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  • Sur les routes du Festi’Rural : les fédérations du CMR unies à vélo pour rejoindre l’événement

    Sur les routes du Festi’Rural : les fédérations du CMR unies à vélo pour rejoindre l’événement

    À l’occasion du prochain Festi’Rural, les fédérations du CMR se lancent un défi inspirant : parcourir un circuit à vélo reliant différentes étapes pour rejoindre le lieu de ce grand rendez-vous rural ! Ce périple à travers nos campagnes n’est pas seulement un moyen de déplacement, mais un geste fort, symbolisant notre attachement aux territoires, notre esprit d’équipe, et notre engagement pour une mobilité respectueuse de l’environnement.

    Un itinéraire plein de sens et de découvertes

    Le circuit a été pensé pour permettre à chaque fédération de s’immerger dans les paysages de nos régions et d’échanger avec les acteurs locaux. À chaque étape, nos cyclistes s’arrêteront pour des moments de rencontre, que ce soit avec des agriculteurs, des artisans, ou des associations locales. Ces pauses seront autant d’occasions d’échanger, de découvrir les réalités locales, et de valoriser les richesses culturelles et patrimoniales des territoires.

    La solidarité et l’engagement, au cœur de l’événement

    Ce voyage à vélo incarne les valeurs du CMR : le sens du collectif, la solidarité, et l’envie de construire ensemble un monde rural plus humain et durable. En reliant leurs forces pour pédaler vers un but commun, les membres des fédérations montrent leur engagement concret et leur volonté de porter haut les valeurs du CMR.

    Rejoignez-nous dans cette aventure !

    Le départ aura lieu le mardi 19 aout à la Roche-sur Yon (Vendée) pour une arrivée au Lioran (Cantal) le vendredi 22 aout. Chacun est invité à encourager les cyclistes ou même à pédaler avec eux pour une étape. Suivez leur parcours en temps réel sur nos réseaux sociaux, où nous partagerons des photos, des anecdotes, et des moments forts de ce périple.

    Ce circuit est une belle occasion de vivre un moment de fraternité avant de se retrouver au Festi’rural. Ensemble, faisons de ce trajet un moment fort de partage et de rencontre, à l’image de nos territoires et de notre engagement commun !

    Ce circuit s’adresse à des cyclos entrainés à l’endurance avec des étapes qui peuvent durer entre 5 et 8 h de vélo par jour selon la longueur de l’étape et le dénivelé.

    Un minibus avec 1 ou 2 accompagnateurs et avec remorque suivra les cyclos pour le transport des bagages et la récupération d’éventuels abandons sur le trajet ainsi que le retour du Lioran.

    Plus d’infos : cmr@cmr.cef.fr ou contact@festirural.org

  • Elections européennes : agir à la lumière de Laudato si

    Elections européennes : agir à la lumière de Laudato si

    le CMR a co-signé la lettre ouverte d’interpellation des candidats aux élections européennes proposée par le Mouvement Laudato Si à l’occasion de la Journée de l’Europe le 9  mai. Voici cette lettre :  la publication d’une lettre ouverte,

    Cette lettre a fait l’objet d’une tribune dans La Croix qui présente la démarche et les idées portées par la trentaine de signataires.

    Nous vous invitons, en tant que citoyens, à relayer à votre tour cette lettre aux députés européens, pour décupler et personnaliser cette interpellation. Pour ce faire, voici la démarche à suivre :

    Voici les étapes à suivre, proposé par le Mouvement Laudato Si France : 

    1. Téléchargez la lettre au format PDF en cliquant ici
    1. Rédigez un email personnalisé et joignez la lettre en PDF. Vous pouvez vous inspirer des propositions suivantes en complétant les passages surlignés

    Bonjour madame, bonjour monsieur,

    Vous vous portez candidat(e) aux prochaines élections européennes, ce qui est une grande responsabilité, au service du bien commun. Je m’appelle XXX et j’habite à XXX. Chrétien engagé dans XXX, inspiré par ma foi, je pense que la protection de notre maison commune me semble être un enjeu très important  pour l’Europe dans les années à venir. 

    Une trentaine d’organisations catholiques et chrétiennes ont écrit une lettre qui vous est adressée, afin de connaître vos engagements sur des mesures concrètes allant dans le sens de l’écologie intégrale. Je suis pleinement en accord avec cette lettre, que je me permets de vous envoyer en copie de cet email.

    En comptant sur votre engagement pour le bien commun et la protection de notre maison commune, je vous prie d’accepter mes plus sincères salutations. 

