Étiquette : économie

  • Le CMR et la crise du lait

    La crise du lait interpelle les agriculteurs, mais aussi tous les consommateurs, tous les citoyens, car il s’agit de notre alimentation, de notre pain quotidien.
    Vous trouverez ci-dessous des liens vers des prises de parole des chrétiens ruraux : fédérations du CMR, évêques mais aussi le CMR national qui publie un texte d’analyse intitulé « La crise actuelle du lait révèle la nécessité d’une refondation de la politique européenne vers une agriculture durable et solidaire ».

    Ce texte, évolutif, vous propose quelques repères sur différents plans pour analyser la réalité actuelle. Ce document peut être base de réflexions dans les équipes, les commissions agricoles ; mais n’hésitez pas à sortir du seul milieu agricole, à rejoindre des partenaires pour une réflexion plus globale. Nous ne prétendons pas à ce stade dire la bonne parole, mais permettre le débat et la prise de parole à tous les niveaux du mouvement.

    Le texte du CMR

    Les paroles des fédérations :

     CMR de Vendée

     CMR de Maine et Loire

     CMR de l’Aveyron

     CMR de la région Rhône-Alpes

    Des paroles d’évêques

  • Face à la crise économique, quels signes d’espérance ?

    C’est devant une salle comble et sur l’invitation de 5 mouvements d’action catholique (ACI, ACO, CMR, les EDC et MCR) que l’évêque de Poitiers, Monseigneur Albert Rouet est intervenu le 20 mai dernier à Secondigny.

    Dans un premier temps, David de l’ACI apporte son témoignage, son vécu face au contexte actuel. Il travaille dans une industrie qui emploie 500 personnes en France et à l’étranger. David s’occupe d’installer de nouveaux sites. Il est actuellement confronté à 3 situations :

      Il doit appliquer les directives de la direction et licencier certains de ces collègues.

      Il doit prendre la décision de se séparer de certains de ces collègues notamment à l’étranger.

     Il sait que d’autres licenciements auront lieu, peut-être sera-t-il le prochain licencié ?

    Dans un deuxième temps, Albert Rouet est intervenu. Il a replacé la crise dans le contexte de la mondialisation et dans l’histoire. C’est une crise financière, économique, sociale et mondiale. Pourtant, même si cette crise touche la planète dans son ensemble et que l’on peu se sentir impuissant, le propos du Père Rouet pose la question : Et si nous pouvions quelque chose ? Le Père Rouet va donner 6 piliers d’une espérance possible.

    L’analyse : A l’heure actuelle, 83 % de la production du monde appartient à 17% de la population du monde, ce système est foncièrement inégalitaire, il est entrain de se fracturer. Le système du marché libéral, néo-libéral tel qu’on le connaissait, ne peut pas répondre aux crises, en ajoutant davantage de néo-libéralisme.

    S’engager : Le point le plus urgent, c’est de pousser, les responsables de nos pays à revoir les procédures en œuvre dans le maniement de l’argent.

    Favoriser les corps intermédiaires : Notre société est organisée pour favoriser l’individualisme. Le but est de favoriser le commerce, la concurrence. Ensuite l’individualisme permet à l’État d’être en principe plus facile à gouverner (pas de groupes de pression ou d’ opposition constitués). Et la grande parade à l’individualisme, c’est de savoir aujourd’hui nous regrouper, il n’y aura pas d’espérance individuelle. Si nous sommes capables de demander à des corps intermédiaires que sont les syndicats, les partis politiques, les chambres de commerce… ) d’être réellement consistants, des choses seront possibles. « La France est le pays d’Europe occidentale le moins syndiqué, ne nous plaignons pas si au moment où l’on a besoin d’avoir des projets ou des contre-projets, on se sent un peu démuni.» Également voter nous donne des droits, le droit d’interroger les candidats, le droit de poser aux candidats des conditions, le droit de voir si les partis auxquels nous adhérons, pour lesquels nous votons ont un réellement un programme devant cette crise.

    Modifier notre style de vie : Le taux d’emprunt était de 68 % en France en 2007 (pour comparaison il était de 145 % en Grande-Bretagne). On ne peut pas continuer à vivre d’emprunt. Donc notre style de vie doit nous mener vers une vie plus sobre. On pourra par exemple demander collectivement à l’échelle d’une commune, d’un canton, d’une communauté de communes, à voir comment mieux orienter notre style de vie. Il faut que l’argent soit investi pour le bien public.

