Auteur/autrice : Mélanie Cacace

  • Journée agriculture et alimentation du CMR : l’eau en partage, vital pour nos territoires

    Journée agriculture et alimentation du CMR : l’eau en partage, vital pour nos territoires

    L’eau, source de vie par excellence, occupe une place cruciale au cœur de nos territoires français. Des rivières sinueuses aux vastes littoraux, en passant par les réservoirs naturels et les aquifères souterrains, l’eau est une ressource précieuse qui façonne notre paysage et nourrit la diversité de notre écosystème.

    Le réseau thématique agriculture et alimentation du CMR vous invite à participer à sa journée annuelle sur le thème de l’eau :

    Inscription recommandée : L’ eau en partage – Vital pour nos territoires ! Rencontre annuelle RT-Agri du CMR (google.com)

  • Un ciné-débat organisé par le CMR roannais

    Un ciné-débat organisé par le CMR roannais

    Dans le Pays Roannais du jeudi 16 novembre, en page 16, l’article « Thierry Gardette, patron d’un autre bois » débutait ainsi :

    « Les membres de l’association Chrétiens dans le Monde Rural (CMR) qui organise le ciné/débat sur le thème « Comment entreprendre différemment ? » ont sans doute vite repéré le potentiel du grand témoin d’un soir à apporter sa propre réponse à le thématique choisie. »

    Le lendemain, le vendredi 17 novembre, au cinéma l’Espace Renoir, à Roanne, 123 personnes ont assisté à cette soirée. Après une courte « mise en bouche » d’introduction de la part de Florence Vindrier et de Thierry Gardette, le film « Compagnons » de François Favrat a été diffusé.

    Puis, Thierry Gardette a entamé la soirée par son parcours personnel, l’histoire de son entreprise « Menuiserie Gardette ».

    « Aujourd’hui, les médias nous parlent beaucoup de la réindustrialisations de la France. Mais, quid de la place des Hommes et Femmes dans cette réindustrialisation ? ». La question reste entière… « Nous avons des métiers en tension, il nous manque du personnel. Nous avons du mal à recruter ». Il faut du sens dans le travail. Dans les métiers manuels, le sens est l’utilité pour les clients, pour les salariés, pour la planète… Pour rester compétitif, l’investissement est indispensable. Les machines sont au service des techniciens, les plus jeunes apprennent à ceux pour qui le numérique est moins facile. Un an après leur installation, les machines sont utilisées par tous les collaborateurs. »

    Dans cette entreprise, il n’y a pas de « Show-room » mais l’atelier est un lieu ouvert, qui permet une relation de confiance avec les clients. Le client peut, s’il le souhaite, participer à la création de son projet. De consommateur, il devient « particip’acteur » pour des travaux sécurisés.

    Aujourd’hui, il faut créer des produits fonctionnels, durables, esthétiques, réparables, avec un service sur toute la durée de vie de ces produits (pas d’obsolescence programmée). Par exemple : pour les petits articles tels que les poignées de porte… ils sont créés dans les « chutes » de bois à l’atelier.

    Différentes diapositives s’affichaient sur l’écran permettant à Thierry Gardette de nous amener à réfléchir sur le fonctionnement de la nature qui nous entoure, sur le rapprochement de certaines variétés de plantes qui se protègent, se stimulent, se soignent entre elles. Dans la nature, tout a son utilité. Suite à ses observations, Thierry Gardette nous amené à prendre conscience que nos moindres gestes individuels doivent être mûrement réfléchis. Pour lui, chaque collaborateur peut, doit prendre sa place pour réaliser ensemble. Thierry Gardette nous a expliqué son interprétation du terme « intra-entreprise », avec l’exemple de Jessica qui lui a proposé son projet de cuisine écologique.

    C’est-à dire avec :

    • des matériaux du local
    • une réflexion pour utiliser les eaux usées. Un petit escabeau (quelques marches escamotables) pour une meilleure accessibilité aux enfants pour qu’ils puissent participer plus facilement…

    La semaine suivante, 3 personnes ont rejoint le projet, pour imaginer, concevoir… « Ensemble ». Thierry Gardette est enthousiaste de cette dynamique, il les accompagne. En quelques semaines, c’est toute l’équipe qui poursuit cette aventure, avec comme objectif de présenter leur travail lors du salon de l’habitat du 1au 3 mars 2024, au Scarabée, à Roanne.