    XXX

    1. Envoyez un email aux listes et candidats que vous souhaitez (en mettant eloi@laudatosimovement.org en copie cachée (cci) afin de pouvoir compter le nombre d’emails envoyés au total). Tenez-nous au courant si vous avez une réponse à votre email. Voici pour vous aider une liste des principales têtes de listes et leur adresse email.
    Les RépublicainsFrançois-Xavier Bellamyfrancois-xavier.bellamy@europarl.europa.eu
    Les EcologistesMarie Toussaintmarie.toussaint@europarl.europa.eu
    France Insoumise (LFI)Manon Aubrymanon.aubry@europarl.europa.eu
    PS/Place publiqueRaphael Glucksmannraphael.glucksmann@europarl.europa.eu
    RenaissanceValérie Hayervalerie.hayer@europarl.europa.eu
    Rassemblement nationalJordan Bardellajordan.bardella@europarl.europa.eu

    contacter eloi@laudatosimovement.org pour toute question.

  • La mobilité en milieu rural : feu rouge pour les personnes les plus précaires

    La mobilité en milieu rural : feu rouge pour les personnes les plus précaires

    Le Secours Catholique-Caritas France publie un rapport sur la mobilité en milieu rural afin de mettre en lumière ses constats en partant du vécu des personnes accompagnées et des actions menées à leurs côtés. L’élaboration de ce rapport est également le fruit d’un groupe de travail réuni par le Secours Catholique qui regroupe huit associations partenaires : la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB), Chrétiens dans le Monde Rural (CMR), la Croix-Rouge française, Emmaüs France, le Réseau Action Climat (RAC), France Nature Environnement (FNE), la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) et le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC).

    L’objectif est de faire front commun et de mettre en avant 11 propositions en matière de politiques publiques pour faire de la mobilité inclusive et durable une réalité dans les territoires ruraux. L’enjeu est aussi de lancer un appel à la responsabilité des pouvoirs publics, car on ne peut se satisfaire ni de la précarité dans laquelle la dépendance à la voiture et l’éloignement des services enferment trop d’habitants des territoires ruraux, ni des conséquences environnementales et sanitaires de la dépendance à la voiture.

    Lire le rapport

  • PROJET DE LOI D’ORIENTATION AGRICOLE : UN TEXTE NI COHÉRENT, NI AMBITIEUX

    PROJET DE LOI D’ORIENTATION AGRICOLE : UN TEXTE NI COHÉRENT, NI AMBITIEUX

    Après de nombreux reports, le gouvernement a présenté le 29 mars son projet de loi d’orientation pour la souveraineté agricole et le renouvellement des générations agricoles  en Conseil des Ministres. Le Collectif Nourrir regrette l’absence de cap sur le renouvellement des générations, le manque d’ambition et de cohérence avec les enjeux de transition écologique, et une vision trompeuse et lacunaire de la souveraineté alimentaire. Le Collectif Nourrir invite les parlementaires à se saisir de ses propositions pour que cette loi réponde réellement aux objectifs de renouvellement de générations agricoles en capacité de faire face aux enjeux du changement climatique et des équilibres mondiaux.

    La France doit respecter la définition de souveraineté alimentaire reconnue par le droit international 

    Le texte propose d’ériger la souveraineté alimentaire comme une priorité stratégique des politiques publiques. Or il s’appuie sur une vision de la souveraineté alimentaire qui va à l’encontre de la définition reconnue au niveau international (UNDROP 2018), laquelle s’applique pourtant à tous les Etats membres de l’ONU. Pour se mettre en conformité et répondre aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux sous-jacents à ce concept, les dimensions suivantes doivent être intégrées : droits des paysans et droit à l’alimentation, démocratie alimentaire — à savoir l’inclusion des citoyens et de la société civile dans la construction des politiques agricoles et alimentaires, fin des pratiques commerciales françaises et européennes de dumping alimentaire fragilisant les paysans ailleurs dans le monde, rééquilibrage des échanges commerciaux au profit d’un commerce plus juste et d’une reterritorialisation des systèmes alimentaires, réduction drastique de la dépendance aux importations d’intrants. 

    Le dispositif pour l’installation doit être neutre et pluriel, c’est une question de démocratie

    L’objectif initial du texte de loi était d’assurer le renouvellement des générations agricoles face à la disparition massive d’agriculteurs en France. Pourtant, aucun cap n’est fixé quant au nombre d’installations agricoles visées chaque année, ce qui devrait être la pierre angulaire de la stratégie de renouvellement des générations, et aucun article ne traite de l’accès au foncier, point de passage obligatoire pour toute installation en agriculture. Par ailleurs, la réforme du parcours à l’installation agricole et à la transmission des fermes, dans sa préfiguration, ne pose pas les bases nécessaires pour répondre aux besoins de tous les porteurs de projets et n’oriente pas clairement vers l’agroécologie et l’agriculture biologique. Le futur dispositif “France services agriculture” (FSA) manque de mécanismes concrets pour cadrer les missions des Chambres d’agriculture et ne respecte pas le principe de neutralité, en omettant de prendre en compte la diversité des acteurs de l’installation agricole. 

