Nous sommes une famille avec trois enfants âgés entre 10 mois et 5 ans. Nous habitons dans une maison dans un petit village avec des chemins forestiers très proches de notre maison. Nous devions partir en vacances cette semaine en Allemagne retrouver de très bons amis qui habitent là-bas et que nous voyons rarement du fait de la distance. Pour nos vacances confinées, nous avons choisi de proclamer chaque matin aux autres membres de la famille un objectif-plaisir que nous souhaitons atteindre avant la fin de la journée.
Le petit dernier participe quand ça le concerne mais ne choisit bien évidemment pas d’objectif.
Nos idées sont très variées selon l’auteur et les journées et elles nous remplissent de joie.
Quelques exemples : « fabriquer un château fort », « aller ramasser un bouquet de fleurs », « regarder les albums photos tous ensemble », « ranger l’établi », « aller courir », etc.
Ce matin, nous avons même invité nos enfants au manège dans le salon. Quelques chaises disposées, un cheval de bois, un pompon (pour gagner des tours supplémentaires quand on l’attrape), des tickets, une musique de manège et c’est parti pour un tour avec des rires garantis. Ce confinement nous permet de réveiller encore plus en chacun de nous notre créativité.
Notre clameur est « Osons aller vers une sobriété heureuse » et, plus spécifique pour les parents de jeunes enfants, « Faisons confiance à l’imaginaire de nos enfants ».
Par Laurent Misandeau. Merci de ne pas relayer sur Facebook pour respecter son choix.
Thibaud, 7 ans
S’ils ont fait le confinement, c’est pour voir grandir ses enfants.
Nous, membres du bureau de la FIMARC (Fédération internationale des mouvements d’adultes ruraux catholiques), exprimons notre profonde inquiétude concernant l’impact de la pandémie COVID-19 sur les agriculteurs, les pêcheurs et autres petits producteurs alimentaires, les pauvres des zones rurales et urbaines, les travailleurs journaliers et saisonniers, les migrants et les chômeurs, et exprimons notre solidarité à tous. La maladie se propage très rapidement partout et est devenue un problème mondial qui appelle des réponses autant mondiales que locales.
La pandémie COVID-19 a des effets négatifs sur la production alimentaire, l’offre et la demande de denrées alimentaires, la distribution, la commercialisation et la sécurité alimentaire à tous les niveaux. La vie et les moyens de subsistance de millions de travailleurs salariés, de pêcheurs et de familles d’agriculteurs sont gravement touchés et menacés par cette pandémie. Fermeture des frontières, confinement, quarantaine, perturbations du commerce limitent l’accès des populations à des ressources alimentaires suffisantes et diversifiées dans la plupart des pays. Le confinement lié au COVID-19 signifie que les pauvres des zones rurales et urbaines n’ont plus de nourriture ni de travail. Des millions de personnes des régions sous-développées sont confrontées à la pauvreté et au dénuement du fait de l’arrêt de l’activité économique en raison des mises en confinement.
La fermeture des marchés locaux et une moindre fréquence d’accès aux petits commerces réduisent la demande de produits frais et de produits de la pêche, affectant à la fois les producteurs et les fournisseurs qui sont également confrontés à la hausse des prix des denrées alimentaires et à la limitation de leur pouvoir d’achat. Les restrictions sur le tourisme, la fermeture des restaurants et des cafés et la suspension des repas scolaires aggravent la pauvreté. Des millions d’enfants n’ont plus accès aux repas scolaires qui sont leur principale ressource alimentaire. Beaucoup d’entre eux n’ont pas de protection sociale, ni d’assurance maladie. Les travailleurs journaliers ou saisonniers, les migrants, les personnes déplacées et celles touchées par les conflits sont confrontées à une faim extrême car elles n’ont aucun revenu, ni soutiens ou mesures de protection sociale. De nombreux pays ont annoncé des mesures soudaines de confinement sans aucune disposition de protection des travailleurs pauvres et vulnérables vivant dans des conditions économiques précaires. Les pays en développement sont particulièrement menacés, car la pandémie COVID-19 peut entraîner une importante réduction des activités de production à haute intensité de main-d’œuvre (agriculture, pêche, petites entreprises, etc).
