Le vendredi 3 avril, l’équipe nationale du CMR a rencontré les membres des fédérations, épaulée par quelques membres du conseil d’administration (CA) et de l’équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD). Chaque fédération départementale a été consultée par mail en amont de la décision de l’annulation du congrès par le CA, Ces retours, nombreux, ont été pris en considération. Mais nous voulions aussi, autant qu’il nous est possible, nous parler, nous voir les un-es les autres pour avoir des échanges plus « humains ». En ces temps de confinement, la visioconférence s’est imposée comme solution, malgré les contraintes. 76 membres des bureaux des FD ayant répondu à l’appel, nous avons tenu cette réunion en quatre moments : avec les fédérations du nord-ouest, du sud-ouest, du nord-est et du sud-est (dont les FD Rhône, Loire sud et nord qui devaient nous accueillir à Tarare). Avec un peu de préparation et de discipline, il nous a été possible d’ouvrir des moments d’échange dont voici un compte-rendu.

1er temps : introduction
Chaque participant-e se présente avec son nom et sa FD. Celles et ceux qui n’arrivent pas à se connecter par Internet le font par téléphone. Quand tout le monde est là, la réunion peut commencer.
2e temps : après le congrès, quelle suite ?
Antonio, coordinateur national, prend la parole pour expliquer les raisons qui ont mené à l’annulation du congrès. Le CA a choisi d’annuler mais recule sa décision sur la forme des prochaines rencontres nationales. Pour se donner le temps dans le contexte très incertain du confinement, mais aussi pour laisser le nouveau CA s’emparer de cette question. C’est lui qui portera la décision qu’il sera amené à prendre, conformément à nos statuts. Cette décision sera prise au vu des contraintes financières, techniques et humaines (qui pour porter ces projets ?) mais elle sera inspirée par les retours des FD, une centaine à ce jour de réponses par mail riches de propositions pour la suite.
L’assemblée générale, qui devait avoir lieu pendant le congrès, est reportée au samedi 13 juin. Nous nous retrouverons en Île de France en présentiel ou en visioconférence – ou encore un mélange des deux selon les modalités régionales du déconfinement. Les représentant-es du CA et de l’ENAD rappellent que six administrateurs et administratrices sont en fin de mandat, pour un-e entrant, et que l’ENAD devrait perdre à la fin de l’été trois de ses membres. Ces instances ont besoin de forces vives, avis aux fédérations !
Une volonté commune se dessine déjà, celle que la richesse de la préparation du congrès soit mise en valeur et partagée, qu’il s’agisse des quatre thématiques ou du thème de Lazare. Notre journal trimestriel Agir en rural en rendra compte. Convaincu-es que les mouvements d’action catholique auront un rôle à jouer pour la société dans ce nouveau contexte, nous souhaitons utiliser tous nos moyens pour faire connaître les réflexions et les propositions de notre mouvement, riche de ses quatre-vingts années d’existence.
Laurence, chargée de l’animation du réseau, prend le relais. Suite à l’annulation du congrès, des actions commencent à être mises en place. Le groupe de travail (GT) « Être en mouvement », qui devait accompagner le congrès avec son « Tarare’ment vu ça », change de mission pour envisager une autre façon de faire entendre notre clameur, au national comme dans les FD.
3e temps : questions et remarques
Globalement tou-tes les participant-es comprennent l’annulation du congrès de mai 2020. Beaucoup tiennent à remercier, à féliciter l’équipe organisatrice pour tout le travail déjà réalisé.
Certain-es cependant souhaitent un rassemblement national pour son côté fédérateur et dynamisant et sont prêt-es à se mobiliser dans un an. D’autres pensent que des rassemblements à l’échelle régionale pourraient suffire. Tou-tes s’accordent sur le fait qu’il ne faut pas en rester là et qu’il est nécessaire de prévoir une suite, tant pour valoriser le travail et les réflexions déjà avancées en FD, qu’en réponse/réaction à tous les évènements qui nous frappent actuellement.
D’autres FD s’inquiètent de perdre la dynamique qu’insuffle le congrès, de ne pas pouvoir mobiliser une nouvelle fois les personnes qui étaient venues pour le congrès.