    Il est urgent d’assumer une orientation de l’agriculture vers l’agroécologie paysanne et l’agriculture biologique

    62% des agriculteurs estiment que la transition écologique est une nécessité et 23% une opportunité*. Mais loin de faire de ce projet de loi un levier de la transition, le texte présenté ce jour se caractérise à l’inverse par des reculs environnementaux importants – notamment en facilitant l’arrachage de haies, le développement d’élevages industriels et les méga-bassines. En faisant l’amalgame entre simplifications administratives — nécessaires — et dérégulations environnementales, le gouvernement prend le risque de retarder une nouvelle fois les évolutions indispensables pour assurer la survie de l’agriculture et de notre souveraineté alimentaire à long terme. L’ajout dans l’article 1 de la notion “d’intérêt général majeur” pour l’agriculture, dont l’impact doit encore être soumis à débat juridique, tend à confirmer une volonté d’opposer développement agricole et environnement. Alors que les impacts des dérèglements climatiques sont au premier rang des préoccupations des agriculteurs, il est pourtant essentiel, pour prévenir les futures crises, de renforcer l’incitation et l’accompagnement humain, technique et financier vers l’agroécologie paysanne et l’agriculture biologique. 

    “Les mobilisations agricoles ne doivent pas être instrumentalisées au profit de reculs sur le plan sociétal et environnemental. Elles sont au contraire le signe de l’impérieuse nécessité d’une modification en profondeur de notre système agricole et alimentaire. Nos organisations appellent à ce que le débat parlementaire permette un renforcement de l’ambition et de la cohérence du texte, et annulent les reculs. Nous avons des propositions concrètes et nous comptons sur les parlementaires pour faire du renouvellement des générations, de la transition agroécologique et du renforcement de la souveraineté alimentaire non pas un slogan mais une réalité.” estime Clotilde Bato, co-présidente du Collectif Nourrir.

    Plus d’infos : retrouvez la campagne “Avec ou Sans Paysan·nes”

    *Enquête réalisée auprès de 607 agriculteurs par BVA Xsight en partenariat avec le Collectif Nourrir et Terra Nova

  • Un modèle agricole à bout de souffle

    Un modèle agricole à bout de souffle

    Comment ne pas comprendre la colère du monde agricole qui monte aujourd’hui en France et dans d’autres pays européens ?

    Le CMR, Chrétiens dans le monde rural, parce qu’il est fortement ancré sur les territoires ruraux et compte nombreux agriculteurs et agricultrices parmi ses membres, constate depuis de nombreuses années les inégalités et incertitudes croissantes, la précarité, l’isolement et le désespoir de personnes écrasées par les dettes. Également la perte de sens d’un métier pourtant indispensable à la société, dont l’un des marqueurs est le nombre croissant de suicide dans cette profession (on parle de 1 par jour).

    Que nous révèle cette crise ?
    – Un système économique, basé sur des accords de libre-échange et leur capacité à exporter partout dans le monde, ce qui appauvrit et fragilise des femmes et des hommes en France et au-delà
    – Une appropriation, voire une privatisation au profit de quelques-uns, des biens communs universels que sont la terre et l’eau
    – Une aliénation de la dignité de chaque homme et chaque femme
    – Une marchandisation toujours plus importante de l’agriculture, alors que son rôle premier est de satisfaire une fonction principale : se nourrir correctement avec une alimentation de qualité
    – Une nécessaire prise en compte du réchauffement climatique, qui demande une adaptation inévitable et urgente de tous nos systèmes d’activités, y compris dans l’agriculture.

    Le CMR se veut être force de proposition et propose ainsi de bâtir ensemble une éthique pour une culture agricole et rurale, soucieuse de satisfaire les besoins alimentaires sur tous les territoires, avec une gestion du milieu vivant pour le bien de l’humanité, dans le respect du bien commun, de sa richesse et sa diversité et dans le respect de la dignité des personnes.