Nous ne condamnons pas les mesures nécessaires telles que le confinement et les autres moyens de protection des personnes. Cependant, nous demandons que les personnes pauvres et vulnérables, les travailleurs, les petits agriculteurs et les familles ne souffrent pas de façon particulièrement dure et qu’ils reçoivent toute l’aide nécessaire pour traverser cette période difficile afin d’éviter une crise alimentaire, économique et sociale.
Au fil des ans, la plupart des gouvernements ont mis en œuvre des politiques économiques néolibérales qui ont réduit de manière drastique les dépenses publiques des services de santé et permis leur privatisation. Les effets catastrophiques de ce Covid-19 sont les conséquences de ces décisions politiques. Dans de nombreux pays, les pauvres et les personnes à faibles revenus sont les victimes des systèmes de santé privatisés. De nombreuses personnes ne détectent pas leur infection car elles ne peuvent supporter le coût élevé des tests et des traitements. Cela peut être la cause d’une grave menace d’expansion du COVID 19 au sein des communautés et de la mort éventuelle de millions de personnes. L’auto-isolement ou l’enfermement social peut aussi provoquer un stress traumatique, un mélange de peur et de colère chez des individus avec une augmentation de la violence domestique et familiale. Nous appelons donc les autorités à fournir en urgence des orientations et un soutien psychologique aux individus et aux familles. La FIMARC appelle également à la gratuité des tests et des traitements pour les patients atteints de COVID, quels que soient leurs revenus, leur nationalité, leur sécurité sociale ou leur statut de réfugié.
Nous craignons que la plupart des gouvernements, dans le cadre de leurs politiques néolibérales, donnent la priorité aux dispositions économiques, aux incitations et aux programmes de sauvetage et de protection des industries à grande échelle, à l’agrobusiness et aux banques. Nous nous opposons fermement à une telle approche et appelons à ce que les groupes les plus vulnérables soient au centre des politiques visant à combattre l’impact de la pandémie COVID-19 à la fois sur la santé et l’économie.
Il est évident que la crise menace dans le monde entier l’approvisionnement en denrées alimentaires et autres produits de base essentiels et que les systèmes alimentaires agro-industriels et les chaînes transnationales des super marchés sont quasi paralysés à cause des distorsions du commerce transfrontalier et des transports. Cependant les petits producteurs alimentaires représentent plus de 70 % de la nourriture nécessaire à l’échelle de la planète et environ 90 % des produits alimentaires consommés par les communautés locales et les personnes à l’intérieur des frontières nationales. Nous ne devons pas oublier que les petits agriculteurs demeurent au centre de la production, de l’approvisionnement et de la distribution alimentaires dans tous les pays, même en cette période de crise, grâce à la vente directe, aux chaînes de circuits courts, aux systèmes de distribution publique et aux possibilités offertes par les marchés locaux. Les petits producteurs alimentaires continueront à jouer leur rôle important en promouvant un système alimentaire écologiquement rationnel et socialement juste. Ils sont et resteront les champions et les gardiens de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, même en pleine épidémie de COVID 19. Ils constituent les solutions et les réponses positives pour assurer une alimentation saine pour tous et ne devraient pas être seulement considérés comme de simples victimes ou un groupe vulnérable de cette crise.
Nous saisissons cette occasion pour féliciter et soutenir les équipes de soins de santé du monde entier, les agents sanitaires, les agents de nettoyage et les autres personnes. qui risquent leur vie pour combattre cette pandémie en première ligne. Nous appelons donc les gouvernements à fournir des assurances spéciales de santé et de vie pour ces combattants de première ligne.
Nous tenons aussi à souligner que la pandémie COVID 19 a eu des effets positifs importants pour le genre humain et la nature. Notre ciel et nos rivières sont plus clairs qu’auparavant, la biodiversité et l’environnement s’améliorent, les émissions de carbone et le réchauffement climatique diminuent, de meilleures habitudes de santé et d’hygiène deviennent les slogans du jour, la nature renaît, l’exploitation excessive des ressources naturelles diminue, ce qui nous donne plus de temps pour améliorer nos relations, même en famille, et pour écouter l’appel de la nature. C’est le moment de réfléchir à notre mode de vie, au mode de développement que nous avons promu et d’approfondir nos relations avec la nature et les autres êtres humains. Il est temps de prendre une nouvelle route. Nous devons vraiment construire une nouvelle histoire à partir des leçons que nous avons apprises. Allons de l’avant ensemble.