    Une des valeurs de Thierry Gardette est le « Faire Ensemble », pour réaliser avec bienveillance vis-à-vis de chacun, en réfléchissant dans le respect de l’environnement, de façon très concrète ; exemple de « l’Intra-Entreprise » comme le promeut Eric Boël au sein des Tissages de Charlieu.

    Suite à la lecture d’un article dans le journal « Le Monde » (paru avant le covid), sur la réintroduction de la culture dans l’entreprise, Thierry Gardette s’est interrogé sur :

    Pourquoi dans sa famille, la moitié de sa fratrie a choisi des métiers artistiques et l’autre moitié est devenue ingénieur ? Après 4 ans de formation, les apprentis possèdent de « l’or dans les Mains » (citation du film « Compagnons »).  Ils sont créatifs, imaginatifs. C’est important pour l’entreprise. Alors, avec son frère, Jean Marie, ils ont pensé créer « l’Atelier des Découvertes ». Sur le terrain de l’entreprise, un cirque local a débuté cette aventure. En quatre représentations, 700 personnes ont profité du spectacle. Ainsi de l’utopie, du rêve, de l’imaginaire, de la fiction sont proposés régulièrement au sein de l’entreprise. C’est agréable, c’est stimulant… c’est un vrai plus pour chacun… 3 mois après, le deuxième évènement expliquait l’évolution de la connaissance de l’espace depuis l’antiquité : « Observer les Astres, Hier, Aujourd’hui, Demain ». Dans l’atelier (« Mon Beaubourg à Moi ») cette fois, 150 personnes sont venues, au milieu des machines, partager cette information… Cette communication permet, crée des liens… c’est bien différent des catalogues en papier glacé.

    L’entreprise « Menuiserie Gardette » a effectué les travaux bois du nouvel Espace Renoir, en donnant une seconde vie au bois. Thierry Gardette a poursuivi avec :

    Toutes les questions des spectateurs étaient très intéressantes. Thierry Gardette a répondu avec des précisions concrètes, des exemples qu’il met en place dans son entreprise de 25 collaborateurs.

    Vers 23h30, chacun a quitté la soirée, ravi de ce moment convivial.

    Florence Vindrier

  • Faire du bien-être animal un enjeu clef de la transition de l’élevage

    Faire du bien-être animal un enjeu clef de la transition de l’élevage

    Dans une une lettre ouverte adressée aujourd’hui, jeudi 16 novembre 2023 au Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Marc Fesneau, 16 ONG l’ appellent à intervenir auprès de la Commission européenne afin que soit publiée dès que possible la révision de la législation européenne sur le bien-être animal. Au-delà des dégâts environnementaux, sanitaires et des atteintes au bien-être animal qu’elle engendre, l’industrialisation de l’élevage est également souvent synonyme, pour les éleveurs et éleveuses, d’une perte d’autonomie économique et décisionnelle, cause importante de mal-être, et d’une désaffection du métier par les nouvelles générations. Il est temps de définir une vision pour l’avenir de l’élevage en France et en Europe.

     

    A l’attention de M. Marc FESNEAU, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire

     

    Monsieur le Ministre,

    Comme vous le savez, l’Union européenne s’est engagée à réviser la législation européenne sur le bien-être animal, reconnue obsolète, inefficace pour protéger les animaux d’élevage en Europe et inadaptée pour accompagner la transition agroécologique. Cette évolution est nécessaire à l’échelle européenne et doit également s’imposer aux importations afin, notamment, de mettre un terme aux situations de distorsions de concurrence.

    C’est pourquoi, face aux attaques dont elle fait l’objet, nous vous appelons à intervenir, auprès de la Commission européenne, afin que soit publiée dès que possible la révision de la législation européenne sur le bien-être animal.

    Cela doit être fait en complément d’un plan d’accompagnement du secteur de l’élevage, à l’échelle nationale, dont l’ambition doit être de  pérenniser et généraliser les systèmes d’élevage paysans et biologiques, et contrer la tendance à l’industrialisation qui est aujourd’hui la pire réponse possible  aux crises à répétition de ce secteur. Pour les bovins par exemple, le nombre de têtes par exploitation a progressé de 27% pour les vaches allaitantes et de 39% pour les laitières et la proportion de vaches en zéro pâturage a augmenté d’un tiers entre 2008 et 2016 (Idele).

    En effet, au-delà des dégâts environnementaux, sanitaires et des atteintes au bien-être animal qu’elle engendre, l’industrialisation de l’élevage est également souvent synonyme, pour les éleveurs et éleveuses, d’une perte d’autonomie économique et décisionnelle, cause importante de mal-être, et d’une désaffection du métier par les nouvelles générations.

