Mois : avril 2018

  • Lettre à nos députés

    Monsieur le Député,

    Nous sommes plusieurs équipes du CMR (Chrétiens dans le Monde Rural) engagés les uns ou les autres dans la politique, le syndicalisme, l’action sociale, ou tout simplement citoyens responsables en Loir-et-Cher, et nous souhaitons vous interpeller à propos de la politique française vis-à-vis des migrants.

    La fréquence et l’ampleur des arrivées de ceux-ci en Europe ne se démentent pas; ceux qui s’y engagent le font au péril de leur vie, en Méditerranée ou au travers des Alpes. Ces 14 derniers mois, plus de 2000 personnes ont péri ou sont portées disparues. Nous sommes scandalisés et bouleversés par leur misère et leur dénuement.

    Certes, en 2016, plus de 36 000 personnes ont obtenu une protection internationale en France. Et dans le cadre fixé par le Conseil de l’Union européenne de septembre 2015, la France s’est également engagée à accueillir 31 000 demandeurs d’asile en provenance d’Italie ou de Grèce. Mais cet objectif semble loin d’être rempli… à commencer par notre département de Loir-et-Cher ou nous avons accueilli, et au « compte-gouttes » à peine 200 migrants à notre connaissance.

    Chaque jour affluent en France de nouveaux migrants contraints de dormir à la rue en raison du manque de places d’hébergement.

    Notre gouvernement veut distinguer les « migrants économiques » et les « réfugiés politiques ». Pourtant, les études scientifiques et l’expérience de terrain montrent que les motifs de départ sont multiples, complexes et bien souvent liés entre eux : violence politique, religieuse ou culturelle, faillite politique et économique, absence de perspectives d’avenir, santé, dérèglement climatique,…Un tel distinguo n’a donc pas vraiment de sens.

    Certaines dispositions du projet de loi « pour une immigration maitrisée et un droit d’asile effectif » actuellement examiné par l’Assemblée Nationale, nous préoccupent particulièrement. Et nous vous demandons de ne pas voter les dispositions des articles (6, 8 et 16) qui prévoient :

    – de réduire les délais pour faire appel d’une décision de rejet de l’OFPRA en le rendant quatre fois plus court que le délai de droit commun
    – de permettre de renvoyer certaines personnes avant qu’une décision finale ne soit rendue sur les risques de persécutions qu’elles encourent dans leur pays
    – de banaliser le recours à la détention en augmentant la durée de détention des étrangers. Le droit international oblige les Etats à n’utiliser la détention que comme une mesure de dernier ressort, au cas par cas, en excluant les enfants

    Par ailleurs, la reconduite « massive » des personnes déboutées est peu réaliste. Nous pensons en particulier que l’accès à un titre de séjour des personnes présentes depuis plusieurs années sur le territoire national, dont l’éloignement n’est plus envisageable, doit être privilégié. Cette mesure permettrait de donner des perspectives de sortie de l’hébergement à des milliers de familles et atténuerait de ce fait l’extrême saturation de ces dispositifs.

    Chargé que vous êtes, à votre niveau, de mener les destinées du pays, nous souhaitons vivement avoir connaissance des décisions que vous prendrez et soutiendrez au cours de cet examen de loi. Nous serions fiers que, grâce à votre intervention, la France prenne sa part à l’aide que nous demandent ces frères en humanité.

    Recevez, Monsieur le Député, nos sincères salutations et toute notre considération.

    Pour les équipes des secteurs de Mer, Mont-près-Chambord, Contres, Ouzouer-le-Marché et Montoire,

