Étiquette : solidarité

  • A la découverte de l’éco habitat groupé

    A la découverte de l’éco habitat groupé

    Le rendez-vous était fixé autour de 15 h ce samedi 5 juin 2021, pour visiter et faire connaissance avec
    l’éco habitat groupé de Grézieu la Varenne(69).

    Nous sommes accueillis par Bernadette et Odile qui ont accepté de nous recevoir pour cet après midi. Annabelle, maman de 2 enfants, nous a rejoint pour témoigner de la part des jeunes familles. Odile avec son mari a été cheville ouvrière au démarrage du projet et Bernadette est venue rejoindre l’éco habitat à sa retraite professionnelle.

    A l’origine, un groupe de personnes réfléchissait, cherchait un lieu pour mettre en œuvre leur projet
    d’habitat partagé. Puis au moment de la découverte d’un terrain disponible à l’achat sur Grézieu et à la signature de la promesse de vente en 2012, le groupe a connu des changements et finalement. Entre la 1ière réunion et la construction finie, 4 ans se sont écoulés. Depuis 2016, 5 années de fonctionnement, l’éco habitat regroupe 12 familles.

    Le terrain a été vendu par une personne qui partageait l’idée protée par ce projet. Le groupe était content de partir d’une terre vierge et de construire selon leurs souhaits avec des architectes qu’il a fallu convaincre, mais les personnes sont vraiment heureuses de leur démarche et de leur habitat. La forme juridique est une société civile d’attribution (SCIA). Le principe est que les personnes sont propriétaires de parts de la SCI, qui sont plus facile à échanger en cas de départ. Pour l’attribution des parts libérées, il y a droit de regard des autres membres de la SCIA. De plus cela permet de garder l’intergénération car il y a beaucoup d’appels pour des personnes âgées, l’équilibre intergénérationnel est à maintenir.

    Pour les parties communes, c’est-à dire la maison commune qui est répartie en une grande salle où nous
    avons été accueillis, à l’étage une salle d’activité yoga, gym, dortoir si nécessaire et une chambre d’amis ou pour recevoir la famille, et au sous-sol, atelier et buanderie avec les machines à laver le linge en commun, garage à vélo et à trottinettes). Les parties communes sont divisées par 12.

    Odile et Bernadette nous ont expliqué avec passion toute leur démarche pour arriver ensemble à conduire ce projet. Beaucoup de réunions ont été nécessaires pour arriver à une décision. « Il s’agit de décider par le processus de consentement. Tant qu’il y a une objection, on ne décide pas. On trouve ainsi des solutions enrichies. On essaye d’écouter les besoins de chacun. » Pour les décisions importantes, ils ont fait appel à des ressources et compétences externes pour que la voix de chacun soit respectée.

    Pour l’organisation commune, il y a un pôle intérieur, où les personnes s’inscrivent et sont chargés d’entretenir l’intérieur ménage rangement ; un pôle extérieur, cela est pour tous les abords les pelouses, compost, poulailler, panneaux photovoltaïques ; Et un pôle communication, sans oublier un pôle gestion et chaque pôle a un budget, qui est voté.

    Il a été nécessaire d’établir une charte où des éléments fondamentaux sur les quels les gens désireux de participer soient d’accord : Solidarité, Intergénération, Ecologie, Sobriété et Ouvert sur la commune, sur l’extérieur, non confessionnel. Une période de probation, de réflexion et après un engagement est signé par la famille entrant. Pour être en toute clarté.

    Des réunions de palabres toutes Trois semaines (quelqu’un présente son sujet et quelqu’un d’autres anime) et un point info toutes les semaines permettent que les choses se passent, se sachent. C’est l’avantage d’un groupe où il est possible de mutualiser les compétences.

    Nous avons échangé sur ce désir de garder cette ouverture. Les enfants sont scolarisés à l’école de Grézieu. Pour ne par être d’entre soi. Des portes ouvertes sont organisées tous les ans et les visites sont acceptés pour faire connaitre à d’autres ces projets d’habitat. Ils ont été heureux de pouvoir visiter d’autres éco lieux pour préciser leurs projets et éviter les pièges.

    L’intergénération a permis que la banque puisse faire confiance par l’apport des anciens, 4 personnes
    avaient vendu leurs biens pour acheter leurs parts de la SCIA ;

    La construction est en ossature bois et les murs en laine de bois, avec des panneaux photovoltaïques.

    Les jardins chacun a son jardin privé et le reste est en collectif. Odile et Bernadette nous ont redit leur joie de participer à un tel projet et de vivre dans cet éco Habitat groupé.

