Catégorie : (42) Loire-Roanne

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Permanente : Brigitte Chaize

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  • Un ciné-débat organisé par le CMR roannais

    Un ciné-débat organisé par le CMR roannais

    Dans le Pays Roannais du jeudi 16 novembre, en page 16, l’article « Thierry Gardette, patron d’un autre bois » débutait ainsi :

    « Les membres de l’association Chrétiens dans le Monde Rural (CMR) qui organise le ciné/débat sur le thème « Comment entreprendre différemment ? » ont sans doute vite repéré le potentiel du grand témoin d’un soir à apporter sa propre réponse à le thématique choisie. »

    Le lendemain, le vendredi 17 novembre, au cinéma l’Espace Renoir, à Roanne, 123 personnes ont assisté à cette soirée. Après une courte « mise en bouche » d’introduction de la part de Florence Vindrier et de Thierry Gardette, le film « Compagnons » de François Favrat a été diffusé.

    Puis, Thierry Gardette a entamé la soirée par son parcours personnel, l’histoire de son entreprise « Menuiserie Gardette ».

    « Aujourd’hui, les médias nous parlent beaucoup de la réindustrialisations de la France. Mais, quid de la place des Hommes et Femmes dans cette réindustrialisation ? ». La question reste entière… « Nous avons des métiers en tension, il nous manque du personnel. Nous avons du mal à recruter ». Il faut du sens dans le travail. Dans les métiers manuels, le sens est l’utilité pour les clients, pour les salariés, pour la planète… Pour rester compétitif, l’investissement est indispensable. Les machines sont au service des techniciens, les plus jeunes apprennent à ceux pour qui le numérique est moins facile. Un an après leur installation, les machines sont utilisées par tous les collaborateurs. »

    Dans cette entreprise, il n’y a pas de « Show-room » mais l’atelier est un lieu ouvert, qui permet une relation de confiance avec les clients. Le client peut, s’il le souhaite, participer à la création de son projet. De consommateur, il devient « particip’acteur » pour des travaux sécurisés.

    Aujourd’hui, il faut créer des produits fonctionnels, durables, esthétiques, réparables, avec un service sur toute la durée de vie de ces produits (pas d’obsolescence programmée). Par exemple : pour les petits articles tels que les poignées de porte… ils sont créés dans les « chutes » de bois à l’atelier.

    Différentes diapositives s’affichaient sur l’écran permettant à Thierry Gardette de nous amener à réfléchir sur le fonctionnement de la nature qui nous entoure, sur le rapprochement de certaines variétés de plantes qui se protègent, se stimulent, se soignent entre elles. Dans la nature, tout a son utilité. Suite à ses observations, Thierry Gardette nous amené à prendre conscience que nos moindres gestes individuels doivent être mûrement réfléchis. Pour lui, chaque collaborateur peut, doit prendre sa place pour réaliser ensemble. Thierry Gardette nous a expliqué son interprétation du terme « intra-entreprise », avec l’exemple de Jessica qui lui a proposé son projet de cuisine écologique.

    C’est-à dire avec :

    • des matériaux du local
    • une réflexion pour utiliser les eaux usées. Un petit escabeau (quelques marches escamotables) pour une meilleure accessibilité aux enfants pour qu’ils puissent participer plus facilement…

    La semaine suivante, 3 personnes ont rejoint le projet, pour imaginer, concevoir… « Ensemble ». Thierry Gardette est enthousiaste de cette dynamique, il les accompagne. En quelques semaines, c’est toute l’équipe qui poursuit cette aventure, avec comme objectif de présenter leur travail lors du salon de l’habitat du 1au 3 mars 2024, au Scarabée, à Roanne.

    Une des valeurs de Thierry Gardette est le « Faire Ensemble », pour réaliser avec bienveillance vis-à-vis de chacun, en réfléchissant dans le respect de l’environnement, de façon très concrète ; exemple de « l’Intra-Entreprise » comme le promeut Eric Boël au sein des Tissages de Charlieu.

