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  • Résolution finale de l’Assemblée Générale de la FIMARC

    Résolution finale de l’Assemblée Générale de la FIMARC

    Nous les participants à la 16e rencontre mondiale de la FIMARC, venant de 30 pays de par le monde, nous sommes réunis à Chiang Mai (Thaïlande) du 26 septembre au 04 octobre 2023. Le thème général retenu pour cette conférence mondiale et qui sera l’objet de nos travaux pour les 4 prochaines années est « la transformation du système agricole alimentaire et économique et la conversion écologique à la lumière de Laudato Si » qui nous invite à une véritable conversion du système alimentaire mondial.

    L’objectif affirmé de la FIMARC est d’en finir avec les mécanismes injustes de domination et d’exploitation des ruraux et des personnes précarisées. Les crises globales de l’alimentation, de l’énergie, du climat et la crise Covid nous amènent aujourd’hui encore et toujours à nous mobiliser pour plus de justice et de solidarité.

    Si des multinationales accaparent aujourd’hui des terres agricoles et réalisent des profits en plus en plus importants en agro-alimentaire, nous rappelons que la plupart de notre alimentation est produite par des petits paysans et des travailleurs agricoles, hommes et femmes du milieu rural. Ces familles sont aussi malheureusement les plus nombreuses victimes de la faim, de la malnutrition et de la précarité.

    L’encyclique Laudato Si nous le rappelle : « tout est lié », et « nous devons entendre le cri des pauvres et le cri de la terre ». Nous devons donc lutter pour la dignité des personnes et lutter pour la préservation de la création.

    Lors de notre programme d’immersion nous avons été accueillis par la Caritas Thaïlande et le mouvement RTRC et leurs nombreux partenaires qui œuvrent avec les populations rurales, parmi elles différentes ethnies du Nord du pays. Les peuples indigènes vivent cela depuis toujours : Dieu est partout, dans la nature, dans les relations entre les personnes autant que dans la prière et dans la méditation. De ce fait, tout est sacré, et cela nous invite au plus grand respect pour la création et pour l’humanité.

    Aussi nous réaffirmons l’urgence et l’importance de prendre soin des ressources naturelles, de promouvoir des activités économiques en milieu rural qui permettent aux populations de vivre dignement. Il s’agit ici de la souveraineté alimentaire des peuples : de leur droit à développer un système agricole et alimentaire local dans le respect de la diversité avec des moyens économiques suffisants et la possibilité de participer aux décisions qui les concernent.

    La pandémie causée par le-Covid 19 a eu un grand impact non seulement sur la santé mais aussi au niveau psychologique et social dans les zones rurales. C’est pourquoi il faut des mesures sanitaires et des réponses cohérentes pour protéger les plus vulnérables, et maintenir des systèmes agricoles et alimentaires durables. Cette crise nous a montré que les systèmes agricoles et alimentaires locaux étaient résilients. Maintenant nous savons à quel point nos sociétés sont fragiles, quand elles se reposent uniquement sur une économie mondialisée pour nous nourrir et pour vivre. Or, nous devons nous préparer à d’autres crises mondiales comparables, du fait du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité. Nous réaffirmons que soutenir et développer l’agriculture familiale et l’agroécologie, qui sont par nature, locales et résilientes, sont et seront des solutions efficaces pour le bien commun. Au-delà des aspects techniques, l’agro écologie nous appelle à nous mobiliser collectivement pour proposer des alternatives à un système qui a clairement montré ses limites. C’est pourquoi la FIMARC poursuivra son engagement à promouvoir ce modèle d’agriculture, tant auprès de ses partenaires que des institutions nationales et internationales, au niveau civil et politique.

    Nous sommes témoins de la digitalisation croissante de la vie quotidienne et des activités économiques dont l’agriculture. Le temps du Covid a particulièrement changé nos usages d’internet, qui a permis de poursuivre en virtuel les échanges entre les populations, les communautés…

    Nous sommes conscients que les avancées technologiques ont pu améliorer la vie des gens. Mais toutes les technologies ne sont pas nécessaires ni utiles. Elles provoquent aussi parfois de nouveaux problèmes comme l’endettement, la dépendance… Et elles ne pourront jamais remplacer les savoirs et les talents des paysans.

    A la FIMARC nous sommes avec les plus démunis, les personnes qui vivent dans les zones blanches, celles qui n’ont pas fait de grandes études, et qui sont parfois analphabètes. Nous luttons contre l’exclusion et pour la justice. Cela signifie aussi que nous battrons pour que les technologies digitales soient accessibles et utiles aux paysans et aux populations rurales dans le monde.

    Par ailleurs nous voyons que l’enjeu de la biodiversité est plus que jamais crucial aujourd’hui. Nous continuerons à nous battre pour que les paysans puissent localement produire et échanger des semences paysannes. Nous continuerons à dénoncer la main mise des multinationales sur le vivant que représentent les organismes génétiquement modifiés.

    Du fait de nos besoins croissants en énergie, une partie de plus en plus importante des terres agricoles du monde est dédiée aujourd’hui à la production de méthane et d’électricité. Si ces alternatives aux énergies fossiles peuvent être intéressantes d’un point de vue climatique, nous nous inquiétons de cette concurrence avec la production alimentaire.

    L’enjeu de la terre et de l’alimentation nous concerne toutes et tous, producteurs et consommateurs. C’est un enjeu de bien commun qui nécessite donc une implication du pouvoir politique pour une nécessaire régulation des marchés et de la finance.