    Le problème social des salaires : Le rapport Cotty qui vient de sortir récemment, déclare que le revenu salarial moyen a quasiment stagné depuis 30 ans. Mais quand on regarde dans le détail, on s’aperçoit qu’une partie des salaires a diminué en pouvoir d’achat, et une partie a atteint des sommets injustifiables, autrement dit, la moyenne des salaires, ça ne veut rien dire. Ce à quoi, il faut veiller, c’est à une meilleure harmonisation des salaires, à une meilleure justice salariale et rééquilibrer le rapport entre l’argent qui va aux salaires et l’argent qui est rendu au capital qui est actuellement excessivement élevé par rapport aux dépenses globales d’une entreprise.

    Si on prend, tout ce qui est produit en France, tout le travail productif en France, l’industrie, énergie comprise (gaz et électricité), ne compte que pour 14% du PIB. Presque 17 % en Grande-Bretagne et 26.5% en Allemagne. Nous sommes donc devenus progressivement un pays sous-producteur au profit essentiellement du tertiaire ce qui pose un problème énorme parce que, l’argent lui repose sur quelle réalité ? Remettre l’argent à sa place et ne pas voir une finalité d’abord spéculative. D’où l’importance de règles.

    En conclusion. « Une espérance est possible si nous redonnons confiance à notre vie commune. »

    Après l’intervention du Père Rouet, des carrefours ont été organisés, afin de permettre à chacun de s’exprimer en petits groupes. Des questions, des réactions ont émergé. Voici quelques réponses des intervenants.

    « Il est important qu’entre l’Etat et ses services, et les individus, il existe des corps intermédiaires. C’est le seul moyen de regrouper des opinions, des actions, des combats différents pour leur donner consistance. Nous assistons aujourd’hui en France, à une fragilisation de ces corps intermédiaires. Ils ont été remplacés dans notre pays en bonne part par une réalité associative. Ces associations ont énormément d’avantages, mais le but d’une association n’est pas de soi de se préoccuper de la vie politique, de tel ou tel corps de métier. L’associatif a aussi la fragilité de ne se regrouper que pour un certain temps. »

    « Il faut replacer l’homme au cœur de toutes les questions posées. »
    « Les Etats-Unis vivent à crédits grâce à la Chine et aux pays du Golfe. On a la chance d’avoir fait l’euro, c’est une zone de protection, qui peut attirer des investisseurs en Europe. L’Europe est un signe d’espérance.

    « Une réflexion écologique. Le Grenelle de l’environnement a révélé qu’il y a des pistes d’investissement très intéressantes en particulier dans l’habitat. On va pouvoir investir individuellement et cette somme d’investissements individuels est créatrice d’emplois et est respectueuse de l’environnement. »

    « Il faut réaménager la consommation pour mieux équilibrer les dépenses personnelles et les dépenses collectives. Et surtout répartir la production en pensant aux pays du Sud. Les pays du Sud sont les plus grandes victimes de cette crise, en nuançant. Ce sont eux qui nous permettent d’avoir le train de vie que l’on a. Il faudra bien un jour réaménager cette répartition des richesses. »

    « La société ce n’est pas une somme d’individus, c’est une organisation de personnes. Il y a des organisations qui favorisent la liberté et la dignité et il y a des organisations, qui blessent et qui annihilent la liberté et la dignité. »

    « DEVENIR Homme : notre responsabilité commune, c’est de créer les conditions pour que chacun existe et c’est la vocation première d’un croyant. »

    Pour conclure, Marc Taillebois (Service de communication du diocèse)revient sur les signes d’espérance égrenés au fil de cette rencontre:
    « Mettre l’homme au centre – On peut quelque chose – Réhabiliter les corps intermédiaires – La justice dans les organisations-Remettre l’argent à sa place et ne pas voir une finalité d’abord spéculative (importance de règles) – Changer de direction quand on voit qu’on va dans le mur (conversion personnelle) – Collectivement, se battre pour tenir des institutions justes – Se battre pour que les systèmes collectifs qu’on a mis en place, les règles qui sont injustes et qui provoquent des dégâts graves sur le plan humain soient réformées- L’Europe-Le Grenelle de l’environnement– L’espérance fondée sur une promesse « Choisis la vie » – Dans la foi, il y a sans doute des ressources à aller puiser pour croire en une alliance que Dieu a confié à l’homme, de construire l’homme- Confiance et se lier – L’opportunité : « la crise est une opportunité pour passer à un état nouveau, la crise peut être une opportunité de faire autrement. »

    Laétitia PRAT.