    Suite à la lecture d’un article dans le journal « Le Monde » (paru avant le covid), sur la réintroduction de la culture dans l’entreprise, Thierry Gardette s’est interrogé sur :

    Pourquoi dans sa famille, la moitié de sa fratrie a choisi des métiers artistiques et l’autre moitié est devenue ingénieur ? Après 4 ans de formation, les apprentis possèdent de « l’or dans les Mains » (citation du film « Compagnons »).  Ils sont créatifs, imaginatifs. C’est important pour l’entreprise. Alors, avec son frère, Jean Marie, ils ont pensé créer « l’Atelier des Découvertes ». Sur le terrain de l’entreprise, un cirque local a débuté cette aventure. En quatre représentations, 700 personnes ont profité du spectacle. Ainsi de l’utopie, du rêve, de l’imaginaire, de la fiction sont proposés régulièrement au sein de l’entreprise. C’est agréable, c’est stimulant… c’est un vrai plus pour chacun… 3 mois après, le deuxième évènement expliquait l’évolution de la connaissance de l’espace depuis l’antiquité : « Observer les Astres, Hier, Aujourd’hui, Demain ». Dans l’atelier (« Mon Beaubourg à Moi ») cette fois, 150 personnes sont venues, au milieu des machines, partager cette information… Cette communication permet, crée des liens… c’est bien différent des catalogues en papier glacé.

    L’entreprise « Menuiserie Gardette » a effectué les travaux bois du nouvel Espace Renoir, en donnant une seconde vie au bois. Thierry Gardette a poursuivi avec :

    Toutes les questions des spectateurs étaient très intéressantes. Thierry Gardette a répondu avec des précisions concrètes, des exemples qu’il met en place dans son entreprise de 25 collaborateurs.

    Vers 23h30, chacun a quitté la soirée, ravi de ce moment convivial.

    Florence Vindrier

  • Journée d’été du CMR en Roannais

    Journée d’été du CMR en Roannais

    Par la belle journée ensoleillée du samedi 8 juillet, 32 deux personnes du CMR se sont réunies à la Minardière route de Saint Romain à Saint Martin de Boisy.

    Sous un magnifique chêne pluri centenaire, la journée a débuté avec Luc Thoral, diacre et secrétaire confédéral CFDT, qui a posé cette question à l’assemblée:

    « Que dit la doctrine sociale de l’Eglise sur le travail ? »

    Claudie, Régine et Nicolas de la compagnie de théâtre : « L’entracte Du Troup’O » nous ont remémoré par quelques saynètes les premiers travaux du samedi 25 mars sur le sujet. Tous les trois ont complété avec les témoignages de leur propre expérience.

    Dans quatre ateliers

    –             Le travail dans l’Eglise / spitrituel

    –             Le travail au sein de la famille / entre amis (es)

    –             Le travail professionnel

    –             Le travail au sein des associations / social

    Nous avons partagé nos connaissances, nos différents vécus, nos histoires. Nous avons continué nos échanges autour d’un repas partagé toujours à l’ombre du grand chêne.

    L’après-midi, Thierry De Cokborne, diacre et directeur de l’association AFIMAB (Association de Formation pour l’Insertion dans les Métiers de l’Artisanat et du Bâtiment) nous a témoigné de son expérience.

    A l’issue de la journée, chaque groupe a exprimé son ressenti de ces partages.

    Dans la belle église de Saint Martin, des habitants nous ont rejoints pour participer à la célébration eucharistique qui a clôturé cette belle rencontre.

     

  • Une vie en mouvement : « les mouvements d’action catholiques ont été des soutiens »

    Une vie en mouvement : « les mouvements d’action catholiques ont été des soutiens »

    Germaine et Pierre Frey se sont mariés en 1960. De leur union sont nés trois enfants qui leur ont donnés 8 petits enfants, 1 arrière petit enfant et 2 sont annoncés en juin et août prochain. Depuis leur retraite, Germaine et Pierre habitent à Villers.

    A l’occasion de notre rencontre, ils ont donné le témoignage suivant.

    Le papa de Germaine était un tisseur à bras (l’un des derniers). Germaine est la plus jeune d’une fratrie de 5 enfants. Sa sœur a été placée dans les maisons bourgeoises à Roanne. Ses frères ont été ouvriers agricoles. Après leur régiment, ils ont pu choisir leur métier. A Chandon, Germaine a appris à tisser, puis elle a travaillé à Charlieu, chez Boffet, jusqu’à son mariage avec Pierre, en 1960.