    Pour cela, le CMR en appelle à la responsabilité :
    – Des consommatrices et consommateurs que nous sommes, tous prêts à nous interroger sur les conséquences de nos façons de consommer pour les producteurs d’ici et d’ailleurs et l’environnement.
    – Des citoyennes, des citoyens à interpeller les députés, à questionner les orientations en matière d’agriculture et d’environnement pour la préservation du vivant sous toutes ses formes (Les élections européennes approchent , quels enjeux? quelles orientations? )
    – Des agricultrices et agriculteurs dans leurs interrogations sur les conséquences de leurs façons de produire, de valoriser et de vendre leurs produits, pour les humains et la nature.
    – Des organisations agricoles et para-agricoles dans la mise en place des moyens humains pour accompagner les agricultrices et agriculteurs dans le changement de leurs pratiques culturales en vue d’une agriculture qui réponde mieux aux défis du dérèglement climatique, aux défis environnementaux et aux enjeux de justice sociale et de sécurité alimentaire (notamment par le développement d’une agriculture paysanne résiliente)
    – Des organisations coopératives en particulier, en vue de retrouver ou de réaffirmer le sens de la solidarité qui les a fait naître,
    – Des structures de transformation et de distribution afin de restituer à leurs fournisseurs que sont les paysans, la part de la valeur ajoutée qui leur revient dans une logique de juste prix (application de la loi Egalim)
    – Des pouvoirs politiques et publics pour assumer le rôle de régulateur garant du bien commun qui leur incombe, du local au global
    – De la société civile qui a un rôle à jouer pour inciter et soutenir les pouvoirs publics à agir en matière de régulation des marchés agro-alimentaires et de politiques de souveraineté alimentaire.

    Nos pistes d’action :

    1. Réduire la charge administrative trop pesante. Nous proposons que les agricultrices et les agriculteurs définissent eux-mêmes leur cahier des charges avec des mesures adaptées à leur exploitation.
    2. Proposer un système qui permettrait de stabiliser les revenus. On a parlé d’assurance revenu mais qu’en est-il à ce jour ? Il y a une loi Egalim que le gouvernement ne fait pas respecter, il y a de la concurrence déloyale avec les importations de denrées produites dans des conditions qui ne sont pas autorisées en France.
    3. Mettre en place un système de régulation des imports/exports qui éviterait de nuire autant à l’agriculture française qu’à celle du pays exportateur
    4. Permettre une retraite décente en réduisant la fiscalité et en réadaptant le régime de cotisations sociales spécifiques qui oblige à cotiser à une caisse de retraite complémentaire si leurs revenus le leur permettent.
    5. Redéfinir la place et le rôle de l’agrofourniture et de l’agroalimentaire.
    6. Encourager l’autonomie des systèmes de production, l’accompagnement à la transition écologique et les circuits courts.

    Le CMR est un lieu propice pour vivre ces débats actuels, passionnés, mais dans le discernement. Comme citoyens, mais aussi comme chrétiennes, chrétiens, comment ne pas nous laisser interpeller par l’Evangile, comment ne pas répondre à l’appel du pape François qui nous demande de prendre soin de « notre maison commune », de prendre soin des femmes et des hommes qui l’habitent ! Le CMR réaffirme son soutien aux paysannes et paysans, dans leur diversité.

    Les co-présidents nationaux du CMR
  • 201 personnalités appellent à marcher contre la loi immigration

    201 personnalités appellent à marcher contre la loi immigration

    Il serait faux de dire qu’Emmanuel Macron ne coalise pas. Seulement, le chef de l’État agrège contre lui, ses choix politiques et ses compromissions avec une droite qui n’a plus de républicaine que le nom et une extrême droite revendiquant sa « victoire idéologique ».

    Preuve en est avec l’appel à manifester, le 21 janvier prochain, contre sa récente loi immigration, que l’Humanité copublie avec le site d’informations Mediapart. Au total, ce sont plus de 200 personnalités qui entrent ainsi en résistance devant ce « tournant dangereux de notre République » et un texte rédigé « sous la dictée des marchands de haine qui rêvent d’imposer à la France leur projet de « préférence nationale » ».

    Un « appel historique », selon le secrétaire national du PCF Fabien Roussel, signataire du texte, puisqu’il rassemble amplement, au-delà des frontières de la gauche. Ce front du rejet unit du coordinateur de la France insoumise Manuel Bompard à l’ancien ministre de Jacques Chirac et ex-défenseur des droits, Jacques Toubon, en passant par Marine Tondelier (Les Écologistes), Olivier Faure (PS), Benjamin Saint-Huile (Liot) ainsi que la députée apparentée Renaissance, Cécile Rilhac.

    Mais il s’étend aussi en dehors des sphères politiques partisanes avec les représentants des principales centrales syndicales, dont Sophie Binet (CGT) et Marylise Léon (CFDT), des responsables associatifs comme Dominique Sopo (SOS Racisme), Henri Masson (Cimade) et Véronique Devise (Secours Catholique), des artistes (Josiane Balasko, Nicolas Mathieu, Marina Foïs…), des universitaires et intellectuels émérites (Valérie Masson-Delmotte, Cédric Villani, Pierre Rosanvallon…), et même des personnalités des trois grandes religions monothéistes.