  • Journée sur la crise le 5 mai 2009

    « Ne vous inquiétez pas pour votre vie » (Matthieu 6,25) ou « comment sortir de la crise par le haut », tel est l’intitulé de la journée organisée par la fédération du CMR de Saône-et-Loire (71) le 5 mai prochain à Sennecey-le-Grand.

    Le programme prévoit un partage d’expériences et les interventions de
    Cécile Revollat-Veuillet (Chargée de mission pour le monde Rural, diocèse d’Autun) sur le thème « Comment les pauvres ont fait sauter la planète finance !… Comprendre la crise et ses mécanismes » et de Jean-Pierre Laveder (Journaliste) sur le thème « Bonne et heureuse récession pour 2009, la Saône et Loire en temps de crise. Difficultés et ressources, pistes pour rebondir. »

    Vous trouverez toutes les informations pratiques sur les tracts que vous pouvez télécharger ci-dessous.

  • Face à la crise, le CMR en mouvement

    Réunie le 19 janvier, l’équipe CMR du secteur de Pamiers s’est interrogée sur la crise financière et ses répercussions : faillites ou mises en difficulté des banques, fragilisation de nombreuses entreprises avec arrêts de travail partiels, voire de chômage.

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  • Face à la fermeture d’une usine, parler et écouter

    Une usine qui ferme c’est tout un territoire sinistré. Que peut-on faire en pareil cas ? Confronté à une situation de ce type, les mouvements d’Action catholique de Meurthe et Moselle, dont le CMR, ont décidé d’agir. Une expérience qui interpelle.

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  • Comprendre la crise financière

    L’actualité de la crise financière pousse de nombreuses fédérations du CMR à vouloir se pencher sur la question. Au niveau national, si nous n’avons pas spécifiquement étudié le sujet, nous pouvons vous proposer des pistes.

    Semaines sociales de France

    Céline Tahon, Anne Faure et Françoise Lamblin ont participé à la session 2008 des SSF dans laquelle une conférence débat portait sur la Crise Financière, avec Michel Camdessus, Luc Champagne, Jérôme Vignon et François Villeroy de Galhau.

    Vous pouvez visionner les vidéos des tables rondes sur le site du Jour du Seigneur

    RECIT

    Le CMR est membre de l’association Réseau des Ecoles de Citoyens (RECIT), qui a élaboré un dossier disponible sur internet « comprendre la crise et en sortir ».

    Lien vers le dossier de RECIT

    CMR aînés

    La Lettre aux Aînés comporte un article sur le sujet rédigé par Charles Descouvrières, d’après ses notes prises lors de la table ronde citée ci-dessus aux Semaines Sociales de France.

    Pour visualiser cet article

    Appel « Nous refusons le silence imposé aux pauvres »

    Un texte d’analyse intéressant sur la crise économique.

    Pour visualiser ce texte

    La crise, la comprendre pour agir

    Le 13 mars la fédération du Doubs organisait une soirée sur ce thème à Valdahon.

    Cette crise n’est pas seulement une crise économique et financière. C’est aussi une crise politique, sociétale, morale et spirituelle. Alors, quels défis relever ?

    Intervenant : Robert Godinot, conseiller financier en entreprise .

    « >Pour visualiser ce texte

    Si vous menez des initiatives sur le sujet, n’hésitez pas à nous le faire savoir afin de le partager avec d’autres membres de notre réseau qui sont en recherche.Comprendre crise

  • N’appauvrissons pas la société! Ne banalisons pas le travail le dimanche!

    A l’heure où les parlementaires sont appelés à s’exprimer sur une proposition de loi qui banalise le travail le dimanche, l’association Chrétiens dans le Monde Rural veut rappeler tout le sens de ce jour de repos pour l’Homme et pour la société.
    Ne pas travailler le dimanche, c’est permettre un repos juste et indispensable à chacun. C’est un élément fondamental de la vie familiale, sportive, culturelle, associative ou encore spirituelle. C’est un élément constitutif de l’équilibre individuel de tout Homme et de notre « vivre ensemble » en société.

    La loi de 1906 a réussi à établir un équilibre juste entre les nécessités légitimes d’ouverture le dimanche pour les services de santé, les commerces alimentaires, les marchés…, autant de services dont les citoyens savent apprécier la juste valeur de les trouver un jour de repos et l’abnégation de ceux qui les assurent.
    C’est cet équilibre que nous voulons maintenir et que nous appelons nos représentants élus à préserver. En effet, le rôle du législateur n’est pas de contenter les intérêts individuels, mais bien d’avoir le courage de donner un horizon de sens pour le vivre ensemble qui structure la société.