    Germaine et Pierre étaient membres de la JAC (Jeunesse Action Catholique). En tant que fiancés, puis jeunes mariés, le MFR (Mouvement Familial Rural) a été une évidence pour eux, jeunes agriculteurs. Les échanges étaient en confiance. Il y avait souvent des témoignages professionnels. Le Père Brunelin, qui les accompagnait, reliait toujours le fait de vie à la foi. Ces réunions ouvraient à beaucoup d’entraide : pour le matériel ; le « faire ensemble » lors des gros travaux à la ferme.

    A cette période, dans le monde agricole, la Loire était un département de départ, l’Allier un département d’accueil. Germaine et Pierre ont été des « migrants » : des personnes venant du département de départ : « la Loire ». L’accueil a été agréable. Par exemple, lors de leur installation en voyant leur camion de déménagement, leurs voisins polonais sont venus se proposer pour les aider. Ces personnes leur ont donné un vrai soutien. Après, la relation de voisinage a été plus facile. Pierre remarque que : « les personnes qui bougent sont plus ouvertes. Ils ont eu besoin de l’accueil des autres, là où ils s’installaient… » L’aumônier de la JAC de l’Allier a aidé Germaine et Pierre dans leur recherche d’installation. C’était du relationnel concret. Des opportunités se sont présentées, telle que cette ferme dont le propriétaire espérait que son fils reprenne, mais, celui-ci a préféré travailler en ville.

    A Nandax, 13 enfants ont fait la joie de la famille Frey, parents de Pierre. En septembre 1965, Germaine et Pierre sont revenus sur la ferme. Durant 10 ans, ils ont travaillé avec les parents de Pierre, ceux-ci vivaient à 2 km de l’exploitation. Pour remplacer les chevaux par un tracteur, leur choix a été d’emprunter auprès d’une banque (plus tôt que de faire des dettes chez un artisan). Germaine découvrait au fur et à mesure ce métier qu’elle n’avait pas envisagé jeune fille. De nos jours, c’est une vrai richesse que l’éducation permette de réfléchir, de choisir une activité au plus proche de ses souhaits, de ses capacités…

    Tout au long de ces changements de départements en départements, de villages en villages, les mouvements catholiques ont été des soutiens. Tout naturellement, Germaine et Pierre ont rejoint l’équipe CMR locale. A leur retraite, Germaine et Pierre se sont installés à Villers. A 88ans pour Germaine et 86 ans pour Pierre, ils sont heureux des belles rencontres que le CMR leur a permis et leur permet toujours. Tous deux ont beaucoup à partager avec les adhérents plus jeunes. Merci à eux de leur enthousiasme, de leur dynamisme et de leur soutien.

    Témoignage recueilli par Florence Vindrier

  • Zoom sur le CMR roannais

    Zoom sur le CMR roannais

    Le CMR national

    Le CMR (Chrétiens en Monde Rural) est une association d’éducation populaire et d’action catholique régie par la loi de 1901. Respectueuse des convictions de chacun, elle est profondément attachée au principe républicain de laïcité. Son but est de promouvoir le vivre ensemble, la fraternité et les solidarités en rural au travers d’une vie d’équipe, de rencontres ponctuelles et de projets collectifs en vue de contribuer à la transformation de la société. Il porte les préoccupations de la vie quotidienne des ruraux, qu’ils soient agriculteurs ou non, favorise les échanges et le discernement et encourage à agir sur les territoires pour contribuer à une vie sociale et à un développement harmonieux, respectueux des hommes, en particulier des plus fragiles, et de la planète.

    Le CMR roannais 

    Le CMR roannais est composé de 15 équipes, qui se réunissent régulièrement. La association est gérée par un bureau fédéral soutenu par 1 temps ¼ porté par -une animatrice, une aumônière, un prêtre référent-.

