Auteur/autrice : Mélanie Cacace

  • Commentaire de l’Évangile du mardi 28 avril

    Commentaire de l’Évangile du mardi 28 avril

    Commentaires à partir du texte de Jean chapitre 6, versets 30-35

    La foule vient de faire une expérience inédite du partage : 5 000 personnes nourries avec cinq pains d’orge et deux poissons… et voilà qu’elle réclame à Jésus des signes ! C’est à n’y rien comprendre. Plus que voir, les auditeurs de Jésus ont été au cœur de l’évènement et pourtant, ils ne mettent toujours pas leur confiance en Jésus, ils ne sont pas près de croire en lui… Peut-être veulent-ils le réduire à n’être qu’un faiseur de miracles, refusant alors de se laisser surprendre par Dieu, par son envoyé, retombant dans les mêmes ornières que leurs pères, incrédules malgré la manne, malgré l’eau du rocher…

    Et nous, que demandons-nous en cette période de pandémie ? Que, miraculeusement, il interrompe la contagion et ses conséquences ? S’il y a encore des amis du Christ aujourd’hui (on peut l’espérer), c’est avec eux, en eux et par eux que des signes nous sont donnés de sa présence, pour peu que ces amis et disciples réalisent l’œuvre de Dieu en partageant avec d’autres, leur temps, leurs forces, leurs compétences, leurs disponibilités pour donner le pain et l’eau dont ont besoin ici et maintenant nos contemporains.

    Être activement présent-es sur les lieux de fracture de la société (et ils nous sont devenus visibles) pour redonner à tou-tes et à chacun-e de la confiance en l’autre, de l’espérance en l’avenir, et cette fraternité sans laquelle nous mourrons tous de faim et de soif. Alors le pain que nous partagerons dans nos rencontres fraternelles et liturgiques sera vraiment un pain de vie, cette vie que Dieu veut répandre en tous pour que nous n’ayons plus faim…

    Marc, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    Reconstitution de la Cène à l’hôpital de la Salpêtrière, Paris.
  • Aux frères et aux sœurs des mouvements et organisations populaires

    Aux frères et aux sœurs des mouvements et organisations populaires

    Le pape François adresse cette lettre aux acteurs et actrices des mouvements populaires, pauvres aux côtés des pauvres en temps de pandémie.

    Chers amis,

    Je pense souvent à nos rencontres : deux au Vatican et une à Santa Cruz de la Sierra et je vous avoue que ce « souvenir » me fait du bien, me rapproche de vous, me fait repenser à tant de discussions partagées durant ces rencontres et aux nombreux projets qui en sont nés et y ont mûri, et dont beaucoup sont devenus réalité. Aujourd’hui, en pleine pandémie, je pense particulièrement à vous et je tiens à vous dire que je suis à vos côtés.

    En ces jours de grande angoisse et de difficultés, nombreux sont ceux qui ont parlé de la pandémie dont nous souffrons en utilisant des métaphores guerrières. Si la lutte contre le COVID-19 est une guerre, alors vous êtes une véritable armée invisible qui combattez dans les tranchées les plus périlleuses. Une armée sans autres armes que la solidarité, l’espoir et le sens de la communauté qui renaissent en ces jours où personne ne peut s’en sortir seul. Vous êtes pour moi, comme je vous l’ai dit lors de nos rencontres, de véritables poètes sociaux qui, depuis les périphéries oubliées, apportez des solutions dignes aux problèmes les plus graves de ceux qui sont exclus.

    Je sais que très souvent vous n’êtes pas reconnus comme il se doit, car dans ce système vous êtes véritablement invisibles. Les solutions prônées par le marché n’atteignent pas les périphéries, pas plus que la présence protectrice de l’État. Vous n’avez pas non plus les ressources nécessaires pour remplir sa fonction. Vous êtes considérés avec méfiance parce que vous dépassez la simple philanthropie à travers l’organisation communautaire, ou parce que vous revendiquez vos droits au lieu de vous résigner et d’attendre que tombent les miettes de ceux qui détiennent le pouvoir économique. Vous éprouvez souvent de la colère et de l’impuissance face aux inégalités qui persistent, même lorsqu’il n’y a plus d’excuses pour maintenir les privilèges. Toutefois, vous ne vous renfermez pas dans la plainte : vous retroussez vos manches et vous continuez à travailler pour vos familles, pour vos quartiers, pour le bien commun. Votre attitude m’aide, m’interroge et m’apprend beaucoup.