    Chrétiens dans le Monde Rural l’affirme haut et fort, l’économie et le travail ne sont pas le dernier mot d’une vie sociale. Le dimanche est le jour des liens sociaux, liens non marchands qui contribuent grandement à la richesse de notre société.

    Le dimanche est le jour de l’Homme, sachons le préserver !

    Contact Presse : Sandrine MORARD – 01 69 73 25 20

    Pour Agir:

     Signez la pétition en ligne :

    www.travail-dimanche.com

    www.cyberacteurs.org

     Envoyer une carte postale à votre député :

    Le site de la Vie

  • Quinzaine du commerce équitable

    Quinzaine du commerce équitable

    La 7ème édition de la Quinzaine se déroulera du 27 avril au 13 mai 2007 sur toute la France

    Depuis son lancement en 2001, cette campagne est le temps fort de l’année pour la promotion de la démarche.

    La Plate-Forme pour le Commerce Equitable (PFCE) initie cet événement avec, notamment, la co-organisation du 3ème Forum National du CE

    La Quinzaine : une campagne plébiscitée !

    L’impact de la Quinzaine n’a cessé de s’amplifier depuis 2001, tant au niveau du nombre d’animations organisées (3 000 animations dénombrées en 2006, contre 170 en 2001), que sur le plan de la médiatisation. (XX articles en 2006). La PFCE invite ses membres et partenaires à se mobiliser et à mener des actions concertées, l’objectif étant de donner une visibilité maximale au commerce équitable tout en répondant au besoin d’information des citoyens afin de faciliter leur engagement.

    Grâce à la qualité et à la diversité des animations organisées (conférences-débats, rencontres avec des partenaires du Sud et des élus, animation de points de vente, marchés…), le taux de notoriété du commerce équitable a atteint 81 % en mars 2007(sondage MHF/IPSOS).

    Pour en savoir plus :
    www.commercequitable.org

  • Conférence de l’OMC à Hong Kong

    La 6ème conférence de l’OMC s’est terminée avec un goût de déjà vu : beaucoup de belles paroles en faveur du développement et de la solidarité avec les pays pauvres, mais les actes et les engagements, sans être insignifiants, restent loin du compte. Notre déception est aussi celle des organisations paysannes rassemblées dans la rue pour exprimer leur incompréhension et leur rejet de politiques de libéralisation qui menacent fortement l’agriculture qui les fait vivre. Nous dénonçons à cet égard les arrestations abusives de centaines de manifestants paysans asiatiques très majoritairement pacifiques.

    Les mérites de la libéralisation des échanges ont été souvent martelés pendant toutes les négociations, tant par les pays développés que par de nombreux gouvernements des pays en développement. La nuance apportée par Pascal Lamy à l’ouverture de la conférence, reconnaissant que la libéralisation des échanges ne peut à elle seule apporter le développement, n’en était cependant pas une remise en cause en tant que telle, mais plus un appel à l’accompagner de mesures de soutien, d’aide, de crédits, pour permettre aux pays les plus fragiles de réparer les dégâts collatéraux dont souffriraient les populations pauvres, l’environnement…..

    Nous considérons cependant comme positifs l’obtention des points suivants :

    La suppression de toutes formes de soutien à l’exportation d’ici fin 2013 pour tous les pays. Cette mesure contribue en effet à la lutte contre le dumping, même si ce dernier peut se poursuivre sous d’autres formes. L’application de cette mesure dès 2006 pour le coton est une bonne nouvelle pour les producteurs africains. Ce marché reste cependant fortement perturbé par l’importance des primes internes directes aux producteurs des USA.

    L’élargissement du dispositif ‘tout sauf les armes’ (suppression des quotas et des droits de douanes pour l’accès de tous les produits en provenance de PMA1, sauf les armes, à l’ensemble des pays développés et aux autres pays susceptibles de l’appliquer), même si cette mesure peut rester limitée à 97% des produits, et exclure ainsi des secteurs clefs. L’accès privilégié aux marchés du Nord constitue à la fois un potentiel économique et un risque de spécialisation de l’économie de certains pays vers quelques productions d’exportation, surtout lorsque s’y concentre l’essentiel de l’effort financier public. Aussi, un contrôle de la traçabilité des produits et des règles d’origines sera-t-il nécessaire pour éviter un détournement de ce système au profit de délocalisation du Nord.

