Étiquette : Église

  • Interlieux : rencontre 2021 des lieux d’Eglise en rural

    Interlieux : rencontre 2021 des lieux d’Eglise en rural

    Le vendredi 14 mai 2021, les lieux d’Eglise en Rural de France se sont réunis par visio lors d’un zoom de 9h30 à 12h permettant d’inaugurer en quelque sorte le temps de rencontre qui devait avoir lieu sur LA PAROLE au BEC HELLOUIN et qui est reporté à l’ASCENSION 2022.

    Durant cette visio, de 35 écrans, les lieux d’Eglise ont pu s’exprimer autour de 4 thèmes:

    -Société et démocratie (pour le Carrefour Rural de L’Eure et l’Horizon dans les Vosges) :

    En Normandie, le Carrefour Rural  a organisé des soirées-débat avant les élections européennes, puis municipales. Une expérience de citoyenneté a été vécue : chacun peut poser une parole !

    Dans les Vosges la démocratie participative a été débattue et mise en œuvre : l’importance de la parole de chacun, de chaque habitant pour la construction d’une démocratie toujours à renouveler

    -L’accueil des personnes en difficulté (pour le Puits d’Hiver en Bourgogne et la Petite Vigne en Alsace)

    Au Puits d’Hiver le soutien aux Sans Papier s’est développé, jusqu’à l’accueil d’une famille dans la maison du Lieu. Cela a suscité des tensions : la parole n’est pas toujours facile à porter ensemble

    A la Petite Vigne, un groupe nommé « Les sarments verts » donne la parole aux « invisibles » par le théâtre et autres sorties culturelles.

    -L’écoute et le partage (pour l’Association Partage près d’Auxerre , pour Re-Source dans le Berry et pour Notre Eglise demain du Morbihan)

    L’association Partage propose tous les 5 du mois « L’Actu en mots ». La parole et le partage sur tous les sujets.

    Dans le Morbihan , un nouveau groupe se constitue dans un doyenné pour prendre la parole en Eglise

    Re-Source a fait toute une démarche en plusieurs rencontres avec des Musulmans pour une découverte mutuelle des religions et des personnes.

    -La Parole de Dieu (pour le Vivier du Nord, de l’Oustal des Pyrénées et Transhumances de la Provence).

    Dans ces différents lieux, on se retrouve pour des partages d’évangile, des célébrations. Les confinements ont obligé à repenser les moyens et à vivre des partages voire des célébrations par visio. Ces temps de partage de la Parole sont très importants pour les participants et nourrir leur foi.

    A l’issue de ce partage d’expériences il y a eu l’intervention de Jean-François Petit (Institut Catholique de Paris) : LA CIRCULATION DE LA PAROLE DANS LES NOUVEAUX LIEUX D’EGLISE EN RURAL :

    Cette courte intervention a tenté de ressaisir ce qui se joue dans la circulation de la parole, telle qu’elle est pratiquée dans les nouveaux lieux d’Eglise en rural (NLER). Les quatre séries de témoignages nous ont permis d’en avoir une appréhension large, sans la réduire à un seul registre : les NLER se situent bien aux carrefours d’attentes et de pratiques, qu’il a voulu approfondir  pour voir l’aventure spirituelle qui s’y joue .

    Malgré leur fragilité, et peut être justement en raison de leur « porosité » avec les attentes et aspirations du monde rural, les NLER sont des lieux particulièrement propices à une circulation libre de la parole, au moment où les institutions ecclésiales sont affaiblies et décrédibilisées, tentées par un regain d’autoritarisme, à une période où le confinement en ajoute à la sécularisation ambiante …

    Un rassemblement des lieux d’Eglise en rural comme celui que nous venons de vivre peut-il permettre plus que le recueil de cette diversité du croire, essentiel pour l’avenir de l’espace rural ? Affaire à suivre…

  • Il est impossible aujourd’hui de parler d’un seul modèle familial

    Il est impossible aujourd’hui de parler d’un seul modèle familial

    Après la publication, lundi 15 mars, d’une note publiée par la Congrégation pour la doctrine de la foi rappelant le caractère « illicite » des bénédictions d’unions de couples de même sexe.

