Étiquette : environnement

  • Tribune : il faut amplifier la conversion écologique

    Alors que s’achève l’année « Laudato Si’ » proclamée par le pape François le 21 mai 2020, douze responsables d’organisations chrétiennes en France, dont le CMR,  appellent à des politiques publiques plus ambitieuses.

    Alors que la loi « climat et résilience » votée à l’Assemblée doit être maintenant examinée par le Sénat, nous, chrétiens, souhaitons rappeler l’importance majeure d’un engagement collectif ambitieux réellement apte à répondre l’urgence écologique.

    Le travail remarquable de la Convention citoyenne sur le climat, instance délibérative composée de citoyens tirés au sort, qui, confrontés à la réalité scientifique et sociale du changement climatique, ont élaboré des propositions éclairées et courageuses, constitue une véritable chance d’avancer.

    Des orientations trop timides

    Pourtant, force est de constater qu’à ce jour, les orientations et décisions prises ne sont pas à la hauteur des enjeux. Trop timides, les dispositions prévues par la loi ne permettraient en l’état qu’une réduction minime des émissions de gaz à effet de serre alors que, rappelons-le, l’Europe s’est engagée sur un objectif de – 55 % d’ici à 2030 !

    Quelques exemples d’initiatives repoussées : 1/5 des logements sont des passoires énergétiques et beaucoup sont habitées par les plus pauvres, l’initiative «rénovons» (Secours catholique, Fondation Abbé-Pierre…) proposait un financement de 95 % des ménages les plus modestes engageant des travaux ambitieux.

    Autre exemple, les chèques alimentaires favorisant l’accès à une alimentation de qualité pour les ménages modestes – mesure 6.1.5 de la Convention et proposition de l’appel « Mettre la jeunesse et les milieux populaires au cœur de la transition écologique » (Éclaireuses et Éclaireurs unionistes de France, Scouts et Guides de France, Mission populaire évangélique, Fédération de l’entraide protestante…) : ceux-ci attendent encore un arbitrage et les amendements d’amélioration du dispositif ont été rejetés.

    La restriction des vols courts en avion a été amputée alors qu’elle ne pèse que sur les 4 % les plus aisés. La lutte contre la publicité encourageant le gaspillage énergétique, une vraie limitation de l’artificialisation des sols, une viande moins fréquente mais de meilleure qualité dans les cantines et un vrai temps de repos comme suggéré par le président de la conférence épiscopale rendraient cette loi réellement efficace.

    Rappelons l’importance de l’enjeu : « user de ce monde comme n’en usant pas » (Calvin citant Saint Paul), « sauvegarder » l’habitabilité humaine de « sœur notre mère la terre » (François d’Assise) et à cette fin, de s’engager « dans une courageuse révolution culturelle » (lettre encyclique Laudato Si’, 114), « nous convertir dans notre attitude et dans nos actes, en adoptant des pratiques de sobriété et de simplicité, non sur le mode du renoncement héroïque mais sur le mode du partage joyeux » (pasteur François Clavairoly, métropolite Emmanuel, Mgr Georges Pontier, septembre 2015)

    Les jeunes manifestent leur inquiétude

    Depuis plus de 40 ans, de nombreux scientifiques et des ONG se sont mobilisés pour alerter sur le changement climatique et les conséquences du modèle actuel de développement sur l’homme et la planète.

    Aujourd’hui la population est de plus en plus consciente de ce défi. Les jeunes en particulier, nombreux, manifestent fortement leur inquiétude sur le devenir de la planète. En témoignent les marches pour le climat qui ont été organisées le 9 mai dans de nombreuses villes auxquelles ont souvent participé des cortèges chrétiens. On peut également saluer les efforts déployés par divers acteurs de la société civile ainsi que par des entreprises pour promouvoir des modes de consommation et de production plus respectueux de l’environnement.

    Mais sans une accélération de la mutation, les nouvelles générations et leurs enfants seront inévitablement confrontées à ce fardeau qui s’alourdit chaque jour.

