Catégorie : (49) Maine-et-Loire

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  • Témoignage de Michel Doiezie

    Témoignage de Michel Doiezie

    Témoignage de Michel Doiezie, membre CMR et paysan en Maine-et-Loire

    (paru sur le site du CCFD en octobre 2019)

    Pourquoi et comment s’est fait notre passage au bio ?

    Depuis 30 ans que je suis paysan, en GAEC avec mon frère René, c’est le plus beau projet que nous avons mis en place.

    La ferme de 80 ha était menée, avant 2016, de manière conventionnelle. Elle permettait de vendre 500 000 litres de lait et le produit de 30 ha de céréales (blé, orge, colza).

    En 2015, à notre demande, un conseiller de gestion est venu nous aider pour échanger au sujet de notre fin de carrière. Chacun a parlé sur la manière avec laquelle il envisageait la transmission de la ferme. De ces discussions est ressorti un souhait commun de transmettre notre entreprise en espérant que l’activité d’élevage laitier continue.

    Ce n’est que quelques jours après ces échanges que j’ai fait part à René de l’idée du passage au bio, afin de se donner plus de chance de trouver un ou des repreneurs.

    Cela me trottait dans la tête depuis quelques temps. Les nombreuses conversations avec mes enfants m’avaient fait avancer dans ma réflexion sur des changements de pratiques agricoles. De même en équipe CMR, le sujet du bio avait été abordé plusieurs fois et Luc (un membre de l’équipe) était déjà dans cette démarche depuis un an.

    A ma grande surprise, mon frère m’a dit que c’était une bonne idée !

    Pendant l’hiver 2015/2016, nous avons visité des fermes bio de notre département et nous avons suivi une formation à la chambre d’agriculture sur « le passage au bio ». Cela nous a permis de rencontrer d’autres agriculteurs très motivés. Nous avons mieux compris les choix et les changements que cela entraînerait dans notre activité. Très vite, nous nous sommes convaincus qu’il fallait faire ce choix et rapidement, sachant que la conversion dure au minimum 2 ans.

    Cette période de conversion a débuté le 15 mai 2016 avec l’objectif de vendre notre lait en bio le 15 mai 2018; Ce choix est plutôt marginal dans notre région. Pour nous, c’est devenu très motivant de penser et de faire sans les produits chimiques dans les terres ainsi que de soigner les animaux avec un recours aux antibiotiques très limités et très contrôlés. Nous avons découvert les vertus du fumier et du compost étendus sur les terres. Des prairies multi-espèces ont été mises en place pour le pâturage des vaches. Nous nous faisons la main pour soigner nos animaux avec des huiles essentielles et de l’homéopathie.

    Aujourd’hui, je suis vraiment heureux que nous ayons pris cette orientation ! Nos conditions de travail sont plus faciles notamment en faisant moins d’heures de tracteur.  Nous ne vendons plus de céréales et les achats extérieurs ont vraiment diminué. Le troupeau est en meilleur forme. Les résultats économiques sont supérieurs, nous envisageons même d’embaucher un salarié pour diminuer notre temps de travail. C’est un peu comme si j’avais changé de métier. Ma relation aux animaux et à la terre est différente avec plus de proximité et de confiance.

    Je pense que l’agriculture biologique ne peut que se développer dans le contexte actuel de transition écologique. Mais il y a URGENCE car notre planète est déjà malade.

    Tous les paysans, éleveurs, agriculteurs, céréaliers, vignerons, maraîchers…doivent réfléchir pour faire évoluer leurs pratiques et aller jusqu’au bio si possible. Nos enfants et nos petits enfants ne pourrons que s’en réjouir.

    Michel Doiezie

  • Être en équipe CMR c’est avoir le sens de l’engagement

    Être en équipe CMR c’est avoir le sens de l’engagement

    Laurent Misandeau et Joseph Braud sont les nouveaux co-présidents du CMR Maine-et-Loire(49). Élus depuis le mois de mai, ils partagent le sens de leur engagement.

    Qui êtes-vous et qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager au CMR ?