    Je pense aux personnes, surtout des femmes, qui multiplient le pain dans les cantines communautaires, en préparant avec deux oignons et un paquet de riz un délicieux ragoût pour des centaines d’enfants ; je pense aux malades, je pense aux personnes âgées. Les grands médias les ignorent. Pas plus qu’on ne parle des paysans ou des petits agriculteurs qui continuent à travailler pour produire de la nourriture sans détruire la nature, sans l’accaparer ni spéculer avec les besoins du peuple. Je veux que vous sachiez que notre Père céleste vous regarde, vous apprécie, vous reconnaît et vous soutient dans votre choix.

    Comme il est difficile de rester chez soi pour ceux qui vivent dans un petit logement précaire ou qui sont directement sans toit. Comme cela est difficile pour les migrants, pour les personnes privées de liberté ou pour celles qui se soignent d’une addiction. Vous êtes là, physiquement présents auprès d’eux, pour rendre les choses plus faciles et moins douloureuses. Je vous félicite et je vous remercie de tout mon cœur. J’espère que les gouvernements comprendront que les paradigmes technocratiques (qu’ils soient étatistes ou fondés sur le marché) ne suffisent pas pour affronter cette crise, ni d’ailleurs les autres grands problèmes de l’humanité. Aujourd’hui plus que jamais, ce sont les personnes, les communautés, les peuples qui doivent être au centre de tout, unis pour soigner, pour sauvegarder, pour partager.

    Je sais que vous avez été privés des bénéfices de la mondialisation. Vous ne jouissez pas de ces plaisirs superficiels qui anesthésient tant de consciences. Et pourtant, vous en subissez toujours les préjudices. Les maux qui affligent tout un chacun vous frappent doublement. Beaucoup d’entre vous vivent au jour le jour sans aucune garantie juridique pour vous protéger. Les vendeurs ambulants, les recycleurs, les forains, les petits paysans, les bâtisseurs, les couturiers, ceux qui accomplissent différents travaux de soins. Vous, les travailleurs informels, indépendants ou de l’économie populaire, n’avez pas de salaire fixe pour résister à ce moment… et les quarantaines vous deviennent insupportables. Sans doute est-il temps de penser à un salaire universel qui reconnaisse et rende leur dignité aux nobles tâches irremplaçables que vous effectuez, un salaire capable de garantir et de faire de ce slogan, si humain et chrétien, une réalité : pas de travailleur sans droits.

    Je voudrais aussi vous inviter à penser à « l’après », car cette tourmente va s’achever et ses graves conséquences se font déjà sentir. Vous ne vivez pas dans l’improvisation, vous avez une culture, une méthodologie, mais surtout la sagesse pétrie du ressenti de la souffrance de l’autre comme la vôtre. Je veux que nous pensions au projet de développement humain intégral auquel nous aspirons, fondé sur le rôle central des peuples dans toute leur diversité et sur l’accès universel aux trois T que vous défendez : terre, toit et travail. J’espère que cette période de danger nous fera abandonner le pilotage automatique, secouera nos consciences endormies et permettra une conversion humaniste et écologique pour mettre fin à l’idolâtrie de l’argent et pour placer la dignité et la vie au centre de l’existence. Notre civilisation, si compétitive et individualiste, avec ses rythmes frénétiques de production et de consommation, ses luxes excessifs et des profits démesurés pour quelques-uns, doit être freinée, se repenser, se régénérer. Vous êtes des bâtisseurs indispensables à ce changement inéluctable. Je dirais même plus, vous avez une voix qualifiée pour témoigner que cela est possible. Vous connaissez bien les crises et les privations… que vous parvenez à transformer avec pudeur, dignité, engagement, effort et solidarité, en promesse de vie pour vos familles et vos communautés.

    Continuez à lutter et à prendre soin de chacun de vous comme des frères et sœurs. Je prie pour vous, je prie avec vous et je demande à Dieu, notre Père, de vous bénir, de vous combler de son amour et de vous protéger sur ce chemin, en vous donnant la force qui nous permet de rester debout et qui ne nous déçoit pas : l’espoir. Veuillez aussi prier pour moi, car j’en ai besoin.