    Cette absence de renouvellement des générations et de nouvelles installations, engendrant la disparition des fermes, est une problématique particulièrement préoccupante en élevage. Dans ce contexte, l’attractivité du métier d’éleveur est un enjeu majeur. Parmi les déterminants de cette attractivité, figurent bien-sûr les questions du revenu et de l’accessibilité économique de l’installation pour les candidats, mais également de l’adéquation de l’activité avec leurs propres aspirations et celles des citoyens en termes d’environnement et de bien-être animal.

    Au-delà d’un plan de soutien à court terme, nous appelons donc votre gouvernement à soutenir un cadre législatif sur le bien-être animal renforcé et équitable à l’échelle européenne, et à définir des mesures d’accompagnement nationales qui intègrent les enjeux de demain pour les paysans, les consommateurs et les citoyens.

    Nos organisations œuvrent depuis plusieurs années à la transition agroécologique, afin de promouvoir, notamment, des systèmes d’élevage respectueux de l’environnement, du bien-être animal et des paysans. Nous avons publié une note de position en mars 2023 qui définit la vision que nous portons collectivement pour l’élevage de demain.

    Monsieur le Ministre, il est plus qu’urgent de définir une vision pour l’avenir de l’élevage en France et en Europe !

     

    Signataires:

    CIWF France

    Fondation pour la Nature et l’Homme

    Welfarm

    Association WWOOF France

    Slow Food France

    Les Ami.e.s de la Confédération paysanne

    Agir pour l’environnement

    Réseau Civam

    Bio consom’acteurs

    Altrimenti

    MIRAMAP

    Bio Equitable en France

    Greenpeace France

    France Nature Environnement

    CMR – Chrétiens dans le monde rural

    Oxfam France

  • Semeurs de changements

    Semeurs de changements

    Samedi 7 octobre à la Cité Saint-Pierre, la Mission Rurale des Hautes-Pyrénées a organisé
    avec le CMR 65 une Journée baptisée « Semeurs de changements » avec le soutien du
    Diocèse Tarbes-Lourdes. Le Thème central de cette Journée a porté sur la transition
    écologique et sociale : ateliers, tables-rondes, animations se sont succédés.

    A la suite de l’encyclique Laudato si’ et dans le tourbillon d’un débat politique, économique et social
    sur la paix, la santé, l’activité humaine et le devenir de notre Terre, de notre Eglise, nous avons le
    besoin vital de se rencontrer, de penser, d’espérer. Nous vivons ou nous percevons que nous
    sommes appelés, dans ce temps d’interrogation profonde, à vivre un chemin de conversion.

    Poursuivre l’élan impulsé par “Terres d’espérance” en 2022

    “Semeurs de changements” était une journée pour mettre en lien tous ceux qui agissent pour la
    transition écologique et sociale sur le diocèse de Tarbes-Lourdes dans le but de:
    ➔ Passer d’une approche théorique et parfois dépréciative à une considération positive,
    constructive et active de l’écologie ;
    ➔ Passer d’une idée à une conversion qui engage notre mode de vie et notre modèle de
    production ;
    ➔ Résister à l’inquiétude et oser parler d’espérance;
    ➔ Consentir à un « moins qui soit un plus »;
    ➔ Relier les petits gestes et les grandes décisions.

    Ainsi, à partir de dizaines d’initiatives locales présentées au travers des thématiques proposées (un
    monde plus sûr, un monde plus juste, un monde plus durable, le défi de l’allongement de la vie, une
    jeunesse qui ose, une église en marche), il s’agissait de créer des archipels de résilience, les mettre
    en lien, apprendre ensemble et créer de nouveaux imaginaires.

    A l’issue de cette journée, ni culpabilisation ni résignation mais penser et assumer notre part de
    responsabilité:
    ➔ S’ouvrir à l’avenir ;
    ➔ Faire l’option de la mesure (limite) et savoir refuser l’« illimité »;
    ➔ Faire le choix d’une vie saine et sobre ;
    ➔ Partager ce que nous avons reçu (et réalisé) et ce que nous sommes devenus ;
    ➔ Être et demeurer en écoute.

    … Et cette belle espérance d’être tous appelés à être des Semeurs de changements !