    Laurent Misandeau : Je suis né en 1975. Je me suis marié en 1999 et nous avons 4 garçons. Je suis enseignant en école primaire au Bourg d’Iré et à Segré. Aujourd’hui, je m’engage en tant que coprésident pour le mouvement. J’ai envie de porter la voix des chrétiens du monde rural dans une société en évolution. Je suis bien dans ce mouvement qui met l’Homme au centre de ses projets et de ses actions, comme le Christ qui nous montre cette voie.

    Il est important pour moi d’appartenir à un mouvement et de sentir la présence de ces visages d’Église qui ne fréquentent peut-être pas leur église. J’ai grandi dans cette mouvance et cet état d’esprit. A l’écoute du pape François, j’ose m’aventurer hors des sentiers battus.

    Joseph Braud : Je suis né en 1962, je me suis marié en 1985 et nous avons 7 enfants. J’ai été 31 ans enseignant en SEGPA (Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté) et je suis depuis peu assistant familial.

    Ayant expérimenté la vie d’équipe au MRJC, j’ai pu goûter à la joie de mener des projets ensemble, de relire ce qui fait nos vies à la lumière de l’Évangile et de trouver une source d’émancipation. Attaché au monde rural, c’est dans cette continuité qu’avec mon épouse nous avons rejoint une équipe CMR.
    La vie d’équipe s’enrichit des moyens et des moments forts du mouvement, ce qui n’est possible que si des gens s’engagent et prennent des responsabilités.

    Qu’est-ce que ces réflexions vous amène à vivre, en équipe et dans la société ?

    Les personnes en équipe CMR se réunissent pour partager des faits de vie du quotidien, ils confrontent leurs points de vue, s’enrichissent de la parole des autres et relient cela à l’évangile ou aux textes bibliques. Le CMR nous invite à nous engager pour le monde, et c’est ainsi qu’on retrouve des membres dans différents collectifs et associations.

    Nos équipes sont des lieux de ressourcement qui permettent aux membres de prendre des engagements très diversifiés, en équipe ou individuellement : animation d’un collectif pour la transition écologique, responsables de commissions démocratiques, énergétiques et agricultures, organisation de ciné-débats pour éveiller les consciences, organisation de parcours autour de l’éducation des enfants, participation aux resto du cœur, à la préparation aux mariage ou au baptême, administration de collectifs pour les migrants ou de centres sociaux, organisation de soirées débat autour de la bioéthique, de la Politique Agricole Commune, de l’autonomie alimentaire, des grandes questions qui traversent l’Église …

    En tant que coprésident, quels vont être vos points d’attention, et quels sont vos espoirs pour le mouvement et ses membres ?

    Pour notre propre diocèse, dans la continuité de ces dernières années, nous allons veiller à ces trois points :

    • Prendre conscience de la place que l’on occupe dans la société : être des éveilleurs de consciences
    • Se constituer collectivement en force de proposition : en mettant le Christ au cœur de nos vies, au cœur de notre monde.
    • Expérimenter la capacité à agir avec nos contemporains : associer les intérêts de chacun pour le bien de tous.

    Outre le congrès national en 2020, en Anjou nous avons les projets d’organiser la veillée pascale dans une paroisse avec le MRJC et l’ACE et de développer spécialement la fondation d’équipe sur le secteur au nord-est d’Angers avec la présence d’un animateur.

    Source : https://www.diocese49.org/chretiens-dans-le-monde-rural-nouveaux-presidents-et-nouveaux-defis

  • Le CMR Maine-et-Loire répond présent à la « conversion » écologique du diocèse d’Angers

    Le CMR Maine-et-Loire répond présent à la « conversion » écologique du diocèse d’Angers

    L’église d’Anjou organisait, mercredi 8 mai, à la Pommeraye sa première journée diocésaine consacrée à l’écologie intégrale.

    L’occasion de fédérer les acteurs engagés dans cette transition à la lumière de l’encyclique Laudato Si’.