    Fraternellement,

    François

    Cité du Vatican, dimanche de Pâques, le 12 avril 2020.

  • Commentaire de l’Évangile du lundi 27 avril

    Commentaire de l’Évangile du lundi 27 avril

    Commentaires à partir du texte de Jean chapitre 6, versets 22-29

    Que s’est-il passé la veille ? (Jean 6/1-15)

    La Pâque, la fête juive est proche. Une foule de pêcheurs habitant près du lac de Tibériade suit Jésus avec ses disciples. Jésus gravit la montagne, à la vue de cette foule, Jésus dit à Philippe « Où achèteront-nous des pains pour que mangent ces gens ? »

    La question de Jésus rejoint le questionnement d’aujourd’hui : où chercher les différents tests pour permettre un déconfinement qui limite les risques d’infection. Nos entreprises proches, celles qui en ont la capacité, se sont mises à fabriquer des masques.

    Que va-t-il se passer avec cette foule ? (Jean 6/22-29)

    Elle ne lâche pas Jésus. Elle le cherche.

    « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasié-es. »

    En CMR, nous sommes attentifs aux besoins de la société.  Aujourd’hui , nous sommes rejoints par Jésus qui nous dit : « N’ayez pas peur. » Repérez les signes de la présence du Ressuscité dans le pain et le vin.

    « Sanctifie ces offrandes » : fruit du labeur des hommes, ces offrandes sont déjà issues d’un « travail » d’enfantement. Elles sont les signes de la transfiguration de notre terre. En face de l’angoisse de la crise économique qui touche les petites entreprises, repérons les gestes de solidarité et d’attention.

    Béatrice, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    Photo Jeanne Menjoulet, licence CC BY.
  • Commentaire de l’Évangile du vendredi 24 avril

    Commentaire de l’Évangile du vendredi 24 avril

    Commentaires à partir du texte de Jean, chapitre 6, versets 1-15

    Est-ce que nous avons assez de stock pour faire face à la situation ? Avons-nous assez de matériel médical pour juguler cette pandémie ? Question d’aujourd’hui, question d’hier… Une foule en attente d’être prise en charge, d’être nourrie : comment faire ? En effet, « cinq pains d’orge et deux poissons » pour 5 000 personnes, ce n’est pas vraiment rassurant. Et pourtant, Jésus demande de commencer la distribution… Il ne multiplie rien sauf la confiance qui permet d’entrer dans un processus de partage qui portera ses fruits, puisque avec les restes, douze paniers seront remplis.

    Quand Jésus anticipe le résultat en rendant grâce à Dieu, il exprime surtout sa confiance envers celles et ceux qui sont là et qui peuvent entrer dans la logique du partage. Et si certains préfèrent garder jalousement pour eux, d’autres choisissent de mettre à disposition même le peu qu’ils ont, car la vie partagée ouvre sur le « surplus ». Des pays, des États ferment leurs frontières, ignorent le mot solidarité, d’autres par contre optent pour le partage des moyens matériels et humains… C’est ainsi qu’ils sauvent l’humanité.

    Ce récit (6 versions dans les 4 évangiles) qui a tout l’allure d’une parabole nous invite à croire que, si nous entrons dans la logique du partage, avec le peu que nous avons, nous pouvons initier un monde nouveau. Celui-ci a besoin, non pas de quelque chef ou roi providentiel, mais de cette humanité, un peu plus ancrée en nous, qui invite à se soucier de ses frères et sœurs en humanité. C’est une belle manière d’apporter sa pierre à la construction de la maison commune.

    Marc, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

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    Photo Andrew 3000, CC BY-NC.
    Photo M. Cacace, CMR.
  • Commentaire de l’Évangile du jeudi 23 avril

    Commentaire de l’Évangile du jeudi 23 avril

    Commentaires à partir de Jean, chapitre 3, versets 31 à 36

    Jean Baptiste parle du Christ : Jésus vient du « ciel ». Il témoigne de la vie en Dieu. C’est une vie d’Amour qui anime Dieu. Et cet Amour, c’est l’Amour de l’humanité, celle qui sera en Christ à la fin des temps. Oui, l’humanité est appelée à vivre en Dieu, par, avec et en Christ. Et cet Amour qui circule entre Dieu et l’humanité, et bien c’est l’Esprit qui est totalement en Christ et depuis Pâques, continue sa présence dans l’humanité, au-delà de toute mesure.