    « Si on veut mener le combat prioritaire des valeurs, contre l’extrême droite, il faut un large rassemblement, dépassant les différences politiques et d’engagement. Nous condamnons cette loi parce qu’elle porte atteinte à beaucoup de fondamentaux de notre République et de notre devise », rappelle Patrick Baudouin, président de la Ligue des droits de l’Homme.

    L’initiative, née au lendemain du vote de la loi immigration à l’Assemblée nationale le 19 décembre, aboutit autour d’un objectif : rassembler un maximum de personnes dans les rues pour demander à Emmanuel Macron la non-promulgation du texte. « Le président de la République a tout fait pour que cette loi soit « adoptée » avant les fêtes de fin d’année pour qu’on n’en parle plus, explique Fabien Roussel. Mais beaucoup de gens m’ont interpellé pour savoir comment nous allions réagir contre cette loi votée par le RN et qui n’apporte pas les réponses aux grands enjeux liés à l’immigration. »

    « C’est un moment de clarification : cette loi est un révélateur, une frontière claire entre celles et ceux prêts à basculer et renier le programme du Conseil national de la Résistance jusqu’à reprendre les thèses de l’extrême droite, et les autres », estime la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

    Fin de l’universalité des droits, introduction de la préférence nationale, remise en cause du droit du sol, restriction de l’accès au séjour… La députée de l’aile gauche de la Macronie Cécile Rilhac a tranché : « Ce texte grandement issu du Sénat est allé trop loin. J’ai beaucoup réfléchi et je voulais être en cohérence avec moi-même (en signant la tribune – NDLR). Il me paraissait important qu’au sein de la majorité à laquelle je suis toujours attachée, des gens continuent à dire que la loi n’est pas celle du gouvernement pour laquelle nous voulions légiférer. »

    « Sous une apparence banale, ce texte me paraît, pour l’une des premières fois, mettre en cause des principes importants, des libertés et des droits sociaux dont tout le monde doit pouvoir jouir sur notre territoire, qu’ils soient nationaux ou étrangers. Savoir si nous allons installer un système de préférence nationale me paraît valoir une prise de position », justifie Jacques Toubon.

    « Il faut que nous soyons nombreux le 21 pour faire en sorte de protéger les potentielles victimes de ce texte », espère Marine Tondelier. Il s’agit là d’un enjeu important « pour remettre des points de repères dans le débat public face à l’obsession ethnicisante d’une partie du monde politique », selon Dominique Sopo, président de SOS Racisme. D’où le mot d’ordre de la manifestation du 21 janvier : « Marchons pour la Liberté, l’Égalité, la Fraternité ».

    Marchons pour la Liberté, l’égalité, la fraternité

    Dans notre diversité d’idées, d’engagements, de professions, nous exprimons notre grande inquiétude après le vote de la loi dite « asile-immigration ». C’est un tournant dangereux dans l’histoire de notre République.

    D’abord parce que cette loi ne répond pas aux causes de l’exil forcé d’hommes, de femmes, d’enfants fuyant les guerres ou le réchauffement climatique, ni aux défis de l’accueil dans la dignité, ni au défi de la définition d’une politique digne et humaine d’intégration.

    Ensuite, parce qu’elle a été rédigée sous la dictée des marchands de haine qui rêvent d’imposer à la France leur projet de « préférence nationale ». Elle torpille les piliers porteurs de notre pacte républicain, hérité du Conseil national de la Résistance. Elle s’attaque ainsi au droit du sol autant qu’aux droits fondamentaux proclamés par la Constitution : au travail, à l’éducation, au logement, à la santé… Ce faisant, tous et toutes, Français autant qu’étrangers, nous nous trouvons menacés.

    Victor Hugo écrivait : « Étouffez toutes les haines, éloignez tous les ressentiments, soyez unis, vous serez invincibles. »

    Soucieux de rassemblement et de solidarité plutôt que de division sans fin de notre société, nous demandons au Président de la République de ne pas promulguer cette loi. Le dimanche 21 janvier nous appelons à manifester dans notre diversité notre attachement à la devise de la République : « Liberté, égalité, fraternité. »

    Voir les signataire

  • Loi immigration : l’appel des associations chrétiennes contre le « fanatisme de l’indifférence »

    Loi immigration : l’appel des associations chrétiennes contre le « fanatisme de l’indifférence »

    L’examen parlementaire en cours concernant notre politique migratoire s’oppose aux récentes paroles du Pape François à Marseille en septembre dernier.

