Ils étaient plus de 70 à avoir répondu à l’initiative du MRJC pour cet Agritour 2022 de
deux semaines qui se terminait par un festival le dernier week end d’août à la ferme de
La Chaux à La Bussière sur Ouche en Côte d’Or.
Une rencontre marquée par l’enthousiasme de ces jeunes ruraux de la « génération Covid », agriculteurs,
cuisinière, charpentier, techniciens ou ingénieurs… qui s’interrogent sur leur devenir, qui cherchent à
répondre aux défis de la production alimentaire, à donner du sens à leurs projets. Organisés en 3 groupes, partis de Rennes et de Nancy, ils sont allés à la rencontre d’agricultrices et d’agriculteurs d’une cinquantaine de fermes dans différentes régions. Ils ont pu évaluer la diversité des projets de jeunes et de moins jeunes autour de l’agriculture et des difficultés à s’installer. Ils ont pu percevoir les préoccupations de celles et ceux qui vivent de leur production locale mais souffrent d’isolement. Ils ont pu mesurer l’intérêt de modes de production intégrés et coopératifs comme celui du Comté où la transformation locale permet aux agriculteurs de ne pas être dépouillés de la plus-value sur leur production laitière. Ils ont été sensibles à l’engagement local de la Scoop Ardelaine en Ardèche qui a su recréer des emplois locaux autour de la valorisation de la laine. Ils se sont interrogés sur la biodynamie, est-elle une pseudo-science ? Ils ont pris conscience des défis environnementaux et des besoins de revitaliser les liens sociaux au sein du territoire, avec la rencontre notamment d’un maire en Alsace qui entre autres initiatives écologiques a organisé un ramassage scolaire avec des chevaux.
À travers les exposés des groupes, on a perçu le sérieux de l’écoute des expériences partagées, l’enthousiasme discret mais réel suscité par la richesse et la diversité des témoignages, le sentiment d’un enrichissement commun, la joie d’avoir vécu une expérience originale et marquante pour les projets de chacun(e).
Quelques préoccupations communes : préserver un équilibre de vie entre activité professionnelle/vie de
famille/vie sociale pour éviter d’être écrasés par le travail, ne pas s’enfermer dans l’isolement et pouvoir s’épanouir au quotidien comme agriculteur. Mais aussi l’affirmation de la place des femmes dans la production agricole. Au sein de l’un des groupes pour libérer la parole, des échanges non-mixtes (hommes/femmes séparés) ont précédé un temps de partage en commun sur leurs observations.
Et en arrière-plan des préoccupations, la question transparente de la transmission des exploitations. Quels leviers trouver pour faciliter l’installation, comment assurer les débouchés de la production en association avec les consommateurs, quelles conditions pour une gestion collective de l’exploitation ?
Dans un contexte où certains raisonnent sur un modèle de production agricole qui pourrait fonctionner avec seulement 150 000 exploitations à l’échelle du territoire national, les préoccupations exprimées par ces jeunes autour du maintien d’activités diversifiées sur un territoire habité, étaient un bol d’air rafraichissant.
Jean Claude et Nicole Germon, CMR 21


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