    Nous avons pu voir un groupe d’enfants qui venaient pour l’anniversaire d’un des leurs, cela respirait
    la joie de vivre dans un très beau lieu pour les enfants… et aussi pour les adultes.

    Merci à Bernadette et Odile et Annabelle d’avoir pris sur leur temps pour nous recevoir et nous
    partager leur histoire et leur vécu.

    Marylène Permanente CMR 69

    Pour plus d’information : http://www.ecohabitatgroupe.fr/_habitats
    Les Rencontres nationales de l’Habitat Participatif se dérouleront les 8, 9, 10 et 11 juillet 2021 à Lyon.

  • FIMARC – Appel à l’action pour la Journée mondiale de l’Alimentation 2020

    FIMARC – Appel à l’action pour la Journée mondiale de l’Alimentation 2020

    Fondée en 1945 pour unir toutes les nations dans la lutte contre la faim, la FAO fête son anniversaire le 16 octobre, à travers une célébration mondiale connue comme la Journée Mondiale de l’Alimentation. A cette occasion, La FIMARC renouvelle ses propositions d’actions en lien avec le thème de cette année « Cultiver, Nourrir, Préserver. Ensemble. Agir pour l’avenir ».

    Des actions pour AGIR au quotidien :

    • CHOISIR UNE ALIMENTATION SAINE ET VARIÉE Une alimentation saine contribue à une vie saine. N’oublions pas qu’une alimentation diversifiée favorise la biodiversité !
    • CHOISIR DES PRODUITS LOCAUX Chaque fois qu’on le peut, soutenons nos paysans en achetant des aliments frais cultivés localement, par ex. sur des marchés de producteurs de notre communauté.
    • CHOISIR DES ALIMENTS DE SAISON Evitons les importations en profitant des saisons.
    • CULTIVER DES ALIMENTS CHEZ SOI Apprenez à cultiver vos propres fruits, légumes et herbes aromatiques
    • RESPECTER LA NOURRITURE ET LES PAYSANS Les pertes et gaspillages alimentaires peuvent se produire tout au long de la chaîne alimentaire – Respectons la nourriture et respectons les paysans.

    Des actions pour SENSIBILISER

    • Organiser des activités loisirs et sports comme une course, une marche, une ballade ou même un marathon contre la faim.
    • Organiser des Conférences, débats et tables rondes publiques avec des dirigeants politiques, des éducateurs, des scientifiques et des agriculteurs.
    • Organiser les dons de nourriture qui autrement auraient été jetée conformément aux règlements locaux. Lien avec les magasins locaux, restaurants, etc.
    • Organiser une exposition pour la JMA pour soutenir des produits agricoles.
    • etc.

    Lire la suite de l’appel de la FIMARC

  • Une main tendue aux paysan·nes

    Une main tendue aux paysan·nes

    Rencontre avec les membres de Solidarité Paysans Alsace

    Samedi 11 janvier 2020 à Ebersheim par le CMR 67

    La situation des agriculteurs, les souffrances de ceux qui sont en difficulté trouvent leur place dans les thèmes « Agriculture et Alimentation source de santé » et « Fragilités sociales et solidarité de proximité », deux des axes thématiques de réflexion et de travail proposé par le CMR pour le congrès.

    Connaître Solidarité Paysans, association de défense et d’accompagnement des agriculteurs en difficulté, son fonctionnement et ses enjeux, tel était le programme de la rencontre de cet après-midi.

    Une association née d’un besoin

    Les difficultés dans le secteur agricole ont commencé à se manifester dans les années 1980 : surproduction, quotas laitiers, agrandissement des fermes, endettements… En réponse à ces difficultés des paysans s’organisent et, en 1992, les différentes associations se regroupent au niveau national en réseau. Solidarité Paysans était née. Actuellement une cinquantaine d’associations Solidarité Paysans sont actives en France.

    Les associations totalisent près de 80 salarié·es et 2 000 bénévoles dans le pays. Les accompagnements se font toujours par deux, en binôme.

    Solidarité Paysans Alsace est né il y a trois ans et compte aujourd’hui une vingtaine de membres, essentiellement du Haut-Rhin et de Centre Alsace. L’association recherche des bénévoles dans le Bas-Rhin.

    Un film documentaire nous présente Solidarité Paysans et les principes de base de son intervention :

    • Les agriculteurs sont une cible facile pour le grand public.
    • Ils se trouvent isolés dans leurs difficultés et ont tendance à se replier sur eux-mêmes.
    • Il est important que ce soit l’agriculteur qui fasse appel à l’association.
    • L’accompagnement est une présence, une écoute, sans jugement.
    • L’accompagnement se fait toujours en binôme, pour arriver à une vision globale de la situation. Au moins un des deux intervenants a des connaissances du terrain, du monde agricole.
    • Cet accompagnement peut être une épreuve de vérité pour la personne accompagnée, concernant sa situation, son activité, ses choix et leurs conséquences.
    • La recherche de solutions implique des liens avec les différents partenaires : DDA (Direction départementale de l’agriculture), MSA (Mutualité sociale agricole), conseil départemental, chambre d’agriculture, etc.
    • L’accompagnement favorise l’évolution de la situation.
    • Les groupes de travail des accompagnateurs apportent recul et éclairage des situations.