    La terre n’est pas une marchandise. Elle a été jusqu’ici trop exploitée et arrive à la fin de sa vie si nous n’y prenons pas garde. Nous, membres de la FIMARC appelons fortement tous nos membres, les pouvoirs politiques et économiques à prendre conscience de cette réalité, et à stopper cette exploitation à outrance. Nous appelons l’Eglise à poursuivre son œuvre dans la ligne de Laudato Si, et à la mettre en pratique.

    Ensemble, avec des compagnes et compagnons de lutte, nous voulons agir pour atteindre la transformation que nous visons. Il est temps de prendre soin de la terre pour nous et pour les générations futures. La vie est belle et bonne, la terre est généreuse… Au boulot, dans la joie, l’espérance pour plus de justice. La sobriété et la solidarité sont les clés de notre futur.

    Final Resolution FR

  • 3 questions à…Elisabeth Saint Guily

    3 questions à…Elisabeth Saint Guily

    A l’occasion de l’assemblée générale de la FIMARC (Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques) qui se tient du 28 septembre au 5 octobre, Elisabeth Saint Guily, membre du CA national, représentante pour le CMR, nous parle de son engagement dans cette instance.

    Babeth peux-tu nous expliquer ce qu’est la FIMARC et quel est ton rôle au sein de cet organisme ?

    La FIMARC, c’est la Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques. C’est le réseau international des associations comme le CMR. Il y a une soixantaine de mouvements en tout, en Asie, en Amérique Latine, en Afrique, en Europe et au Moyen Orient. On est organisés par continents. Actuellement, je fais partie de la coordination européenne de la FIMARC. Avec mes coéquipiers, on a organisé des activités FIMARC en Europe, comme par exemple, des prières pour la paix en Ukraine, en visio conférence.

    Du 24 septembre au 5 octobre aura lieu l’assemblée mondiale de la FIMARC à Chiang Mai en Thaïlande, en quoi consiste cet événement et quelle est l’implication du CMR ?

    L’assemblée mondiale de la FIMARC comporte 3 parties. D’abord 3 jours d’immersion sur le terrain, à la rencontre d’associations qui travaillent pour l’agro écologie, l’adaptation au changement climatique, et la gestion participative de la forêt par les populations locales. Puis nous aurons 3 jours de conférences, sur les conséquences du COVID 19 sur les populations rurales, sur la digitalisation de l’agriculture dans le monde, sur l’agriculture et le changement climatique… Enfin, nous aurons 3 jours d’assemblée générale, où nous élirons les membres du comité exécutif (équivalent d’un CA) et du bureau de la FIMARC. Nous voterons aussi des résolutions, en lien avec les droits des paysans, et la souveraineté alimentaire.

    Il y aura aussi des célébrations et des moments de convivialité, avec des délégué-e-s du monde entier.

    Concrètement, Jean-Claude Germon, membre du CMR, finit son mandat de trésorier de la FIMARC, et moi, je suis candidate pour rentrer au comité exécutif pour un mandat de 4 ans.

     

    Tu attends quoi de ton séjour ?

     

    C’est toujours inspirant pour moi, d’échanger avec des militant-e-s de différents pays, sur des sujets globaux, comme le changement climatique ou les droits des paysans. On ne se connait pas, mais au fond, on fait partie de la même pâte humaine. Nous sommes frères et sœurs, solidaires face aux enjeux. Et cela dit quelque chose de la présence de Dieu dans nos vies. Cela nous dépasse. Je sais que la solidarité internationale tient à cœur de beaucoup de membres du CMR. Je suis fière de représenter le CMR pour cette assemblée.

    Petit « clin dieu » aussi : j’ai un grand oncle qui était prêtre missionnaire à Chiang Mai de 1950 à 1980. Je vais marcher sur ses pas. L’an passé, j’ai déjà rencontré Nayana, membre du RTRC, le mouvement thaïlandais qui nous accueille, lors d’une réunion de la FIMARC en Belgique : elle se souvient de mon grand-oncle quand elle était enfant.

  • Pacte-Loi d’Orientation et d’Avenir Agricoles : les premières annonces laissent le Collectif Nourrir sur sa faim

    Pacte-Loi d’Orientation et d’Avenir Agricoles : les premières annonces laissent le Collectif Nourrir sur sa faim

    Un an après l’annonce par Emmanuel Macron du processus devant permettre d’aboutir à un “pacte-loi d’orientation et d’avenir agricoles” (PLOAA) et à l’issue de plusieurs mois de concertation et de consultation, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a choisi “Terres de Jim”, un événement organisé par le syndicat Jeunes Agriculteurs, pour présenter les grandes lignes du projet. Le Collectif Nourrir et ses 54 membres, engagés dès le début sur l’ensemble des travaux, regrettent ce choix marqué. Surtout, ils se questionnent sur l’ambition réelle du PLOAA et la volonté de prendre en compte la “diversité des avis” censés avoir guidé son élaboration. Le Collectif attend qu’au-delà des principes, des décisions fortes soient prises pour permettre d’allier renouvellement des générations agricoles et transition agroécologique.

    Souveraineté ou compétitivité ?

    La volonté de cadrer les mesures devant permettre un renouvellement des générations agricoles sur la base de l’objectif de souveraineté alimentaire est positif si, et seulement si, le concept tel que posé en 1996 par la Via Campesina et reconnu par les Nations Unies, n’est pas dévoyé. La souveraineté alimentaire implique plusieurs principes essentiels : mettre les droits des paysans et paysannes et le droit à l’alimentation au cœur des décisions, favoriser la démocratie alimentaire et assurer que les politiques publiques d’un pays ne nuisent pas à un autre. Autrement dit, en aucun cas la souveraineté alimentaire ne doit être comprise comme une incitation à « nourrir le monde » alors que la production mondiale actuelle permettrait déjà de nourrir 10 milliards de personnes, si elle n’était pas gaspillée ou détournée de son usage alimentaire. La souveraineté alimentaire ne peut non plus être une incitation à maintenir le système productiviste en place au risque d’accentuer l’hémorragie de paysans sur nos territoires et dans les pays tiers. Nos organisations seront extrêmement vigilantes sur ce point.

