Auteur/autrice : Mélanie Cacace

  • 3 questions à…Elisabeth Saint Guily

    3 questions à…Elisabeth Saint Guily

    A l’occasion de l’assemblée générale de la FIMARC (Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques) qui se tient du 28 septembre au 5 octobre, Elisabeth Saint Guily, membre du CA national, représentante pour le CMR, nous parle de son engagement dans cette instance.

    Babeth peux-tu nous expliquer ce qu’est la FIMARC et quel est ton rôle au sein de cet organisme ?

    La FIMARC, c’est la Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques. C’est le réseau international des associations comme le CMR. Il y a une soixantaine de mouvements en tout, en Asie, en Amérique Latine, en Afrique, en Europe et au Moyen Orient. On est organisés par continents. Actuellement, je fais partie de la coordination européenne de la FIMARC. Avec mes coéquipiers, on a organisé des activités FIMARC en Europe, comme par exemple, des prières pour la paix en Ukraine, en visio conférence.

    Du 24 septembre au 5 octobre aura lieu l’assemblée mondiale de la FIMARC à Chiang Mai en Thaïlande, en quoi consiste cet événement et quelle est l’implication du CMR ?

    L’assemblée mondiale de la FIMARC comporte 3 parties. D’abord 3 jours d’immersion sur le terrain, à la rencontre d’associations qui travaillent pour l’agro écologie, l’adaptation au changement climatique, et la gestion participative de la forêt par les populations locales. Puis nous aurons 3 jours de conférences, sur les conséquences du COVID 19 sur les populations rurales, sur la digitalisation de l’agriculture dans le monde, sur l’agriculture et le changement climatique… Enfin, nous aurons 3 jours d’assemblée générale, où nous élirons les membres du comité exécutif (équivalent d’un CA) et du bureau de la FIMARC. Nous voterons aussi des résolutions, en lien avec les droits des paysans, et la souveraineté alimentaire.

    Il y aura aussi des célébrations et des moments de convivialité, avec des délégué-e-s du monde entier.

    Concrètement, Jean-Claude Germon, membre du CMR, finit son mandat de trésorier de la FIMARC, et moi, je suis candidate pour rentrer au comité exécutif pour un mandat de 4 ans.

     

    Tu attends quoi de ton séjour ?

     

    C’est toujours inspirant pour moi, d’échanger avec des militant-e-s de différents pays, sur des sujets globaux, comme le changement climatique ou les droits des paysans. On ne se connait pas, mais au fond, on fait partie de la même pâte humaine. Nous sommes frères et sœurs, solidaires face aux enjeux. Et cela dit quelque chose de la présence de Dieu dans nos vies. Cela nous dépasse. Je sais que la solidarité internationale tient à cœur de beaucoup de membres du CMR. Je suis fière de représenter le CMR pour cette assemblée.

    Petit « clin dieu » aussi : j’ai un grand oncle qui était prêtre missionnaire à Chiang Mai de 1950 à 1980. Je vais marcher sur ses pas. L’an passé, j’ai déjà rencontré Nayana, membre du RTRC, le mouvement thaïlandais qui nous accueille, lors d’une réunion de la FIMARC en Belgique : elle se souvient de mon grand-oncle quand elle était enfant.

  • Pacte-Loi d’Orientation et d’Avenir Agricoles : les premières annonces laissent le Collectif Nourrir sur sa faim

    Pacte-Loi d’Orientation et d’Avenir Agricoles : les premières annonces laissent le Collectif Nourrir sur sa faim

    Un an après l’annonce par Emmanuel Macron du processus devant permettre d’aboutir à un “pacte-loi d’orientation et d’avenir agricoles” (PLOAA) et à l’issue de plusieurs mois de concertation et de consultation, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a choisi “Terres de Jim”, un événement organisé par le syndicat Jeunes Agriculteurs, pour présenter les grandes lignes du projet. Le Collectif Nourrir et ses 54 membres, engagés dès le début sur l’ensemble des travaux, regrettent ce choix marqué. Surtout, ils se questionnent sur l’ambition réelle du PLOAA et la volonté de prendre en compte la “diversité des avis” censés avoir guidé son élaboration. Le Collectif attend qu’au-delà des principes, des décisions fortes soient prises pour permettre d’allier renouvellement des générations agricoles et transition agroécologique.

    Souveraineté ou compétitivité ?