    L’accompagnement par Solidarité Paysans, c’est aussi et surtout :

    • Les accompagnateurs se préoccupent de la personne, de sa famille, puis de l’exploitation ; la dimension humaine reste primordiale.
    • Les accompagnateurs n’émettent pas et ne sont pas dans le jugement.
    • Les aspects forts des accompagnements sont la proximité et la disponibilité afin de rompre l’isolement.
    • La solidarité, le respect des projets et des choix de la personne sont le fil d’Ariane de l’accompagnement.
    • Au final, c’est toujours la personne concernée qui prend les décisions.

    Après la projection du documentaire, nous nous sommes retrouvé·es en cinq groupes pour des échanges suivis par la transmission d’une conviction et d’une question à tou·tes les participant·es.

    Solidarité Paysans Alsace

    L’association Solidarité Paysans Alsace est encore jeune et peu connue, tant par les agriculteurs et agricultrices que par le grand public. Un travail de communication est en cours, dont l’exemple de la rencontre d’aujourd’hui. Actuellement c’est principalement l’orientation par les assistants sociaux de la Mutualité sociale agricole qui amène les agriculteurs à prendre contact. Il est indispensable que la personne soit prête à être aidée. Il arrive que ce soit le ou la conjoint·e qui prenne contact, ou qu’une personne de l’entourage fasse la démarche avec la personne concernée. L’association est financée par les cotisations des membres (35 € de cotisation annuelle), une subvention du conseil départemental du Haut-Rhin et une subvention de la région.

    L’objectif de l’association est de pouvoir financer un·e salarié·e.

    Pour développer son action dans le Bas-Rhin, de nouveaux adhérent·es et accompagnateurs/trices sont indispensables.

    Et chacune, chacun, peut être personne- relais en orientant des agriculteurs en difficulté vers l’association.

    À l’issue de la rencontre, deux personnes ont rejoint l’association.

    Un moment de convivialité partagé autour de la galette des rois a clôturé la rencontre.

    Marie-Rose Zimmermann

    Coordonnés de l’association :
    Solidarité Paysans Alsace
    223 Champs de la Croix 68650 Lapoutroie
    07 69 03 89 75
    solidaritepaysansalsace@zaclys.net
    www.solidaritepaysans.org/alsace

    Les convictions

    Importance de l’échange et de la communication entre agriculteurs et consommateurs, les politiques, les administrations et entre les générations. Recherche continue de dialogue.

    Entretenir la communication entre monde agricole et la société qui les entoure.

    Rompre l’isolement des agriculteurs et les accompagner dans la durée.

    La solidarité avec ceux qui sont écrasé·es malgré la concurrence économique.

    Importance de l’accompagnement en binôme et des séances de relecture et de partage d’expériences pour les accompagnant·es.

    Les questions

    Comment inciter les agriculteurs et agricultrices à demander de l’aide et comment créer confiance ?

    Comment les paysans entrent-ils en relation avec l’association ?

    Comment faire connaître l’association ?

    À Solidarité Paysans la demande doit venir de l’agriculteur en difficulté. Est-ce que ce n’est pas trop difficile pour lui ou elle ?

    Est-ce qu’un proche ne peut pas faire la démarche en son nom ?

    Quel est le financement de Solidarité Paysans ?

    Quelques échanges

    La vente directe va sauver les agriculteurs : marchés, AMAP, vente à la ferme…

    Quand c’est un héritage, la cessation de l’exploitation est un échec. La terre c’est plus qu’un héritage, c’est l’ADN de l’agriculteur.

    Le choix des consommateurs est important et a un impact.

    S’il n’y a plus de jeunes qui s’installent, ça va droit à l’agrandissement des plus grandes exploitations, il faut casser cette spirale infernale.

    Quand la transmission de l’exploitation se passe mal, que le patriarche reste maître de l’exploitation, il y a conflit de génération.

    Une exploitation agricole est une entité complète. La cassure avec la société est le problème qui entraîne l’isolement.

  • Publication de Regard neuf par le CMR 67

    Publication de Regard neuf par le CMR 67

    La parution de ce Regard neuf, qui devait être celui de Pâques, a été quelque peu bousculé par le virus rôdeur et par l’annulation de notre congrès national.