    Oui l’Esprit de Dieu, son Amour sans mesure de l’humanité, est bien présent et, nous les disciples, nous devons voir, discerner sa présence chez nos sœurs et nos frères les humains que nous rencontrons. Nous devons agir. Nous devons vivre l’amour des autres en actes. Nous devons rencontrer Dieu pour qu’il soit présent dans nos eucharisties, dans nos prières. Dire que Christ est ressuscité, c’est dire que l’Esprit de Dieu se rend présent dans notre monde.

    Dans cette pandémie, pendant la remise en cause de notre société, aussi bien au niveau local, régional, national, européen et mondial, l’Esprit d’Amour de Dieu est bien présent. Nous laissant libre, n’attendons pas qu’il arrête l’épidémie d’un coup de baguette magique. Non, il est présent chez les femmes, surtout les femmes et quelques hommes, qui prennent soin des autres ; pensons aux aides soignantes, infirmières, médecins. Pensons aux caissières, éboueurs, et autres  métiers tournés vers le service des autres. L’esprit est là. Arrêtons de mépriser ce « petit peuple » qu’on regarde à peine, habituellement. Il est traversé par la présence de Dieu. C’est là, chez celles et ceux qui prennent soin des autres qu’est la preuve que Dieu existe, qu’il est amour. C’est d’abord par eux que nous pourrons construire une nouvelle société fondée sur la solidarité, que nous pourrons permettre au royaume donné par Dieu depuis Pâques de surgir en pleine lumière.

    Disciples, travaillons, avec notre humanité, à faire surgir l’Amour et prions pour que Dieu continue de nous donner son royaume sans mesure.

    Philippe, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

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  • Commentaire de l’Évangile du mercredi 22 avril

    Commentaire de l’Évangile du mercredi 22 avril

    Commentaires à partir du texte de Jean chapitre 3, versets 16-21

    L’enjeu de l’incarnation du Fils de Dieu en un homme n’est pas pour accabler l’humanité. Non, c’est un acte d’Amour fou de Dieu qui est Père. Avoir confiance en l’Amour de Dieu nous fait échapper au jugement. Car ce qui juge, c’est le côté éclairant du Christ. Il est comme un phare qui éclaire toute l’humanité. Et ce phare d’Amour, c’est un phare super puissant qui ne laisse aucune zone dans l’ombre.

    N’est-ce pas un enjeu de cette pandémie qui vient désorganiser à la fois, nos vies personnelles, nos vies de famille, nos vies de travail, nos relations amicales ou professionnelles ?

    Dans les commentaires de cette pandémie, voilà que des zones d’ombre, d’obscurité totale apparaissent. La pandémie met les hôpitaux sous tension, certes. Mais l’hôpital allait suffisamment mal avant la pandémie pour que toutes les strates professionnelles pensent à démissionner ou se mettre en grève. Et l’organisation de la santé en dehors de l’hôpital n’allait pas mieux : fermeture de maternités en rural, difficulté de remplacer les médecins de campagne à cause entre autres de la dureté de leurs vies, difficultés des infirmières à domicile tellement mal rémunérées, difficulté pour la prise en charge des personnes âgées désirant rester à domicile, etc.

    La lumière, peu à peu, apparaît, car l’Esprit d’Amour ne s’arrête jamais d’éclairer l’humanité, quelquefois à son insu. Elle éclaire le dévouement des professionnels de la santé, le dévouement surtout des femmes, à l’hôpital, dans les magasins encore ouverts, ou bien dans les services des ordures ou du nettoyage des lieux publics. C’est cette même lumière qui fait qu’une partie de la population se met à applaudir…Mais la lumière éclaire aussi l’égoïsme qui traverse notre humanité…la mauvaise gestion des masques, les choix politiques qui nous conduisent à vivre un confinement qui bloque l’économie certes, mais qui remet en cause toutes les relations sociales, le fait qu’il faudrait déconfiner en testant toute la population, mais sans en avoir les moyens faute de ne pas avoir prévu. Dieu ne juge pas… Il éclaire… Eh bien, nous sommes invité-es, nous les disciples, à nous transformer en petite table ou Dieu peut poser sa lumière. Il pourra ainsi éclairer le chemin que l’humanité, dès aujourd’hui, doit prendre pour sauver la planète au niveau écologique, pour éviter que les pandémies suivantes ne conduisent aux confinements. Travaillons en acte et en prière pour que l’humanité choisisse enfin le seul chemin de vie : celui de l’amour de nos sœurs et nos frères en humanité.