    La volonté de cadrer les mesures devant permettre un renouvellement des générations agricoles sur la base de l’objectif de souveraineté alimentaire est positif si, et seulement si, le concept tel que posé en 1996 par la Via Campesina et reconnu par les Nations Unies, n’est pas dévoyé. La souveraineté alimentaire implique plusieurs principes essentiels : mettre les droits des paysans et paysannes et le droit à l’alimentation au cœur des décisions, favoriser la démocratie alimentaire et assurer que les politiques publiques d’un pays ne nuisent pas à un autre. Autrement dit, en aucun cas la souveraineté alimentaire ne doit être comprise comme une incitation à « nourrir le monde » alors que la production mondiale actuelle permettrait déjà de nourrir 10 milliards de personnes, si elle n’était pas gaspillée ou détournée de son usage alimentaire. La souveraineté alimentaire ne peut non plus être une incitation à maintenir le système productiviste en place au risque d’accentuer l’hémorragie de paysans sur nos territoires et dans les pays tiers. Nos organisations seront extrêmement vigilantes sur ce point.

    Comment accompagner une diversité de profils sans intégrer la pluralité des acteurs ?

    La réforme du parcours d’accompagnement à l’installation et à la transmission, actée à travers la création de “France Service Agriculture”, aurait pu représenter un symbole fort de changement. Pourtant, les premières annonces concernant l’organisation de cet espace laissent un sentiment de déjà-vu aux organisations du Collectif Nourrir, qui ne voient pas dans ce supposé “nouveau” système les changements significatifs qui permettront d’accompagner de manière satisfaisante les personnes non-issues du milieu agricole (NIMA) et les cédants dans leur diversité. Au regard de leur nombre (60 % des candidats) et de leurs aspirations (fermes à taille humaine, biologiques, etc.), les NIMA doivent être les cibles prioritaires d’une politique destinée à assurer le renouvellement des générations agricoles et la transition agroécologique.

    Le Collectif Nourrir souligne le besoin d’une “gouvernance rénovée” de tous les espaces de pilotage des politiques publiques sur la question, comme le point essentiel d’une réforme de l’accompagnement à l’installation et à la transmission efficiente. Si le gouvernement refuse d’ouvrir le pilotage et l’animation des parcours à la pluralité des organisations paysannes et citoyennes qui y concourent sur le terrain, il assumera le maintien d’un système dont l’organisation est à l’origine même de son échec à accueillir et à accompagner tous les profils. En outre, le Collectif alerte sur le danger de mesures foncières insuffisantes pour orienter l’utilisation des terres vers l’agroécologie et pour prioriser l’installation ou le renforcement des plus petites structures, et qui ne feront qu’accélérer la financiarisation du secteur agricole. Tout cela, au bénéfice d’une concentration toujours plus importante des terres, à l’heure où assurer la reprise des exploitations en rendant notamment possible la restructuration des plus grandes doit être une priorité pour maintenir un tissu dense de fermes viables et nourricières sur les territoires.

    Agir sur les crises climatique et de la biodiversité : un vœu pieux ?

    L’intention initiale était de faire converger les enjeux de renouvellement des générations agricoles et de transition. En effet, vouloir installer plus de paysans et paysannes doit être considéré comme un levier essentiel pour permettre la transition agroécologique et la massifier sur nos territoires. Les événements climatiques récents ne font que confirmer l’urgence à agir, tout comme la dramatique perte de biodiversité, dans les sols notamment. Le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a insisté sur l’importance de la planification écologique pour inscrire les actions dans la durée. Pour le Collectif Nourrir, cela passe par des choix politiques forts et des orientations claires sur le type de modèles agricoles et de production qu’il convient aujourd’hui de soutenir et privilégier. On ne peut plus nier les impacts néfastes de l’industrialisation de l’agriculture sur l’environnement et la santé. Ainsi, la transition écologique, qui implique de vrais changements de systèmes et non de simples ajustements ou une optimisation, doit être la véritable boussole du PLOAA. Et, en conséquence, des mesures fortes et additionnelles doivent permettre un soutien accru à l’agroécologie, dont l’agriculture biologique, et à la nécessaire transition vers des élevages paysans, alors qu’ils sont les premiers à disparaître au profit des productions animales industrielles. Au-delà des principes, nous attendons que ces annonces soient traduites dans des engagements concrets.

    Il est encore temps de reprendre et préciser cette première copie

    Les annonces préliminaires du ministre demandent à être précisées pour évaluer l’ambition réelle que se fixe le gouvernement sur la planification et l’orientation de notre agriculture. Les défis sont là. Au-delà de la démultiplication des plans et autres dispositifs, ce sont la cohérence, l’ambition et des choix clairs qui doivent piloter l’avenir de notre agriculture et de notre alimentation.