    Nous Chrétiens dans le Monde Rural, face à cette déclaration excluante et qui nous heurte, nous réaffirmons notre position et nos valeurs.

    Nous réaffirmons que « La famille est le lieu de vie essentiel pour petits et grands. C’est un trésor. Il est impossible aujourd’hui de parler d’un seul modèle familial. Il existe bien des familles, plurielles, diverses dans lesquelles chacun peut trouver sa place et s’épanouir. »

    Nous dénonçons le positionnement de certains membres de l’institution ecclésiale tendant à exclure et à juger, face à des situations familiales différentes en dehors de la norme de l’Église.

    Dans l’Église, des personnes engagées accueillent et accompagnent des familles dans leur diversité.

    La pastorale familiale de l’Eglise de France se doit de mieux intégrer les nouvelles formes de conjugalité et de parentalité. Le CMR invite à les reconnaître pour, ensemble, faire évoluer les règles institutionnelles, sans risque d’exclusion.

     (Extraits l’Agir en Rural n° 121, chapitre famille p. 25 et 28).

    Pour passer commande de l’Agir 121 : mcacace@cmr.cef.fr

  • Découvrez Chemins, le journal de la FEDEAR

    Découvrez Chemins, le journal de la FEDEAR

    Le journal Chemins est la publication de la FEDEAR, Fédération d’équipes apostoliques de religieuses et religieux (cliquer ici pour la présentation de l’association). Voici l’édito du n° 199.

    « Qu’ils aient en eux ma joie » Jn 17,21

    Dans ce numéro de Chemins, je vous invite à entrer dans l’espace que nous a offert la dernière assemblée générale de la FEDEAR (19 novembre 2019).

    Vous allez être surpris, car si vous croyez savoir que le nombre des coordinatrices présentes à l’AG n’est pas en augmentation, qu’il y a des défections, que les âges sont à dominante « cheveux blancs » et que vous vous découragez en voyant votre équipe de révision de vie s’amenuiser… eh bien, je vais vous surprendre en reprenant la phrase célèbre de Socrate, « Je sais que je ne sais rien. » Oui, nous ne savons rien ou si peu de ce qui s’est vécu à l’AG si nous n’avons pas participé. Pour savoir et comprendre, laissez-vous guider.

    Entrez avec curiosité, entrez avec le désir de découvrir ce qu’elles et qu’ils ont bien pu vivre à cette AG ! Venez de nuit, parce qu’un vrai feu d’artifice vous attend. Laissez-vous guider.

    Ouvrez Chemins et laissez-vous imprégner des témoignages et des faits « porteurs de joie ». Magnifique et surprenant, tout ce vécu apporté sous différentes formes d’expression. Feu d’artifice de créativité, d’imagination, et de grande simplicité de partage. Ce sont des expressions fortes, des actes de foi en la vie, dans des situations et des lieux inattendus, comme étant « porteurs de joie ».

    Laissez-vous guider. C’est votre vie, notre vie de religieuses(x) apostoliques qui se déploie et qui se révèle, dans ce temps fort qu’est l’AG. En accueillant avec émotion et joie toute cette expérience faite de rencontres, de longs cheminements et de patience, en regardant les convictions et la foi des actrices et des acteurs d’un jour, j’ai pensé que les conditions étaient requises pour que nous vivions une joyeuse, belle et fraternelle assemblée.

    Laissez-vous guider par Nicole Fabre dans le psaume 1, qui commence par « Heureux ». Nous aurons toujours à choisir entre le chemin du juste et la marche avec les méchants : heureux ou mal faisant !

    Et si vous avez répondu en régions, aux questions préparatoires à l’AG, vous trouverez vos expressions, reprises par Suzanne David sous forme de Powerpoint. Regarder la réalité sans déni et repérer ce qui peut être force de vie et d’avenir. Nos points forts et nos points faibles dessinent peut-être l’ébauche d’une réflexion que nous aurons à engager ensemble à la rencontre nationale 2021.