    Philippe, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

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    Photo Josselin Berger
  • Commentaire de l’Évangile du mardi 21 avril

    Commentaire de l’Évangile du mardi 21 avril

    « L’égalité […] n’existera d’une manière véritable que lorsque chacun […] produira selon ses facultés et consommera selon ses besoins. »
    Louis Blanc, 1839

    Commentaires à partir d’Actes des Apôtres 4,32-37 & Jean 3,7b-15

    En lisant cet extrait des Actes des Apôtres, je suis demandé dans quelle utopie j’étais soudain transporté ! En effet, tout mettre en commun, même après la pandémie que nous vivons, j’ose à peine y croire… Il aurait déjà fallu commencer par les masques, les respirateurs, les moyens hospitaliers, et cela, pas seulement entre les régions, mais aussi les pays et même les continents, alors que le réflexe premier est celui de la fermeture…

    Rendre témoignage de la Résurrection, c’est à dire de l’entrée dans une vie nouvelle, c’est veiller nous dit Saint Luc à ce que personne ne soit dans l’indigence, au point de distribuer à chacun-e en fonction de ses besoins… et, continuons à rêver, remettre les dettes, les compteurs à zéro pour pouvoir repartir avec les mêmes chances ; en finir avec les profits éhontés (peut-être avez-vous aussi reçu cette proposition : comment tirer profit – financier – de la crise ?), et choisir avec détermination la solidarité.

    Pour cela, « il nous faut naître d’en haut », dit Jésus à Nicodème. Mais « comment cela peut-il se faire ? » En se laissant porter par un souffle nouveau qui peut nourrir notre vie intérieure (de confiné-e), de quoi nous mettre à l’écoute de cette voix tout aussi intérieure, que les bruits de la société avaient progressivement occultée.

    Inspirons-nous du titre de ce livre de Christiane Singer : Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? Mais il faut du temps et du silence pour croire, pour mettre notre confiance en Celui qui nous parle des choses du ciel, non pas pour que nous nous évadions de la terre, mais pour que nous y vivions avec le désir de contribuer ensemble à l’émergence d’une vie nouvelle au service d’une maison commune pour toute l’humanité.

    Marc, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

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    Eric Delcroix, Cyberlabe
  • Réunions virtuelles pour fédérations départementales

    Réunions virtuelles pour fédérations départementales

    Le vendredi 3 avril, l’équipe nationale du CMR a rencontré les membres des fédérations, épaulée par quelques membres du conseil d’administration (CA) et de l’équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD). Chaque fédération départementale a été consultée par mail en amont de la décision de l’annulation du congrès par le CA, Ces retours, nombreux, ont été pris en considération. Mais nous voulions aussi, autant qu’il nous est possible, nous parler, nous voir les un-es les autres pour avoir des échanges plus « humains ». En ces temps de confinement, la visioconférence s’est imposée comme solution, malgré les contraintes. 76 membres des bureaux des FD ayant répondu à l’appel, nous avons tenu cette réunion en quatre moments : avec les fédérations du nord-ouest, du sud-ouest, du nord-est et du sud-est (dont les FD Rhône, Loire sud et nord qui devaient nous accueillir à Tarare). Avec un peu de préparation et de discipline, il nous a été possible d’ouvrir des moments d’échange dont voici un compte-rendu.

    1er temps : introduction

    Chaque participant-e se présente avec son nom et sa FD. Celles et ceux qui n’arrivent pas à se connecter par Internet le font par téléphone. Quand tout le monde est là, la réunion peut commencer.

    2e temps : après le congrès, quelle suite ?

    Antonio, coordinateur national, prend la parole pour expliquer les raisons qui ont mené à l’annulation du congrès. Le CA a choisi d’annuler mais recule sa décision sur la forme des prochaines rencontres nationales. Pour se donner le temps dans le contexte très incertain du confinement, mais aussi pour laisser le nouveau CA s’emparer de cette question. C’est lui qui portera la décision qu’il sera amené à prendre, conformément à nos statuts. Cette décision sera prise au vu des contraintes financières, techniques et humaines (qui pour porter ces projets ?) mais elle sera inspirée par les retours des FD, une centaine à ce jour de réponses par mail riches de propositions pour la suite.

