Étiquette : espoir

  • Commentaire de l’Évangile du vendredi 17 avril

    Commentaire de l’Évangile du vendredi 17 avril

    Commentaires à partir du texte de Jean 21 , 1-14

    Les apôtres sont désœuvrés. Christ est ressuscité. Mais il les laisse seuls. Que faire, sinon leur métier, la pêche ? Et ils partent sur la mer, plutôt hostile car c’est la nuit… Et ils ne prennent rien. C’est le matin. La fatigue est là. Et quelqu’un les interpelle de manière familière pour demander de la nourriture. Ils ne peuvent que dire leur inefficacité. Et voici cet homme sur la berge qui leur demande de pêcher à nouveau. Ils le font. Et les filets sont pleins… Alors le disciple le plus aimant reconnaît Jésus. Il ouvre les yeux de Pierre qui, comme dans le jardin d’Éden, se rencontre qu’il est nu et qu’il faut qu’il remette son habit avant de plonger dans la mer hostile pendant que les autres reconduisent tranquillement les barques.

    Oh, ironie de Dieu ! Sur un feu de braise, des poissons sont déjà préparés… Depuis des années, disciples du Christ, nous naviguons dans les mers hostiles. L’humain est tellement capable de tout, mais particulièrement du pire. Tant de crises économiques, tant de guerres, tant de génocides et quelquefois des génocides au nom du Christ ! Et puis, ce virus qui actuellement met à mal toute l’organisation de la planète, cette organisation qui nous a été vendue par les marchands du temple, ceux qui font de la maison commune du Père une maison de commerce, comme la seule organisation économique possible ! Nous jetons nos filets dans la mer hostile comme nous pouvons, souvent avec prudence et sans bruit pour ne pas effrayer le poisson.

    Soyons dans la confiance, dans la Foi : Jésus est là sur le bord. Il a tout préparé. Et laissons inviter à jeter encore et encore nos filets, sans aucune peur. Oui, partageons pour l’humanité à la fois merveilleuse et triste à regarder, le pain et le poisson, le corps et le sang du Christ.

    Philippe, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    Roger Clorennec, La Pêche miraculeuse, 1968, église Sainte-Bernadette d’Orvault
  • Faire entendre la clameur du confinement

    Faire entendre la clameur du confinement

    Il y a quelques semaines nous vous proposions de venir à Tarare « porter la clameur du rural dans l’Espérance ». L’actualité mondiale en a décidé autrement…

    Nous voilà aujourd’hui tous et toutes confiné-es, comme perdu-es dans nos maisons, avec parfois un sentiment d’immobilisme, de solitude, de crainte mais aussi une envie de sortir de cette situation différent-es, en mettant ce temps à profit.

    Nombreux-ses sont ceux et celles qui s’engagent pour apporter leur aide, aux soignant-es, aux oublié-es, aux isolé-es…

    Aussi il nous parait important de permettre à tou-tes ceux et celles qui le souhaitent de faire entendre

    la clameur du confinement.

    En d’autres mots, permettre, aux équipes CMR, fédé, citoyen-nes, groupe de jeunes… de s’exprimer avec le mode d’expression qui leur convient (chant, danse, photo, vidéo, dessin, texte, témoignage audio…) sur ce qu’ils et elles souhaitent nous dire, nous faire entendre sur ce temps que nous vivons.

    Comment arrivons-nous à transformer ce que nous vivons, avec toutes les difficultés de nos quotidiens, en quelque chose de positif, de beau, porteur d’espérance ?

    Pas de consignes techniques particulières. Une clameur peut être un témoignage, un récit, la photo d’une action, d’une rencontre, le résultat d’une réflexion… Soyez apôtres de ces clameurs !


    Alors à vos crayons, claviers, instruments de musique, appareil photo… faites nous entendre ces témoignages, ces clameurs, nous les relayerons dans un premier temps (si vous en êtes d’accord) via le site internet du CMR et les réseaux sociaux.

    Envoyez votre clameur à l’adresse suivante : communication@cmr.cef.fr.