Dans ce contexte, la FIMARC formule les demandes suivantes:
Des mesures et services urgents en matière de soins de santé
La disponibilité et la gratuité du test COVID pour tous, quelle que soit la nationalité, y compris pour les immigrés clandestins. L’idéal est d’organiser le test COVID sur la population la plus large possible, sinon, un test rapide aléatoire, même pour ceux qui ne présentent aucun symptôme d’infection.
La mise en place de mesures et d’installations de quarantaine appropriées, sûres et adéquates à domicile ou dans les hôpitaux, dans les zones urbaines et rurales.
La fourniture d’équipements médicaux adéquats, du matériel de sécurité et d’hygiène, y compris des masques, des désinfectants et des kits d’équipement de protection individuelle (EPI) pour tous les médecins en exercice et tous les autres professionnels de la santé.
Les gouvernements devraient prendre des mesures urgentes pour construire des infrastructures temporaires ou permanentes, notamment des hôpitaux, des ventilateurs, des unités de soins intensifs et assurer la fourniture de médicaments pour traiter gratuitement tous les patients atteints de COVID, avec un budget spécial pour les soins de santé publique. Personne ne devrait se voir refuser les tests et les traitements en raison de son statut de protection sociale
Une sensibilisation massive du public
Des campagnes massives de sensibilisation du public doivent être organisées dans les zones rurales et urbaines sur la pandémie de COVID 19 et les mesures de protection (y compris le port de masques, le lavage des mains, le respect de l’hygiène personnelle et environnementale et plus encore la distanciation sociale) à prendre pour prévenir la maladie.
Les mouvements sociaux de base, incluant les membres de la FIMARC, devraient soutenir les programmes de sensibilisation et les initiatives des gouvernements pour aider les populations à sortir de cette crise.
Les médias et groupes sociaux ne doivent pas diffuser de fausses informations sur le COVID 19.
Les médias devraient assumer le rôle moral et social de fournir à tous des informations vraies et opportunes plutôt que de susciter la peur et l’anxiété du public.
Tous les membres de la FIMARC devraient suivre les mesures de confinement et soutenir la politique d’endiguement des gouvernements.
Les membres de la FIMARC peuvent également organiser des campagnes de sensibilisation (en fournissant du matériel d’hygiène, en préparant des brochures dans les langues locales sur les habitudes saines pour prévenir les maladies, des programmes de soutien communautaire) à la base pour prévenir l’expansion sociale de la maladie.
Un soutien économique viable aux plus vulnérables
Les gouvernements doivent fournir des financements en espèces pour soutenir les petits producteurs de denrées alimentaires, les petites entreprises, les travailleurs formels ou informels et les populations sans emploi pendant les périodes de fermeture et de quarantaine.
Les gouvernements doivent augmenter les dépenses publiques pour la relance et le redémarrage des activités économiques, en accordant la priorité aux groupes les plus vulnérables.
Prévoir des pensions anticipées pour les catégories les plus faibles de la société telles que les personnes âgées, les personnes handicapées, les veuves et autres groupes vulnérables.
Les gouvernements devraient mettre un moratoire sur tous les prêts et recouvrements de crédits des agriculteurs, des travailleurs, des petites entreprises et de tous les autres auprès des banques privées et publiques et autres organismes financiers.
Fournir des aides d’urgence aux petits producteurs, aux jeunes entreprises et aux petites entreprises.
Le gouvernement devrait fournir gratuitement les services de base tels que l’eau et l’électricité à tous les groupes à faibles revenus pendant les périodes de blocage.
De meilleures installations de soins de santé doivent être mises en place dans toutes les prisons pour éviter la propagation du COVID 19.
Les membres de la FIMARC sont appelés à organiser des activités de secours telles que l’organisation de kits alimentaires, d’articles essentiels ou de matériel sanitaire.
Un renforcement des programmes de protection sociale
En augmentant les montants des transferts pour aider les familles à satisfaire leurs besoins fondamentaux ; en fournissant des paiements complémentaires pour compenser la perte de revenus des petits producteurs.
Par la fourniture directe de nourriture par les gouvernements ainsi que par des dons de particuliers, de réseaux de solidarité et d’organisations non gouvernementales.