  • Conflit israélo-palestinien : la France doit être le porte-voix par devoir d’humanité et de défense du droit international

    Conflit israélo-palestinien : la France doit être le porte-voix par devoir d’humanité et de défense du droit international

    Depuis plus de 40 ans, le CCFD-Terre Solidaire est engagé auprès d’acteurs des sociétés civiles palestinienne et israélienne agissant en faveur d’une paix juste et durable entre les peuples.
    Aujourd’hui, nous sommes les portes voix du cri d’alarme de nos partenaires palestiniens et israéliens plongés, depuis maintenant deux semaines, dans un cycle d’horreur et de violences inédites. En amont du débat parlementaire qui se tiendra à l’Assemblée nationale et au Sénat, les 23 et 24 octobre prochain, nous tenions à vous faire part d’un certain nombre de messages pour nourrir cet important débat démocratique.
    Les bombardements israéliens ont atteint un niveau jamais connu jusqu’ici, tuant déjà près de 4 000 personnes, en grande partie des civils, parmi lesquels plus de 1 500 enfants. Les attaques du Hamas d’une extrême violence perpétrées en Israël ont fait 1400 victimes, en grande partie des civils et 203 personnes sont aujourd’hui retenues en otages par le Hamas dans la Bande de Gaza.
    Le CCFD-Terre Solidaire condamne fermement l’offensive du Hamas qui constitue un crime de guerre et visent à semer la terreur au sein de la population israélienne.
    Toutefois, le droit à la défense tel que l’exerce aujourd’hui Israël s’apparente à un droit à la vengeance à travers une punition collective de deux millions de Palestiniens qui ne sont pas partie au conflit. Aujourd’hui, ne pas appeler à la cessation des hostilités revient à cautionner cette violence extrême et à ne pas reconnaître qu’une vie palestinienne vaut autant qu’une vie israélienne. La seule issue à cette tragédie en cours est la fin immédiate des hostilités et la libération des otages. La France doit en être le porte-voix par devoir d’humanité et de défense du droit international.
    Par ailleurs, à la réponse d’urgence doit s’accoler une réponse politique pour une cessation pérenne des hostilités. Cela doit passer par une mobilisation ambitieuse de la communauté internationale pour relancer le processus de paix qui prenne pleinement en compte les causes profondes de ce conflit. Ces causes sont connues et ne peuvent plus être ignorées. Ce sont 56 ans d’occupation du territoire palestinien, 16 ans de blocus de la Bande de Gaza et un système d’apartheid qui prive les Palestiniens d’une égalité en droit et en dignité.
    Le statu quo n’est plus tenable. La France et la communauté internationale doivent faire preuve de courage politique et de responsabilité en s’attaquant à ces causes profondes. La justice doit être la feuille de route de l’action diplomatique française. Sans justice, ni égalité, nous ne serons que les témoins tristes de la violence et de la haine entre les deux peuples, israéliens et palestiniens.
    Le débat qui aura lieu au sein de l’Assemblée nationale et au Sénat est une occasion pour les parlementaires d’infléchir la position de la France pour contribuer à ce que cette guerre soit la dernière.
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  • Résolution finale de l’Assemblée Générale de la FIMARC

    Résolution finale de l’Assemblée Générale de la FIMARC

    Nous les participants à la 16e rencontre mondiale de la FIMARC, venant de 30 pays de par le monde, nous sommes réunis à Chiang Mai (Thaïlande) du 26 septembre au 04 octobre 2023. Le thème général retenu pour cette conférence mondiale et qui sera l’objet de nos travaux pour les 4 prochaines années est « la transformation du système agricole alimentaire et économique et la conversion écologique à la lumière de Laudato Si » qui nous invite à une véritable conversion du système alimentaire mondial.

    L’objectif affirmé de la FIMARC est d’en finir avec les mécanismes injustes de domination et d’exploitation des ruraux et des personnes précarisées. Les crises globales de l’alimentation, de l’énergie, du climat et la crise Covid nous amènent aujourd’hui encore et toujours à nous mobiliser pour plus de justice et de solidarité.

    Si des multinationales accaparent aujourd’hui des terres agricoles et réalisent des profits en plus en plus importants en agro-alimentaire, nous rappelons que la plupart de notre alimentation est produite par des petits paysans et des travailleurs agricoles, hommes et femmes du milieu rural. Ces familles sont aussi malheureusement les plus nombreuses victimes de la faim, de la malnutrition et de la précarité.

    L’encyclique Laudato Si nous le rappelle : « tout est lié », et « nous devons entendre le cri des pauvres et le cri de la terre ». Nous devons donc lutter pour la dignité des personnes et lutter pour la préservation de la création.