    Entrez dans la vie de la FEDEAR. La vie des régions reste dynamique et des journées de formations régionales sont proposées.

    Laissez-vous guider. La trame profonde de cette journée, c’est la joie. Et saint Jean nous le dit avec conviction : « Qu’ils aient en eux ma joie » (Jn 17, 21). La joie du Christ, puisée dans la manière dont il regarde et accueille ses frères abîmés, exclus, malades… ceux qu’il relève et qui se mettent debout. Sa joie nous tient éveillés quand nous la recevons et quand nous la transmettons, quand nous vivons en esprit de sortie et de visitation.

    Marie-Lise Milhé, sœur de Gethsémani

    Chemins, n° 199, mars 2020.
  • Chrétiennes et chrétiens, nous sommes l’Église

    Chrétiennes et chrétiens, nous sommes l’Église

    «Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1Co 12, 26).

    La santé du corps ecclésial est donc l’affaire de tous. Suite aux révélations de scandales dans l’Église, nous, mouvements d’action catholique, sommes témoins du désarroi de croyantes et croyants.

    Ceux-là perçoivent, au niveau de leurs espaces d’engagement, la perte de légitimité de l’Église pour intervenir dans les débats d’une société en crise. En particulier, nous pouvons témoigner que la façon d’organiser et de concentrer le pouvoir conduit à établir un rapport de domination qui blesse des êtres humains dans leur chair et dans leur foi. Notre remise en cause porte sur le fonctionnement de l’institution de l’Église qui est aussi source de souffrance pour de nombreux prêtres. « Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui
    qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. » (Luc 22, 27) Parce que nous sommes tous égaux dans le baptême, nous ne pouvons plus accepter de dissocier clercs et laïcs dans les processus de décision. La coresponsabilité est une chance pour notre Église. Nous témoignons aussi de la richesse de la place des femmes dans les organes de direction et de décision de nos mouvements. Cette parité pleine et entière permet la complémentarité et l’ouverture sur le monde et les situations vécues. Elle est une chance pour nos mouvements et pourrait l’être pour toute l’Église. Les mouvements d’action catholique sont des lieux pour partager les joies et les difficultés, s’épauler, agir, prier et se nourrir de la Parole de Dieu. Ce lien entre nos vies et l’Évangile
    est signe d’espérance. Il nous fortifie dans la mise en place d’actions inscrites dans la pensée sociale de l’Église. Ancrés dans la société, les mouvements nous envoient au large, vers ceux qui sont exclus, éloignés, aux périphéries. Ils constituent un terreau d’accueil pour celles et ceux qui cheminent dans leur foi ou sont en recherche. Nous vivons cette expérience dans une réelle articulation entre prêtres et laïcs (femmes et hommes) dans le respect, l’apport et l’écoute mutuels. Ces relations démontrent qu’il existe au sein de l’Église d’autres approches de la gouvernance qui peuvent être source de fécondité et de fidélité à l’Évangile, parce qu’elles laissent la place à chacun et à chacune. Conscients de la diversité des baptisés et de l’urgence du travail de transformation ecclésiale, nous, mouvements d’action catholique, demandons qu’à tous les niveaux (évêques, prêtres, diacres, religieux, laïcs), des débats continuent de se déployer pour répondre à l’appel du pape François à rénover notre Église en souffrance.

    Nous proposons que ces débats portent sur :

    ● la gouvernance collégiale de l’Église, pour un meilleur enracinement dans la société,
    ● la place des laïcs, dont celle des femmes, dans le fonctionnement et la mission de
    l’Église,
    ● la formation des séminaristes en vue de leur collaboration avec les laïcs

    Nous sommes prêts à prendre notre place dans la transformation d’une Église humble, pleinement dans le monde, qui accepte de ne plus être exclusivement enseignante et autoréférencée mais d’être elle-même enseignée par le monde. Nous croyons que c’est ainsi que nous pourrions contribuer à revenir à la source de notre foi,
    l’Évangile, afin qu’il continue à désaltérer notre monde.