    Voilà enfin, à télécharger ici, l’actualité du CMR 67 et bien plus…

  • Commentaire de l’Évangile du jeudi 14 mai

    Commentaire de l’Évangile du jeudi 14 mai

    Commentaires à partir du texte de l’Évangile selon saint Jean chapitre 15, versets 9-17

    Tout est question d’Amour… C’est la source de la joie.

    C’est d’abord l’enjeu de l’Amour du Père pour Jésus, son Fils. Et c’est du même Amour que Jésus nous aime, nous, celles et ceux qu’Il appelle. Pour être disciple, encore faut-il nous aimer les unes, les uns, les autres. Il faut aimer sans limite. Il faut l’autre jusqu’à pouvoir donner notre vie pour elle, pour lui. Quel programme !

    Notre Amour entre nous, les disciples, nous permet, par le Christ de connaître l’Amour du Père pour l’humanité. Et c’est de cet Amour que nous devons témoigner.

    Bientôt vient la période du déconfinement. Notre humanité va sortir difficilement de cette épreuve de la pandémie. Celle-ci nous a interrogé sur la relation humaine pendant le confinement. Maintenant, depuis quelques jours, c’est la question de la solidarité entre les femmes et les hommes qui est posée. Nous entrons dans une période socialement, économiquement, philosophiquement d’incertitudes, de grandes souffrances, surtout pour les plus pauvres de nos sociétés, en ville comme en rural.

    Mais nous savons que Jésus est notre ami. Nous avons sa promesse qu’il transmettra au Père toutes nos demandes et que nous recevrons une réponse. C’est la promesse du Royaume d’Amour déjà pendant notre vie sur Terre. Des solutions pour l’avenir, nous n’en avons pas. Mais nous sommes dépositaires de l’Espérance, de la vie nouvelle, celle qui n’a pas de faim. Et nous avons une clé de lecture, une sorte de boussole : il faut aimer, aimer l’autre sans compter, et entraîner notre société à se construire en se fondant sur l’Amour de l’autre, mais aussi de tout l’univers. Notre boussole, c’est l’Évangile, et dans ces temps difficiles de reconstruction, c’est aussi une de ses traductions Laudato si’ dont nous vous recommandons la relecture.

    Soyons porteur de l’Espérance et de la joie de l’Évangile toutes et tous ensemble.

    Philippe, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    Arrivée de Saint Marc à Venise, basilique Saint-Marc. Photo Slices of Light, CC BY-NC-ND.
  • La clameur du confinement – cinquième partie : un œil neuf

    La clameur du confinement – cinquième partie : un œil neuf

    Bénédicte

    Nous, ruraux vosgiens, avons l’énorme chance d’avoir de l’espace vert autour de nous et d’apprécier ce magnifique printemps 2020 : chant des oiseauX dès 5 heures du mat’, jardin, potager à commencer… quel bonheur !

    Joie aussi de continuer mon engagement de soutien scolaire par téléphone, WhatsApp, chaque jour, pour une famille kosovare avec 3 bons enfants de 9, 7 et 5 ans ! Ils viennent de se déconfiner joyeusement et sont venus à la maison aujourd’hui (masqués).

    Ma clameur, c’est de vivre en Ressuscités, c’est de regarder et agir au-delà, au-delà de soi !

    Jean Pierre Hennegrave

    Clameur en ces jours moroses : ouvrons nos yeux et découvrons cette nature qui est belle et que nous ne voyons pas toujours.

    Bon courage à tous.

    Photo Jean Pierre Hennegrave.

     

    Photo Jean Pierre Hennegrave.

     

    Photo Jean Pierre Hennegrave.
  • La clameur du confinement – quatrième partie : espérer

    La clameur du confinement – quatrième partie : espérer

    Pierre Descamps

    Au début, ça donnait l’impression d’une petite grippe. Vendredi 20 mars à minuit et demi, j’avais 40 de fièvre, je me suis dit c’est ça. J’ai fait le 15. Je sais que 98 % des gens s’en sortent. Je me suis appuyé sur les 98 %, j’avais une toux haletante comme je n’en avais jamais eu. J’ai été placé dans le coma, je me suis réveillé sans voix. Je me souviens d’une infirmière qui m’a présenté le respirateur. J’entends encore qu’on me dit « on fait ce qu’on peut, on a besoin de vous ». C’était pour dire qu’il fallait aussi que je sois l’artisan de ma guérison, c’est ça le message à faire passer. Je suis professeur, j’ai passé ma vie à expliquer, j’avais besoin d’explications [sur le protocole de soins]. À partir du moment où je les ai eues, j’ai adhéré. Les soignants, je les reconnaissais par leur voix, mais pas au visage. [Le plus dur, c’est d’]avoir eu l’impression d’être nulle part et hors du temps. J’ai eu un coup de cafard dans ma deuxième chambre car il y avait une horloge qui ne fonctionnait pas. C’est idiot, c’est un détail mais c’était devenu important le temps. La perspective de la société après le covid-19 m’effraie un peu. J’ai l’impression que cette crise est la première crise écologique qui se manifeste dans un contexte inattendu. C’est un signal. On a intérêt à en tenir compte. J’ai beaucoup aimé ce texte du poète colombien : « S’il y a un monde fatigué et malade qui craque et s’effondre, il doit y avoir un monde neuf en gestation qui nous défie. »