    Les chrétiens partie prenante

    Les chrétiens sont et seront pleinement partie prenante dans cette mobilisation car « le défi environnemental que nous vivons et ses racines humaines nous concernent et nous touchent tous » (Laudato Si’, 13). C’est un défi spirituel et éthique qui découle de l’amour du prochain, un devoir moral de regarder en face le grave danger que font courir les atteintes à la Terre, spécialement pour ceux des régions les plus démunies du globe.

    L’option préférentielle pour les pauvres à laquelle l’Église est profondément attachée est en jeu. Ce sont les plus petits, les habitants des régions planétaires les plus pauvres, qui souffrent le plus des dérèglements climatiques, et qui y seront les plus exposés à l’avenir, alors même qu’ils en sont les moins responsables. Et parmi ces plus petits, il nous faut également compter les générations futures, nos propres enfants auxquels nous avons la responsabilité de léguer une Terre habitable. Comme le défend le Conseil œcuménique depuis les années 1970, il s’agit bien de construire des « communautés durables » où s’allient justice, paix et sauvegarde de la création.

    La responsabilité de chacun

    D’autre part, la foi en un Dieu créateur de ce monde par amour confère à chaque homme et chaque femme une responsabilité particulière vis-à-vis de la planète qu’Il leur confie. Chacun est invité à respecter la création, à “cultiver et garder” la terre, dans un élan de gratitude et en continuant l’acte créateur. Le théologien protestant Jacques Ellul écrivait en 1974 : « Si Dieu conduit sa création dans l’Amour, par l’Amour, en vue de l’Amour, il doit en être de même pour l’homme qui ne doit pas gérer cette création pour la puissance et la domination, mais en tant que représentant de l’Amour de Dieu ».

    Nous lançons donc un appel renouvelé, aux côtés de nombreux acteurs de la société civile, pour accélérer la mutation nécessaire en accompagnant les changements des mesures de soutien indispensables. Nous appelons les responsables et engagés politiques de tous bords à intégrer de manière volontariste les réorientations du modèle économique pour que le monde de demain soit durable.

    Cet appel concerne aussi chaque citoyen du monde dans sa conscience morale et ses capacités à accepter de nouveaux modes de vie plus sobres et plus compatibles avec les ressources et les fragilités de notre terre. Il est plus que temps.

    Signataires : Olivier Brès, président du Comité national de la Mission populaire évangélique de France, Sylvie Bukhari de Pontual, présidente du CCFD-Terre solidaire, Wiliam Clapier, essayiste et théologien, membre de Chrétiens unis pour la terre, François Clavairoly, pasteur, président de la Fédération protestante de France, Manuele Derolez, déléguée générale CCFD-Terre solidaire, Véronique Fayet, Présidente du Secours catholique, Gilbert Landais, responsable de Chrétiens Unis pour la Terre 35, Laura Morosini, présidente Chrétiens Unis pour la Terre, initiatrice du premier plan climat de Paris, Stéphane Lavignotte, pasteur, théologien, Mouvement du christianisme social, responsable de la Maison ouverte, Marie-Laure de Noray, Chrétiens dans le monde rural (CMR), Cédric Letourneur, Secrétaire National Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC)
  • Face au changement climatique, quelles réponses ?

    Face au changement climatique, quelles réponses ?

    Agir en rural n°120, création Stéphanie Yverneau-Brahy.

     

    En ouvrant Laudato si’, je lis que « le climat est un bien commun de tous et pour tous.  C’est un système complexe en relation avec beaucoup de conditions essentielles pour la vie humaine » Un bien commun que nous subissons, abîmons, transformons ; un bien commun dont nous sommes toutes et tous responsables selon les domaines.

    Le climat se décline dans sa forme environnementale et nous en voyons les effets : tempêtes, vents, canicules, sécheresses, inondations…. Il est propice au développement de la vie mais aussi cause de destruction de cette même vie et malgré toute la création continue.

    Le climat c’est aussi le climat social dans lequel nous évoluons, les questions, les révoltes, les désarrois mais aussi les signes de créativité, de fraternité, de solidarité, d’espoir que nous porterons au congrès.

    Le climat plus ou moins serein de nos familles où chacun-e cherche à grandir dans la joie, la tendresse, l’amour, la reconnaissance de sa singularité.