    A rebours de l’agitation politique souvent irraisonnée sur ce sujet, le souverain pontife nous invite à
    cultiver la fraternité qui « féconde la bonté humaine » contre la culture de l’indifférence qui «
    ensanglante la Méditerranée ». Une parole forte d’espérance dont toutes celles et ceux qui se
    reconnaissent dans les valeurs de l’Evangile doivent se faire l’écho dans la Cité, tout particulièrement en cette Journée internationale des personnes migrantes et ce temps de l’Avent.

    Déjouer les passions tristes

    Le projet de loi sur l’asile et l’immigration qui sera discuté à partir d’aujourd’hui au sein d’une
    commission mixte paritaire offre une vision étriquée de notre société, repliée sur elle-même, pétrifiée par la peur de l’autre, et prompt à le transformer en bouc-émissaire des maux multiples qui la frappent.

    D’une telle approche, ne peuvent émerger que des mesures visant à limiter l’accueil ou à accroître les possibilités de réprimer, enfermer et expulser. C’est bien dans cet esprit que le débat politique a été orienté depuis plusieurs mois, uniquement guidé par de savants calculs électoralistes et flattant les peurs, attisant les amalgames.

    A Marseille, le Pape François a évoqué cette vision soutenue par ce qu’il a appelé des « passions tristes », sentiments qui peuvent rendre malade notre société européenne et la rendre indifférente à l’autre.

    Ce sentiment général de tristesse alimente un « cœur plat, froid, installé dans la vie tranquille, qui se
    blinde dans l’indifférence et devient imperméable, qui s’endurcit, insensible à toute chose et à tout le monde, même au tragique rejet de la vie humaine qui est aujourd’hui refusée à nombre de personnes qui émigrent », a-t-il ainsi affirmé.

    Contrer l’indifférence

    Ce constat ne doit pas mener à la fermeture de nos esprits, ni à ce que le Pape a appelé le « fanatisme de l’indifférence ». Car il s’agit bien de cela.

    Particulièrement depuis 2015, les drames sur les routes migratoires s’enchaînent, avec leurs lots de
    cadavres, de disparus, de mauvais traitements, et parfois de tortures, infligées volontairement à nos
    frontières. Les réactions politiques, répressives à l’égard des personnes exilées, dissuasives vis-à-vis de celles et ceux qui prônent la solidarité et la fraternité, entretiennent – lorsqu’elles ne nourrissent pas -les conditions pour que cette tragédie humaine ne s’arrête pas, tout en affirmant poursuivre l’objectif inverse.

    Cette perte totale de repères et ce sentiment que le politique n’a aucune prise sur cet état de fait
    migratoire mènent à une déshumanisation des personnes exilées, favorisant peu à peu une
    indifférence et finalement un désengagement.

    « Ne nous habituons pas à considérer les naufrages comme des faits divers et les morts en mer comme des numéros : non, ce sont des noms et des prénoms, ce sont des visages et des histoires, ce sont des vies brisées et des rêves anéantis », a ainsi rappelé le Pape François, avant d’inviter à un moment de silence face au Monument aux Héros et Victimes de la mer à Marseille.

    Les noms de ces victimes sont aujourd’hui écrits sur de longues banderoles ou scandés à l’occasion de rassemblements de commémoration, à Calais ou à Briançon, ou encore à Kalamata en Grèce, Zarzis en Tunisie ou Nador au Maroc. Tous ces actes, tous ces discours sont autant de luttes contre l’inaction et l’oubli face à ces milliers de vies sacrifiées.

    Retrouver le goût de la fraternité

    Aujourd’hui, ces drames ne sont pourtant pas le centre du débat national et européen sur l’asile et
    l’immigration. Ce silence face aux morts de la migration et les manières de préserver la vie
    questionnent les motivations profondes de nos gouvernements quant à notre politique migratoire.

    A quels problèmes réels et objectifs est confrontée notre société en la matière ? Où se situent les
    échecs aujourd’hui ? Dans le droit de chacune et chacun à se déplacer, ou dans les politiques mises en place depuis des décennies ? A quelles valeurs souhaitons-nous faire appel pour guider nos actions ?

    Nos responsables politiques doivent changer de boussole. « Ceux qui se réfugient chez nous ne doivent pas être considérés comme un fardeau à porter : si nous les considérons comme des frères, ils nous apparaîtront surtout comme des dons » a ainsi suggéré le Pape François.

    Cette approche n’est pas inatteignable ou utopique. Elle est au contraire profondément concrète et se joue dans chaque acte posé, chaque parole prononcée. Chaque décideur, chaque citoyen, peut, à sa place, prendre sa part et se l’approprier en se posant ces questions : quel avenir suis-je appelé à
    construire ? Un monde confortable et certain régit par l’indifférence ? Ou un projet de société exigeant et à construire, plaçant en son centre le respect de toute vie humaine, le pari que de la rencontre de l’autre naissent passions et enthousiasmes ?