    La présidente de la fédération CMR 41

    M.Ange Coly

  • Des convictions pour changer le monde

    Dans le prolongement de la journée de rentrée des paroisses du 7 octobre 2017 « En Route Ensemble », la récollection, préparée par le CCFD, le CMR, l’ACO et les AMIS de la VIE s’est déroulée le samedi 3 mars 2018 au Centre Notre-Dame à Roanne.
    Plus d’une centaine de personnes sont venues participer à cette journée animée par Guy Aurenche sur le thème » Des convictions pour changer le monde ».
    Il nous a invité à la confiance en nous présentant le texte de Matthieu ( 14, 13-21) de la multiplication des pains.
    En suivant cet évangile, il nous a invité à connaîtr les faims du monde : Mondialisation (de l’interdépendance à la solidarité), Pauvretés (de l’accroissement des inégalités au partage), La toute-puissance humaine (au service de quoi, de qui ?) Le déboussolement du monde (multiplication des repères et des valeurs)
    Puis à « Donnez-leur vous-même à manger!  »
    Être missionnaires: annoncer et témoigner de la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur, briser les solitudes, croire en la dignité de la personne ou la dynamique des droits de l’homme, construire un monde plus juste, interpeller l’Église dont je suis membre, rencontrer l’autre et le Tout Aimant, dans la confiance.
    Suite à son intervention, nous nous sommes réunis en petits groupes pour dialoguer « sur les chantiers que l’Église devrait mener pour qu’à travers son engagement, elle soit davantage missionnaire »
    Le repas partagé a permis aussi de nombreux échanges entre les participants.
    Ensuite, des questions-réponses entre l’assemblée et Guy Aurenche ont prolongées l’intervention de la matinée.
    La célébration eucharistique a été nourrie par tout ce qui a été vécu dans la journée

  • Manger peut aussi être un acte citoyen

    Manger : un acte citoyen. C’est le titre d’une soirée récemment organisée le CMR des Deux-Sèvres, soirée dont l’objectif était d’échanger sur l’alimentation. Plusieurs intervenants ont ainsi permis d’appréhender les impacts de l’alimentation sur l’environnement et la santé.
    Roland Blandin, de l’association Sèvre environnement, a insisté sur les atteintes à l’environnement : la pollution de l’eau et de l’air, les pesticides et la bioaccumulation des pesticides dans les chaînes alimentaires. Deux cents nouvelles espèces sont menacées d’extinction à cause des modes de vie des hommes, de la pression sur le milieu, de l’abandon des semences anciennes ou d’effets indirects, comme le dérèglement climatique. Romain Audouit, maraîcher bio, « pratique l’agriculture biologique par respect pour les terres » qu’il cultive. Selon Anne Barbier, deux Français sur trois consomment du bio au moins une fois par mois et 30 % souhaiteraient en consommer plus.

    Une deuxième rencontre

    Les consommateurs sont particulièrement motivés par la santé des enfants : en achetant bio, ils achètent la traçabilité puisque l’agriculture bio est la plus contrôlée. Ce sont les producteurs bio qui paient pour ces contrôles. Présentant un menu type respectant les règles de la naturopathie, Maryse Gaignard, naturopathe, donne des conseils afin de mieux s’alimenter et de mieux assimiler les aliments.
    Cette soirée sera suivie par une deuxième rencontre programmée le vendredi 27 avril prochain, à 20 h 30, à la salle Augustine-Vion de Moulins sur le thème des déchets et du gaspillage.

  • Le CMR : pour une déclaration des droits des paysan-nes

    Le CMR : pour une déclaration des droits des paysan-nes

    Paris, le 29 mars 2018

    LETTRE OUVERTE Au Président de la République Emmanuel Macron

    Monsieur le Président de la République,

    Dans le monde entier, les paysannes, les paysans et les autres personnes travaillant dans les zones rurales subissent des violations graves de leurs droits : 70 % des victimes de la faim sont des ruraux, principalement des agricultrices et des agriculteurs ; nombre d’entre eux sont expulsés de manière arbitraire des terres qu’ils cultivent et qui les font vivre, les privant aussi d’un accès durable à l’eau ; la liberté qu’ils ont de produire leurs propres semences recule partout car de plus en plus de législations favorisent les semences industrielles, produites par un nombre toujours plus réduit de multinationales, au détriment des semences paysannes ; partout dans le monde, agriculteurs, agricultrices et autres personnes travaillant dans les zones rurales peinent à vivre de leur travail faute de revenus décents. Il ne s’agit là que de quelques exemples.

    Face à cette situation, à l’insuffisance des instruments juridiques existants et suite aux recommandations de son comité consultatif (1), le Conseil des droits de l’homme a décidé d’élaborer une Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales.

    Cette Déclaration a pour but de promouvoir ces droits en codifiant des droits humains existants, mais éparpillés dans de nombreux textes. Elle a également pour objectif de conférer la valeur de droits humains à des droits émergents, essentiels pour combattre des discriminations spécifiques qui affectent les paysannes, les paysans, les travailleuses et les travailleurs de la terre (droit aux semences, à la terre, à la protection sociale, à des conditions de vie et de travail dignes…).

    Depuis 2012, la France a évolué de façon positive en passant de l’opposition à l’abstention lors des votes renouvelant le mandat du groupe de travail du Conseil des droits de l’homme chargé d’élaborer la Déclaration.