    Comment accompagner une diversité de profils sans intégrer la pluralité des acteurs ?

    La réforme du parcours d’accompagnement à l’installation et à la transmission, actée à travers la création de “France Service Agriculture”, aurait pu représenter un symbole fort de changement. Pourtant, les premières annonces concernant l’organisation de cet espace laissent un sentiment de déjà-vu aux organisations du Collectif Nourrir, qui ne voient pas dans ce supposé “nouveau” système les changements significatifs qui permettront d’accompagner de manière satisfaisante les personnes non-issues du milieu agricole (NIMA) et les cédants dans leur diversité. Au regard de leur nombre (60 % des candidats) et de leurs aspirations (fermes à taille humaine, biologiques, etc.), les NIMA doivent être les cibles prioritaires d’une politique destinée à assurer le renouvellement des générations agricoles et la transition agroécologique.

    Le Collectif Nourrir souligne le besoin d’une “gouvernance rénovée” de tous les espaces de pilotage des politiques publiques sur la question, comme le point essentiel d’une réforme de l’accompagnement à l’installation et à la transmission efficiente. Si le gouvernement refuse d’ouvrir le pilotage et l’animation des parcours à la pluralité des organisations paysannes et citoyennes qui y concourent sur le terrain, il assumera le maintien d’un système dont l’organisation est à l’origine même de son échec à accueillir et à accompagner tous les profils. En outre, le Collectif alerte sur le danger de mesures foncières insuffisantes pour orienter l’utilisation des terres vers l’agroécologie et pour prioriser l’installation ou le renforcement des plus petites structures, et qui ne feront qu’accélérer la financiarisation du secteur agricole. Tout cela, au bénéfice d’une concentration toujours plus importante des terres, à l’heure où assurer la reprise des exploitations en rendant notamment possible la restructuration des plus grandes doit être une priorité pour maintenir un tissu dense de fermes viables et nourricières sur les territoires.

    Agir sur les crises climatique et de la biodiversité : un vœu pieux ?

    L’intention initiale était de faire converger les enjeux de renouvellement des générations agricoles et de transition. En effet, vouloir installer plus de paysans et paysannes doit être considéré comme un levier essentiel pour permettre la transition agroécologique et la massifier sur nos territoires. Les événements climatiques récents ne font que confirmer l’urgence à agir, tout comme la dramatique perte de biodiversité, dans les sols notamment. Le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a insisté sur l’importance de la planification écologique pour inscrire les actions dans la durée. Pour le Collectif Nourrir, cela passe par des choix politiques forts et des orientations claires sur le type de modèles agricoles et de production qu’il convient aujourd’hui de soutenir et privilégier. On ne peut plus nier les impacts néfastes de l’industrialisation de l’agriculture sur l’environnement et la santé. Ainsi, la transition écologique, qui implique de vrais changements de systèmes et non de simples ajustements ou une optimisation, doit être la véritable boussole du PLOAA. Et, en conséquence, des mesures fortes et additionnelles doivent permettre un soutien accru à l’agroécologie, dont l’agriculture biologique, et à la nécessaire transition vers des élevages paysans, alors qu’ils sont les premiers à disparaître au profit des productions animales industrielles. Au-delà des principes, nous attendons que ces annonces soient traduites dans des engagements concrets.

    Il est encore temps de reprendre et préciser cette première copie

    Les annonces préliminaires du ministre demandent à être précisées pour évaluer l’ambition réelle que se fixe le gouvernement sur la planification et l’orientation de notre agriculture. Les défis sont là. Au-delà de la démultiplication des plans et autres dispositifs, ce sont la cohérence, l’ambition et des choix clairs qui doivent piloter l’avenir de notre agriculture et de notre alimentation.

    Le Collectif Nourrir est résolument engagé pour une réorientation de notre agriculture afin de répondre aux crises multiples et assurer la souveraineté alimentaire pour toutes et tous, partout dans le monde. Cela demande une approche systémique qui doit, par ailleurs, ne pas laisser de côté les enjeux sanitaires, sociaux et économiques : un revenu et une retraite justes pour des agriculteurs à ce jour trop souvent insuffisants, une alimentation saine, durable et de qualité pour des citoyens de plus en plus nombreux à être confrontés à la précarité alimentaire et aux problèmes de santé publique.

    Nous appelons le gouvernement à renforcer son ambition en révisant et précisant ces premières annonces avant l’enclenchement officiel du processus (conseil des ministres, travaux parlementaires, décrets, etc.), et réitérons notre volonté d’y contribuer, pour éviter de faire accoucher ce chantier d’une souris. Le PLOAA se doit d’être ambitieux pour accompagner la transition vers un système agricole et alimentaire adapté aux territoires, qui respecte les limites planétaires, garantisse l’accès à une alimentation saine et durable, crée de l’emploi et permette l’autonomie des paysans et paysannes.

  • Des haies plantées pour protéger les cultures du vent, près de Pont-Audemer

    Des haies plantées pour protéger les cultures du vent, près de Pont-Audemer

    Les haies permettent de lutter contre le ruissellement et l’érosion et servent de brise-vent. Exemple à Trouville-la-Haule (Eure) avec le maraîcher l’Or de Gaïa.

