire, les relations prêtres-laïcs se passent bien…, Oui, c’est encore possible ! C’est le souci partagé du travail en commun, au service de nos frères et sœurs, souci partagé de faire vivre des équipes de proximité, bref, d’être une église de proximité. De nombreuses initiatives sont préparées et animées en inter-mouvement et doyennés : soirées « grand débat », élections, bioéthique….

Je suis consciente en discutant au CA National, à l’Université d’été, par exemple, que cela ne se passe pas partout ainsi.

Dans certains diocèses, les évêques récupèrent des subventions attribuées aux mouvements, des financements de postes de laïcs. Certains jeunes prêtres « reprennent en main » leur paroisse et cantonnent les laïques et laïcs à la catéchèse et à l’entretien des églises. Cela signifie le peu de considération pour leur action et une tendance au cléricalisme : le pouvoir appartient aux prêtres.

Face à ces constats, sur quels arguments s’appuyer pour vivre sa vocation de baptisé-e et « appeler d’autres à la moisson » ?

  • Le concile Vatican II, qui a fêté allègrement ses 50 ans, insiste pourtant sur l’égale dignité des baptisés, appelé sacerdoce commun des baptisés (voir Lumen Gentium n°32)
  • Dans ce numéro, vous lirez avec intérêt différents textes et initiatives ici ou ailleurs qui élargiront notre regard.

 

Au moment où j’écris ces lignes, s’achève le synode sur l’Amazonie : Il demande l’égale ouverture des ministères laïcs (diaconat) aux hommes et aux femmes et la création de nouveaux ministères pour l’accueil des migrants, le soin à la maison commune, et un ministère de femme leader de communauté. Le pape invite à la créativité des églises locales… Attendons le texte du pape qui clôt ce synode.

Le monde change, l’Eglise doit changer et quitter la posture de visitation pour celle d’une « Église samaritaine », lieu où les laïcs sont en première ligne.

Je souhaite que chacun (laïc ou clerc) dans l’Église, puisse prendre place, à la suite du Christ, au service de la communion, en épanouissant ses charismes, pour construire une Eglise plus belle. Le mot charisme ne signifie-t-il pas beauté en grec ? Beau chemin à chacun.e et bonne lecture !

Sabine Clermont

Administratrice nationale

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