Enfin les fédés organisatrices ne regrettent en rien leur engagement pour le congrès mais ne sont pas toutes partantes pour « repartir » un an de plus, sachant que la préparation les occupe depuis déjà plus de deux ans. Certain-es soulignent qu’une préparation aussi importante et longue n’est peut-être pas raisonnable pour « seulement » deux jours et demi de congrès. Cette annulation est peut-être l’occasion de réfléchir à nos modes de fonctionnement.
Le confinement et l’actualité interpellent tout le monde et de nombreux participant-es s’accordent à souligner le besoin de travailler sur cette situation et ce qu’elle apportera dans notre monde.
Les membres de l’ENAD soulignent « la dimension ecclésiastique de nos rencontres et le besoin de célébrer ensemble, en plus du voir-discerner-agir concernant le confinement ».
4e temps : relations entre fédérations et équipes nationales, une proposition de l’EN
Laurence, qui jusqu’ici était seule en charge du lien avec les FD, présente la proposition portée par l’EN pour avoir un meilleur contact entre FD et national. C’est l’ensemble de l’EN qui se met à la disposition des régions ; c’est aussi le cas du CA, avec une moindre disponibilité des administrateurs et administratrices, et l’ENAD complète le dispositif pour être aux côtés des FD.
Il s’agit de faire circuler les expériences, de rapprocher national et FD pour faire mouvement. Il n’y a pas de grandes et de petites FD, toutes peuvent faire de belles choses et Laurence espère que l’EN puisse être un révélateur de cette dynamique. Antonio précise que le national n’a pas les moyens humains et financiers de faire des visites trop fréquentes, seulement lors de temps forts et à l’initiative des FD selon leurs besoins. L’EN ne pourra pas faire à la place des FD. Elles sont déjà très actives, il faut seulement les valoriser, soutenir leurs dynamiques propres.
Il ne s’agit pas non plus de créer un nouvel échelon mais de constater qu’une dynamique régionale (ex-régions ou nouvelles régions) existe, qu’elle peut servir de modèle pour compléter l’accompagnement des FD. L’action des APF devrait aller dans ce sens et on profite de ce temps pour y réfléchir ensemble.
Le mouvement a décidé de mettre l’accent là-dessus car important d’être en proximité et de travailler avec vous : faire équipe, et s’enrichir les uns les autres.
5e temps : questions et remarques
Globalement l’accueil de ce nouveau dispositif est fonction des réalités de terrain. Certaines FD travaillent déjà en inter-FD, à deux ou plus, avec même dans certains cas une structure régionale formelle qui les épaule et les soutient, quand les FD faiblissent et que les équipes restent isolées par exemple.
D’autres à l’inverse n’envisagent pas cet échelon, alors qu’il n’est déjà pas évident de mobiliser au niveau national.
Cependant la richesse des échanges et de l’entraide que l’on peut recevoir « de celui d’à côté » est soulignée, comme source d’inspiration ou pour mutualiser les outils. Le lien avec le national peut lui aussi contribuer à cette circulation, cette optimisation et cette valorisation du travail des FD.
Concrètement, l’échelon régional pose la question de l’éloignement géographique et de découpages régionaux à taille inhumaine. A cela deux réponses : les FD sont invitées à travailler ensemble, selon leurs besoins, selon les modalités qui leur conviennent et selon leurs réalités de terrain, sans souci des découpages administratifs. Et le constat est fait que nous pouvons aussi apprendre à faire autrement, en nous emparant d’outils de communication comme la visioconférence ou les conférences téléphoniques. L’attention aux personnes « pas connectées » est un point de vigilance.
En guise de conclusion, un administrateur nous rappelle qu’il est « important que l’équipe nationale soit proche des FD pour faire mouvement […] Mais il ne faut pas trop attendre du national, la réalité c’est un mouvement fait des FD et de leur dynamisme propre. Les APF ne suffisent pas non plus, il faut des CA qui prennent leurs responsabilités. Le problème du CMR est celui de son renouvellement, dans sa base et dans ses instances. »
La réunion se clôt sur une invitation à garder le contact et sur des invitations des membres de l’EN à des prochains temps forts de fédérations ou de régions.


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