    Bien que n’étant plus membre du Conseil des droits de l’homme, la France a une influence majeure au sein de l’Union européenne où se discute la position commune des États membres. Avant la prochaine session du groupe de travail, du 9 au 13 avril 2018, une prise de position forte en faveur d’une Déclaration ambitieuse pour les droits des paysannes, des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales, reconnaissant en particulier leurs droits aux semences, à la terre, à l’eau et à la souveraineté alimentaire, aurait un effet d’entrainement auprès d’autres pays européens, qui rejoindraient ainsi la grande majorité des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine qui se sont prononcés en faveur de la Déclaration. Ayant entendu votre engagement pour la souveraineté alimentaire, qui est un point clé de cette Déclaration, nous comptons vivement sur votre soutien, celui-ci pouvant prendre la forme d’une communication officielle.

    Nous serions heureux de vous rencontrer pour en parler de vive voix. Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

    Pour en savoir plus sur la déclaration :
    · Présentation de la Déclaration (4 pages) : https://www.coordinationsud.org/wp-content/uploads/Notes-de-SUD-n14-Défendre-les-droits-des-paysannes-et-des-paysans.pdf
    · Texte de la Déclaration (version 2018, qui sera discutée en avril) : https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G17/051/63/PDF/G1705163.pdf?OpenElement

  • Entre générations…que de richesses à partager

    Mylène BONNEFOND

    Conseillère conjugale et familiale

    Nous aidera à aller au cœur de ce qui se joue dans ces relations parfois difficiles mais souvent d’une grande richesse.

  • Agriculture, alimentation et santé : tous concernés!

    Agriculture, alimentation et santé : tous concernés!

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    Éditorial

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    Agriculture, alimentation et santé : un enjeu majeur

    Dans l’encyclique « Laudato Si », Notre Pape François nous lance une invitation urgente à un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète. « Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous ».

    Voilà ainsi clairement formulé ce à quoi tout chrétien est appelé à s’engager. Pour François, on ne peut dissocier la cause de l’Homme (l’Humain), de celle de la planète. L’agriculture, l’alimentation et la santé, constituent pour les membres du CMR un enjeu majeur, une réalité de beaucoup d’entre nous, du monde rural. C’est pourquoi le CA et l’équipe nationale en font un des trois axes de travail en 2018. Il s’agit de s’informer, débattre, proposer et cheminer ainsi jusqu’au congrès 2020.

    Ce numéro d’Agir en Rural est donc l’occasion d’aborder ces questions sous différents angles, de revenir sur les évènements de l’année écoulée comme notre implication dans les Etats Généraux de l’Alimentation, au sein de la plateforme citoyenne et notamment sur la sécurité alimentaire. La question de la transmission en agriculture a été abordée lors de la journée du réseau « Agriculture et alimentation » de décembre 2017.
    Cette journée organisée avec le MRJC a permis d’échanger avec des acteurs de l’installation/transmission. « Une partie de la société est en train d’entrer dans une phase de plus grande prise de conscience », écrit encore le Pape François. Et il nous faut montrer que rien n’est perdu.
    Ce numéro présente ainsi des initiatives qui permettent de maintenir ou de recréer du lien. Par exemple entre producteur et consommateur comme dans l’expérience de la plateforme Initiative Brenne. Mais aussi en reprenant des témoignages de militants du CMR qui ont créé des lieux d’échanges, des groupes de parole entre agris pour réfléchir ensemble au sens du métier, favoriser l’entraide et le partage, ou lutter contre l’isolement. « Toute approche écologique doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus défavorisés. » (« Laudato Si », Ch 93).
    La réflexion ne serait pas complète si l’on ne s’extrayait pas de notre seul périmètre national. Le Projet Prorure, avec d’autres mouvements d’Eglise européens, nous permettra à l’automne 2018 de porter une parole aux autorités européennes.
    Aujourd’hui, croyants et non croyants, nous sommes d’accord sur le fait que la Terre est essentiellement un héritage commun, dont les fruits doivent bénéficier à tous ». (Laudato Si, Ch 93)

    Benoit Portier
    Vice-président du CMR

    Sommaire

    Vie du mouvement

    Parole d’une diététicienne engagée

    Dossier
    Penser et décider collectivement nos choix d’alimentation

    Initiatives pour illustrer

    Débattre
    Créer des lieux d’échanges, des groupes de parole entre agris

    Texte biblique

    Témoignage
    Itinéraire de transmission
    Coup de cœur

    Partenaires
    Rencontre des mouvements européens de la FIMARC

    Méditation