  • Commentaire de l’Évangile du jeudi 16 avril

    Commentaire de l’Évangile du jeudi 16 avril

    Commentaires à partir de Luc, chapitre 24, versets 35 à 48

    A Emmaüs, les deux disciples vivent la frustration de l’Eucharistie. Jésus Christ, aussitôt le pain partagé, disparaît.

    Cependant, cette première messe après la Cène, les met en mouvement et les voici à nouveau en communion avec l’ensemble des disciples. Et cette unité entre celles et ceux qui croient, permet au Christ de se rendre présent. La vie continue. Le Christ a le même corps souffrant. Il peut manger.

    La vie continue, mais elle est autre. Il nous invite à la voir et à l’expérimenter. « Voyez mes mains et mes pieds. » « Touchez à mon corps. » Il nous invite à discerner. Lisons l’écriture. Il ouvre notre intelligence, notre Esprit. Il nous invite à agir.

    Majoritairement confiné-es, nous venons de vivre Pâques autrement. Voyons notre monde. Laissons le Christ ouvrir notre intelligence en lisant et relisant, seul-e ou à plusieurs, l’Écriture. Alors nous serons prêt-es à agir : nous pouvons partager avec celles et ceux qui nous entourent , nos actions de construction d’une nouvelle société  fondée sur l’Amour  (caritas : l’amour en action). Partageons notre Espérance. C’est la certitude qu’au cœur de la croix, et la pandémie en fait partie, Dieu nous donne le royaume à construire. Il nous invite à nous retourner et à retrouver nos communautés pour recevoir le royaume des mains du Christ, c’est-à-dire la nouvelle vie promise.

    Et le service que notre baptême nous impose, c’est de témoigner au monde que le royaume, c’est la mise en œuvre d’une société fondée sur l’amour fraternel. Au cœur du confinement, Christ est là. Il nous invite à sortir dès que cela sera possible. Et nous pourrons et devrons dire au monde, par nos petites et grandes actions, l’inouï de l’Évangile : l’amour inconditionnel de Dieu, amour de l’humanité entière en donnant priorité aux plus pauvres.

    Philippe, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    Véronique Gouy, La Pêche miraculeuse
  • Commentaire de l’Évangile du mardi 14 avril

    Commentaire de l’Évangile du mardi 14 avril

    Commentaire à partir du texte de Jean 20,1s.11-18

    Après Marie, la mère de Jésus, Marie de Magdala est la femme la plus citée de toutes les femmes dans les évangiles (vingt fois); elle recevra de la part d’Hippolyte de Rome, le titre d’« apôtre des apôtres » ; elle est aussi la première à avoir eu le privilège de la rencontre avec le Ressuscité comme l’atteste Saint Marc (16,9)… En Jean 20, elle est la femme « disciple bien-aimée », à l’image de la bien-aimée du Cantique des Cantiques qui sort à l’aube pour retrouver son bien-aimé, le cherchant sans d’abord le trouver… de là cette rencontre et ce dialogue amoureux entre Jésus et elle… (« Myriam ! » « Rabbouni ! »).

    Rencontre étonnante et peut-être même dérangeante au point que ce récit n’a pas été retenu dans les textes dominicaux choisis par des hommes ! Comment accepter qu’une femme puisse avoir « vu » Jésus vivant, au même titre que Pierre (Lc 24,34) et Paul (1 Co 15,8)… Déjà et toujours la question de la place de la femme dans notre Église !

    Elle a vu le Ressuscité après s’être retournée par deux fois (20,14.16)… comme si au retournement extérieur venait s’ajouter un retournement intérieur. Elle se situe dans la ligne du prophète de l’Apocalypse de Jean : « Me retournant, je vis comme un fils d’homme. » (Ap 1,10-19) La voilà devenue prophète visionnaire au même titre que Myriam, la sœur de Moïse.

    Ensuite, pour bien souligner son statut d’apôtre, l’auteur de cet Évangile fait de Marie de Magdala, une évangélisatrice auprès des disciples… remplissant tous les critères de l’apostolicité donnés par Paul : elle a vu le Seigneur ressuscité, elle annonce l’Évangile de Jésus, et elle s’adresse à une communauté fraternelle (« Va trouver mes frères »).