    Depuis 2019, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD Terre Solidaire) et les Chrétiens dans le monde rural (CMR) ont lancé l’opération « Plantons des haies ! ». C’est en lisant l’encyclique Laudato si’ du pape François que le diacre Bernard Fagoo a pris conscience de l’urgence d’agir pour le climat. « L’objectif est de reconstituer un corridor écologique », annonce Bernard Fagoo. Depuis le lancement, 7 150 m de haies ont été plantés. Les bénéficiaires sont des agriculteurs et maraichers.

    À Trouville-la-Haule (Eure), près de Pont-Audemer, Laurent Havard, qui pratique le maraîchage en sol vivant (l’Or de Gaïa) a été l’un des premiers participants. « Nous sommes entrés en contact. Il s’est montré intéressé car il était exposé aux vents d’ouest », explique Bernard Fagoo (Laurent Havard n’a pu se rendre disponible NDLR). Cent mètres de noisetiers pourpres ont été plantés. « La première année, nous avons eu cinq projets pour 1 000 m de haies », ajoute-t-il.

    Les végétaux en vente

    Si vingt années seront nécessaires pour que la haie atteigne sa taille adulte, elle montre déjà son efficacité : « Les racines prennent du volume au fur et à mesure. Cela permet d’absorber l’eau », décrit Bernard Fagoo. Petit à petit, en grandissant, elle commence aussi à limiter le vent sur les cultures. Par la suite, les haies permettront également de capter le CO2. On considère qu’un kilomètre de haie adulte stocke trois tonnes de carbone par an.

    Depuis 2019, vingt-trois projets ont été réalisés dans la région de Pont-Audemer, dans l’Eure et quelques exploitations du Calvados et de Seine-Maritime. « Pour le moment, nous sommes allés jusqu’à Neufchâtel-en-Bray », remarque Bernard Fagoo. Des communes ont mené des projets, mais aussi des agriculteurs et des maraichers.

    Pour cette rentrée, les particuliers peuvent participer au financement de végétaux. Une cagnotte est ouverte. Les organisateurs espèrent obtenir 4 à 5 000 €. Les végétaux seront achetés au Parc naturel régional. Ils seront plantés pendant l’hiver, en décembre/janvier.

    Dons pour l’achat de végétaux auprès des Chrétiens dans le monde rural. Les participations supérieures à 30 € recevront un reçu ouvrant droit à une réduction de 66 % d’impôts. Les bénéficiaires intéressés par cette démarche peuvent contacter Bernard Fagoo (06 71 47 07 83).
  • Agriculture et commerce mondial : changer les règles du jeu pour lutter contre la faim

    Agriculture et commerce mondial : changer les règles du jeu pour lutter contre la faim

    Juin 2023 « Pour nourrir les populations de tous les pays et atteindre la souveraineté alimentaire, il faut changer les règles du commerce international »

    A quelques heures de la rencontre entre les ministres de l’agriculture européens et africains, des organisations de la société civile et une quinzaine d’élus soulignent, dans une tribune au « Monde », les conséquences pour l’Afrique de la dérégulation des marchés agricoles et financiers entre l’Union européenne et l’Union africaine.

    Vendredi 30 juin 2023, les ministres de l’agriculture européens et africains se réuniront à Rome pour « penser le futur de la coopération agricole entre l’Union africaine et l’Union européenne ». Malgré une volonté affichée de promouvoir des chaînes de valeur durables, ce sommet risque de passer totalement à côté de son ambition. Et pour cause, il fait fi des impacts catastrophiques d’un commerce international dérégulé sur le développement agricole et la souveraineté alimentaire, en particulier pour les pays africains. A l’échelle mondiale, nous produisons suffisamment, et même trop, et pourtant nous ne parvenons toujours pas à nourrir la planète : pour la sixième année consécutive, la faim continue d’augmenter. En effet, en encourageant la spécialisation des territoires plutôt que leur diversification, et en exposant les matières premières agricoles à la financiarisation, nous laissons le marché dérégulé décider à la place des populations et nous éloigner de notre souveraineté alimentaire. Loin de prendre la mesure de ces enjeux, la prochaine conférence UA-UE sur l’agriculture risque d’ouvrir un boulevard à la libéralisation à outrance des échanges agro-alimentaires entre les deux continents.

    Parler de régulation ne doit plus être un tabou : la souveraineté alimentaire doit guider les règles du commerce international. Loin du mythe de la concurrence pure et parfaite, nous oublions trop souvent que le marché met en compétition de manière faussée et déloyale des agricultures soumises à des normes et des contraintes très hétérogènes, disposant de moyens techniques et financiers très inégaux. Ce faisant, il limite l’essor de systèmes agricoles et alimentaires locaux et durables dans les pays du Sud, et précipite les modèles agricoles tournés vers l’export dans une course effrénée au moins-disant social et environnemental. Cette course à la matière première la moins chère coûte en réalité très cher à la société, et loin de résoudre le problème de la faim dans le monde, elle l’aggrave en accentuant la précarité et la vulnérabilité de la grande majorité des agriculteurs et des agricultrices. Les externalités de ce modèle sont largement sous-comptabilisées, alors qu’elles menacent la vie même des générations africaines présentes et à venir.

    STOPPER LA PROLIFÉRATION D’ACCORDS ÉCONOMIQUES DESTRUCTEURS ENTRE L’EUROPE ET L’AFRIQUE

    Voilà pourquoi nous voulons réaffirmer que pour nourrir les populations de tous les pays de manière saine, équitable et durable, et atteindre la souveraineté alimentaire à tous les niveaux, il faut changer les règles du commerce international.