    Lors de notre programme d’immersion nous avons été accueillis par la Caritas Thaïlande et le mouvement RTRC et leurs nombreux partenaires qui œuvrent avec les populations rurales, parmi elles différentes ethnies du Nord du pays. Les peuples indigènes vivent cela depuis toujours : Dieu est partout, dans la nature, dans les relations entre les personnes autant que dans la prière et dans la méditation. De ce fait, tout est sacré, et cela nous invite au plus grand respect pour la création et pour l’humanité.

    Aussi nous réaffirmons l’urgence et l’importance de prendre soin des ressources naturelles, de promouvoir des activités économiques en milieu rural qui permettent aux populations de vivre dignement. Il s’agit ici de la souveraineté alimentaire des peuples : de leur droit à développer un système agricole et alimentaire local dans le respect de la diversité avec des moyens économiques suffisants et la possibilité de participer aux décisions qui les concernent.

    La pandémie causée par le-Covid 19 a eu un grand impact non seulement sur la santé mais aussi au niveau psychologique et social dans les zones rurales. C’est pourquoi il faut des mesures sanitaires et des réponses cohérentes pour protéger les plus vulnérables, et maintenir des systèmes agricoles et alimentaires durables. Cette crise nous a montré que les systèmes agricoles et alimentaires locaux étaient résilients. Maintenant nous savons à quel point nos sociétés sont fragiles, quand elles se reposent uniquement sur une économie mondialisée pour nous nourrir et pour vivre. Or, nous devons nous préparer à d’autres crises mondiales comparables, du fait du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité. Nous réaffirmons que soutenir et développer l’agriculture familiale et l’agroécologie, qui sont par nature, locales et résilientes, sont et seront des solutions efficaces pour le bien commun. Au-delà des aspects techniques, l’agro écologie nous appelle à nous mobiliser collectivement pour proposer des alternatives à un système qui a clairement montré ses limites. C’est pourquoi la FIMARC poursuivra son engagement à promouvoir ce modèle d’agriculture, tant auprès de ses partenaires que des institutions nationales et internationales, au niveau civil et politique.

    Nous sommes témoins de la digitalisation croissante de la vie quotidienne et des activités économiques dont l’agriculture. Le temps du Covid a particulièrement changé nos usages d’internet, qui a permis de poursuivre en virtuel les échanges entre les populations, les communautés…

    Nous sommes conscients que les avancées technologiques ont pu améliorer la vie des gens. Mais toutes les technologies ne sont pas nécessaires ni utiles. Elles provoquent aussi parfois de nouveaux problèmes comme l’endettement, la dépendance… Et elles ne pourront jamais remplacer les savoirs et les talents des paysans.

    A la FIMARC nous sommes avec les plus démunis, les personnes qui vivent dans les zones blanches, celles qui n’ont pas fait de grandes études, et qui sont parfois analphabètes. Nous luttons contre l’exclusion et pour la justice. Cela signifie aussi que nous battrons pour que les technologies digitales soient accessibles et utiles aux paysans et aux populations rurales dans le monde.

    Par ailleurs nous voyons que l’enjeu de la biodiversité est plus que jamais crucial aujourd’hui. Nous continuerons à nous battre pour que les paysans puissent localement produire et échanger des semences paysannes. Nous continuerons à dénoncer la main mise des multinationales sur le vivant que représentent les organismes génétiquement modifiés.

    Du fait de nos besoins croissants en énergie, une partie de plus en plus importante des terres agricoles du monde est dédiée aujourd’hui à la production de méthane et d’électricité. Si ces alternatives aux énergies fossiles peuvent être intéressantes d’un point de vue climatique, nous nous inquiétons de cette concurrence avec la production alimentaire.

    L’enjeu de la terre et de l’alimentation nous concerne toutes et tous, producteurs et consommateurs. C’est un enjeu de bien commun qui nécessite donc une implication du pouvoir politique pour une nécessaire régulation des marchés et de la finance.

    La terre n’est pas une marchandise. Elle a été jusqu’ici trop exploitée et arrive à la fin de sa vie si nous n’y prenons pas garde. Nous, membres de la FIMARC appelons fortement tous nos membres, les pouvoirs politiques et économiques à prendre conscience de cette réalité, et à stopper cette exploitation à outrance. Nous appelons l’Eglise à poursuivre son œuvre dans la ligne de Laudato Si, et à la mettre en pratique.