    Une équipe CMR est en général composée de 4 à 12 personnes, seules ou en couple, habitant une même zone géographique, et ayant plus ou moins le même âge. Dans l’équipe, il y a une personne qui est chargée de l’accompagnement. C’est un diacre, une personne laïque, un(e) religieux (se), un prêtre, qui s’est formée pour accompagner l’équipe dans sa réflexion. L’équipe se réunit tous les mois, chez l’un ou l’autre des membres, en soirée, en journée ou le weekend. Une réunion dure en général 2 ou 3 heures, avec un moment convivial à la fin, autour d’un verre et d’une pâtisserie.

    On commence par se partager des nouvelles de nos vies respectives, puis nous suivons la méthode appelée la Démarche de Réflexion Chrétienne (DRC), qui consiste à :

    • partir du récit d’un « fait de vie », d’un événement, d’une action… qui nous touche personnellement ;
    • le partager avec les autres et l’analyser ensemble ;
    • le mettre sous l’éclairage de l’Évangile ;
    • agir pour changer la situation.

    Par l’écoute bienveillante, sans jugement des personnes, et par la durée (une équipe se réunit régulièrement pendant plusieurs années) des relations de confiance et une amitié forte se créent dans l’équipe.

    Le CMR roannais : un acteur dans le développement de son territoire

    La vie d’équipe permet la réflexion et le ressourcement nécessaire à l’action. Le CMR roannais comme les autres fédérations locales organisent des temps forts ouverts à toutes et tous qui permettent aux membres CMR (et non CMR) de se retrouver, se former et d’approfondir certaines thématiques en vue de la transformation de leur territoire.

    Le 9 juillet 2022, la fédération a proposé à ses membres d’aller à la rencontre des bénévoles de l’association « Je fais ma part », à Villers. Cette association soutient les initiatives tournées vers la préservation de l’environnement. Un échange de pratiques et d’expériences qui viennent conforter nos convictions en matière environnementale.

     Les vacances-formation

    En 2021, les fédérations de Loire et Rhône ont accueilli et organisée avec le CMR national, un événement majeur du CMR : les vacances formation. Au lycée agricole de Ressins, près de Charlieu, plus de 80 personnes venues de toute la France se sont réunis pour expérimenter « l’aller vers ». Comment aujourd’hui aller vers l’autre, dans une démarche individuelle et collective, en vue d’agir pour une transition sociale et environnementale ? Il s’agit pour le CMR de promouvoir le vivre ensemble et d’expérimenter des pistes pour aller vers l’autre et faire vivre les mots Solidarité et Fraternité au sein de son territoire.

    Si vous êtes intéressées par ce que propose le CMR en Roannais, vous pouvez joindre :

     Florence Vindrier au 06 50 74 68 87 ou Marie-Pierre Monachon-Martin au 06 87 23 84 38

     

     

  • Journée d’été

    Journée d’été

    Malgré les fortes chaleurs de cet été, un grand nombre d’adhérents et de sympathisants nous ont rejoints pour cette très belle journée sur le thème des jardins et de la permaculture.

    1er : Découverte du magnifique jardin de Pierre et Germaine FREY dans le bourg de Villers où la diversité et l’organisation ainsi que la gestion du terrain autour de leur maison nous a tous impressionnés, le tout avec une très belle introduction de Paul CHAMBAT. Puis, tout le monde s’est retrouvé autour d’un verre de jus de fruit qui fut très apprécié.

    2: Chacun a pris sa voiture pour une trentaine de kilomètres et le village de Régny au bord de l’étang de Chavenan. Nous avons commencé par un repas partagé à l’ombre des arbres et une rencontre avec deux familles de migrants originaires d’Albanie.

    3: Puis c’est avec beaucoup d’attention que nous avons suivi la présentation sur la permaculture par Agnès LOMBARD. Cette nouvelle philosophie de travail de notre jardin et de gestion de notre environnement a été pour bon nombre d’entre nous une réelle découverte. Le tout concrétisé par la visite des jardins partagés de Régny qui étaient juste à côté et nous a permis de terminer en beauté notre rendez-vous annuel.