    Le Collectif Nourrir est résolument engagé pour une réorientation de notre agriculture afin de répondre aux crises multiples et assurer la souveraineté alimentaire pour toutes et tous, partout dans le monde. Cela demande une approche systémique qui doit, par ailleurs, ne pas laisser de côté les enjeux sanitaires, sociaux et économiques : un revenu et une retraite justes pour des agriculteurs à ce jour trop souvent insuffisants, une alimentation saine, durable et de qualité pour des citoyens de plus en plus nombreux à être confrontés à la précarité alimentaire et aux problèmes de santé publique.

    Nous appelons le gouvernement à renforcer son ambition en révisant et précisant ces premières annonces avant l’enclenchement officiel du processus (conseil des ministres, travaux parlementaires, décrets, etc.), et réitérons notre volonté d’y contribuer, pour éviter de faire accoucher ce chantier d’une souris. Le PLOAA se doit d’être ambitieux pour accompagner la transition vers un système agricole et alimentaire adapté aux territoires, qui respecte les limites planétaires, garantisse l’accès à une alimentation saine et durable, crée de l’emploi et permette l’autonomie des paysans et paysannes.

  • Des haies plantées pour protéger les cultures du vent, près de Pont-Audemer

    Des haies plantées pour protéger les cultures du vent, près de Pont-Audemer

    Les haies permettent de lutter contre le ruissellement et l’érosion et servent de brise-vent. Exemple à Trouville-la-Haule (Eure) avec le maraîcher l’Or de Gaïa.

    Depuis 2019, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD Terre Solidaire) et les Chrétiens dans le monde rural (CMR) ont lancé l’opération « Plantons des haies ! ». C’est en lisant l’encyclique Laudato si’ du pape François que le diacre Bernard Fagoo a pris conscience de l’urgence d’agir pour le climat. « L’objectif est de reconstituer un corridor écologique », annonce Bernard Fagoo. Depuis le lancement, 7 150 m de haies ont été plantés. Les bénéficiaires sont des agriculteurs et maraichers.

    À Trouville-la-Haule (Eure), près de Pont-Audemer, Laurent Havard, qui pratique le maraîchage en sol vivant (l’Or de Gaïa) a été l’un des premiers participants. « Nous sommes entrés en contact. Il s’est montré intéressé car il était exposé aux vents d’ouest », explique Bernard Fagoo (Laurent Havard n’a pu se rendre disponible NDLR). Cent mètres de noisetiers pourpres ont été plantés. « La première année, nous avons eu cinq projets pour 1 000 m de haies », ajoute-t-il.

    Les végétaux en vente

    Si vingt années seront nécessaires pour que la haie atteigne sa taille adulte, elle montre déjà son efficacité : « Les racines prennent du volume au fur et à mesure. Cela permet d’absorber l’eau », décrit Bernard Fagoo. Petit à petit, en grandissant, elle commence aussi à limiter le vent sur les cultures. Par la suite, les haies permettront également de capter le CO2. On considère qu’un kilomètre de haie adulte stocke trois tonnes de carbone par an.

    Depuis 2019, vingt-trois projets ont été réalisés dans la région de Pont-Audemer, dans l’Eure et quelques exploitations du Calvados et de Seine-Maritime. « Pour le moment, nous sommes allés jusqu’à Neufchâtel-en-Bray », remarque Bernard Fagoo. Des communes ont mené des projets, mais aussi des agriculteurs et des maraichers.

    Pour cette rentrée, les particuliers peuvent participer au financement de végétaux. Une cagnotte est ouverte. Les organisateurs espèrent obtenir 4 à 5 000 €. Les végétaux seront achetés au Parc naturel régional. Ils seront plantés pendant l’hiver, en décembre/janvier.

    Dons pour l’achat de végétaux auprès des Chrétiens dans le monde rural. Les participations supérieures à 30 € recevront un reçu ouvrant droit à une réduction de 66 % d’impôts. Les bénéficiaires intéressés par cette démarche peuvent contacter Bernard Fagoo (06 71 47 07 83).
  • Journée d’été du CMR en Roannais

    Journée d’été du CMR en Roannais

    Par la belle journée ensoleillée du samedi 8 juillet, 32 deux personnes du CMR se sont réunies à la Minardière route de Saint Romain à Saint Martin de Boisy.

    Sous un magnifique chêne pluri centenaire, la journée a débuté avec Luc Thoral, diacre et secrétaire confédéral CFDT, qui a posé cette question à l’assemblée:

    « Que dit la doctrine sociale de l’Eglise sur le travail ? »

    Claudie, Régine et Nicolas de la compagnie de théâtre : « L’entracte Du Troup’O » nous ont remémoré par quelques saynètes les premiers travaux du samedi 25 mars sur le sujet. Tous les trois ont complété avec les témoignages de leur propre expérience.