    L’assemblée générale, qui devait avoir lieu pendant le congrès, est reportée au samedi 13 juin. Nous nous retrouverons en Île de France en présentiel ou en visioconférence – ou encore un mélange des deux selon les modalités régionales du déconfinement. Les représentant-es du CA et de l’ENAD rappellent que six administrateurs et administratrices sont en fin de mandat, pour un-e entrant, et que l’ENAD devrait perdre à la fin de l’été trois de ses membres. Ces instances ont besoin de forces vives, avis aux fédérations !

    Une volonté commune se dessine déjà, celle que la richesse de la préparation du congrès soit mise en valeur et partagée, qu’il s’agisse des quatre thématiques ou du thème de Lazare. Notre journal trimestriel Agir en rural en rendra compte. Convaincu-es que les mouvements d’action catholique auront un rôle à jouer pour la société dans ce nouveau contexte, nous souhaitons utiliser tous nos moyens pour faire connaître les réflexions et les propositions de notre mouvement, riche de ses quatre-vingts années d’existence.

    Laurence, chargée de l’animation du réseau, prend le relais. Suite à l’annulation du congrès, des actions commencent à être mises en place. Le groupe de travail (GT) « Être en mouvement », qui devait accompagner le congrès avec son « Tarare’ment vu ça », change de mission pour envisager une autre façon de faire entendre notre clameur, au national comme dans les FD.

    3e temps : questions et remarques

    Globalement tou-tes les participant-es comprennent l’annulation du congrès de mai 2020. Beaucoup tiennent à remercier, à féliciter l’équipe organisatrice pour tout le travail déjà réalisé.

    Certain-es cependant souhaitent un rassemblement national pour son côté fédérateur et dynamisant et sont prêt-es à se mobiliser dans un an. D’autres pensent que des rassemblements à l’échelle régionale pourraient suffire. Tou-tes s’accordent sur le fait qu’il ne faut pas en rester là et qu’il est nécessaire de prévoir une suite, tant pour valoriser le travail et les réflexions déjà avancées en FD, qu’en réponse/réaction à tous les évènements qui nous frappent actuellement.

    D’autres FD s’inquiètent de perdre la dynamique qu’insuffle le congrès, de ne pas pouvoir mobiliser une nouvelle fois les personnes qui étaient venues pour le congrès.

    Enfin les fédés organisatrices ne regrettent en rien leur engagement pour le congrès mais ne sont pas toutes partantes pour « repartir » un an de plus, sachant que la préparation les occupe depuis déjà plus de deux ans. Certain-es soulignent qu’une préparation aussi importante et longue n’est peut-être pas raisonnable pour « seulement » deux jours et demi de congrès. Cette annulation est peut-être l’occasion de réfléchir à nos modes de fonctionnement.

    Le confinement et l’actualité interpellent tout le monde et de nombreux participant-es s’accordent à souligner le besoin de travailler sur cette situation et ce qu’elle apportera dans notre monde.

    Les membres de l’ENAD soulignent « la dimension ecclésiastique de nos rencontres et le besoin de célébrer ensemble, en plus du voir-discerner-agir concernant le confinement ».

    4e temps : relations entre fédérations et équipes nationales, une proposition de l’EN

    Laurence, qui jusqu’ici était seule en charge du lien avec les FD, présente la proposition portée par l’EN pour avoir un meilleur contact entre FD et national. C’est l’ensemble de l’EN qui se met à la disposition des régions ; c’est aussi le cas du CA, avec une moindre disponibilité des administrateurs et administratrices, et l’ENAD complète le dispositif pour être aux côtés des FD.

    Il s’agit de faire circuler les expériences, de rapprocher national et FD pour faire mouvement. Il n’y a pas de grandes et de petites FD, toutes peuvent faire de belles choses et Laurence espère que l’EN puisse être un révélateur de cette dynamique. Antonio précise que le national n’a pas les moyens humains et financiers de faire des visites trop fréquentes, seulement lors de temps forts et à l’initiative des FD selon leurs besoins. L’EN ne pourra pas faire à la place des FD. Elles sont déjà très actives, il faut seulement les valoriser, soutenir leurs dynamiques propres.