    Ensemble, avec des compagnes et compagnons de lutte, nous voulons agir pour atteindre la transformation que nous visons. Il est temps de prendre soin de la terre pour nous et pour les générations futures. La vie est belle et bonne, la terre est généreuse… Au boulot, dans la joie, l’espérance pour plus de justice. La sobriété et la solidarité sont les clés de notre futur.

    Final Resolution FR

  • 3 questions à…Elisabeth Saint Guily

    3 questions à…Elisabeth Saint Guily

    A l’occasion de l’assemblée générale de la FIMARC (Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques) qui se tient du 28 septembre au 5 octobre, Elisabeth Saint Guily, membre du CA national, représentante pour le CMR, nous parle de son engagement dans cette instance.

    Babeth peux-tu nous expliquer ce qu’est la FIMARC et quel est ton rôle au sein de cet organisme ?

    La FIMARC, c’est la Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques. C’est le réseau international des associations comme le CMR. Il y a une soixantaine de mouvements en tout, en Asie, en Amérique Latine, en Afrique, en Europe et au Moyen Orient. On est organisés par continents. Actuellement, je fais partie de la coordination européenne de la FIMARC. Avec mes coéquipiers, on a organisé des activités FIMARC en Europe, comme par exemple, des prières pour la paix en Ukraine, en visio conférence.

    Du 24 septembre au 5 octobre aura lieu l’assemblée mondiale de la FIMARC à Chiang Mai en Thaïlande, en quoi consiste cet événement et quelle est l’implication du CMR ?

    L’assemblée mondiale de la FIMARC comporte 3 parties. D’abord 3 jours d’immersion sur le terrain, à la rencontre d’associations qui travaillent pour l’agro écologie, l’adaptation au changement climatique, et la gestion participative de la forêt par les populations locales. Puis nous aurons 3 jours de conférences, sur les conséquences du COVID 19 sur les populations rurales, sur la digitalisation de l’agriculture dans le monde, sur l’agriculture et le changement climatique… Enfin, nous aurons 3 jours d’assemblée générale, où nous élirons les membres du comité exécutif (équivalent d’un CA) et du bureau de la FIMARC. Nous voterons aussi des résolutions, en lien avec les droits des paysans, et la souveraineté alimentaire.

    Il y aura aussi des célébrations et des moments de convivialité, avec des délégué-e-s du monde entier.

    Concrètement, Jean-Claude Germon, membre du CMR, finit son mandat de trésorier de la FIMARC, et moi, je suis candidate pour rentrer au comité exécutif pour un mandat de 4 ans.

     

    Tu attends quoi de ton séjour ?

     

    C’est toujours inspirant pour moi, d’échanger avec des militant-e-s de différents pays, sur des sujets globaux, comme le changement climatique ou les droits des paysans. On ne se connait pas, mais au fond, on fait partie de la même pâte humaine. Nous sommes frères et sœurs, solidaires face aux enjeux. Et cela dit quelque chose de la présence de Dieu dans nos vies. Cela nous dépasse. Je sais que la solidarité internationale tient à cœur de beaucoup de membres du CMR. Je suis fière de représenter le CMR pour cette assemblée.

    Petit « clin dieu » aussi : j’ai un grand oncle qui était prêtre missionnaire à Chiang Mai de 1950 à 1980. Je vais marcher sur ses pas. L’an passé, j’ai déjà rencontré Nayana, membre du RTRC, le mouvement thaïlandais qui nous accueille, lors d’une réunion de la FIMARC en Belgique : elle se souvient de mon grand-oncle quand elle était enfant.

  • Pacte-Loi d’Orientation et d’Avenir Agricoles : les premières annonces laissent le Collectif Nourrir sur sa faim

    Pacte-Loi d’Orientation et d’Avenir Agricoles : les premières annonces laissent le Collectif Nourrir sur sa faim

    Un an après l’annonce par Emmanuel Macron du processus devant permettre d’aboutir à un “pacte-loi d’orientation et d’avenir agricoles” (PLOAA) et à l’issue de plusieurs mois de concertation et de consultation, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a choisi “Terres de Jim”, un événement organisé par le syndicat Jeunes Agriculteurs, pour présenter les grandes lignes du projet. Le Collectif Nourrir et ses 54 membres, engagés dès le début sur l’ensemble des travaux, regrettent ce choix marqué. Surtout, ils se questionnent sur l’ambition réelle du PLOAA et la volonté de prendre en compte la “diversité des avis” censés avoir guidé son élaboration. Le Collectif attend qu’au-delà des principes, des décisions fortes soient prises pour permettre d’allier renouvellement des générations agricoles et transition agroécologique.