    Dans quatre ateliers

    –             Le travail dans l’Eglise / spitrituel

    –             Le travail au sein de la famille / entre amis (es)

    –             Le travail professionnel

    –             Le travail au sein des associations / social

    Nous avons partagé nos connaissances, nos différents vécus, nos histoires. Nous avons continué nos échanges autour d’un repas partagé toujours à l’ombre du grand chêne.

    L’après-midi, Thierry De Cokborne, diacre et directeur de l’association AFIMAB (Association de Formation pour l’Insertion dans les Métiers de l’Artisanat et du Bâtiment) nous a témoigné de son expérience.

    A l’issue de la journée, chaque groupe a exprimé son ressenti de ces partages.

    Dans la belle église de Saint Martin, des habitants nous ont rejoints pour participer à la célébration eucharistique qui a clôturé cette belle rencontre.

     

  • Agriculture et commerce mondial : changer les règles du jeu pour lutter contre la faim

    Agriculture et commerce mondial : changer les règles du jeu pour lutter contre la faim

    Juin 2023 « Pour nourrir les populations de tous les pays et atteindre la souveraineté alimentaire, il faut changer les règles du commerce international »

    A quelques heures de la rencontre entre les ministres de l’agriculture européens et africains, des organisations de la société civile et une quinzaine d’élus soulignent, dans une tribune au « Monde », les conséquences pour l’Afrique de la dérégulation des marchés agricoles et financiers entre l’Union européenne et l’Union africaine.

    Vendredi 30 juin 2023, les ministres de l’agriculture européens et africains se réuniront à Rome pour « penser le futur de la coopération agricole entre l’Union africaine et l’Union européenne ». Malgré une volonté affichée de promouvoir des chaînes de valeur durables, ce sommet risque de passer totalement à côté de son ambition. Et pour cause, il fait fi des impacts catastrophiques d’un commerce international dérégulé sur le développement agricole et la souveraineté alimentaire, en particulier pour les pays africains. A l’échelle mondiale, nous produisons suffisamment, et même trop, et pourtant nous ne parvenons toujours pas à nourrir la planète : pour la sixième année consécutive, la faim continue d’augmenter. En effet, en encourageant la spécialisation des territoires plutôt que leur diversification, et en exposant les matières premières agricoles à la financiarisation, nous laissons le marché dérégulé décider à la place des populations et nous éloigner de notre souveraineté alimentaire. Loin de prendre la mesure de ces enjeux, la prochaine conférence UA-UE sur l’agriculture risque d’ouvrir un boulevard à la libéralisation à outrance des échanges agro-alimentaires entre les deux continents.

    Parler de régulation ne doit plus être un tabou : la souveraineté alimentaire doit guider les règles du commerce international. Loin du mythe de la concurrence pure et parfaite, nous oublions trop souvent que le marché met en compétition de manière faussée et déloyale des agricultures soumises à des normes et des contraintes très hétérogènes, disposant de moyens techniques et financiers très inégaux. Ce faisant, il limite l’essor de systèmes agricoles et alimentaires locaux et durables dans les pays du Sud, et précipite les modèles agricoles tournés vers l’export dans une course effrénée au moins-disant social et environnemental. Cette course à la matière première la moins chère coûte en réalité très cher à la société, et loin de résoudre le problème de la faim dans le monde, elle l’aggrave en accentuant la précarité et la vulnérabilité de la grande majorité des agriculteurs et des agricultrices. Les externalités de ce modèle sont largement sous-comptabilisées, alors qu’elles menacent la vie même des générations africaines présentes et à venir.

    STOPPER LA PROLIFÉRATION D’ACCORDS ÉCONOMIQUES DESTRUCTEURS ENTRE L’EUROPE ET L’AFRIQUE

    Voilà pourquoi nous voulons réaffirmer que pour nourrir les populations de tous les pays de manière saine, équitable et durable, et atteindre la souveraineté alimentaire à tous les niveaux, il faut changer les règles du commerce international.

    Nous devons mettre un terme à la prolifération des accords inéquitables, comme les Accords de partenariat économique (APE), qui au nom du libre échange, déstabilisent profondément les filières locales, privent les États de leur souveraineté alimentaire et enferment bien souvent les agricultures dans des modèles coûteux, intensifs et polluants, dont les conséquences sont désastreuses pour la santé humaine et pour l’environnement – comme l’illustre la filière cacao.