    Texte réalisé en intermouvement

  • Une église en mouvement !

    Une église en mouvement !

    L ‘amorce est déjà faite mais qu’en sera-t-il en 2040 ? Bouleversement ou continuité ? La question reste posée tant les changements et les évolutions sociétaux nous bousculent. Des réflexions sont en cours dans le cadre de la conférence des évêques de France mais aussi au niveau de notre diocèse. Les Chrétiens dans le Monde Rural (CMR) attentifs à l’avenir de l’église en rural, ont abordé ce thème lors de la journée de lancement le 6 octobre dernier.

    Voici, quelque peu résumés, les propos de l’abbé Michel Grolleau, l ‘aumônier diocésain du mouvement.

    • Les chrétiens auront leur place au cœur de toutes les spiritualités, au milieu de tous ceux qui cherchent un sens à leur vie, pour peu qu’ils veuillent bien y réfléchir et s’engager.La Vendée, riche de son passé religieux en héritage saura faire perdurer la foi chrétienne. L’engagement des laïcs dans les associations et mouvements sera le point de contact de la présence chrétienne au cœur du monde. Les églises qui resteront ouvertes permettront d’y vivre les célébrations mais seront aussi des refuges pour l’art (expositions, concerts, musique, théâtre.). Les personnes de tous bords pourront alors y découvrir le lien avec l’évangile et la foi chrétienne. On ne pourra pas rester tout seul dans son coin ! des temps forts dans les paroisses et des temps liturgiques auront toute leur place ; partages, rassemblements, ouverture aux autres se mêleront aux diverses collaborations artistiques pour découvrir l’Esprit-Saint à l’œuvre dans l’autre – enrichissement réciproque – certes, les prêtres seront moins nombreux, moins d’églises ouvertes mais des lieux de rencontres en Maison Paroissiale par exemple ; un lieu pour tous. Être en communauté chrétienne pour pouvoir proposer le Trésor de la Foi.
    • L’Eglise et les Chrétiens seront minoritaires. Ils devront s’organiser, se prendre en main, regarder, discerner ce qu’il conviendra de mettre en place pour vivre sa foi et la nourrir. En Vendée, il y aura peut-être 20 à 30 prêtres de moins de 60 ans. On peut prévoir moins de baptêmes et de mariages, de 1 ere communion et de confirmation mais on aura toujours le souhait de se rassembler pour célébrer Jésus Christ et lire la parole de Dieu. Les diacres seront en nombre et resteront attachés à un territoire, en lien avec les précarités, les fragilités locales. La vie de l’élise sera alors portée et animée par les laïcs.
    • Les chrétiens auront à s’impliquer dans les grandes questions de société : la bioéthique, l’écologie, l’accueil des migrants… sujets toujours d’actualité. Ils auront à être présents pour que la place de la femme et de l’homme soit respectée du début à la fin de vie. Ils auront également à être présents pour témoigner, accompagner, protéger…

    De cette manière, ils seront missionnaires en étant le sel de la terre pour donner du goût et garder la grandeur de la vie. Ils devront être aussi « Lumière » pour dire et porter les valeurs et le message du Christ. Ils seront le levain dans la pâte pour faire grandir l’Amour, la Fraternité, l’Espérance au cœur de la société.

     

  • Une quarantaine d’organisations catholiques répond à l’appel du pape et lance la démarche « Promesses d’Église »

    Une quarantaine d’organisations catholiques répond à l’appel du pape et lance la démarche « Promesses d’Église »

    Dominique Rouyer, Secrétaire Nationale du CCFD-Terre Solidaire, et Emmanuel Odin, de la Communauté de l’Emmanuel, ont présenté le 6 novembre 2019 aux évêques de France réunis à Lourdes la démarche « Promesses d’Eglise ». Cette démarche réunit une quarantaines d’associations, de communautés et de mouvements catholiques.

    « Promesses d’Église » est une démarche engagée depuis plusieurs mois par un groupe d’une quarantaine de responsables de mouvements d’Église, communautés et associations, pour répondre à l’appel du Pape François, dans sa lettre au peuple de Dieu d’août 2018.