    Souveraineté ou compétitivité ?

    La volonté de cadrer les mesures devant permettre un renouvellement des générations agricoles sur la base de l’objectif de souveraineté alimentaire est positif si, et seulement si, le concept tel que posé en 1996 par la Via Campesina et reconnu par les Nations Unies, n’est pas dévoyé. La souveraineté alimentaire implique plusieurs principes essentiels : mettre les droits des paysans et paysannes et le droit à l’alimentation au cœur des décisions, favoriser la démocratie alimentaire et assurer que les politiques publiques d’un pays ne nuisent pas à un autre. Autrement dit, en aucun cas la souveraineté alimentaire ne doit être comprise comme une incitation à « nourrir le monde » alors que la production mondiale actuelle permettrait déjà de nourrir 10 milliards de personnes, si elle n’était pas gaspillée ou détournée de son usage alimentaire. La souveraineté alimentaire ne peut non plus être une incitation à maintenir le système productiviste en place au risque d’accentuer l’hémorragie de paysans sur nos territoires et dans les pays tiers. Nos organisations seront extrêmement vigilantes sur ce point.

    Comment accompagner une diversité de profils sans intégrer la pluralité des acteurs ?

    La réforme du parcours d’accompagnement à l’installation et à la transmission, actée à travers la création de “France Service Agriculture”, aurait pu représenter un symbole fort de changement. Pourtant, les premières annonces concernant l’organisation de cet espace laissent un sentiment de déjà-vu aux organisations du Collectif Nourrir, qui ne voient pas dans ce supposé “nouveau” système les changements significatifs qui permettront d’accompagner de manière satisfaisante les personnes non-issues du milieu agricole (NIMA) et les cédants dans leur diversité. Au regard de leur nombre (60 % des candidats) et de leurs aspirations (fermes à taille humaine, biologiques, etc.), les NIMA doivent être les cibles prioritaires d’une politique destinée à assurer le renouvellement des générations agricoles et la transition agroécologique.

    Le Collectif Nourrir souligne le besoin d’une “gouvernance rénovée” de tous les espaces de pilotage des politiques publiques sur la question, comme le point essentiel d’une réforme de l’accompagnement à l’installation et à la transmission efficiente. Si le gouvernement refuse d’ouvrir le pilotage et l’animation des parcours à la pluralité des organisations paysannes et citoyennes qui y concourent sur le terrain, il assumera le maintien d’un système dont l’organisation est à l’origine même de son échec à accueillir et à accompagner tous les profils. En outre, le Collectif alerte sur le danger de mesures foncières insuffisantes pour orienter l’utilisation des terres vers l’agroécologie et pour prioriser l’installation ou le renforcement des plus petites structures, et qui ne feront qu’accélérer la financiarisation du secteur agricole. Tout cela, au bénéfice d’une concentration toujours plus importante des terres, à l’heure où assurer la reprise des exploitations en rendant notamment possible la restructuration des plus grandes doit être une priorité pour maintenir un tissu dense de fermes viables et nourricières sur les territoires.

    Agir sur les crises climatique et de la biodiversité : un vœu pieux ?

    L’intention initiale était de faire converger les enjeux de renouvellement des générations agricoles et de transition. En effet, vouloir installer plus de paysans et paysannes doit être considéré comme un levier essentiel pour permettre la transition agroécologique et la massifier sur nos territoires. Les événements climatiques récents ne font que confirmer l’urgence à agir, tout comme la dramatique perte de biodiversité, dans les sols notamment. Le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a insisté sur l’importance de la planification écologique pour inscrire les actions dans la durée. Pour le Collectif Nourrir, cela passe par des choix politiques forts et des orientations claires sur le type de modèles agricoles et de production qu’il convient aujourd’hui de soutenir et privilégier. On ne peut plus nier les impacts néfastes de l’industrialisation de l’agriculture sur l’environnement et la santé. Ainsi, la transition écologique, qui implique de vrais changements de systèmes et non de simples ajustements ou une optimisation, doit être la véritable boussole du PLOAA. Et, en conséquence, des mesures fortes et additionnelles doivent permettre un soutien accru à l’agroécologie, dont l’agriculture biologique, et à la nécessaire transition vers des élevages paysans, alors qu’ils sont les premiers à disparaître au profit des productions animales industrielles. Au-delà des principes, nous attendons que ces annonces soient traduites dans des engagements concrets.

