Germaine et Pierre Frey se sont mariés en 1960. De leur union sont nés trois enfants qui leur ont donnés 8 petits enfants, 1 arrière petit enfant et 2 sont annoncés en juin et août prochain. Depuis leur retraite, Germaine et Pierre habitent à Villers.
A l’occasion de notre rencontre, ils ont donné le témoignage suivant.
Le papa de Germaine était un tisseur à bras (l’un des derniers). Germaine est la plus jeune d’une fratrie de 5 enfants. Sa sœur a été placée dans les maisons bourgeoises à Roanne. Ses frères ont été ouvriers agricoles. Après leur régiment, ils ont pu choisir leur métier. A Chandon, Germaine a appris à tisser, puis elle a travaillé à Charlieu, chez Boffet, jusqu’à son mariage avec Pierre, en 1960.
Germaine et Pierre étaient membres de la JAC (Jeunesse Action Catholique). En tant que fiancés, puis jeunes mariés, le MFR (Mouvement Familial Rural) a été une évidence pour eux, jeunes agriculteurs. Les échanges étaient en confiance. Il y avait souvent des témoignages professionnels. Le Père Brunelin, qui les accompagnait, reliait toujours le fait de vie à la foi. Ces réunions ouvraient à beaucoup d’entraide : pour le matériel ; le « faire ensemble » lors des gros travaux à la ferme.
A cette période, dans le monde agricole, la Loire était un département de départ, l’Allier un département d’accueil. Germaine et Pierre ont été des « migrants » : des personnes venant du département de départ : « la Loire ». L’accueil a été agréable. Par exemple, lors de leur installation en voyant leur camion de déménagement, leurs voisins polonais sont venus se proposer pour les aider. Ces personnes leur ont donné un vrai soutien. Après, la relation de voisinage a été plus facile. Pierre remarque que : « les personnes qui bougent sont plus ouvertes. Ils ont eu besoin de l’accueil des autres, là où ils s’installaient… » L’aumônier de la JAC de l’Allier a aidé Germaine et Pierre dans leur recherche d’installation. C’était du relationnel concret. Des opportunités se sont présentées, telle que cette ferme dont le propriétaire espérait que son fils reprenne, mais, celui-ci a préféré travailler en ville.
A Nandax, 13 enfants ont fait la joie de la famille Frey, parents de Pierre. En septembre 1965, Germaine et Pierre sont revenus sur la ferme. Durant 10 ans, ils ont travaillé avec les parents de Pierre, ceux-ci vivaient à 2 km de l’exploitation. Pour remplacer les chevaux par un tracteur, leur choix a été d’emprunter auprès d’une banque (plus tôt que de faire des dettes chez un artisan). Germaine découvrait au fur et à mesure ce métier qu’elle n’avait pas envisagé jeune fille. De nos jours, c’est une vrai richesse que l’éducation permette de réfléchir, de choisir une activité au plus proche de ses souhaits, de ses capacités…
Tout au long de ces changements de départements en départements, de villages en villages, les mouvements catholiques ont été des soutiens. Tout naturellement, Germaine et Pierre ont rejoint l’équipe CMR locale. A leur retraite, Germaine et Pierre se sont installés à Villers. A 88ans pour Germaine et 86 ans pour Pierre, ils sont heureux des belles rencontres que le CMR leur a permis et leur permet toujours. Tous deux ont beaucoup à partager avec les adhérents plus jeunes. Merci à eux de leur enthousiasme, de leur dynamisme et de leur soutien.
Témoignage recueilli par Florence Vindrier


Laisser un commentaire