     

     

  • Une journée d’été dans un lieu insolite

    C’est à St Martin du Lac en Saône et Loire, que le 21 juillet nous nous sommes retrouvés dans un lieu insolite : un « Béguinage » pour cette journée d’été.
    C’est un petit lieu d’Eglise, tout en liberté, en milieu rural : le béguinage de la « croix aux bœufs » est animé par la communauté dont les membres, issus de tradition spirituelle différente ayant des états de vie différents, (prêtre, religieuses, laïcs) sont réunis par une même quête de communion, d’harmonie, d’unité et de liberté.

    Voici ce qu’ils disent d’eux-mêmes : « la mission du béguinage ne répond ni à des besoins ni à des projets humains, mais essentiellement à des appels de l’Esprit qui ne sont pas forcément de l’ordre du faire mais de l’être et de la fécondité, non pas de l’ordre de l’efficacité, ni du mesurable, mais celui de La grâce.
    Ces appels se manifestent prioritairement dans la Parole de Dieu, les évènements et les rencontres. Mais il importe de les passer au feu de la prière et du discernement.
    Le Béguinage se veut lieu et terre d’expérimentation selon la parole de St François « on ne sait bien que ce que l’on expérimente ».

    Une trentaine de personnes ont donc pu découvrir ce lieu magnifique, reposant, où nous avons pu échanger avec la communauté qui nous a chaleureusement accueillis.

    Après une rapide présentation de chacun, Ludivine (sophrologue membre de la communauté) nous a proposé un temps de relaxation à l’issue duquel nous avons, guidés par le Père Maurice, visité le jardin biblique, les « Poustinias » (petites maisons), et les différents lieux d’accueil.
    Puis, par petits groupes, nous entrons dans un temps de réflexion sur l’évangile du dimanche (Marc 6, 30-34) avant de nous rassembler autour d’un repas partagé.

    Pour digérer tout cela, nous partons ensuite en balade vers la chapelle St Martin, petite marche ponctuée par la lecture d’un texte de Christian Bobin « L’homme qui marche ».
    Arrivés à cette chapelle du XIème siècle ornée de fresques, Sœur Emmanuel, Sœur Thérèse et Ludivine qui nous accompagnent, entonnent un magnifique cantique qui nous fait vibrer.

    De retour au Béguinage, nous chantons le psaume de la création en partageant le pain béni. Le partage du pain béni se faisait dans de nombreuses paroisses autrefois, avant le Concile Vatican II, quand la plupart des gens ne communiaient pas, parce qu’il fallait se confesser chaque fois avant de communier, selon la règle de l’époque.
    Ce partage se fait encore en plus de la communion, dans certaines occasions (exemple : fête de village ou une journée de déplacement comme la nôtre). Le partage du pain béni peut se faire en toutes circonstances quand il n’y pas de prêtre.

    Il est temps de nous séparer. Cette journée aura permis de mieux nous connaître entre équipes CMR et de découvrir un autre lieu spirituel où chacun et chacune peut revenir quand il le souhaite, ils, elles seront toujours bien accueillies(s)….

    Rendez-vous l’année prochaine pour un autre format un autre lieu, un autre thème, avec la même convivialité.

    Brigitte CHAIZE, Marie-Pierre MONACHON MARTIN

  • Des convictions pour changer le monde

    Dans le prolongement de la journée de rentrée des paroisses du 7 octobre 2017 « En Route Ensemble », la récollection, préparée par le CCFD, le CMR, l’ACO et les AMIS de la VIE s’est déroulée le samedi 3 mars 2018 au Centre Notre-Dame à Roanne.
    Plus d’une centaine de personnes sont venues participer à cette journée animée par Guy Aurenche sur le thème » Des convictions pour changer le monde ».
    Il nous a invité à la confiance en nous présentant le texte de Matthieu ( 14, 13-21) de la multiplication des pains.
    En suivant cet évangile, il nous a invité à connaîtr les faims du monde : Mondialisation (de l’interdépendance à la solidarité), Pauvretés (de l’accroissement des inégalités au partage), La toute-puissance humaine (au service de quoi, de qui ?) Le déboussolement du monde (multiplication des repères et des valeurs)
    Puis à « Donnez-leur vous-même à manger!  »
    Être missionnaires: annoncer et témoigner de la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur, briser les solitudes, croire en la dignité de la personne ou la dynamique des droits de l’homme, construire un monde plus juste, interpeller l’Église dont je suis membre, rencontrer l’autre et le Tout Aimant, dans la confiance.
    Suite à son intervention, nous nous sommes réunis en petits groupes pour dialoguer « sur les chantiers que l’Église devrait mener pour qu’à travers son engagement, elle soit davantage missionnaire »
    Le repas partagé a permis aussi de nombreux échanges entre les participants.
    Ensuite, des questions-réponses entre l’assemblée et Guy Aurenche ont prolongées l’intervention de la matinée.
    La célébration eucharistique a été nourrie par tout ce qui a été vécu dans la journée