    Le climat de confiance ou de méfiance en l’Église dont nous faisons partie. Cependant des signes d’Espérance apparaissent quand elle remet l’Évangile au cœur de ses préoccupations pour être témoin de l’amour de Dieu pour toutes les créatures.

    Et si le climat c’était aussi nos désirs de mutation, de changement, de conversion tant attendue par les jeunes pour sauvegarder la planète et développer une création renouvelée où la vie est plus forte que la mort.

    Au CMR, le climat essaie d’être bienveillant entre ses membres quand se vit l’accueil, l’écoute des différences pour construire ensemble un monde nouveau respectueux de la dignité humaine, des êtres vivants, de la Création. Au cours de mon mandat j’ai eu la joie de découvrir plein d’initiatives qui transforment et annoncent un climat de confiance, de fraternité, de solidarité, de justice, de paix entre les hommes, les femmes et la nature. Tout est lié.

    Dans la joie, je nous invite à continuer à travailler ensemble au développement des climats favorables à la sauvegarde de notre maison commune.

    Anne-Marie Blanchard, co-présidente

    Agir en rural, 16 pages couleurs, trimestriel

  • La clameur du confinement – cinquième partie : un œil neuf

    La clameur du confinement – cinquième partie : un œil neuf

    Bénédicte

    Nous, ruraux vosgiens, avons l’énorme chance d’avoir de l’espace vert autour de nous et d’apprécier ce magnifique printemps 2020 : chant des oiseauX dès 5 heures du mat’, jardin, potager à commencer… quel bonheur !

    Joie aussi de continuer mon engagement de soutien scolaire par téléphone, WhatsApp, chaque jour, pour une famille kosovare avec 3 bons enfants de 9, 7 et 5 ans ! Ils viennent de se déconfiner joyeusement et sont venus à la maison aujourd’hui (masqués).

    Ma clameur, c’est de vivre en Ressuscités, c’est de regarder et agir au-delà, au-delà de soi !

    Jean Pierre Hennegrave

    Clameur en ces jours moroses : ouvrons nos yeux et découvrons cette nature qui est belle et que nous ne voyons pas toujours.

    Bon courage à tous.

    Photo Jean Pierre Hennegrave.

     

    Photo Jean Pierre Hennegrave.

     

    Photo Jean Pierre Hennegrave.
  • Le CMR des Yvelines se mobilise !

    Le CMR des Yvelines se mobilise !

    Avec une quinzaine de membres du CMR nous avons rejoint l’association « AVL3C » créée par l’une d’entre nous il y a une quinzaine d’années : Nous luttons contre l’extension d’une carrière de calcaire dans le sud du Vexin français où se trouvent nos équipes.

    La société CALCIA/HEIDELBERG qui utilise ce calcaire pour faire du ciment, ayant épuisé le gisement précédent, près de la Seine, projette de détruire ainsi l’environnement rural et agricole de plusieurs villages, sans se soucier des nappes phréatiques ni des paysages du « Parc Naturel Régional du Vexin français », qui seront gravement impactés !

    Nous voulons défendre notre territoire rural et avec « l’AVL3C » nous menons des actions, pique-niques sur place, pétitions, manifestations et interventions auprès des responsables politiques : nous ne baisserons pas les bras !

    Colette Courteaud, présidente du CMR 78

  • Un pacte pour la transition écologique

    Un pacte pour la transition écologique

    Annie Rauwel, membre du CMR Nord-Lille, nous raconte son engagement au CMR mais aussi pour l’écologie, l’environnement et l’agriculture.

    Je viens du Nord, entre Lille et Dunkerque, dans les monts des Flandres. J’étais permanente à l’ACE et au MRJC quand j’étais jeune. Au niveau de l’assemblée diocésaine, je suis déléguée du CMR au CCFD – Terre solidaire. Je fais aussi partie d’Artisans du Monde et de Terre de Liens. Récemment, je me suis investie dans « Ensemble pour le climat Hauts de France (EPLC) et localement Flandre Climat » dans le but de créer un collectif pour faire avancer cette question-là auprès du politique. Chacun son petit geste pour l’écologie c’est très bien, mais il faut qu’au niveau des lois ça bouge.