    Il est encore temps de reprendre et préciser cette première copie

    Les annonces préliminaires du ministre demandent à être précisées pour évaluer l’ambition réelle que se fixe le gouvernement sur la planification et l’orientation de notre agriculture. Les défis sont là. Au-delà de la démultiplication des plans et autres dispositifs, ce sont la cohérence, l’ambition et des choix clairs qui doivent piloter l’avenir de notre agriculture et de notre alimentation.

    Le Collectif Nourrir est résolument engagé pour une réorientation de notre agriculture afin de répondre aux crises multiples et assurer la souveraineté alimentaire pour toutes et tous, partout dans le monde. Cela demande une approche systémique qui doit, par ailleurs, ne pas laisser de côté les enjeux sanitaires, sociaux et économiques : un revenu et une retraite justes pour des agriculteurs à ce jour trop souvent insuffisants, une alimentation saine, durable et de qualité pour des citoyens de plus en plus nombreux à être confrontés à la précarité alimentaire et aux problèmes de santé publique.

    Nous appelons le gouvernement à renforcer son ambition en révisant et précisant ces premières annonces avant l’enclenchement officiel du processus (conseil des ministres, travaux parlementaires, décrets, etc.), et réitérons notre volonté d’y contribuer, pour éviter de faire accoucher ce chantier d’une souris. Le PLOAA se doit d’être ambitieux pour accompagner la transition vers un système agricole et alimentaire adapté aux territoires, qui respecte les limites planétaires, garantisse l’accès à une alimentation saine et durable, crée de l’emploi et permette l’autonomie des paysans et paysannes.

  • Des haies plantées pour protéger les cultures du vent, près de Pont-Audemer

    Des haies plantées pour protéger les cultures du vent, près de Pont-Audemer

    Les haies permettent de lutter contre le ruissellement et l’érosion et servent de brise-vent. Exemple à Trouville-la-Haule (Eure) avec le maraîcher l’Or de Gaïa.

    Depuis 2019, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD Terre Solidaire) et les Chrétiens dans le monde rural (CMR) ont lancé l’opération « Plantons des haies ! ». C’est en lisant l’encyclique Laudato si’ du pape François que le diacre Bernard Fagoo a pris conscience de l’urgence d’agir pour le climat. « L’objectif est de reconstituer un corridor écologique », annonce Bernard Fagoo. Depuis le lancement, 7 150 m de haies ont été plantés. Les bénéficiaires sont des agriculteurs et maraichers.

    À Trouville-la-Haule (Eure), près de Pont-Audemer, Laurent Havard, qui pratique le maraîchage en sol vivant (l’Or de Gaïa) a été l’un des premiers participants. « Nous sommes entrés en contact. Il s’est montré intéressé car il était exposé aux vents d’ouest », explique Bernard Fagoo (Laurent Havard n’a pu se rendre disponible NDLR). Cent mètres de noisetiers pourpres ont été plantés. « La première année, nous avons eu cinq projets pour 1 000 m de haies », ajoute-t-il.

    Les végétaux en vente

    Si vingt années seront nécessaires pour que la haie atteigne sa taille adulte, elle montre déjà son efficacité : « Les racines prennent du volume au fur et à mesure. Cela permet d’absorber l’eau », décrit Bernard Fagoo. Petit à petit, en grandissant, elle commence aussi à limiter le vent sur les cultures. Par la suite, les haies permettront également de capter le CO2. On considère qu’un kilomètre de haie adulte stocke trois tonnes de carbone par an.

    Depuis 2019, vingt-trois projets ont été réalisés dans la région de Pont-Audemer, dans l’Eure et quelques exploitations du Calvados et de Seine-Maritime. « Pour le moment, nous sommes allés jusqu’à Neufchâtel-en-Bray », remarque Bernard Fagoo. Des communes ont mené des projets, mais aussi des agriculteurs et des maraichers.

    Pour cette rentrée, les particuliers peuvent participer au financement de végétaux. Une cagnotte est ouverte. Les organisateurs espèrent obtenir 4 à 5 000 €. Les végétaux seront achetés au Parc naturel régional. Ils seront plantés pendant l’hiver, en décembre/janvier.

    Dons pour l’achat de végétaux auprès des Chrétiens dans le monde rural. Les participations supérieures à 30 € recevront un reçu ouvrant droit à une réduction de 66 % d’impôts. Les bénéficiaires intéressés par cette démarche peuvent contacter Bernard Fagoo (06 71 47 07 83).