    Anne-Marie Blanchard

    Le confinement : un temps pour communiquer avec des amis, des proches que l’on ne voit pas souvent, des personnes seules dans le voisinage….

    Occasion de rendre service.

    Occasion de renouer des liens.

    Occasion de prendre le temps de remercier des personnes qui m’ont accompagnée, et m’ont permis de devenir ce que je suis aujourd’hui.

    Occasion de prendre le temps de jouer.

    Occasion de prendre tout simplement le temps de vivre.

    Occasion de célébrer autrement, de penser, de méditer, de réfléchir.

    Le confinement : un temps long qui s’étire et use,

    Un temps qui fait ressentir le manque de la présence physique des autres.

    Le confinement : on ne frappe plus à la porte à l’improviste,

    Pas de visite inattendue.

    Le confinement : espérer des lendemains plus fraternels, plus soucieux du bien commun, plus justes.

    Espérer la nouveauté de nos modes de vie, de consommation, de production, de soin, de relation au travail…

  • Déclaration de la Fimarc sur la pandémie de Covid-19

    Déclaration de la Fimarc sur la pandémie de Covid-19

    Photo B, CC BY-NC.

     

    Nous, membres du bureau de la FIMARC (Fédération internationale des mouvements d’adultes ruraux catholiques), exprimons notre profonde inquiétude concernant l’impact de la pandémie COVID-19 sur les agriculteurs, les pêcheurs et autres petits producteurs alimentaires, les pauvres des zones rurales et urbaines, les travailleurs journaliers et saisonniers, les migrants et les chômeurs, et exprimons notre solidarité à tous. La maladie se propage très rapidement partout et est devenue un problème mondial qui appelle des réponses autant mondiales que locales.

    La pandémie COVID-19 a des effets négatifs sur la production alimentaire, l’offre et la demande de denrées alimentaires, la distribution, la commercialisation et la sécurité alimentaire à tous les niveaux. La vie et les moyens de subsistance de millions de travailleurs salariés, de pêcheurs et de familles d’agriculteurs sont gravement touchés et menacés par cette pandémie. Fermeture des frontières, confinement, quarantaine, perturbations du commerce limitent l’accès des populations à des ressources alimentaires suffisantes et diversifiées dans la plupart des pays. Le confinement lié au COVID-19 signifie que les pauvres des zones rurales et urbaines n’ont plus de nourriture ni de travail. Des millions de personnes des régions sous-développées sont confrontées à la pauvreté et au dénuement du fait de l’arrêt de l’activité économique en raison des mises en confinement.

    La fermeture des marchés locaux et une moindre fréquence d’accès aux petits commerces réduisent la demande de produits frais et de produits de la pêche, affectant à la fois les producteurs et les fournisseurs qui sont également confrontés à la hausse des prix des denrées alimentaires et à la limitation de leur pouvoir d’achat. Les restrictions sur le tourisme, la fermeture des restaurants et des cafés et la suspension des repas scolaires aggravent la pauvreté. Des millions d’enfants n’ont plus accès aux repas scolaires qui sont leur principale ressource alimentaire. Beaucoup d’entre eux n’ont pas de protection sociale, ni d’assurance maladie. Les travailleurs journaliers ou saisonniers, les migrants, les personnes déplacées et celles touchées par les conflits sont confrontées à une faim extrême car elles n’ont aucun revenu, ni soutiens ou mesures de protection sociale. De nombreux pays ont annoncé des mesures soudaines de confinement sans aucune disposition de protection des travailleurs pauvres et vulnérables vivant dans des conditions économiques précaires. Les pays en développement sont particulièrement menacés, car la pandémie COVID-19 peut entraîner une importante réduction des activités de production à haute intensité de main-d’œuvre (agriculture, pêche, petites entreprises, etc).

    Nous ne condamnons pas les mesures nécessaires telles que le confinement et les autres moyens de protection des personnes. Cependant, nous demandons que les personnes pauvres et vulnérables, les travailleurs, les petits agriculteurs et les familles ne souffrent pas de façon particulièrement dure et qu’ils reçoivent toute l’aide nécessaire pour traverser cette période difficile afin d’éviter une crise alimentaire, économique et sociale.