    Ils sont prêtres, diacre jardinier, mère de famille, vendeur d’éoliennes, militante associative ou permanente de l’Action catholique des enfants (ACE). Tous forment la commission « écologie » du diocèse d’Angers, fondée il y a deux ans pour soutenir les initiatives en faveur de l’environnement et tisser des liens avec des acteurs engagés dans ce domaine en dehors de l’Église. « Ce n’est pas anodin que cette commission réunit des jeunes parents car c’est une génération qui nous pousse à agir », commente le père Pascal Batardière, vicaire général.

    Pas si simple. « Le travail de sensibilisation des communautés chrétiennes n’est pas évident et l’on se heurte à des réticences, poursuit-il. Jusqu’alors, nous n’étions pas habitués à nous poser ce genre de questions, notamment dans la gestion de nos biens. » D’où l’organisation d’une journée diocésaine sur l’écologie intégrale – expression du pape François dans son encyclique Laudato Si’– pour faire connaître les initiatives en place et en encourager d’autres.

    Rencontres intergénérationnelles

    Curé de paroisse et délégué épiscopal du service Foi et cultures, qui abrite la commission « écologie », le père Jean-Marie Gautreau croit « aux rencontres intergénérationnelles pour faire évoluer les choses » : « Les personnes aux manettes dans les paroisses sont d’une génération, celle des Trente Glorieuses, sans doute moins sensible à ces questions. Il ne s’agit pas de juger mais de voir où l’on en est pour faire évoluer nos pratiques. »

    Son ancienne paroisse de Cholet a fait partie des premières à s’engager dans le label église verte, initiative œcuménique incitant les communautés chrétiennes à réaliser un « éco-diagnostic », allant de la gestion des bâtiments et des terrains à la liturgie et la prière. « On peut commencer par des choses très simples comme ne plus utiliser de plastique lors des pots de l’amitié », illustre-t-il.

    Pont vers les non croyants

    Dans le diocèse, certains mouvements ont pris une longueur d’avance. Lors d’un camp national réunissant 300 lycéens en juillet, le MRJC Anjou a organisé une fête « zéro déchets », en construisant des toilettes sèches et s’approvisionnant en produits bio et locaux. Alors que les Chrétiens dans le monde rural (CMR) du Maine-et-Loire multiplient les conférences autour de la conversion écologique, les bénédictines de Martigné ont quant à elles créé un jardin en permaculture après le départ à la retraite de leur jardinier.

    Nombre de jeunes parents entreprennent des actions, comme ceux de la paroisse Saint-Lazare Saint-Nicolas d’Angers, qui ont créé une fraternité alliant convivialité et projets écologiques (journée festive avec construction d’hôtels à insectes et fabrication de lessive verte, lancement d’un poulailler…). « Protéger la Création est un pont qui relie croyants comme non croyants », note Isabelle Lafond, laïque en mission ecclésiale et membre de la commission écologie, qui fait partie de cette fraternité avec son mari non croyant.

    Trois ans après Laudato si’, des catholiques se mettent à l’écologie intégrale

    Même souci d’agir chez Antoine Rigalleau, développeur éolien et membre de la commission diocésaine : « Le sujet de l’effondrement des espèces, comme jeune chrétien et jeune père, me touche beaucoup. Il y a des tas de chantiers à mener dans l’Église, ne serait-ce que transformer les jardins des presbytères en refuges de biodiversité. »

    Écouter les « prophètes »

    L’encyclique Laudato Si’ constitue en ce sens un excellent point d’appui. « Ce texte va marquer toute une génération », estime le père Dominique Lang, assomptionniste et journaliste à Pèlerin, intervenant de cette journée diocésaine : « Il nous rappelle que tout est créature de Dieu et que l’homme n’est pas le seul qui doit être sauvé. C’est cette théologie qu’il faut raviver. » « Dans notre diocèse, les formations à la doctrine sociale de l’Église font florès. Y intégrer l’écologie intégrale peut être un ressort très fort », confirme le vicaire général. Le père Lang enjoint aussi les chrétiens à laisser plus de place aux « prophètes, à ceux qui nous interpellent ». Florence Denier-Pasquier, membre de la commission écologie du diocèse et vice-présidente de la fédération France Nature environnement (FNE), en est un bon exemple. Membre d’une fraternité franciscaine, elle articule pleinement son engagement pour l’environnement avec sa foi. « L’écologie n’est pas triste et on peut s’y engager ensemble, lance-t-elle. C’est en multipliant les rencontres qu’on finit par se transformer soi-même. »

     

  • Formation : Peut-on s’approprier le vivant comme une marchandise ?