    Cet été j’ai participé aux Université d’été du CMR parce que je me sens très concernée par la question de l’agriculture qui recoupe mes engagements par ailleurs : le CCFD – Artisans du Monde qui soutient les petits producteurs par le commerce équitable dans les pays du Sud, mais aussi de plus en plus dans le nord – Terre de Liens qui favorise l’installation des paysans sur quelques hectares pour une agriculture paysanne et biologique. Ça me paraissait cohérent d’essayer de faire avancer au CMR toute cette dimension internationale.

    Dans nos réflexions, nous avons relevé l’importance de prendre le temps, le temps de voir pousser, le temps d’échanger avec les producteurs, la joie d’être dans la nature, le fait que les paysans puissent vivre dignement de leur travail, le rôle primordial de l’alimentation au niveau de la santé, le fait d’être des consom’acteurs… On sait aujourd’hui qu’on est allé trop loin dans le productivisme. Pour notre santé comme pour celle de la terre et pour la biodiversité, aidons les agriculteurs à revenir à une agriculture plus raisonnable, à dimension humaine.

    Je suis très enthousiaste d’aller au congrès à Tarare en 2020. Je crois que ce sera un moment très festif, très convivial et surtout très riche aussi bien pour chacun des participants que pour le mouvement en termes d’échanges pour faire avancer des idées.

    Malheureusement, il est en marche le dérèglement climatique. Il faudra s’adapter, mais il faut aussi prendre des mesures radicales pour retrouver un équilibre pour la terre, pour l’humain, pour la biodiversité, pour préserver les abeilles… Si certaines variétés d’arbres dans nos forêts sont en train de mourir, c’est à cause de tous ces dérèglements dus au réchauffement climatique. On nous a dit que nous avons deux ans, mais il y a déjà un an de passé. Et que font les politiques ? Ils prennent des mesures, mais elles sont très insuffisantes. Il faut vraiment un investissement massif et financier et des lois pour contenir le plus possible le dérèglement climatique. Il y a des marches pour le climat, des initiatives (zéro déchet par ex…) mais ce n’est pas suffisant. On ne peut pas dire aux gens « ne prenez plus votre voiture » et en même temps supprimer les petites gares. Il y a des choses qui clochent ; il faut être cohérent.

    Il faut agir à tous les niveaux. Artisans du Monde, ce n’est pas seulement de la vente, c’est aussi de l’éducation et du plaidoyer pour faire changer les lois ; c’est pareil pour le CCFD. Les plaidoyers ne sont pas du lobbying, ils servent le bien commun ; c’est pour la terre et non pour des intérêts privés.  Tout le monde peut agir par des pétitions ; ça a du poids. Il faut vraiment que les politiques bougent.

    A mon avis, c’est au niveau municipal qu’on peut déjà agir. Prochainement, il y aura des élections municipales. On peut créer des petits collectifs pour demander aux candidats de s’engager dans le « Pacte pour la transition ». Il existe un site : www.pacte-transition.org .

    Ce pacte propose 32 mesures : des propositions concrètes pour ralentir le dérèglement climatique, des propositions par rapport aux plus démunis, aux exclus, par rapport à l’environnement, par rapport à la restauration collective locale… On invite les candidats à s’engager sur au moins 10 d’entre elles. Une fois qu’ils sont élus, le collectif vérifie qu’ils tiennent leurs engagements. Notre rôle de citoyen n’est pas juste « donner notre voix » puis on s’en lave les mains. On peut travailler avec les élus, les accompagner et leur montrer qu’on est auprès d’eux pour que leurs engagements puissent aboutir.

    Des collectifs pour le climat existent déjà (comme par exemple Flandre Climat) et peuvent s’inscrire dans cette démarche. Mais les citoyens, ou les associations peuvent se mettre ensemble pour créer un nouveau collectif et ce, dans chaque village, (il y en a déjà 916) Rendez-vous sur le site : www.pacte-transition.org

    Annie Rauwel, en équipe CMR (fédération Nord Lille)