    Nous devons mettre un terme à la prolifération des accords inéquitables, comme les Accords de partenariat économique (APE), qui au nom du libre échange, déstabilisent profondément les filières locales, privent les États de leur souveraineté alimentaire et enferment bien souvent les agricultures dans des modèles coûteux, intensifs et polluants, dont les conséquences sont désastreuses pour la santé humaine et pour l’environnement – comme l’illustre la filière cacao.

    Il n’est plus tolérable pour l’UE de promouvoir sans complexe un modèle tourné vers l’export, dont les productions bénéficient largement des subventions de la Politique agricole commune (PAC).  Cette politique de soutien aux exportations, qui s’apparentent à du dumping alimentaire, exerce une prédation inacceptable sur la souveraineté alimentaire des pays tiers et le développement de leurs filières locales. A titre d’exemple, avant l’agression russe de l’Ukraine, la farine de blé français se vendait moins chère au Sénégal que les farines de mil ou de maïs produites et transformées localement.

    Enfin, à la dérégulation des échanges agricoles s’ajoute la dérégulation des marchés financiers : il est inadmissible de laisser les acteurs financiers spéculer et tirer des profits exceptionnels de la crise alimentaire, comme ce fut le cas l’été dernier sur les cours du blé de la Bourse de Paris. Au plus fort de la crise, en juin 2022, 80% des achats y étaient le fait de spéculateurs, nourrissant une flambée des prix du blé sans précédent partout dans le monde.

    La France, moteur  dans la lutte contre l’insécurité alimentaire mondiale, doit prendre ses responsabilités sur le sujet

    Nous demandons à la France  de défendre une position cohérente le 30 juin prochain, pour mettre les relations commerciales UA-UE au service de la souveraineté alimentaire.

    Nous nous faisons l’écho de la déclaration de la société civile et des organisations de producteurs  africaines pour mettre la justice et le droit à l’alimentation au cœur de la coopération entre l’Europe et l’Afrique, et défendre des systèmes alimentaires durables.

    Le commerce international dépassant largement les seules relations UA-UE, nous demandons également à la France d’initier, sous l’égide du Comité de la Sécurité Alimentaire Mondiale et avec le soutien des instances onusiennes adéquates, une initiative internationale visant à réguler les marchés et interdire toute spéculation financière excessive sur les prix de l’alimentation.

    Rédacteurs de la tribune : 

    Clotilde Bato, Déléguée Générale – SOL, Alternatives Agroécologiques et Solidaires 

    Sylvie Bukhari-de Pontual, Présidente – CCFD-Terre Solidaire 

    Signataires de la tribune : 

    Agnès Renauldon, Membre du Bureau collégial – Fédération Artisans du Monde Alice Picard, Porte-parole – Attac France Anne-Françoise Taisne, Déléguée Générale – CFSI Armelle de Saint Sauveur, Co-Présidente – Slow Food France Arnaud Le Gall, Député de la 9e circonscription du Val-d’Oise ; Aurélie Trouvé, Députée de la 9e circonscription de la Seine-Saint-Denis ; Benoît Biteau, Député européen ; Blaise DESBORDES, Directeur Général – Max Havelaar France Caroline Roose, Députée européenne ; Claude Gruffat, Député européen ; Clotilde Bato, Déléguée Générale – SOL, Alternatives Agroécologiques et Solidaires Cyrille Moulin, Président – Bio Equitable France ;  Damien Carême, Député européen ; Daniel Breuiller, Sénateur du Val-de-Marne ; Daniel Salmon, Sénateur d’Ille-et-Vilaine ; David Cormand, Député européen ; Dominique Potier, Député de la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle ;  Evelyne Boulongne, Administratrice et porte-parole – MIRAMAP François Alfonsi, Député européen ; Françoise Vernet, Présidente – Terre et Humanisme Frédéric Apollin, Directeur Général – AVSF Frédéric Pénard, Directeur général – Action contre la Faim Gwendoline Delbos-Corfield, Députée européenne ; Ibrahima Coulibaly, Président – ROPPA ; Jean-Claude TISSOT, Sénateur de la Loire ; Jean-Luc BAUSSON et Margot CHEVALIER, Co-président-e-s – CMR Jean-Paul SIKELI, Secrétaire Exécutif – COPAGEN Joël Labbé, Sénateur du Morbihan ;  José Tissier, Président – Commerce Equitable France Karima Delli, Député européenne ; Karine Jaquemart, Directrice – Foodwatch Laurence Marandola, Porte-parole – Confédération paysanne Luc Arnaud, Directeur Général – GRET ; Manon Aubry, Députée européenne ; Marie Toussaint, Députée européenne ; Massa Koné, Porte parole – Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau en Afrique de l’Ouest (CGLTE-AO) Mathilde Hignet, Députée de la 4e circonscription d’Ille-et-Vilaine ; Michèle Rivasi, Députée européenne ; Mounir Satouri, Député européen ; Nadège Abomangoli, Députée de la 10e circonscription de la Seine-Saint-Denis ; Nelly Vallance, Présidente – MRJC Pascal Savoldelli, Sénateur du val de marne ; Quentin Ghesquière, Chargé de plaidoyer Agriculture et sécurité alimentaire – Oxfam France Raymonde Poncet Monge, Sénatrice du Rhône ; Sandrine Le Feur, Députée de la 4e circonscription du Finistère ; Saskia Bricmont, Députée européenne ; Sylvie Bukhari-de Pontual, Présidente – CCFD-Terre Solidaire Robert Levesque, Président – AGter Tanguy Martin, Porte parole – Ingénieurs sans Frontières AGRISTA Violette Auberger, Représentante – Les Ami.e.s de la Confédération paysanne Yvan Savy, Directeur – CIWF Raja Jbali, Présidente – Terre et Humanisme Maroc ; Yannick Jadot, Député européen.