    Il n’est plus tolérable pour l’UE de promouvoir sans complexe un modèle tourné vers l’export, dont les productions bénéficient largement des subventions de la Politique agricole commune (PAC).  Cette politique de soutien aux exportations, qui s’apparentent à du dumping alimentaire, exerce une prédation inacceptable sur la souveraineté alimentaire des pays tiers et le développement de leurs filières locales. A titre d’exemple, avant l’agression russe de l’Ukraine, la farine de blé français se vendait moins chère au Sénégal que les farines de mil ou de maïs produites et transformées localement.

    Enfin, à la dérégulation des échanges agricoles s’ajoute la dérégulation des marchés financiers : il est inadmissible de laisser les acteurs financiers spéculer et tirer des profits exceptionnels de la crise alimentaire, comme ce fut le cas l’été dernier sur les cours du blé de la Bourse de Paris. Au plus fort de la crise, en juin 2022, 80% des achats y étaient le fait de spéculateurs, nourrissant une flambée des prix du blé sans précédent partout dans le monde.

    La France, moteur  dans la lutte contre l’insécurité alimentaire mondiale, doit prendre ses responsabilités sur le sujet

    Nous demandons à la France  de défendre une position cohérente le 30 juin prochain, pour mettre les relations commerciales UA-UE au service de la souveraineté alimentaire.

    Nous nous faisons l’écho de la déclaration de la société civile et des organisations de producteurs  africaines pour mettre la justice et le droit à l’alimentation au cœur de la coopération entre l’Europe et l’Afrique, et défendre des systèmes alimentaires durables.

    Le commerce international dépassant largement les seules relations UA-UE, nous demandons également à la France d’initier, sous l’égide du Comité de la Sécurité Alimentaire Mondiale et avec le soutien des instances onusiennes adéquates, une initiative internationale visant à réguler les marchés et interdire toute spéculation financière excessive sur les prix de l’alimentation.

    Rédacteurs de la tribune : 

    Clotilde Bato, Déléguée Générale – SOL, Alternatives Agroécologiques et Solidaires 

    Sylvie Bukhari-de Pontual, Présidente – CCFD-Terre Solidaire 

    Signataires de la tribune : 

    Agnès Renauldon, Membre du Bureau collégial – Fédération Artisans du Monde Alice Picard, Porte-parole – Attac France Anne-Françoise Taisne, Déléguée Générale – CFSI Armelle de Saint Sauveur, Co-Présidente – Slow Food France Arnaud Le Gall, Député de la 9e circonscription du Val-d’Oise ; Aurélie Trouvé, Députée de la 9e circonscription de la Seine-Saint-Denis ; Benoît Biteau, Député européen ; Blaise DESBORDES, Directeur Général – Max Havelaar France Caroline Roose, Députée européenne ; Claude Gruffat, Député européen ; Clotilde Bato, Déléguée Générale – SOL, Alternatives Agroécologiques et Solidaires Cyrille Moulin, Président – Bio Equitable France ;  Damien Carême, Député européen ; Daniel Breuiller, Sénateur du Val-de-Marne ; Daniel Salmon, Sénateur d’Ille-et-Vilaine ; David Cormand, Député européen ; Dominique Potier, Député de la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle ;  Evelyne Boulongne, Administratrice et porte-parole – MIRAMAP François Alfonsi, Député européen ; Françoise Vernet, Présidente – Terre et Humanisme Frédéric Apollin, Directeur Général – AVSF Frédéric Pénard, Directeur général – Action contre la Faim Gwendoline Delbos-Corfield, Députée européenne ; Ibrahima Coulibaly, Président – ROPPA ; Jean-Claude TISSOT, Sénateur de la Loire ; Jean-Luc BAUSSON et Margot CHEVALIER, Co-président-e-s – CMR Jean-Paul SIKELI, Secrétaire Exécutif – COPAGEN Joël Labbé, Sénateur du Morbihan ;  José Tissier, Président – Commerce Equitable France Karima Delli, Député européenne ; Karine Jaquemart, Directrice – Foodwatch Laurence Marandola, Porte-parole – Confédération paysanne Luc Arnaud, Directeur Général – GRET ; Manon Aubry, Députée européenne ; Marie Toussaint, Députée européenne ; Massa Koné, Porte parole – Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau en Afrique de l’Ouest (CGLTE-AO) Mathilde Hignet, Députée de la 4e circonscription d’Ille-et-Vilaine ; Michèle Rivasi, Députée européenne ; Mounir Satouri, Député européen ; Nadège Abomangoli, Députée de la 10e circonscription de la Seine-Saint-Denis ; Nelly Vallance, Présidente – MRJC Pascal Savoldelli, Sénateur du val de marne ; Quentin Ghesquière, Chargé de plaidoyer Agriculture et sécurité alimentaire – Oxfam France Raymonde Poncet Monge, Sénatrice du Rhône ; Sandrine Le Feur, Députée de la 4e circonscription du Finistère ; Saskia Bricmont, Députée européenne ; Sylvie Bukhari-de Pontual, Présidente – CCFD-Terre Solidaire Robert Levesque, Président – AGter Tanguy Martin, Porte parole – Ingénieurs sans Frontières AGRISTA Violette Auberger, Représentante – Les Ami.e.s de la Confédération paysanne Yvan Savy, Directeur – CIWF Raja Jbali, Présidente – Terre et Humanisme Maroc ; Yannick Jadot, Député européen.