En injectant des fonds dans l’agriculture, la pêche et les petites industries par le biais de subventions, pour aider la production alimentaire, les micro, petites et moyennes entreprises, les travailleurs occasionnels et le personnel salarié qui ne peut pas travailler lorsque toutes les activités s’arrêtent.
Promouvoir un système économique qui réponde aux besoins des populations les plus vulnérables grâce à des filets de sécurité sociale, notamment un revenu de base universel, des soins de santé gratuits et d’autres mesures de sécurité sociale.
Production et approvisionnement alimentaire
Les pays doivent répondre aux besoins alimentaires immédiats de leurs populations vulnérables.
Les pays devraient veiller à ce que les besoins alimentaires d’urgence soient satisfaits ; en ajustant et en élargissant les programmes de protection sociale ; en ajustant les programmes de repas scolaires de façon à maintenir la fourniture de repas aux enfants lorsque les écoles sont fermées.
La production alimentaire et le transport des denrées alimentaires, des médicaments et autres articles essentiels doivent être déclarés comme services essentiels et les mouvements de ces articles à l’intérieur du pays ou au-delà des frontières ne doivent pas être limités.
Les gouvernements doivent mettre en place des programmes spécifiques pour collecter directement les produits à un prix équitable auprès des petits producteurs alimentaires et organiser des canaux et des points de vente spécifiques pour la commercialisation, l’approvisionnement et la distribution.
Les gouvernements devraient prendre des mesures fermes contre la thésaurisation, le marché noir et la hausse des prix par les négociants et les intermédiaires.
Les gouvernements devraient distribuer des céréales alimentaires essentielles et d’autres matériaux nécessaires pendant au moins trois mois par le biais de programmes de distribution publique à tous les pauvres des zones rurales et urbaines.
Les gouvernements, avec l’aide des détaillants, devraient prendre des initiatives pour promouvoir la livraison à domicile des denrées alimentaires et autres produits essentiels aux consommateurs.
Les gouvernements devraient promouvoir des systèmes alimentaires localisés et diversifiés basés sur l’agroécologie et la souveraineté alimentaire.
La solidarité est la clé de la lutte contre la pandémie
La solidarité et les coopérations nationales, régionales et mondiales sont essentielles pour lutter contre la crise actuelle. Les systèmes de soins de santé nationaux et mondiaux doivent être réorganisés pour le bien de l’humanité.
Les pays devraient partager les résultats de la recherche de médicaments et de vaccins en temps réel et ne pas viser le profit et le brevetage.
Les pays devraient s’échanger les médicaments, masques, kits de test et autres informations pertinentes sur les traitements disponibles et en excédent.
Les institutions financières internationales et régionales devraient accorder un allègement de la dette ainsi que des prêts inconditionnels à très faible taux d’intérêt, voire sans taux d’intérêt, aux pays en développement et aux pays sous-développés afin de lutter contre la pandémie et de stimuler leurs activités économiques post-pandémie.
Les institutions des Nations Unies devraient adopter une approche mieux coordonnée et plus cohérente dans la conception et la mise en œuvre de politiques, programmes et projets urgents à court et à long terme afin d’aider les gouvernements nationaux à faire face à la crise actuelle et à l’éventuel processus de construction de la nation.
Les agriculteurs, les travailleurs et les citoyens ordinaires devront relever d’énormes défis pour reconstruire leur vie et leurs moyens de subsistance. Il est nécessaire de mettre en place des mesures d’aide et de réhabilitation, pour aider les personnes touchées. Ne pas agir maintenant aura des conséquences catastrophiques et la FIMARC appelle donc tous les gouvernements, nos mouvements membres et les autres parties prenantes à agir en conscience pour faire le meilleur de l’histoire de l’humanité.
Commentaires à partir du texte des Actes des Apôtres, 11, 19-26
À l’inverse de ce que produit le confinement, après la lapidation d’Étienne, les frères se dispersent, entrent en diaspora… et ce qui a pu d’abord être vécu comme une catastrophe devient une opportunité pour répandre la Bonne Nouvelle… À partir d’un événement qualifié de tourmente (nous en vivons une aussi en ce moment), de nouvelles rencontres ont eu lieu qui ont permis de vivre autrement l’invitation du Ressuscité à sortir de nos enclos, de nos pratiques habituelles : c’est ainsi qu’un certain Barnabé a pu devenir, en quelque sorte, le mentor de Saul… L’histoire retiendra surtout le nom de Saul, oubliant que, sans Barnabé, Saul ne serait peut-être jamais devenu Paul, nom qu’il a pris lors de son passage à Chypre, avec comme compagnon le Chypriote Barnabé.