    Il ne s’agit pas non plus de créer un nouvel échelon mais de constater qu’une dynamique régionale (ex-régions ou nouvelles régions) existe, qu’elle peut servir de modèle pour compléter l’accompagnement des FD. L’action des APF devrait aller dans ce sens et on profite de ce temps pour y réfléchir ensemble.

    Le mouvement a décidé de mettre l’accent là-dessus car important d’être en proximité et de travailler avec vous : faire équipe, et s’enrichir les uns les autres.

    5e temps : questions et remarques

    Globalement l’accueil de ce nouveau dispositif est fonction des réalités de terrain. Certaines FD travaillent déjà en inter-FD, à deux ou plus, avec même dans certains cas une structure régionale formelle qui les épaule et les soutient, quand les FD faiblissent et que les équipes restent isolées par exemple.

    D’autres à l’inverse n’envisagent pas cet échelon, alors qu’il n’est déjà pas évident de mobiliser au niveau national.

    Cependant la richesse des échanges et de l’entraide que l’on peut recevoir « de celui d’à côté » est soulignée, comme source d’inspiration ou pour mutualiser les outils. Le lien avec le national peut lui aussi contribuer à cette circulation, cette optimisation et cette valorisation du travail des FD.

    Concrètement, l’échelon régional pose la question de l’éloignement géographique et de découpages régionaux à taille inhumaine. A cela deux réponses : les FD sont invitées à travailler ensemble, selon leurs besoins, selon les modalités qui leur conviennent et selon leurs réalités de terrain, sans souci des découpages administratifs. Et le constat est fait que nous pouvons aussi apprendre à faire autrement, en nous emparant d’outils de communication comme la visioconférence ou les conférences téléphoniques. L’attention aux personnes « pas connectées » est un point de vigilance.

    En guise de conclusion, un administrateur nous rappelle qu’il est « important que l’équipe nationale soit proche des FD pour faire mouvement […] Mais il ne faut pas trop attendre du national, la réalité c’est un mouvement fait des FD et de leur dynamisme propre. Les APF ne suffisent pas non plus, il faut des CA qui prennent leurs responsabilités. Le problème du CMR est celui de son renouvellement, dans sa base et dans ses instances. »

    La réunion se clôt sur une invitation à garder le contact et sur des invitations des membres de l’EN à des prochains temps forts de fédérations ou de régions.

  • Après Pâques confiné, restons en communion

    Après Pâques confiné, restons en communion

    Le CMR 62 nous avait proposé de préparer Pâques « en communion ». Voici sa nouvelle proposition.

    Le jardin de Gethsémani, photo Lawrence OP.

    Nous voici à la 4e étape sur ce chemin de « Pâques confiné » !

    Pour conclure ce parcours, nous vous proposons de représenter de façon symbolique, par tous moyens, ce qu’est pour vous la « Résurrection », ou ce que vous a apporté ce cheminement vers Pâques.

    La photo d’un objet, une composition, un geste, un mot, un dessin, un paysage… Tout ce que vous voulez !

    Alors place à la création et à vos appareil photos !

    Vous pouvez continuer à nous envoyer vos poèmes, vos réflexions, vos créations, et tout ce que vous avez envie de partager, jusqu’au 1er mai.

    Vous pouvez y mettre directement vos documents sur ce site de partage (cliquer ici), ou continuer à les envoyer à Sylvie du CMR 62 : cmr.pasdecalais@wanadoo.fr.

  • Commentaire de l’Évangile du lundi 20 avril

    Commentaire de l’Évangile du lundi 20 avril

    Commentaires à partir du texte de Jean 3, 1-8

    Pourquoi Nicodème rencontre-t-il Jésus de nuit ?

    Qui est-il ?

    -un notable juif pharisien qui cherche la vérité : « Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n’est pas avec lui. »

    Jésus lui répond : « Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais d’où il ne vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. »

    -un membre du sanhédrin qui prend la parole : « Notre Loi juge-telle un homme sans d’abord l’entendre et savoir ce qu’il fait » ? (Jn 7/49)

    -un disciple de Jésus qui le dépose avec Joseph d’Arimathie dans le tombeau du jardin. Nicodème apporte cent livres de mélange de myrrhe et d’aloès. (Jn 19/39)

    Merci Nicodème !

    Béatrice, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    Photo Gaël Davaux