    Ne sommes-nous pas là témoins de l’irruption d’un monde nouveau, ce Royaume inauguré par Jésus lui-même ? A nous de participer activement à sa mise en œuvre.

    Marc, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    Dmitry Shkolnik, Marie-Madeleine et le Christ ressuscité, église Saint Paul, Dayton, Ohio. Photo Ted.
  • Commentaire de l’Évangile du lundi 13 avril

    Commentaire de l’Évangile du lundi 13 avril

    Commentaire à partir du texte de Matthieu 28/8-15

    Pour entrer dans le texte proposé aujourd’hui, regardons ce qui se passe dans le lieu que les deux femmes viennent visiter.

    Après le sabbat, au commencement du premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent voir le sépulcre, non pour embaumer le corps mais pour vénérer le lieu. Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre : l’Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre sur laquelle il s’assit. L’Ange avait l’aspect de l’éclair et sa robe était blanche comme neige. À sa vue, les gardes tressaillirent d’effroi et devinrent comme morts

    À ce moment, les femmes entendent les paroles de l’Ange : « Ne craignez point, je sais que vous cherchez Jésus le crucifié. Il n’est pas ici car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait et vite allez dire à ses disciples : « Il est resuscité d’entre les morts, et voilà qu’Il vous précède en Galilée et c’est là que vous le verrez. » Voilà je vous l’ai dit. » Quelle nouvelle inouïe ! Il est ressuscité ! Quelle nouvelle pour Marie Madeleine et Marie mère de Jacques ! Elles reçoivent une mission : annoncer aux disciples où ils pourront désormais le rencontrer. Elles quittent vite le tombeau, émues pleines de joie elles coururent porter la bonne nouvelle.

    Dans ce passage, l’Ange invite les femmes à voir le tombeau. Elles entendent la nouvelle : Jésus le crucifié n’est pas ici. Il est resuscité d’entre les morts. La vie est plus forte que la mort. Nous pouvons et nous sommes invités en équipe à discerner dans notre vie et celles des autres les signes du Christ resuscité.

    Jésus vient lui-même à la rencontre des femmes. « Je vous salue. » Elles sont touchées par cette proximité de Jésus. Parfois, dans le « voir juger agir » il est bon de se poser un peu. Mais la force du Ressuscité fait courir ces femmes vers les disciples.

    « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’Ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

    J’ai participé à la rencontre des différentes fédés de ma région. C’est avec joie que nous avons constaté le besoin de se retrouver pour célébrer la vie ! Aujourd’hui, nous voyons dans les hôpitaux combien le personnel soignant se bat contre la mort et combien la fraternité est présente au cœur de nos fragilités. C’est au cœur des lieux de fracture que le Ressuscité nous donne rendez-vous !

    Béatrice, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    Vitrail du XVe siècle par Bernard Flower, église de Fairford.

     

  • La contagion de l’espérance

    La contagion de l’espérance

    C’est le souhait du pape François, le jour de Pâques. Il s’adressait « à la ville et au monde », seul, depuis l’immense place Saint-Pierre, à Rome, étonnamment vide. Selon lui, la contagion de l’espérance passe par l’indispensable respect des consignes de sécurité pour faire barrage au Covid-19 et par l’espoir de voir les nations plus solidaires pour faciliter et accélérer l’accès aux médicaments plutôt que la production des armes, mais aussi la levée des sanctions internationales, l’annulation des dettes des pays les plus pauvres et un traitement juste pour les migrants dans le monde entier.

    L’espérance, en effet, n’est pas un rêve béat, elle est le fruit des solidarités retrouvées et d’un combat sans répit, à l’image du combat acharné des scientifiques pour traquer le virus et chercher les traitements et vaccins appropriés, le combat des soignants, admirables et fatigués, celui des petites mains qui, sans bruit, fabriquent des sur-blouses et des masques, celui des anonymes, très nombreux, qui discrètement, à proximité des hôpitaux, préparent des repas pour les personnels soignants.