  • Pour agir, quel est mon territoire ? Session 2023-2024

    Pour agir, quel est mon territoire ? Session 2023-2024

    « POUR AGIR, QUEL EST MON TERRITOIRE ? »

    Une formation innovante…

    Qui associe en même temps salariés et bénévoles du mouvement

    Qui se délocalise au sein d’une fédération CMR pour mettre en pratique et expérimenter tout de suite !

    C’est pensé pour être pratique et transposable sur ta fédération !  Bref, c’est pour vous ! C’est pour toi !…

    Le CMR, mouvement d’éducation populaire, met en place cette formule nouvelle de formation qui veut associer les salariés du CMR (Animateurs Permanents Fédéraux -APF, et membres de l’équipe nationale (EN), et des membres bénévoles du CMR (administrateurs, membres des équipes fédérales, bénévoles mandatés par la fédération).

    Cette formation va vous permettre de mieux connaître votre fédération pour mieux y développer le CMR.

    Chaque participant deviendra beaucoup plus outillé pour :

    • Développer le CMR sur sa fédération (sur un territoire ciblé : canton, paroisse etc.)
    • Identifier les forces vives, les difficultés, les richesses de sa propre fédération
    • Connaître la réalité rurale de son territoire
    • Connaitre les différentes structures, personnes avec qui l’on pourrait collaborer, fonder, mobiliser sur les territoires
    • Mettre en œuvre des actions concrètes sur sa propre fédération
    • Se soutenir en étant deux par fédérations pour pouvoir mobiliser sa propre fédération
    • Donner envie à d’autres membres de sa fédé, de sa région de se mettre dans la même démarche et de reproduire la formation ailleurs.

    A travers cette démarche d’ALLER-VERS, vous sentez bien tout l’intérêt d’associer les salariés et les bénévoles dans la même formation.

    En immersion sur le terrain

    La formation sera réalisée en partie sur le « terrain », au sein d’un territoire et plus particulièrement cette année dans le département de la Moselle où nous serons accueillies par les membres de la fédération de Moselle. Nous serons hébergés à Saint Jean de Bassel. Cette immersion nous permettra d’être concret et en relation avec des réalités locales. Quelques modules seront aussi proposés en visioconférence

    La formation pour qui ?

    Cette formation s’adresse :

    • Aux Animateurs Permanents Fédéraux (APF), et aux membres de l’Equipe nationale ;
    • Aux membres élus des fédérations (Equipe Fédérale, CA), aux membres élus du CA National
    • Aux bénévoles des fédérations mandatés pour faire la formation et qui auront pour mission de la mettre en œuvre, ensuite, au sein de leur propre fédération et/ou région.

    Pour permettre une appropriation de cette formation par les participants, chaque fédération sera composée de deux personnes.

    • Pour les fédérations sans APF : 2 membres par fédération (dans la mesure du possible avec au moins une personne membre du CA de la fédération)
    • Pour les fédérations avec APF : 1 APF + 1 membre de la fédération

    Quelles fédérations sont concernées par cette action ?

    Les places étant limitées, nous ne pouvons pas former toutes les fédérations en même temps. L’an dernier nous avons organisée une première formation avec les régions Occitanie, Nouvelle Aquitaine, Auvergnes Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d’Azur.

    Cette année c’est autour des fédérations des régions : Grand-Est, Iles de France, Hauts de France, et Bourgogne Franche-Comté

    Les personnes de votre région qui auront été formées auront pour mission de faire partager le contenu de la formation aux fédérations qui n’auront pas pu y participer, en organisant sur les régions un temps d’échange, voir en expérimentant la formation au niveau local.