    Ce message du Pape, faisant le lien entre abus sexuels, abus de pouvoir et abus de conscience et la nécessité de réagir face à ce que le Pape a appelé le cléricalisme (autant du fait des laïcs que des clercs) a fait prendre conscience à ces mouvements et associations catholiques de sensibilités très diverses qu’il était important de répondre à cet appel. Mais surtout qu’il était important de rassembler leurs forces et leurs diversités pour porter ensemble cette transformation ecclésiale à laquelle le Pape appelle.

    Nous avons entamé une démarche de réflexion avec le désir que les expériences vécues dans nos mouvements puissent aider à revoir les modes de gouvernance dans l’Église. Avec le souhait de se mettre au service de l’Église, de travailler en pleine collaboration avec les évêques et les prêtres.

    Télécharger le texte intégral de l’intervention de Dominique Rouyer, Secrétaire Nationale du CCFD-Terre Solidaire et Emmanuel Odin de la Communauté de l’Emmanuel à l’Assemblée des évêques de France

    Source : https://ccfd-terresolidaire.org/actualites/Promesses-d-eglise-6480

  • Le CMR Maine-et-Loire répond présent à la « conversion » écologique du diocèse d’Angers

    Le CMR Maine-et-Loire répond présent à la « conversion » écologique du diocèse d’Angers

    L’église d’Anjou organisait, mercredi 8 mai, à la Pommeraye sa première journée diocésaine consacrée à l’écologie intégrale.

    L’occasion de fédérer les acteurs engagés dans cette transition à la lumière de l’encyclique Laudato Si’.

    Ils sont prêtres, diacre jardinier, mère de famille, vendeur d’éoliennes, militante associative ou permanente de l’Action catholique des enfants (ACE). Tous forment la commission « écologie » du diocèse d’Angers, fondée il y a deux ans pour soutenir les initiatives en faveur de l’environnement et tisser des liens avec des acteurs engagés dans ce domaine en dehors de l’Église. « Ce n’est pas anodin que cette commission réunit des jeunes parents car c’est une génération qui nous pousse à agir », commente le père Pascal Batardière, vicaire général.

    Pas si simple. « Le travail de sensibilisation des communautés chrétiennes n’est pas évident et l’on se heurte à des réticences, poursuit-il. Jusqu’alors, nous n’étions pas habitués à nous poser ce genre de questions, notamment dans la gestion de nos biens. » D’où l’organisation d’une journée diocésaine sur l’écologie intégrale – expression du pape François dans son encyclique Laudato Si’– pour faire connaître les initiatives en place et en encourager d’autres.

    Rencontres intergénérationnelles

    Curé de paroisse et délégué épiscopal du service Foi et cultures, qui abrite la commission « écologie », le père Jean-Marie Gautreau croit « aux rencontres intergénérationnelles pour faire évoluer les choses » : « Les personnes aux manettes dans les paroisses sont d’une génération, celle des Trente Glorieuses, sans doute moins sensible à ces questions. Il ne s’agit pas de juger mais de voir où l’on en est pour faire évoluer nos pratiques. »

    Son ancienne paroisse de Cholet a fait partie des premières à s’engager dans le label église verte, initiative œcuménique incitant les communautés chrétiennes à réaliser un « éco-diagnostic », allant de la gestion des bâtiments et des terrains à la liturgie et la prière. « On peut commencer par des choses très simples comme ne plus utiliser de plastique lors des pots de l’amitié », illustre-t-il.

    Pont vers les non croyants

    Dans le diocèse, certains mouvements ont pris une longueur d’avance. Lors d’un camp national réunissant 300 lycéens en juillet, le MRJC Anjou a organisé une fête « zéro déchets », en construisant des toilettes sèches et s’approvisionnant en produits bio et locaux. Alors que les Chrétiens dans le monde rural (CMR) du Maine-et-Loire multiplient les conférences autour de la conversion écologique, les bénédictines de Martigné ont quant à elles créé un jardin en permaculture après le départ à la retraite de leur jardinier.