  • Visites de Fermes

    Le 22 juillet 2017
    3 exploitations aux productions et structures différentes
    2 coins du Roannais
    1 belle journée d’été

    **I. Production de lait :

    Une trentaine de personnes se sont retrouvées chez Marc et Isabelle Dumas, à Saint-Symphorien-de-Lay, le samedi matin pour visiter leur ferme.

    Après un accueil chaleureux autour d’un café, Marc nous explique l’histoire de son exploitation. Achat des locaux en 1982, exploitation qui se situait à côté de la ferme familiale. Il construit une stabulation libre et répare la maison d’habitation. En 1984, il se marie avec Isabelle et vont avoir 6 enfants. Ils vivent avec 17ha et 20 vaches (aujourd’hui 30).

    En 1990, ses parents partent en retraite, et avec son frère Philippe qui est sur la ferme familiale, ils forment un GAEC. Marc s’occupe du lait et Philippe des vaches à viande.

    2002 : Arrêt du GAEC, Isabelle fait des fromages, s’occupe des veaux et de toute la partie administrative.
    2008 : Isabelle prend un engagement dans l’Eglise.
    2009 : Conversion de l’exploitation en bio (pas d’engrais, pas de produits chimiques). Le lait est vendu depuis 2011 à la coopérative Biolait où les décisions sont prises par les agriculteurs. Biolait refuse de vendre plus de 20% de sa production au même acheteur pour préserver son indépendance.

    Actuellement, Marc réfléchit sur l’économie d’énergie au niveau du chauffage ainsi que sur la rentabilisation de l’eau

    Pendant l’été, il fait de la mono traite, c’est-à-dire une traite par jour réalisée le matin, actuellement, la ferme est composée d’une trentaine de vaches et une dizaine de porcs. En cas de maladie, les animaux sont soignés avec des huiles essentielles et de l’homéopathie.

    Marc est très impliqué dans le réseau coopératif pour le matériel avec les CUMA (Coopérative d’Utilisation du Matériel Agricole), dans une Banque de Travail, (très rare, c’est-à-dire échange de temps et de matériel). Il trouve que c’est dommage qu’un agriculteur travaille seul. Il fait aussi partie d’un groupement d’employeurs de 6 fermes : 2 jours par mois, il a un salarié. L’entretien du matériel est fait par les mécaniciens agricoles du secteur.

    **II.Production de viande :

    Suite à cette rencontre très riche, nous nous dirigeons chez Philippe et Françoise Dumas, à Saint-Symphorien-de-Lay.

    Philippe et Françoise sont en GAEC, ils possèdent 70 à 75 vaches de race charolaise destinées à la viande sur 90 ha de surface. L’hiver, il y a environ 180 animaux à s’occuper en comptant les veaux et les futures mères. Ils essaient de concentrer les vêlages de septembre à décembre. Une vache fait un veau par an, cela demande beaucoup de surveillance et une présence quotidienne. Les femelles sont gardées pour la reproduction, les mâles sont vendus en Italie.

    Pour l’alimentation, ils utilisent du matériel adéquat : un bol mélangeur, sorte de gros thermo mix, accompagné d’un tapis roulant, de ce fait l’alimentation est distribuée tous les 2 jours. L’alimentation pour les bovins est produite sur l’exploitation. La ferme est classée en zone de montagne, ce qui permet quelques aides supplémentaires.