  • Pour agir, quel est mon territoire ? Session 2023-2024

    Pour agir, quel est mon territoire ? Session 2023-2024

    « POUR AGIR, QUEL EST MON TERRITOIRE ? »

    Une formation innovante…

    Qui associe en même temps salariés et bénévoles du mouvement

    Qui se délocalise au sein d’une fédération CMR pour mettre en pratique et expérimenter tout de suite !

    C’est pensé pour être pratique et transposable sur ta fédération !  Bref, c’est pour vous ! C’est pour toi !…

    Le CMR, mouvement d’éducation populaire, met en place cette formule nouvelle de formation qui veut associer les salariés du CMR (Animateurs Permanents Fédéraux -APF, et membres de l’équipe nationale (EN), et des membres bénévoles du CMR (administrateurs, membres des équipes fédérales, bénévoles mandatés par la fédération).

    Cette formation va vous permettre de mieux connaître votre fédération pour mieux y développer le CMR.

    Chaque participant deviendra beaucoup plus outillé pour :

    • Développer le CMR sur sa fédération (sur un territoire ciblé : canton, paroisse etc.)
    • Identifier les forces vives, les difficultés, les richesses de sa propre fédération
    • Connaître la réalité rurale de son territoire
    • Connaitre les différentes structures, personnes avec qui l’on pourrait collaborer, fonder, mobiliser sur les territoires
    • Mettre en œuvre des actions concrètes sur sa propre fédération
    • Se soutenir en étant deux par fédérations pour pouvoir mobiliser sa propre fédération
    • Donner envie à d’autres membres de sa fédé, de sa région de se mettre dans la même démarche et de reproduire la formation ailleurs.

    A travers cette démarche d’ALLER-VERS, vous sentez bien tout l’intérêt d’associer les salariés et les bénévoles dans la même formation.

    En immersion sur le terrain

    La formation sera réalisée en partie sur le « terrain », au sein d’un territoire et plus particulièrement cette année dans le département de la Moselle où nous serons accueillies par les membres de la fédération de Moselle. Nous serons hébergés à Saint Jean de Bassel. Cette immersion nous permettra d’être concret et en relation avec des réalités locales. Quelques modules seront aussi proposés en visioconférence

    La formation pour qui ?

    Cette formation s’adresse :

    • Aux Animateurs Permanents Fédéraux (APF), et aux membres de l’Equipe nationale ;
    • Aux membres élus des fédérations (Equipe Fédérale, CA), aux membres élus du CA National
    • Aux bénévoles des fédérations mandatés pour faire la formation et qui auront pour mission de la mettre en œuvre, ensuite, au sein de leur propre fédération et/ou région.

    Pour permettre une appropriation de cette formation par les participants, chaque fédération sera composée de deux personnes.

    • Pour les fédérations sans APF : 2 membres par fédération (dans la mesure du possible avec au moins une personne membre du CA de la fédération)
    • Pour les fédérations avec APF : 1 APF + 1 membre de la fédération

    Quelles fédérations sont concernées par cette action ?

    Les places étant limitées, nous ne pouvons pas former toutes les fédérations en même temps. L’an dernier nous avons organisée une première formation avec les régions Occitanie, Nouvelle Aquitaine, Auvergnes Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d’Azur.

    Cette année c’est autour des fédérations des régions : Grand-Est, Iles de France, Hauts de France, et Bourgogne Franche-Comté

    Les personnes de votre région qui auront été formées auront pour mission de faire partager le contenu de la formation aux fédérations qui n’auront pas pu y participer, en organisant sur les régions un temps d’échange, voir en expérimentant la formation au niveau local.

    Dates de la formation pour 2023-2024

    Nous alternerons des temps en visioconférence et des temps pratique sur la fédération.

    La durée totale de la formation est de 39 heures répartie sur 6.5 jours.

       Année 2023-2024
    Séquences Jours Nombre d’heures Types et horaires
               1 Mercredi 20 décembre 2023 3 En zoom – 19h à 22h
    2 Samedi 20 janvier 2024 3 En zoom – 9h à 12h
    3 Vendredi 23 et samedi 24 février 2024

    Les participants arrivent la veille, le jeudi 22 février en soirée pour commencer le vendredi à 9h00

    12 En présentiel à Saint-Jean-de Bassel
    4 Samedi 9 mars 2024 3 En zoom – 9h à 12h
    5 Vendredi 22 et samedi 23 mars 2024

    Les participants arrivent la veille, le jeudi 21 mars en soirée, pour commencer le vendredi à 9h00

    12 En présentiel à Saint-Jean-de Bassel
    6 Samedi 4 mai 2024 6 En présentiel à Paris

     

    Le cout de la formation

    Le tarif de la formation comprend : les frais pédagogiques ainsi que les frais de nourritures et d’hébergement.

    Attention : Les frais de transports des séquences 3, 5 et 6 ne sont pas compris dans le montant de la formation, ils sont à la charge des fédérations, ainsi que le montant des frais pédagogiques et de restaurations.

    • Pour les APF : vous pouvez solliciter vos OPCO (Opérateur de Compétences), mais aussi vos diocèses. Vous aurez pour cela besoin de divers documents se rapprocher du CMR national. Il ne faudra pas tarder à faire les demandes.

    Nous avons demandé une subvention nationale au FDVA qui viens en déduction du montant global de la formation pour chaque bénévole.  Par ailleurs les fédérations qui rencontreraient des difficultés pour financer cette formation, peuvent solliciter la caisse de solidarité du CMR.