    Au fil des ans, la plupart des gouvernements ont mis en œuvre des politiques économiques néolibérales qui ont réduit de manière drastique les dépenses publiques des services de santé et permis leur privatisation. Les effets catastrophiques de ce Covid-19 sont les conséquences de ces décisions politiques. Dans de nombreux pays, les pauvres et les personnes à faibles revenus sont les victimes des systèmes de santé privatisés. De nombreuses personnes ne détectent pas leur infection car elles ne peuvent supporter le coût élevé des tests et des traitements. Cela peut être la cause d’une grave menace d’expansion du COVID 19 au sein des communautés et de la mort éventuelle de millions de personnes. L’auto-isolement ou l’enfermement social peut aussi provoquer un stress traumatique, un mélange de peur et de colère chez des individus avec une augmentation de la violence domestique et familiale. Nous appelons donc les autorités à fournir en urgence des orientations et un soutien psychologique aux individus et aux familles. La FIMARC appelle également à la gratuité des tests et des traitements pour les patients atteints de COVID, quels que soient leurs revenus, leur nationalité, leur sécurité sociale ou leur statut de réfugié.

    Nous craignons que la plupart des gouvernements, dans le cadre de leurs politiques néolibérales, donnent la priorité aux dispositions économiques, aux incitations et aux programmes de sauvetage et de protection des industries à grande échelle, à l’agrobusiness et aux banques. Nous nous opposons fermement à une telle approche et appelons à ce que les groupes les plus vulnérables soient au centre des politiques visant à combattre l’impact de la pandémie COVID-19 à la fois sur la santé et l’économie.

    Il est évident que la crise menace dans le monde entier l’approvisionnement en denrées alimentaires et autres produits de base essentiels et que les systèmes alimentaires agro-industriels et les chaînes transnationales des super marchés sont quasi paralysés à cause des distorsions du commerce transfrontalier et des transports. Cependant les petits producteurs alimentaires représentent plus de 70 % de la nourriture nécessaire à l’échelle de la planète et environ 90 % des produits alimentaires consommés par les communautés locales et les personnes à l’intérieur des frontières nationales. Nous ne devons pas oublier que les petits agriculteurs demeurent au centre de la production, de l’approvisionnement et de la distribution alimentaires dans tous les pays, même en cette période de crise, grâce à la vente directe, aux chaînes de circuits courts, aux systèmes de distribution publique et aux possibilités offertes par les marchés locaux. Les petits producteurs alimentaires continueront à jouer leur rôle important en promouvant un système alimentaire écologiquement rationnel et socialement juste. Ils sont et resteront les champions et les gardiens de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, même en pleine épidémie de COVID 19. Ils constituent les solutions et les réponses positives pour assurer une alimentation saine pour tous et ne devraient pas être seulement considérés comme de simples victimes ou un groupe vulnérable de cette crise.

    Nous saisissons cette occasion pour féliciter et soutenir les équipes de soins de santé du monde entier, les agents sanitaires, les agents de nettoyage et les autres personnes. qui risquent leur vie pour combattre cette pandémie en première ligne. Nous appelons donc les gouvernements à fournir des assurances spéciales de santé et de vie pour ces combattants de première ligne.

    Nous tenons aussi à souligner que la pandémie COVID 19 a eu des effets positifs importants pour le genre humain et la nature. Notre ciel et nos rivières sont plus clairs qu’auparavant, la biodiversité et l’environnement s’améliorent, les émissions de carbone et le réchauffement climatique diminuent, de meilleures habitudes de santé et d’hygiène deviennent les slogans du jour, la nature renaît, l’exploitation excessive des ressources naturelles diminue, ce qui nous donne plus de temps pour améliorer nos relations, même en famille, et pour écouter l’appel de la nature. C’est le moment de réfléchir à notre mode de vie, au mode de développement que nous avons promu et d’approfondir nos relations avec la nature et les autres êtres humains. Il est temps de prendre une nouvelle route. Nous devons vraiment construire une nouvelle histoire à partir des leçons que nous avons apprises. Allons de l’avant ensemble.