    L’humanité et la fraternité gagneront à être au cœur de toutes nos réflexions et politiques sur le fait
    migratoire.

    Liste des signataires :

    CCFD-Terre Solidaire Sylvie Bukhari-de Pontual (présidente)

    Action catholique des femmes Véronique Genelle (vice-présidente)

    Action catholique des milieux indépendants (ACI) Marc Deluzet (président)

    Action catholique ouvrière (ACO) Karine Cornily et Lionel Lecerf (co-président·es)

    Chrétiens dans le monde rural (CMR) Jean-Luc Bausson et Margot Chevalier (co-président·es)

    Chrétiens dans l’enseignement public (CdEP) Philippe Leroux (président)

    Communauté de vie chrétienne CVX Jean-Louis Girard et Catherine Colin de Verdière (délégué·es)

    Délégation catholique pour la coopération (DCC) Arnoult Boissau (président)

    Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) L’équipe nationale

    JRS France Véronique Albanel (présidente)

    Mouvement chrétien des retraités Daniel Godard (secrétaire général)

    Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) Manon Rousselot-Pailley (présidente)

    Pax Christi France Alfonso Zardi (délégué général)

    Secours Catholique-Caritas France Véronique Devise (présidente)

  • Journée agriculture et alimentation du CMR : l’eau en partage, vital pour nos territoires

    Journée agriculture et alimentation du CMR : l’eau en partage, vital pour nos territoires

    L’eau, source de vie par excellence, occupe une place cruciale au cœur de nos territoires français. Des rivières sinueuses aux vastes littoraux, en passant par les réservoirs naturels et les aquifères souterrains, l’eau est une ressource précieuse qui façonne notre paysage et nourrit la diversité de notre écosystème.

    Le réseau thématique agriculture et alimentation du CMR vous invite à participer à sa journée annuelle sur le thème de l’eau :

    Inscription recommandée : L’ eau en partage – Vital pour nos territoires ! Rencontre annuelle RT-Agri du CMR (google.com)

  • Faire du bien-être animal un enjeu clef de la transition de l’élevage

    Faire du bien-être animal un enjeu clef de la transition de l’élevage

    Dans une une lettre ouverte adressée aujourd’hui, jeudi 16 novembre 2023 au Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Marc Fesneau, 16 ONG l’ appellent à intervenir auprès de la Commission européenne afin que soit publiée dès que possible la révision de la législation européenne sur le bien-être animal. Au-delà des dégâts environnementaux, sanitaires et des atteintes au bien-être animal qu’elle engendre, l’industrialisation de l’élevage est également souvent synonyme, pour les éleveurs et éleveuses, d’une perte d’autonomie économique et décisionnelle, cause importante de mal-être, et d’une désaffection du métier par les nouvelles générations. Il est temps de définir une vision pour l’avenir de l’élevage en France et en Europe.

     

    A l’attention de M. Marc FESNEAU, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire

     

    Monsieur le Ministre,

    Comme vous le savez, l’Union européenne s’est engagée à réviser la législation européenne sur le bien-être animal, reconnue obsolète, inefficace pour protéger les animaux d’élevage en Europe et inadaptée pour accompagner la transition agroécologique. Cette évolution est nécessaire à l’échelle européenne et doit également s’imposer aux importations afin, notamment, de mettre un terme aux situations de distorsions de concurrence.

    C’est pourquoi, face aux attaques dont elle fait l’objet, nous vous appelons à intervenir, auprès de la Commission européenne, afin que soit publiée dès que possible la révision de la législation européenne sur le bien-être animal.

    Cela doit être fait en complément d’un plan d’accompagnement du secteur de l’élevage, à l’échelle nationale, dont l’ambition doit être de  pérenniser et généraliser les systèmes d’élevage paysans et biologiques, et contrer la tendance à l’industrialisation qui est aujourd’hui la pire réponse possible  aux crises à répétition de ce secteur. Pour les bovins par exemple, le nombre de têtes par exploitation a progressé de 27% pour les vaches allaitantes et de 39% pour les laitières et la proportion de vaches en zéro pâturage a augmenté d’un tiers entre 2008 et 2016 (Idele).

    En effet, au-delà des dégâts environnementaux, sanitaires et des atteintes au bien-être animal qu’elle engendre, l’industrialisation de l’élevage est également souvent synonyme, pour les éleveurs et éleveuses, d’une perte d’autonomie économique et décisionnelle, cause importante de mal-être, et d’une désaffection du métier par les nouvelles générations.