      Pour les salariés du mouvement (APF et EN) Pour les membres du CMR
    Frais hébergements et nourriture 218 €00 218 €00
    Frais pédagogique 914 €00 914 €00
    La part FDVA pour les bénévoles 0€00 (- 195 €00)
    TOTAL 1132 € 00 par personne 937 €00 par personne

    Attention les tarifs sont à titres indicatifs, nous attendons le devis du lieu d’hébergement pour affiner les tarifs.

    Le fond de solidarité :

    Le CMR national dispose d’un « fond de solidarité » qui peut être sollicité par les fédérations qui auraient des difficultés à mobiliser les fonds nécessaires ; Pour cela vous devrez envoyer un mail à asilveira@cmr.cef.fr en précisant le montant sollicité. Celui-ci ne peut-être qu’une partie des frais pédagogiques.

    Organisme de formation

    La formation est assurée par le CIEDEL (Centre International d’Etudes pour le Développement Local) plus d’infos www.ciedel.org

    Inscriptions

    Nous vous ferons parvenir au mois de septembre un formulaire d’inscriptions, mais d’ore et déjà vous pouvez nous envoyer un mail pour nous dire que votre fédération est intéressée pour suivre cette formation.

    Contacts

     

     

    Antonio SILVEIRA

    Coordinateur national

    Tél. 01 69 73 25 25Port. 06 44 84 43 64

    Email. asilveira@cmr.cef.fr

      Jean-Luc BAUSSON

    Co-président national

    Port. 06 78 52 91 49

    Email. baussonjeanlucmariclaire@gmail.com

  • Sainte-Soline : non à la violence et oui à la destination universelle des biens !

    Sainte-Soline : non à la violence et oui à la destination universelle des biens !

    Devant les événements qui se sont produits à Sainte-Soline, le 25 mars dernier, le mouvement Chrétiens dans le Monde Rural (CMR) se sent concerné. Nous voulons affirmer notre opposition à toute forme de violence et nous souhaitons rappeler notre attachement à la destination universelle des biens communs de l’humanité que sont : l’eau, la terre, la biodiversité, le vivant.

    1) En CMR, nous réaffirmons notre opposition à toute forme de violence

    La violence qui détourne la manifestation de son objectif ou qui fait peur au point de ne plus oser rejoindre les lieux de rassemblements. La violence provoquée par l’exercice du pouvoir, ses méthodes, son acharnement à vouloir passer en force au service de l’intérêt de quelques-uns. La violence par le déploiement de tant de moyens, le 25 mars (plus de 3000 CRS, 4000 grenades, hélicoptères, drones, brigades motorisées à quad…).
    Tout ceci provoque notre indignation.
    Sur cette question, nous rejoignons et adhérons aux propos de Don Helder Camara dans son analyse sur la violence.
    « Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’Hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.
    La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.
    La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.
    Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. » (Don Helder Camara)

    2) Face à la crise climatique que nous traversons, nous devons préserver et partager nos ressources en eau

    • « L’eau ne doit ni être gaspillée ni utilisée à mauvais escient, ni être raison de guerres, mais doit
    être préservée pour nous et les générations futures » (Pape François – 22 mars 2023)
    • Précisément pour cela, prendre soin des sources et des bassins hydriques est un impératif urgent.
    Aujourd’hui, plus que jamais, il faut un regard qui aille au-delà de l’immédiat, au-delà du critère
    utilitariste d’efficacité et de productivité pour le bénéfice individuel. Toute privatisation du bien
    naturel de l’eau au détriment du droit humain de pouvoir y avoir accès est inacceptable ». (Pape
    François – Sept 2018)
    Le CMR est très proche du monde agricole et de ses acteurs. Nous reconnaissons que l’eau est indispensable en agriculture : bien sûr, c’est une évidence, mais pour quelle agriculture, quelles productions ? Quel modèle agricole préservera au mieux la ressource ?

    Là encore, l’équipe CMR peut être un lieu propice pour vivre ces débats, passionnés, mais dans le discernement : « En tant que chrétiens et chrétiennes, que nous disent la Bible et la Pensée sociale de l’Eglise ? Que nous dit le Pape François dans Laudato Si et Fratelli Tutti ? »

    Il est urgent de nous questionner : Quelle planète, quelle terre allons-nous laisser à nos enfants et nos petits enfants ? « Tous frères et sœurs, c’est ensemble que nous avons à pèleriner sur cette terre » (Fratelli Tutti).

    Margot Chevalier, Jean Luc Bausson, Co Présidents

    07 04 2023 Ste Soline Eau Violence Communiqué CMR final

     

  • Les F’Estivales 2023 du CMR

    Les F’Estivales 2023 du CMR

    Pendant de très nombreuses années chaque été le mouvement organisait en relation avec des fédérations ou régions les « Vacances Formation ». Pendant 7 jours, plus particulièrement des membres du CMR se retrouvaient pour réfléchir autour d’un sujet et pour visiter une région. Après plusieurs années avec le nom « Vacances Formation », nous avons décidé de changer de format et de leur donner un nouveau nom « Les F’Estivales ».

    Aller-vers et cheminer avec
    Nous souhaitons mettre l’accent sur l’invitation et notre « slogan » « Aller vers et cheminer avec » et remettre au cœur de nos démarches : La dimension des territoires ruraux, et renforcer nos démarches d’éducation populaire.

    Une thématique au cœur de notre démarche d’éducation populaire
    Une thématique sera le fil conducteur : Cette année « les familles » avec pour objectif que toutes les productions aboutissent à une parole du CMR sur cette question.