    Dans ce contexte, la FIMARC formule les demandes suivantes:

    Des mesures et services urgents en matière de soins de santé

    • La disponibilité et la gratuité du test COVID pour tous, quelle que soit la nationalité, y compris pour les immigrés clandestins. L’idéal est d’organiser le test COVID sur la population la plus large possible, sinon, un test rapide aléatoire, même pour ceux qui ne présentent aucun symptôme d’infection.
    • La mise en place de mesures et d’installations de quarantaine appropriées, sûres et adéquates à domicile ou dans les hôpitaux, dans les zones urbaines et rurales.
    • La fourniture d’équipements médicaux adéquats, du matériel de sécurité et d’hygiène, y compris des masques, des désinfectants et des kits d’équipement de protection individuelle (EPI) pour tous les médecins en exercice et tous les autres professionnels de la santé.
    • Les gouvernements devraient prendre des mesures urgentes pour construire des infrastructures temporaires ou permanentes, notamment des hôpitaux, des ventilateurs, des unités de soins intensifs et assurer la fourniture de médicaments pour traiter gratuitement tous les patients atteints de COVID, avec un budget spécial pour les soins de santé publique. Personne ne devrait se voir refuser les tests et les traitements en raison de son statut de protection sociale

    Une sensibilisation massive du public

    • Des campagnes massives de sensibilisation du public doivent être organisées dans les zones rurales et urbaines sur la pandémie de COVID 19 et les mesures de protection (y compris le port de masques, le lavage des mains, le respect de l’hygiène personnelle et environnementale et plus encore la distanciation sociale) à prendre pour prévenir la maladie.
    • Les mouvements sociaux de base, incluant les membres de la FIMARC, devraient soutenir les programmes de sensibilisation et les initiatives des gouvernements pour aider les populations à sortir de cette crise.
    • Les médias et groupes sociaux ne doivent pas diffuser de fausses informations sur le COVID 19.
    • Les médias devraient assumer le rôle moral et social de fournir à tous des informations vraies et opportunes plutôt que de susciter la peur et l’anxiété du public.
    • Tous les membres de la FIMARC devraient suivre les mesures de confinement et soutenir la politique d’endiguement des gouvernements.
    • Les membres de la FIMARC peuvent également organiser des campagnes de sensibilisation (en fournissant du matériel d’hygiène, en préparant des brochures dans les langues locales sur les habitudes saines pour prévenir les maladies, des programmes de soutien communautaire) à la base pour prévenir l’expansion sociale de la maladie.

    Un soutien économique viable aux plus vulnérables

    • Les gouvernements doivent fournir des financements en espèces pour soutenir les petits producteurs de denrées alimentaires, les petites entreprises, les travailleurs formels ou informels et les populations sans emploi pendant les périodes de fermeture et de quarantaine.
    • Les gouvernements doivent augmenter les dépenses publiques pour la relance et le redémarrage des activités économiques, en accordant la priorité aux groupes les plus vulnérables.
    • Prévoir des pensions anticipées pour les catégories les plus faibles de la société telles que les personnes âgées, les personnes handicapées, les veuves et autres groupes vulnérables.
    • Les gouvernements devraient mettre un moratoire sur tous les prêts et recouvrements de crédits des agriculteurs, des travailleurs, des petites entreprises et de tous les autres auprès des banques privées et publiques et autres organismes financiers.
    • Fournir des aides d’urgence aux petits producteurs, aux jeunes entreprises et aux petites entreprises.
    • Le gouvernement devrait fournir gratuitement les services de base tels que l’eau et l’électricité à tous les groupes à faibles revenus pendant les périodes de blocage.
    • De meilleures installations de soins de santé doivent être mises en place dans toutes les prisons pour éviter la propagation du COVID 19.
    • Les membres de la FIMARC sont appelés à organiser des activités de secours telles que l’organisation de kits alimentaires, d’articles essentiels ou de matériel sanitaire.

    Un renforcement des programmes de protection sociale

    • En augmentant les montants des transferts pour aider les familles à satisfaire leurs besoins fondamentaux ; en fournissant des paiements complémentaires pour compenser la perte de revenus des petits producteurs.
    • Par la fourniture directe de nourriture par les gouvernements ainsi que par des dons de particuliers, de réseaux de solidarité et d’organisations non gouvernementales.
    • En injectant des fonds dans l’agriculture, la pêche et les petites industries par le biais de subventions, pour aider la production alimentaire, les micro, petites et moyennes entreprises, les travailleurs occasionnels et le personnel salarié qui ne peut pas travailler lorsque toutes les activités s’arrêtent.
    • Promouvoir un système économique qui réponde aux besoins des populations les plus vulnérables grâce à des filets de sécurité sociale, notamment un revenu de base universel, des soins de santé gratuits et d’autres mesures de sécurité sociale.