    Dates de la formation pour 2023-2024

    Nous alternerons des temps en visioconférence et des temps pratique sur la fédération.

    La durée totale de la formation est de 39 heures répartie sur 6.5 jours.

       Année 2023-2024
    Séquences Jours Nombre d’heures Types et horaires
               1 Mercredi 20 décembre 2023 3 En zoom – 19h à 22h
    2 Samedi 20 janvier 2024 3 En zoom – 9h à 12h
    3 Vendredi 23 et samedi 24 février 2024

    Les participants arrivent la veille, le jeudi 22 février en soirée pour commencer le vendredi à 9h00

    12 En présentiel à Saint-Jean-de Bassel
    4 Samedi 9 mars 2024 3 En zoom – 9h à 12h
    5 Vendredi 22 et samedi 23 mars 2024

    Les participants arrivent la veille, le jeudi 21 mars en soirée, pour commencer le vendredi à 9h00

    12 En présentiel à Saint-Jean-de Bassel
    6 Samedi 4 mai 2024 6 En présentiel à Paris

     

    Le cout de la formation

    Le tarif de la formation comprend : les frais pédagogiques ainsi que les frais de nourritures et d’hébergement.

    Attention : Les frais de transports des séquences 3, 5 et 6 ne sont pas compris dans le montant de la formation, ils sont à la charge des fédérations, ainsi que le montant des frais pédagogiques et de restaurations.

    • Pour les APF : vous pouvez solliciter vos OPCO (Opérateur de Compétences), mais aussi vos diocèses. Vous aurez pour cela besoin de divers documents se rapprocher du CMR national. Il ne faudra pas tarder à faire les demandes.

    Nous avons demandé une subvention nationale au FDVA qui viens en déduction du montant global de la formation pour chaque bénévole.  Par ailleurs les fédérations qui rencontreraient des difficultés pour financer cette formation, peuvent solliciter la caisse de solidarité du CMR.

      Pour les salariés du mouvement (APF et EN) Pour les membres du CMR
    Frais hébergements et nourriture 218 €00 218 €00
    Frais pédagogique 914 €00 914 €00
    La part FDVA pour les bénévoles 0€00 (- 195 €00)
    TOTAL 1132 € 00 par personne 937 €00 par personne

    Attention les tarifs sont à titres indicatifs, nous attendons le devis du lieu d’hébergement pour affiner les tarifs.

    Le fond de solidarité :

    Le CMR national dispose d’un « fond de solidarité » qui peut être sollicité par les fédérations qui auraient des difficultés à mobiliser les fonds nécessaires ; Pour cela vous devrez envoyer un mail à asilveira@cmr.cef.fr en précisant le montant sollicité. Celui-ci ne peut-être qu’une partie des frais pédagogiques.

    Organisme de formation

    La formation est assurée par le CIEDEL (Centre International d’Etudes pour le Développement Local) plus d’infos www.ciedel.org

    Inscriptions

    Nous vous ferons parvenir au mois de septembre un formulaire d’inscriptions, mais d’ore et déjà vous pouvez nous envoyer un mail pour nous dire que votre fédération est intéressée pour suivre cette formation.

    Contacts

     

     

    Antonio SILVEIRA

    Coordinateur national

    Tél. 01 69 73 25 25Port. 06 44 84 43 64

    Email. asilveira@cmr.cef.fr

      Jean-Luc BAUSSON

    Co-président national

    Port. 06 78 52 91 49

    Email. baussonjeanlucmariclaire@gmail.com

  • Une vie en mouvement : « les mouvements d’action catholiques ont été des soutiens »

    Une vie en mouvement : « les mouvements d’action catholiques ont été des soutiens »

    Germaine et Pierre Frey se sont mariés en 1960. De leur union sont nés trois enfants qui leur ont donnés 8 petits enfants, 1 arrière petit enfant et 2 sont annoncés en juin et août prochain. Depuis leur retraite, Germaine et Pierre habitent à Villers.

    A l’occasion de notre rencontre, ils ont donné le témoignage suivant.

    Le papa de Germaine était un tisseur à bras (l’un des derniers). Germaine est la plus jeune d’une fratrie de 5 enfants. Sa sœur a été placée dans les maisons bourgeoises à Roanne. Ses frères ont été ouvriers agricoles. Après leur régiment, ils ont pu choisir leur métier. A Chandon, Germaine a appris à tisser, puis elle a travaillé à Charlieu, chez Boffet, jusqu’à son mariage avec Pierre, en 1960.