    Deux journées seront consacrées au « Voir » : avec des temps de présentation des participants, de préparation des visites et entretiens. Nous irons par petits groupes à la rencontre d’une diversité d’acteurs qui sont impliqués sur le sujet et nous expérimenterons des outils d’éducation populaire.
    Une autre journée sera consacrée au « juger-discerner » qui permettra de creuser le thème à partir des rencontres et des visites de terrain. Nous serons accompagnés pour cela par une ou des personnes qualifiées sur le sujet. Ces personnes peuvent être des « intervenants extérieurs », soit des participants qui ont une expérience sur le sujet.
    Une journée sera consacrée à « l’agir » pour regarder en quoi cette thématique nous interpelle personnellement, mais aussi quelles pistes d’actions pour le mouvement au niveau local et national. Nous aurons aussi des temps pour célébrer tout cela, par des temps spirituels et de célébration eucharistique.
    Des visites touristiques :
    Pendant les 5 jours, des visites du patrimoine, des balades seront proposées pour connaître le territoire qui nous accueille. Si vous avez des enfants ou des ados et jeunes, nous travaillerons avec l’ACE et le MRJC pour leur proposer des temps spécifiques.

    CMR – Programme des Rencontres F’Estivales 2023

    Plaquette F’Estivales 2023

    Les rencontres F’EstIVALES DU CMR (2)


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  • WEBINAR : Découvrir le CMR

    WEBINAR : Découvrir le CMR

    WEBINAR : Découvrir le CMR ?
    ==> INSCRIVEZ-VOUS
    Vous vous posez des questions sur le CMR (Chrétiens dans le Monde Rural)? Une association d’éducation populaire (agrée par le ministère depuis très longtemps) et un mouvement d’Action Catholique. Venez nous découvrir lors de deux Webinar (les deux sont complémentaires), les 12 avril et 17 mai de 20h à 22h. Pour vous inscrire : https://docs.google.com/…/1FAIpQLSdfGR8ASCW49U…/viewform
  • Réaction du CMR à la crise sociale engendrée par la réforme des retraites mars 2023 Dialogue social, lutte contre l’exclusion économique et sociale, et remise en cause de la place du travail dans nos vies.

    Suite à la décision et à la méthode adoptées par le gouvernement français, jeudi dernier, 16 mars 2023, pour l’adoption de la loi sur la réforme des retraites… Face aux réactions immédiates, partout en France, laissant apparaitre une profonde crise sociale, économique et politique, le CMR se sent concerné, par l’impact que ces décisions auront, en particulier, en rural  et  a décidé de réagir par ce communiqué.

    Nous, femmes et hommes, membres de Chrétiens dans le Monde Rural, mouvement d’action catholique et d’éducation populaire, sommes opposés à la réforme des retraites en cours par le gouvernement et nous appelons ce dernier à mettre en œuvre une vraie politique de lutte contre la précarité en milieu rural.

    En effet, de par notre action de terrain, nous sommes sensibles à la précarité et à la désespérance qui se développent dans les territoires ruraux. Agriculteurs, familles monoparentales, retraités modestes, qui avaient des métiers pénibles physiquement, tous sont touchés par l’éloignement des services publics, le manque d’emplois et les problèmes de transports. Du fait des réformes antérieures, beaucoup doivent survivre avec de petites retraites, en particulier les femmes, dont les carrières sont parfois incomplètes parce qu’elles se sont occupées des autres bénévolement.

    En tant que chrétiens, attachés à la justice sociale et à la démocratie participative, nous sommes révoltés par cette réforme des retraites, qui consiste à faire payer aux plus modestes « le risque financier encouru par la France », alors que dans le même temps les entreprises du CAC 40 ont reversé plus 80 milliards d’euros à leurs actionnaires : le capitalisme de la rente croît et embellit.

    Le refus du gouvernement d’entendre les syndicats, unanimes, qui demandent d’agir sur d’autres leviers, et le passage en force du gouvernement qui a recours à l’article 49-3 de la constitution pour faire passer le texte, nous scandalisent.

    En effet, nous craignons que ce déni de la démocratie sociale comme de la démocratie représentative, ne débouche sur des violences qui affecteront là encore principalement les plus modestes, et fasse le lit de l’extrême droite.

     

    Nous sommes en particulier inquiets pour les jeunes, qui risquent d’avoir encore plus de difficultés à s’insérer professionnellement, si cette réforme est appliquée. Or les moins de 25 ans n’ont pas droit au RSA et risquent de se retrouver à la charge de leurs familles, elles aussi durement touchées par la précarité, voire, pour certains jeunes, dans la rue, sans domicile fixe.

    Plus globalement, nous, membres de Chrétiens dans le Monde Rural, invitons l’ensemble de la Société française à réfléchir sur son rapport au travail et au partage des richesses. En tant qu’association et mouvement d’Eglise, nous savons la valeur du bénévolat, souvent offert par des personnes retraitées, qui donnent leur temps et leurs talents pour le bien commun, dans les domaines de la solidarité, de l’éducation au sens large, et du soin aux personnes et à la Création.

    Attachés à la dignité de chaque personne, quel que soit son travail, et inspirés par la Parole : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25,40), nous voulons, plus que jamais, en ces temps de violence économique et sociale, contribuer à construire une société plus démocratique et plus juste, par l’écoute et la considération des clameurs des plus faibles, en particulier dans le monde rural. Et nous attendons du gouvernement une vraie politique de lutte contre la précarité, en particulier pour les personnes du monde rural.

    Mouvement Chrétiens en Monde Rural