    Philippe est peu présent sur la ferme, car il a de lourdes responsabilités à la SICAREV dont il est le président. La SICAREV est composée de 2200 salariés et 10 0000 adhérents. De ce fait, cela entraîne d’autres responsabilités comme par exemple à la chambre d’agriculture. Françoise a la responsabilité du troupeau, et pour l’aider, ils emploient un salarié un jour par semaine.

    Dans ces 2 familles, une semaine est gardée pour les vacances.

    ***Points de réflexions sur l’agriculture en général :

     Fonctionnement des coopératives (Biolait)

     Relation avec les grandes surfaces

     Changement d’habitude de consommation (Achat par internet, circuits courts, moyennes ou petites surfaces de frais…)

     Transmission des exploitations

     Réseau relationnel autour de l’exploitation (couple, famille, salariés, collègues…)

     Transport des marchandises

    Après ce temps riche d’échange, il est temps de dresser les tables pour le partage du repas, Françoise et Philippe nous font la surprise de nous offrir un barbecue, où l’on déguste une viande excellente. Un grand merci pour leur accueil et leur disponibilité.

    **III.Production de fromage de chèvre et de pain :

    Une fois le café avalé, il est temps de reprendre les voitures et de traverser le Roannais pour nous rendre à Saint Just en Chevalet où nous rencontrons Anouk et Emmanuelle.

    Installées dans un hameau de St Just en Chevalet qui était laissé à l’abandon, elles montent le projet pour l’une de devenir chevrière et l’autre boulangère.
    Précédemment, Emmanuelle était institutrice, Anouk est issue du milieu agricole, elle possède des diplômes et travaillait dans le milieu.

    Tout est à créer, elles se retroussent les manches pour construire la chèvrerie et la boulangerie. Actuellement, elles ont 3 ha en propriété, 1 ha en location et vivent dans une yourte, car la maison n’est pas habitable.

    Les fromages et le pain sont vendus à la ferme le mercredi, sur le marché de St Just le jeudi matin, et aussi par une tournée le lundi après-midi. Tout est commercialisé à 6 km à la ronde. Elles confectionnent aussi des biscuits et des sirops.

    Plus tard, elles ont pour projet de monter une ferme pédagogique.
    Elles se sont senties plutôt bien accueillies par les voisins, contents de voir revivre le hameau.

    Ah, j’oubliais, c’est le goûter que l’on a pu déguster chez Anouk et Emmanuelle.
    Tout était excellent, merci pour ce très bel après-midi.

    Tout au long de cette journée, la famille albanaise d’Ambierle rencontrée lors de notre journée « Un million de révolutions tranquilles » nous a accompagnés.
    En Albanie, ils étaient agriculteurs et possédaient 300 brebis qui produisaient du lait pour faire de la féta. Ils étaient heureux de vivre cette journée avec nous et,: nous ont dit au moins 50 fois merci. Oui, quelle belle journée nous avons vécue !
    Mais n’oublions pas :

    NOUS AVONS BESOIN DE NOS AGRICULTEURS,
    NOS AGRICULTEURS ONT BESOIN DE NOUS.

    Brigitte Chaize

  • Un million de révolutions tranquilles

    Le 13 mai, le CMR a organisé une rencontre à Ambierle à la maison Saint-Martin sur le thème : Un million de révolutions tranquilles.

    Une vingtaine de participants se sont retrouvés pour réfléchir à ce que l’on aimerait pouvoir changer autour de soi.
    Voilà ce qui en est ressorti :

      Moins de véhicules

      Provenance des denrées alimentaires à proximité

      Des spectacles locaux

      Bourse d’entraide village / quartier

      Services partagés

      Décloisonnement des associations. Forum ouvert sur la ville de Roanne

      Que le positif l’emporte sur le négatif

      Comment aider les jeunes à s’engager

      Des maisons vides dans les villages et des personnes qui n’arrivent pas à se loger

      Le regard d’un nombre de plus en plus grand de ruraux sur « l’étranger »

      Lutter contre le repli sur soi en rural

      Accueillir une famille de migrants dans les villages ou au sein de sa paroisse

    Après cela, nous nous sommes répartis en 3 groupes qui avaient à peu près les mêmes préoccupations et nous avons choisi le titre et le déclencheur du projet.