    Face à l’urgence du moment, le réel et le présent prennent un relief tout particulier et pèsent lourdement sur les décisions à prendre. Les projets et les prévisions programmés sont suspendus. Tout ce que nous avions planifié s’est évaporé, comme si on s’interdisait de penser le futur, comme si le futur était vide et qu’aucune promesse ne pouvait l’habiter, ni le faire vivre. Cette épreuve, pour les chrétiens, rappelle étrangement le silence du samedi avant Pâques. Nous sommes aujourd’hui les frères et les sœurs de ces hommes et de ces femmes qui, un soir de vendredi noir, ont vu leur monde et leur espérance s’effondrer avec, devant eux, un grand vide, une absence insoutenable et un tombeau également vide.

    Ils restent alors confinés dans leurs maisons, l’horizon bouché, repliés sur eux-mêmes, jusqu’au jour où, leurs peurs déverrouillées, ils osent sortir. Là, ils sont ébranlés par un immense coup de vent qui les projette en avant, dans un nouvel élan pour un nouveau départ. Ce Souffle devient pour eux source d’énergie pour le présent et d’inspiration pour le futur.

    Brusquement, ils découvrent qu’ils n’ont jamais été abandonnés et que les chemins d’espérance et de vie qui leur ont été enseignés l’ont été pour une expérience à vivre dans la condition ordinaire de tous les jours. Dans une langue que tous les peuples de la terre comprennent, ils annoncent que désormais ils devront apprendre à vivre tout autrement, de même que nous, aujourd’hui, nous devons revoir nos priorités, distinguer le futile du nécessaire et l’accessoire de l’essentiel qui fait vivre, qui est porteur de sens et mérite qu’on s’y donne tout entier. Et il nous faudra encore nous laisser entraîner par un souffle de vie beaucoup plus fort pour aider la planète et l’humanité malades à respirer un peu mieux. Ainsi, avec beaucoup d’autres qui, individuellement ou avec leurs associations, prennent un peu partout, en rural comme ailleurs, des initiatives tout à fait nouvelles et prometteuses, nous croyons qu’un autre monde est possible et que peut donc se propager la contagion de l’espérance.

    Pâques 2020 – Pierre Miot, prêtre accompagnateur du CMR 74

    Jörg Bergmann, ermitage San Isidro, La Gomera, îles Canaries, CC BY-NC-ND.
  • Commentaire de l’Évangile du vendredi 10 avril

    Commentaire de l’Évangile du vendredi 10 avril

    Pour beaucoup, le Vendredi saint est le jour du chemin de croix… dont les stations ont vu le jour progressivement… Si vous méditez les évangiles, vous n’y retrouvez pas toutes les étapes. Cette inventivité de la part des chrétien-nes peut aussi être la nôtre, en fonction de ce que nous sommes en train de vivre.

    Un temps de Carême, de quarantaine, un peu particulier, puisqu’il concerne tou-es les habitant-es de notre Terre. Ce qui, avec le temps, était devenu une propriété des seu-els chrétien-nes concerne aujourd’hui toute l’humanité, selon ce que Jésus, dans l’Évangile de Jean (dont la Passion est lue aujourd’hui), annonce entre l’onction de Béthanie et le geste du lavement des pieds : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (12,32).

    Les stations du chemin de croix concernent chacun-e de nous à divers titres ; nous pouvons être de ceux et celles qu’il faut consoler, de celles et ceux qui tombent et se relèvent, de celles et ceux qui épongent le visage des condamné-es d’aujourd’hui… Elles nous mènent devant celui qui, Fils de l’homme (i.e. symbolisant toute l’humanité), est là, agonisant sur la croix, ceint non pas d’un pagne, mais du tablier du serviteur. Cet habit donne à cette mort ignominieuse, son sens profond, celui du service accompli jusqu’au bout : c’est en serviteur  aimant que Jésus mène sa mission à l’accomplissement (13,1 « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à l’accomplissement » > 19,30 « Tout est accompli »).

    Nos chemins, aussi divers soient-ils, prennent vraiment leur sens quand ils se rejoignent dans le service commun de cette humanité que Dieu aime… et à laquelle il a, non pas remis, mais transmis l’esprit (19,30), dont il a dit à Nicodème (3,8) qu’il soufflait où il veut, et dont il a révélé à la Samaritaine (4,23), que c’est en lui et en vérité que nous devons adorer Dieu.