    La mention faite dans le texte final des Produits Spéciaux et de la Mesure de sauvegarde Spéciale ouvre des brèches à exploiter pour le droit à la protection des marchés agricoles. L’alliance nouvelle entre le G30 des pays agroexportateurs, et le G33 soucieux de la protection des marchés agricoles vitaux, a pesé dans cette reconnaissance, qui permet aux pays en voie de développement de limiter l’ouverture des frontières pour les produits vitaux pour « leur sécurité alimentaire, leur moyens d’existence et le développement rural ». Les négociations techniques d’application de cette mesure, et de la question de l’accès aux marchés en général (dans lesquels l’Union Européenne devra s’engager sur une baisse substantielle de ses droits de douane) qui doivent avoir lieu dans les prochains mois seront déterminantes pour l’avenir des paysans du Sud comme du Nord. Il est vital que cet outil de protection soit également reconnu dans le Cadre Intégré renforcé géré par la BM et le FMI, afin qu’ils n’imposent pas aux pays une ouverture des marchés pour les produits concernés.

    Globalement, le CCFD et le CMR restent opposés à la construction d’un grand marché mondial dans lequel les prix les plus bas font loi : les prix dits ‘mondiaux’ calculés à partir des prix les plus bas en vigueur pour les 10% (en moyenne et selon les filières) des denrées agricoles échangées au niveau mondial ne doivent pas dicter le prix des 90% de denrées consommées à l’intérieur des pays ou régions de production. C’est pourquoi nous dénonçons :

    l’obligation faite par l’OMC depuis sa création à tous les pays d’importer 5% de leur consommation alimentaire nationale.

    Un discours qui continue à considérer la libéralisation comme la voie royale du développement malgré les échecs et les ravages qu’elle a déjà produit chez les paysans des Philippines, du Cameroun, du Mexique, ou même du Brésil par exemple. La confusion demeure entre développement et accès au marché.

    L’absence d’évaluation des politiques libérales poussées depuis des années par l’OMC, la Banque mondiale et le FMI.

    Des moyens de protection des marchés qui s’annoncent limités : une pression doit être menée dans ce domaine par les ONG durant les négociations à venir sur ces points techniques. Le droit à la protection de certaines filières du Nord par le biais des « produits sensibles » peut également partiellement protéger de l’agro-industrie mondiale des secteurs des agricultures familiales européennes.

    Une négation du principe de souveraineté alimentaire, qui concerne aussi les pays du Nord : aucun pays n’a la vocation à nourrir les autres, et ce n’est pas le marché mais les politiques qui doivent décider de la place de l’agriculture, qu’il s’agisse de l’Europe ou des pays en développement. En Europe, le sacrifice d’une majorité d’agriculteurs au profit de l’agro-business ayant investi dans quelques pays émergents, en monnaie d’échange de l’ouverture du marché des services dans ces pays, n’est pas recevable.

    Une concurrence mondiale entre agriculteurs au profit de l’agro-industrie, au détriment de l’agriculture familiale du monde entier. Ce que recherche l’ensemble des représentants du monde paysan ce sont des prix rémunérateurs et stabilisés, et le cycle en marche se poursuit dans un sens opposé, accentuant encore leur volatilité.

    Les négociations à l’OMC ont visé depuis sa création à accroître les échanges commerciaux mondiaux par l’ouverture croissante des marchés, la réduction ou l’élimination des mesures de soutien à la production, en particulier agricole. Cette dérégulation prive les Etats de l’espace politique nécessaire pour la mise en oeuvre de leurs politiques nationales ou régionales de développement, tant en matière de développement agricole que pour poser les bases d’une diversification de leur économie.
    Une fois de plus, les questions politiques restent et vont se traiter dans des cadres techniques (taux, quotas…). Il est urgent que les règles du commerce répondent à la nécessité de véritables régulations des questions agricoles et d’alimentation, en matière notamment de gestion de l’offre et de stabilisation des prix agricoles. La FIMARC, Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques, un partenaire mondial du CCFD dont est membre le CMR, propose ainsi de transférer les aspects politiques de l’agriculture et de l’alimentation à une autre instance moins économique, en s’inspirant de ce qui s’est fait pour la culture, en partie transférée de l’OMC à l’UNESCO au nom de la diversité culturelle.

  • L’économie sociale et solidaire : utopie ou réalité ?

    L’économie sociale et solidaire : utopie ou réalité ?

    Le champ de l’économie sociale et solidaire a peu de visibilité aujourd’hui. Or il rassemble un vaste domaine d’activités très diverses échappant aux logiques marchandes classiques. Agir en Rural vous propose, à travers des analyses et des initiatives, différentes manières d’affirmer que l’être humain doit être au cœur de l’organisation sociale.

    (suite…)