    Groupe 1 : CREER DES CONSEILS DE QUARTIER :

    Profiter d’une fête des voisins pour proposer ce projet et voir s’il a lieu d’être.
    Souvent, les personnes qui arrivent dans un village se sentent étrangères et ont des difficultés à s’intégrer.

    Groupe 2 : DES MAISONS VIDES DANS LES CENTRES BOURG

    Pas de politique locale pour cette préoccupation et une politique nationale de créations de logements.

    Groupe 3 : BOUTIQUE DU DON

    En vie de créer du lien, ne pas garder pour soi, partager, mettre en place des veillées jeux.

    Enfin, nous nous sommes attaqués à la conception du projet.

    Groupe 1 :

    Stratégie : S’assurer du soutien du maire, des adjoints et des conseillers pour que cela fonctionne.
    Moyen : Solliciter les voisins pour voir s’ils seraient intéressés.
    Si oui, un groupe rencontre le maire et les adjoints pour soumettre l’idée.
    S’il y a réponse négative, refaire la même démarche plus tard jusqu’à ce que le conseil s’approprie l’idée.

    Groupe 2 :

    Interpeler Habitat et Humanis, connaitre le fonctionnement, rencontrer une personne, faire l’état des lieux des bâtiments existants.

    Groupe 3 :

    Créer une manifestation autour du don.
    Exemple : Grafitéria autour du don.
    Le matin, les gens apportent les objets qu’ils souhaitent donner.
    L’après-midi : Conférence sur le don avec différents acteurs.

    Deux intervenants sont venus nous donner des exemples de « révolutions » sur notre territoire. Le matin, Christian Rullière nous a parlé de la mise en place d’une monnaie locale sur notre territoire.

    Monnaies locale, citoyenne, sociale ou solidaire : de quoi parle-t-on ?

    Elles ont comme caractéristique commune :
    . D’être restreinte dans leur usage à un espace de circulation défini
    . D’incarner un projet collectif avec des acteurs multiples qui s’accordent sur un projet commun, avec la volonté de faire ensemble.

    Elles peuvent avoir des vocations différentes dans leur mise en œuvre :
    . Soutenir le développement économique local
    . Développer du lien social
    . Valoriser l’engagement collectif, les gestes éco-citoyens, les démarches de solidarité…

    Elles sont complémentaires de la monnaie officielle. Elles viennent compléter l’euro.

    Les monnaies complémentaires sont légales. Une monnaie locale ne doit fonctionner que dans le réseau de ses adhérents.
    La monnaie locale n’est pas spéculative. Elle ne peut être thésaurisée. Elle permet de redonner le pouvoir à des gens qui peuvent décider de leur avenir.
    Sur le roannais, il faudrait 1000 utilisateurs et une centaine d’entreprises pour que cela puisse fonctionner.

    L’après-midi, Marie-Claude Andriol nous explique l’intégration réussie d’une famille Albanaise sur Ambierle.

    En 2013, plusieurs familles de migrants arrivent sur le roannais, et par le bouche à oreilles, le Secours Catholique demande à la paroisse Ste Madeleine si une famille Albanaise de 4 enfants (6 mois, 2ans, 4ans, 6ans) peut loger à la maison St Martin.
    Au départ un accord provisoire est donné. Ce sont des agriculteurs qui ont envie de s’investir dans le village. Ils sont très ouverts et non demandeurs. Avec l’aide des chèques emplois services, ils travaillent. Ils reçoivent 90 € par enfant et par mois.
    Un groupe de 15 personnes prend en partie l’aspect financier pour la location de la maison + les charges et la paroisse complète.

    Aujourd’hui, une demande de titre de séjour est en cours, et ils s’investissent dans les associations telles que le judo, le hand, le club de marche….
    Beaucoup de liens sociaux ont été créés.
    Les enfants sont très polis, c’est une famille issue du milieu rural et qui a envie de rester sur Ambierle.

    C’est un projet qui est parti de quelques paroissiens et qui s’est élargi.

    La journée se termine par un temps de prière accompagné par le chant du congrès : « Nous nous sommes levés » ainsi que le texte de Charles Singer « Donne nous le courage »

    Brigitte Chaize