    Chemin de croix, mais aussi chemin de vie et de résurrection, pour peu qu’il soit au service de cette maison commune qu’est l’humanité.

    Marc, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    D’après Crucifixion blanche, Marc Chagall, 1938, Art Institute of Chicago.
  • Commentaire de l’Évangile du jeudi 9 avril

    Commentaire de l’Évangile du jeudi 9 avril

    Commentaire à partir du texte de Jean, chapitre 13, versets 1 à 15

    Nous voici au cœur d’une Semaine sainte que nous n’aurions pas pu imaginer ne serait-ce qu’un mois et demi avant. La pandémie prend une dimension mondiale et, peu à peu, chaque pays, chaque culture sont confrontées à la maladie, à sa contagion très rapide, à la mort qui l’accompagne. Nos célébrations ne nous rassembleront pas directement et nous nous devons d’inventer une manière de célébrer autre ; nous sommes invité-es à un acte de Foi. C’est Dieu qui est communion, et quand nous pouvons nous réunir physiquement, nos rassemblements ne sont que le sacrement de l’union en Christ. Croyons à la force du rassemblement même quand nous sommes loin physiquement et sachons inventer une manière autre de prier.

    La Semaine sainte vécue en climat de pandémie nous invite à suivre un chemin qui a bien des points communs avec le chemin du Christ, les dernières semaines de sa vie comme homme mortel. De l’entrée triomphante mais contestée dans Jérusalem, il va cheminer en affrontant les humiliations de plusieurs procès, la destruction progressive de son corps, la mort sur la croix, mort ô combien humiliante. Il est pratiquement seul sur la croix, comme sont pratiquement seul-es celles et ceux qui meurent aujourd’hui, particulièrement en réanimation.

    C’est au cœur de cette marche vers l’humiliation que Jésus fait le don de l’eucharistie à ses disciples, donc à nous, à la suite des personnes baptisées avant nous. La liturgie catholique a choisi, en ce jour de mémoire du don de l’Eucharistie, de nous inviter à méditer la scène du lavement des pieds. En effet, l’évangéliste Jean a choisi de ne pas reprendre les mots de l’institution de l’Eucharistie. Il souligne ainsi, de manière extraordinairement forte, que l’Eucharistie ne peut être célébrée qu’en acceptant d’être servante ou serviteur. Oui, mais servante et serviteur de qui ?

    Eh bien, en célébrant la consécration du pain et du vin, nous acceptons d’être celles et ceux qui ont vu le monde tel qu’il est et qui déposons notre « voir » sur la table/autel sous la forme du pain qui donne la force et du vin, du bon vin qui irrigue.

    Alors le Christ peut s’en saisir et, en communion avec les servantes et les serviteurs, l’offrir à son Père. Cette offrande conduit le Fils, serviteur des serviteurs, à la croix et à la mort qu’il accepte. C’est l’unique chemin pour que l’Amour du Père vienne donner vie à l’humanité en Christ.

    Nous allons vivre ce chemin très confiné-es, très seul-es. Nous sommes, pour beaucoup, à l’image de Marie, à Béthanie, qui reste confinée à la maison pendant que Marthe agit et va au-devant de Jésus.

    Prions fortement pour que les « Marthes » qui agissent au service des malades, des pauvres, de la société. Prions et ayons confiance. Sans pouvoir se réunir, pourtant nous sommes en communion avec ceux qui élèvent le corps et le sang ensemble, symbole de la Croix, car la résurrection se vit par, avec et en Jésus Christ.

    Philippe, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    Arcabas, Les Disciples d’Emmaüs, 1993-1994, église Torre de Roveri, Bergame
  • Commentaire de l’Évangile du mercredi 8 avril

    Commentaire de l’Évangile du mercredi 8 avril

    Évangile selon saint Matthieu (26, 14-25)

    La lecture de ce jour nous invite à découvrir toutes les tensions qui se vivent entre Judas, les disciples et Jésus.