    Production et approvisionnement alimentaire

    • Les pays doivent répondre aux besoins alimentaires immédiats de leurs populations vulnérables.
    • Les pays devraient veiller à ce que les besoins alimentaires d’urgence soient satisfaits ; en ajustant et en élargissant les programmes de protection sociale ; en ajustant les programmes de repas scolaires de façon à maintenir la fourniture de repas aux enfants lorsque les écoles sont fermées.
    • La production alimentaire et le transport des denrées alimentaires, des médicaments et autres articles essentiels doivent être déclarés comme services essentiels et les mouvements de ces articles à l’intérieur du pays ou au-delà des frontières ne doivent pas être limités.
    • Les gouvernements doivent mettre en place des programmes spécifiques pour collecter directement les produits à un prix équitable auprès des petits producteurs alimentaires et organiser des canaux et des points de vente spécifiques pour la commercialisation, l’approvisionnement et la distribution.
    • Les gouvernements devraient prendre des mesures fermes contre la thésaurisation, le marché noir et la hausse des prix par les négociants et les intermédiaires.
    • Les gouvernements devraient distribuer des céréales alimentaires essentielles et d’autres matériaux nécessaires pendant au moins trois mois par le biais de programmes de distribution publique à tous les pauvres des zones rurales et urbaines.
    • Les gouvernements, avec l’aide des détaillants, devraient prendre des initiatives pour promouvoir la livraison à domicile des denrées alimentaires et autres produits essentiels aux consommateurs.
    • Les gouvernements devraient promouvoir des systèmes alimentaires localisés et diversifiés basés sur l’agroécologie et la souveraineté alimentaire.

    La solidarité est la clé de la lutte contre la pandémie

    • La solidarité et les coopérations nationales, régionales et mondiales sont essentielles pour lutter contre la crise actuelle. Les systèmes de soins de santé nationaux et mondiaux doivent être réorganisés pour le bien de l’humanité.
    • Les pays devraient partager les résultats de la recherche de médicaments et de vaccins en temps réel et ne pas viser le profit et le brevetage.
    • Les pays devraient s’échanger les médicaments, masques, kits de test et autres informations pertinentes sur les traitements disponibles et en excédent.
    • Les institutions financières internationales et régionales devraient accorder un allègement de la dette ainsi que des prêts inconditionnels à très faible taux d’intérêt, voire sans taux d’intérêt, aux pays en développement et aux pays sous-développés afin de lutter contre la pandémie et de stimuler leurs activités économiques post-pandémie.
    • Les institutions des Nations Unies devraient adopter une approche mieux coordonnée et plus cohérente dans la conception et la mise en œuvre de politiques, programmes et projets urgents à court et à long terme afin d’aider les gouvernements nationaux à faire face à la crise actuelle et à l’éventuel processus de construction de la nation.

    Les agriculteurs, les travailleurs et les citoyens ordinaires devront relever d’énormes défis pour reconstruire leur vie et leurs moyens de subsistance. Il est nécessaire de mettre en place des mesures d’aide et de réhabilitation, pour aider les personnes touchées. Ne pas agir maintenant aura des conséquences catastrophiques et la FIMARC appelle donc tous les gouvernements, nos mouvements membres et les autres parties prenantes à agir en conscience pour faire le meilleur de l’histoire de l’humanité.

  • Commentaire de l’Évangile du mercredi 29 avril

    Commentaire de l’Évangile du mercredi 29 avril

    Commentaires à partir du texte de Matthieu (11, 25-30)

    « Tout m’a été remis par mon Père. » Oui, TOUT ! Jésus est là pour faire le lien avec son Père. Il trace dans notre vie une voie qui n’est pas obscurcie par le fait de posséder et d’être ainsi possédé par un pouvoir.

    Il est libre, il respire, rien ne l’enferme. Il sait qu’il peut toujours revenir à Celui qui lui a tout confié.

    C’est à cette attitude qu’il nous invite en nous proposant de venir à Lui, d’être avec Lui, simplement. Il nous offre de partager son joug. (Le joug est cette pièce de bois qu’on met sur la tête d’un attelage d’animaux de trait leur permettant d’avancer ensemble sur le chemin, de conjuguer leurs forces.)

    Il nous offre sa manière de vivre ; il nous propose de marcher à côté de Lui. « Venez avec moi. » Faisons-le dans cette période où les questionnements foisonnent, où les prises de décision de reprise vont se multiplier bien vite. Les fardeaux de la vie peuvent submerger ceux qui n’ont pas la parole, ceux qui peinent et ploient. Soyons à leurs côtés en nous souvenant que nous ne sommes pas seuls.

    Le CMR nous invite à faire entendre la clameur du confinement, à porter la clameur du rural. Ne soyons pas accablé-es par l’énormité des chantiers qui nous attendent. Partageons notre joug pour avancer et soyons ouvert-es à ce que Dieu veut nous donner.

    Jean-Marie, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    Image par Jeff Jacobs de Pixabay.