    Nombre de jeunes parents entreprennent des actions, comme ceux de la paroisse Saint-Lazare Saint-Nicolas d’Angers, qui ont créé une fraternité alliant convivialité et projets écologiques (journée festive avec construction d’hôtels à insectes et fabrication de lessive verte, lancement d’un poulailler…). « Protéger la Création est un pont qui relie croyants comme non croyants », note Isabelle Lafond, laïque en mission ecclésiale et membre de la commission écologie, qui fait partie de cette fraternité avec son mari non croyant.

    Trois ans après Laudato si’, des catholiques se mettent à l’écologie intégrale

    Même souci d’agir chez Antoine Rigalleau, développeur éolien et membre de la commission diocésaine : « Le sujet de l’effondrement des espèces, comme jeune chrétien et jeune père, me touche beaucoup. Il y a des tas de chantiers à mener dans l’Église, ne serait-ce que transformer les jardins des presbytères en refuges de biodiversité. »

    Écouter les « prophètes »

    L’encyclique Laudato Si’ constitue en ce sens un excellent point d’appui. « Ce texte va marquer toute une génération », estime le père Dominique Lang, assomptionniste et journaliste à Pèlerin, intervenant de cette journée diocésaine : « Il nous rappelle que tout est créature de Dieu et que l’homme n’est pas le seul qui doit être sauvé. C’est cette théologie qu’il faut raviver. » « Dans notre diocèse, les formations à la doctrine sociale de l’Église font florès. Y intégrer l’écologie intégrale peut être un ressort très fort », confirme le vicaire général. Le père Lang enjoint aussi les chrétiens à laisser plus de place aux « prophètes, à ceux qui nous interpellent ». Florence Denier-Pasquier, membre de la commission écologie du diocèse et vice-présidente de la fédération France Nature environnement (FNE), en est un bon exemple. Membre d’une fraternité franciscaine, elle articule pleinement son engagement pour l’environnement avec sa foi. « L’écologie n’est pas triste et on peut s’y engager ensemble, lance-t-elle. C’est en multipliant les rencontres qu’on finit par se transformer soi-même. »

     

  • Au cœur d’une Église en danger, garder l’espérance

    Au cœur d’une Église en danger, garder l’espérance

    Beaucoup d’entre nous souffrent de voir notre Église s’enfermer. Elle peine à s’ouvrir à bien des initiatives dans lesquelles des chrétiens veulent tout simplement mettre en œuvre leur vocation de baptisés. Les orientations du CMR nous invitent à être acteurs dans L’Église et dans le monde. Notre rôle de chrétiens est d’apporter notre contribution lorsque la parole de cette Église nous semble difficilement compréhensible. Nous vous invitons  à découvrir la lettre ci-dessous dans laquelle 7 prêtres, dont Marc DELEBARRE (prêtre accompagnateur du CMR), expriment leurs préoccupations ; Ils y évoquent ce qu’ils constatent  et nous disent à quelle Église ils veulent contribuer.

    Notre société est en attente de sens, de projets collectifs…Les besoins essentiels non satisfaits, les inégalités croissantes, les migrations politiques, économiques, ou climatiques provoquent des crises importantes. Le risque est de se replier sur ses peurs et de développer ainsi de graves conflits. La personne et le message de Jésus Christ sont centraux : ils sont porteurs d’une espérance profondément humaine. Il n’est pas de l’ordre de la norme, du dogme, des règles sacrées à respecter mais bien au contraire de l’ouverture, du chemin, de l’utopie. Le Pape François appelle à ce chemin d’espérance qui concerne tout le monde dans ses encycliques et ses exhortations… alors que la part instituée de l’Église, dans son fonctionnement autoréférentiel et son cléricalisme, n’est plus audible et bloque les initiatives porteuses d’espérance. Lutter contre ce cléricalisme nous amène aussi à questionner l’exercice du ministère presbytéral dans sa forme actuelle. C’est à la mesure de notre expérience en ce domaine que nous prenons la plume…

    Pour lire l’intégralité de la lettre : GarderEspérance+++