Ce compagnonnage à Antioche (ville où les disciples du Christ deviennent des « chrétiens ») puis sur les routes, a bouleversé la vie de l’un et de l’autre, comme peut le faire aussi cette pandémie, qui nous remet, ainsi que nos contemporains, devant les questions essentielles : de quoi avons-nous vraiment besoin pour vivre, de quelles nourritures, de quelles rencontres, de quel accompagnement ? Les vies de Barnabé et de Saul ont sans aucun doute, pris une autre dimension… quand ensemble, ils ont laissé résonner en eux la voix du Christ… ce « bon pasteur » qui invite à le suivre, lui qui nous indique le chemin de la vie vivante. Oui, si sa voix trouve en nous un écho, alors laissons-la résonner partout où les événements nous envoient.
Marc, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)
Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.
Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.
St Barnabé et St Paul, cathédrale de Glasgow. Photo Lawrence OP, CC BY-NC-ND.
Lors du dernier CA à Mulhouse, Christophe et Marie-Noëlle se sont attardés sur le mot « clameur ».
Nous avons cherché la définition dans le dictionnaire et voilà ce qu’il disait le Petit Robert : « Cris violents et tumultueux indiquant, en particulier, une véhémente protestation, un grand enthousiasme, etc. »
Il faut les entendre, même si au début c’est de la révolte, de la colère, c’est la réalité du moment. De belles choses se vivent, des solidarités se mettent en placent, des consciences se réveillent… et elles arriveront.
Michel Bourgeois
Nous sommes dans la même situation qu’en 1643. La peste frappe le sud de la France mais épargne Lyon. Depuis cette date, les Lyonnais organisent un cortège solennel jusqu’à Fourvière pour remercier Marie. D’abord chaque 8 septembre puis chaque 8 décembre depuis 1852, date de l’inauguration de la basilique Notre-Dame de Fourvière.
Redemandons à Marie d’épargner Lyon, mais aussi la France, mais aussi toute la planète.
Commentaires à partir du texte de Jean chapitre 10, versets 11-18
« Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connait et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. »
Il y a dans ce texte de l’échange. Il y a un vis-à-vis. Le pape François parle de « l’odeur des brebis ». En CMR, l’expérience de relecture en équipe nous situe dans cette dynamique de partage.
Ces expériences nous font « sortir » de nos schémas. Une profonde liberté guide cette sortie. En Jean, « Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau, voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »
Aujourd’hui, le temps nous est donné, approfondissons cette relation qui nous réunit.
En cette période où les enfants se préparent pour aller à l’école, Marie-Laure Durand, bibliste, nous dit qu’« éduquer, c’est aider quelqu’un à sortir, à aller ailleurs, à viser plus loin. Quand on le fait librement cela devient s’éduquer et la vie continue ». En CMR, nous agissons collectivement par des propositions, par des actions.
Dans cette dynamique de la relation, une joie nous est donnée. C’est celle de Jésus dans la relation avec le Père : « À cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et il dit : Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux touts petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père, ni qui est le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » (Luc, 10/21-22)
Béatrice, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)
Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.
Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.
Commentaires à partir du texte de Jean chapitre 6, versets 52 à 59
Aujourd’hui, premier mai, fête des travailleurs et des travailleuses ! Comment fêter cette année ? Comment ne pas penser aux soignants et leur dire merci. Le 11 mai, le travail reprend pour tous avec des contraintes sanitaires. Il y a entre autres une catégorie socio-professionnelle qui a continué le travail durant le confinement. Je pense aux éleveurs aux paysans en cette période de printemps, aux maraichers tous ceux et celles qui assurent la nourriture pour la société.