    Cette absence de renouvellement des générations et de nouvelles installations, engendrant la disparition des fermes, est une problématique particulièrement préoccupante en élevage. Dans ce contexte, l’attractivité du métier d’éleveur est un enjeu majeur. Parmi les déterminants de cette attractivité, figurent bien-sûr les questions du revenu et de l’accessibilité économique de l’installation pour les candidats, mais également de l’adéquation de l’activité avec leurs propres aspirations et celles des citoyens en termes d’environnement et de bien-être animal.

    Au-delà d’un plan de soutien à court terme, nous appelons donc votre gouvernement à soutenir un cadre législatif sur le bien-être animal renforcé et équitable à l’échelle européenne, et à définir des mesures d’accompagnement nationales qui intègrent les enjeux de demain pour les paysans, les consommateurs et les citoyens.

    Nos organisations œuvrent depuis plusieurs années à la transition agroécologique, afin de promouvoir, notamment, des systèmes d’élevage respectueux de l’environnement, du bien-être animal et des paysans. Nous avons publié une note de position en mars 2023 qui définit la vision que nous portons collectivement pour l’élevage de demain.

    Monsieur le Ministre, il est plus qu’urgent de définir une vision pour l’avenir de l’élevage en France et en Europe !

     

    Signataires:

    CIWF France

    Fondation pour la Nature et l’Homme

    Welfarm

    Association WWOOF France

    Slow Food France

    Les Ami.e.s de la Confédération paysanne

    Agir pour l’environnement

    Réseau Civam

    Bio consom’acteurs

    Altrimenti

    MIRAMAP

    Bio Equitable en France

    Greenpeace France

    France Nature Environnement

    CMR – Chrétiens dans le monde rural

    Oxfam France

  • Conflit israélo-palestinien : la France doit être le porte-voix par devoir d’humanité et de défense du droit international

    Conflit israélo-palestinien : la France doit être le porte-voix par devoir d’humanité et de défense du droit international

    Depuis plus de 40 ans, le CCFD-Terre Solidaire est engagé auprès d’acteurs des sociétés civiles palestinienne et israélienne agissant en faveur d’une paix juste et durable entre les peuples.
    Aujourd’hui, nous sommes les portes voix du cri d’alarme de nos partenaires palestiniens et israéliens plongés, depuis maintenant deux semaines, dans un cycle d’horreur et de violences inédites. En amont du débat parlementaire qui se tiendra à l’Assemblée nationale et au Sénat, les 23 et 24 octobre prochain, nous tenions à vous faire part d’un certain nombre de messages pour nourrir cet important débat démocratique.
    Les bombardements israéliens ont atteint un niveau jamais connu jusqu’ici, tuant déjà près de 4 000 personnes, en grande partie des civils, parmi lesquels plus de 1 500 enfants. Les attaques du Hamas d’une extrême violence perpétrées en Israël ont fait 1400 victimes, en grande partie des civils et 203 personnes sont aujourd’hui retenues en otages par le Hamas dans la Bande de Gaza.
    Le CCFD-Terre Solidaire condamne fermement l’offensive du Hamas qui constitue un crime de guerre et visent à semer la terreur au sein de la population israélienne.
    Toutefois, le droit à la défense tel que l’exerce aujourd’hui Israël s’apparente à un droit à la vengeance à travers une punition collective de deux millions de Palestiniens qui ne sont pas partie au conflit. Aujourd’hui, ne pas appeler à la cessation des hostilités revient à cautionner cette violence extrême et à ne pas reconnaître qu’une vie palestinienne vaut autant qu’une vie israélienne. La seule issue à cette tragédie en cours est la fin immédiate des hostilités et la libération des otages. La France doit en être le porte-voix par devoir d’humanité et de défense du droit international.
    Par ailleurs, à la réponse d’urgence doit s’accoler une réponse politique pour une cessation pérenne des hostilités. Cela doit passer par une mobilisation ambitieuse de la communauté internationale pour relancer le processus de paix qui prenne pleinement en compte les causes profondes de ce conflit. Ces causes sont connues et ne peuvent plus être ignorées. Ce sont 56 ans d’occupation du territoire palestinien, 16 ans de blocus de la Bande de Gaza et un système d’apartheid qui prive les Palestiniens d’une égalité en droit et en dignité.
    Le statu quo n’est plus tenable. La France et la communauté internationale doivent faire preuve de courage politique et de responsabilité en s’attaquant à ces causes profondes. La justice doit être la feuille de route de l’action diplomatique française. Sans justice, ni égalité, nous ne serons que les témoins tristes de la violence et de la haine entre les deux peuples, israéliens et palestiniens.
    Le débat qui aura lieu au sein de l’Assemblée nationale et au Sénat est une occasion pour les parlementaires d’infléchir la position de la France pour contribuer à ce que cette guerre soit la dernière.
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