    Dans cet extrait, Judas entre en scène. Comment cet homme que Jésus a nommé, qui a vu tant de miracles, vu tant de détresses soulagées, entendu tant de sagesse, a-t-il pu progressivement devenir celui qui lâche Jésus ? Il vient de s’offusquer de ce que lui (et les disciples) considèrent comme un gaspillage avec ce parfum déversé sur Jésus par Marie. Il est profondément déçu, dépité. Et le voilà devenu le pire adversaire du Christ. Il n’accepte pas Jésus tel qu’il est et rejette la lumière. Il ne voit pas que c’est à lui de changer.

    Les disciples s’interrogent, sont incertains, peut-être saisis par le doute. Mais ils suivent jésus avec confiance.

    Jésus sait que toute vie humaine est faite de diverses périodes et traverse l’épreuve. Il désire vivre humainement en agissant dans le sens de la vie, de la promesse faite par Dieu. Il laisse Judas faire ce que ce dernier a décidé et ne lui ferme pas la porte.

    Depuis le début de ce confinement, nous sommes assaillis par des doutes, des incompréhensions, des incertitudes, des questions, peut-être des remises en cause. C’est peut-être le moment de discerner ce que le Seigneur attend de nous. Avec tout ce que nous pouvons entendre, voir, vivre, nous pourrons envisager de nouvelles perspectives pour le CMR. Agissons comme Pierre et Jean, avec amour et confiance.

    Cette semaine sainte, c’est l’heure de Jésus mais c’est aussi notre heure, l’heure du choix. Nous sommes invité-es à marcher près de Jésus, avec Lui.

    Jean-Marie, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)

    Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.

    Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.

    Chapiteau de l’abbatiale Saint-Austremoine d’Issoire.
  • Revenir à l’essentiel

    Revenir à l’essentiel

    Édito de la lettre aux équipes du CMR 59 Cambrai

    Pas facile d’écrire quelques lignes en ces temps très particuliers où la vie semble avoir pris un chemin inattendu. Dans nos sociétés occidentales, nous avons pris l’habitude que tout soit formaté, planifié, optimisé, calculé, budgété, contraint… Et voilà qu’un minuscule virus vient tout bouleverser.
    Tout cela, parce que nous avons perdu, individuellement et collectivement, notre capacité à faire face aux imprévus. Nous avons oublié, parait-il, l’essentiel ! Mais c’est quoi l’essentiel ? Tout bêtement, nous redécouvrons que c’est pouvoir se nourrir, être soigné dans les meilleurs conditions possibles, aller à l’école, pouvoir vivre de son travail, aller voir nos proches ! Rien de vraiment neuf sous le soleil ! Revenir à ces valeurs, c’est remettre l’économie à l’endroit. On prend conscience que les personnes qui sont au service de cet essentiel sont souvent les personnes les moins considérées et les moins payées : les soignants, les producteurs, les magasiniers, les éboueurs, les travailleurs saisonniers…

    Nous sommes donc en période de crise, au sens où une crise est une transition, un passage vers autre chose. Lors de la crise d’adolescence, on passe de l’état d’enfant à celui d’adulte. Dans une crise, il y a toujours un avant et un après et au passage, notre vision du monde a changé. Mais quel sera cet après ? Personne ne peut le dire avec certitude. Nous allons peut être reprendre certaines de nos habitudes (bonnes ou mauvaises). Peut-être allons-nous aussi tirer certaines leçons de cette situation ! Relocaliser la production, apprendre à se débrouiller par soi-même, consommer autrement, être plus attentifs aux personnes, à nos voisins, nos proches…

    Et je voudrais terminer cet édito en citant Hervé Coves qui était l’intervenant de la réco de mars, malheureusement annulée. Dans une conférence filmée disponible sur Internet, il nous rappelle que la vie est belle et que la nature qui nous porte sait trouver des solutions souvent inattendues, la nature et la
    création dont nous faisons pleinement partie. La vie est belle, mais fragile, et comme nous le rappelait le pape François dans l’encyclique Laudato si’, une de nos missions est d’en prendre soin, en particulier dans ce qu’elle a de plus fragile.

    Jean-Marie Lefrancq, CMR 59 Cambrai