    Formation organisée par Chrétiens dans le Monde Rural Maine-et-Loire

    PEUT-ON S’APPROPRIER LE VIVANT COMME UNE MARCHANDISE ?

    LES SEMENCES PAYSANNES SONT ELLE BREVETABLES ?

    le vendredi 9 mars de 9h30 à 17h

    centre de formation et de promotion de Jallais, route de Trémentines

    intervenants :

    Véronique CHABLE, de l’INRA : recherche participative pour l’ agriculture biologique et paysanne
    Valentin BEAUVAL, agronome
    Jean-Pierre LE BRUN, agriculteur

    Télécharger le programme et le bulletin d’inscription

  • Le lait, symbole d’un défi à relever

    La crise agricole est profonde et complexe, des producteurs de lait détruisent par épandage le fruit de leur travail. La crise laitière a des conséquences parfois dramatiques, sur leurs familles. Des membres du CMR, producteurs de lait se sont retrouvés pour partager leur vécu, ils vous livrent leur réflexion et leur analyse de la situation.

    Quelques réflexions :

     Je ne pensais pas qu’un jour je jetterais mon lait, je le fais par solidarité, je ne sais pas si c’est bien.

     J’ai participé aux réunions, sans jeter le lait, nous avions déjà jeté du lait au printemps, je ne suis pas plus à l’aise de ne pas avoir jeté de lait.

     On a ressenti la crise plus tôt dans notre groupement d’éleveurs qui commercialise lui-même le lait(GIE), on craint pour l’avenir. J’étais mal à l’aise dans les groupes d’ensilage, j’ai passé une mauvaise semaine, on dirait la guerre des syndicats.

     Je n’ai pas jeté de lait, j’ai du mal à comprendre les revendications de l’APLI , Que revendiquent-ils réellement ? On a connu une période euphorique l’an passé

     Je n’ai pas jeté mon lait, je suis en agriculture BIO. Je n’arrive pas à produire tout mon quota, pour nous le prix est au maximum, il manque de lait BIO. La crise me touche car on a choisi de faire le même métier.

     Je suis agriculteur BIO, Je suis solidaire, il y a un malaise, notre agriculture s’en va dans un mur.

     Je n’ai pas jeté mon lait car je n’en avais pas les moyens, je préfère baisser mon nombre de vaches pour réduire la production

    Quelques éléments qui expliquent la situation :

     Accroissement progressif des quotas, pour éliminer en 2015 tout droit à produire, pour être en phase avec l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce)

     Refus des accords interprofessionnels pour fixer un prix négocié, sous prétexte d’ententes illicites qui enfreignent la concurrence.

     Relance des subventions à l’exportation qui bénéficient aux industriels, et concurrencent les filières laitières émergentes dans les pays en développement.

     Baisse de la consommation liée au pouvoir d’achat.

    Quelques défis à relever pour l’avenir :

     Réguler la production (quotas) française et européenne en tenant compte des unités de travailleurs par exploitation

     Contractualiser les livraisons de lait entre les producteurs et les laiteries sous la responsabilité des pouvoirs publics.

     Constituer des réserves, pour prévoir des stocks en cas de sécheresse ou d’inondation.

     Développer des filières locales : vente directe, Amap, magasins…

     Réfléchir à de nouveaux modes de production plus écologiques et diminuer les coûts de production de nos élevages.
    Cette crise nous amène quelques questions :

     Continuer à développer les liens de solidarité entre les agriculteurs.

     Inviter au dialogue nos équipes C.M.R., nos groupes professionnels locaux.

     Initier des rencontres entre les producteurs et les citoyens consommateurs.
    La production est faite pour servir l’homme et son bien-être.

    Des membres du C.M.R (Jean Claude Besnard, Bernadette et Alphonse Chevalier, Jean-Marie Dessevre, Michel Doiezie, Isabelle et Alain Poirier, André-Marie Rochard, Michel Tuffereau).