    Germaine et Pierre étaient membres de la JAC (Jeunesse Action Catholique). En tant que fiancés, puis jeunes mariés, le MFR (Mouvement Familial Rural) a été une évidence pour eux, jeunes agriculteurs. Les échanges étaient en confiance. Il y avait souvent des témoignages professionnels. Le Père Brunelin, qui les accompagnait, reliait toujours le fait de vie à la foi. Ces réunions ouvraient à beaucoup d’entraide : pour le matériel ; le « faire ensemble » lors des gros travaux à la ferme.

    A cette période, dans le monde agricole, la Loire était un département de départ, l’Allier un département d’accueil. Germaine et Pierre ont été des « migrants » : des personnes venant du département de départ : « la Loire ». L’accueil a été agréable. Par exemple, lors de leur installation en voyant leur camion de déménagement, leurs voisins polonais sont venus se proposer pour les aider. Ces personnes leur ont donné un vrai soutien. Après, la relation de voisinage a été plus facile. Pierre remarque que : « les personnes qui bougent sont plus ouvertes. Ils ont eu besoin de l’accueil des autres, là où ils s’installaient… » L’aumônier de la JAC de l’Allier a aidé Germaine et Pierre dans leur recherche d’installation. C’était du relationnel concret. Des opportunités se sont présentées, telle que cette ferme dont le propriétaire espérait que son fils reprenne, mais, celui-ci a préféré travailler en ville.

    A Nandax, 13 enfants ont fait la joie de la famille Frey, parents de Pierre. En septembre 1965, Germaine et Pierre sont revenus sur la ferme. Durant 10 ans, ils ont travaillé avec les parents de Pierre, ceux-ci vivaient à 2 km de l’exploitation. Pour remplacer les chevaux par un tracteur, leur choix a été d’emprunter auprès d’une banque (plus tôt que de faire des dettes chez un artisan). Germaine découvrait au fur et à mesure ce métier qu’elle n’avait pas envisagé jeune fille. De nos jours, c’est une vrai richesse que l’éducation permette de réfléchir, de choisir une activité au plus proche de ses souhaits, de ses capacités…

    Tout au long de ces changements de départements en départements, de villages en villages, les mouvements catholiques ont été des soutiens. Tout naturellement, Germaine et Pierre ont rejoint l’équipe CMR locale. A leur retraite, Germaine et Pierre se sont installés à Villers. A 88ans pour Germaine et 86 ans pour Pierre, ils sont heureux des belles rencontres que le CMR leur a permis et leur permet toujours. Tous deux ont beaucoup à partager avec les adhérents plus jeunes. Merci à eux de leur enthousiasme, de leur dynamisme et de leur soutien.

    Témoignage recueilli par Florence Vindrier

  • La terre que nous habitons

    La terre que nous habitons

     Ce samedi 8 avril, nous nous sommes retrouvés à Desvres, à la salle St Joseph pour notre traditionnelle marche de Pâques.

    Pour débuter et avant de constituer les petits groupes, les participants qui avaient apporté un objet évoquant la Terre se sont exprimés et cela a permis aux différents membres du groupe de faire connaissance et de se mettre en marche vers les différents ateliers.

    Rue du gazon nous avons rejoint un animateur et son photo langage sur les événements climatiques et les catastrophes naturelles ; A partir de notre réflexion nous avons rédigé une demande de pardon en répondant à ces 2 questions : « Qu’est-ce qui dépend de nous ? Qu’est-ce qui nous révolte, nous interpelle, nous abat, nous mobilise ? »

    L’intervenant suivant  nous a présenté l’association EDEN 62. Durant notre chemin vers lui, nous avons réfléchi ensemble à comment je prends en compte la terre dans mon quotidien ? Cette question fut une introduction à son atelier.

    Puis nous avons découvert l’évolution du paysage avec les interventions humaines et sur le chemin du retour, près de l’étang, nous avons pris le temps de lire un texte d’Evangile. Les groupes ont exprimé ce qu’ils ont découvert, dans ce texte ou lors de la marche, en participant soit à un atelier terre/modelage ou à un atelier d’écriture.

    De retour à la salle pour le goûter nous nous sommes retrouvés avec les autres participants et on a pu partager sur ce que nous venions de vivre. La célébration du samedi saint  fut célébrée par Monseigneur Boulanger, et c’est au cours de celle-ci  que certains participants ont présenté leur objet en terre et la raison pour laquelle ils l’ont choisi  pour nous la montrer. Puis ce fut la demande de pardon, et enfin les créations littéraires et modelées, préparées pendant le parcours. Merci pour ce bon moment de partage où même le temps était de la partie. A l’année prochaine !