Revenons au texte de saint Jean où Jésus répond aux Juifs « : Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. »
Pour le regard de la foi, il y a un lien entre la création et l’eucharistie. Regardons dans Laudato si’ : « Dans l’eucharistie, la création trouve sa plus grande élévation. La grâce, qui tend à se manifester d’une manière sensible, atteint une expression extraordinaire quand Dieu fait homme, se fait nourriture pour sa créature. »
« L’eucharistie est aussi source de lumière et de motivation pour nos préoccupations concernant l’environnement, et elle nous invite à être gardiens de toute la création »
Tout le travail intéresse Dieu. Ce travail pour soigner, nourrir, guérir, construire devient eucharistie !
Béatrice, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)
Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.
Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.
Commentaires à partir des textes des Actes des apôtres : chapitre 8 versets 28-40 et de Jean, chapitre 6 versets 44-51
Christ est né ; il a vécu sa vie d’homme et il a cherché à comprendre la volonté de Dieu et en vivre sans aucun compromis. Il en est mort, humilié sur la croix. Que nous reste-t-il de cette vie somme toute relativement banale d’un homme qui a échoué dans sa volonté de proposer à la société une vie fondée sur l’Amour. Il nous reste les récits de celles et ceux qui ont vu Jésus et qui ont cru qu’il est ressuscité. Il nous reste le pain partagé depuis deux mille ans, pain qui est corps du Christ. C’est par lui, avec lui et en lui que nous pouvons voir le Père en communiant. Quand nous contemplons l’hostie élevée en même temps que le sang par le prêtre et quelquefois le diacre, nous contemplons le Christ à la fin des temps. Il est l’humanité en totalité rassemblée en Dieu.
Et c’est ce que vient enseigner le pauvre Philippe qui est obligé de courir pour rattraper le char de ce païen qui cherche Dieu.
Communier, se mettre au service de Dieu et courir pour monter sur le char des femmes et des hommes d’aujourd’hui pour leur enseigner qui est Dieu, telle est notre mission de baptisé.
Et voici que nous devons vivre une pandémie inimaginée, il n’y a que deux mois, tant nous étions sûr-es de vivre une société scientifique capable de dominer tous les aléas de la nature. Voici qu’un simple petit virus est partagé entre bon nombre de femmes et d’hommes. Alors nous sommes obligé de vivre seul-e, confiné-e, renvoyé-e à notre individualisme.
Ne loupons pas l’appel de Dieu : mettons à courir pour rattraper le char de l’humanité. Montons et parlons à celles et ceux qui veulent une nouvelle société, protectrice de la nature, fondée sur une écologie intégrale. Préparons-nous au seul déconfinement utile : sortir de la société capitaliste fondée sur le profit à tout prix source de richesses pour un tout petit nombre ; et entrer dans le royaume proposé par Dieu, c’est à dire une société fondée sur la dignité de toutes les personnes à commencer par les plus pauvres, les plus humilié-es.
Philippe, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)
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Je suis un apiculteur et je veux crier dans la clameur du monde rural la disparition des abeilles et des insectes pollinisateurs, due principalement aux insecticides employés dans une certaine agriculture intensive.
Commentaires à partir du texte de Matthieu (11, 25-30)
« Tout m’a été remis par mon Père. » Oui, TOUT ! Jésus est là pour faire le lien avec son Père. Il trace dans notre vie une voie qui n’est pas obscurcie par le fait de posséder et d’être ainsi possédé par un pouvoir.
Il est libre, il respire, rien ne l’enferme. Il sait qu’il peut toujours revenir à Celui qui lui a tout confié.
C’est à cette attitude qu’il nous invite en nous proposant de venir à Lui, d’être avec Lui, simplement. Il nous offre de partager son joug. (Le joug est cette pièce de bois qu’on met sur la tête d’un attelage d’animaux de trait leur permettant d’avancer ensemble sur le chemin, de conjuguer leurs forces.)
Il nous offre sa manière de vivre ; il nous propose de marcher à côté de Lui. « Venez avec moi. » Faisons-le dans cette période où les questionnements foisonnent, où les prises de décision de reprise vont se multiplier bien vite. Les fardeaux de la vie peuvent submerger ceux qui n’ont pas la parole, ceux qui peinent et ploient. Soyons à leurs côtés en nous souvenant que nous ne sommes pas seuls.
Le CMR nous invite à faire entendre la clameur du confinement, à porter la clameur du rural. Ne soyons pas accablé-es par l’énormité des chantiers qui nous attendent. Partageons notre joug pour avancer et soyons ouvert-es à ce que Dieu veut nous donner.
Jean-Marie, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)
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