Commentaires à partir du texte de Jean chapitre 3, versets 16-21
L’enjeu de l’incarnation du Fils de Dieu en un homme n’est pas pour accabler l’humanité. Non, c’est un acte d’Amour fou de Dieu qui est Père. Avoir confiance en l’Amour de Dieu nous fait échapper au jugement. Car ce qui juge, c’est le côté éclairant du Christ. Il est comme un phare qui éclaire toute l’humanité. Et ce phare d’Amour, c’est un phare super puissant qui ne laisse aucune zone dans l’ombre.
N’est-ce pas un enjeu de cette pandémie qui vient désorganiser à la fois, nos vies personnelles, nos vies de famille, nos vies de travail, nos relations amicales ou professionnelles ?
Dans les commentaires de cette pandémie, voilà que des zones d’ombre, d’obscurité totale apparaissent. La pandémie met les hôpitaux sous tension, certes. Mais l’hôpital allait suffisamment mal avant la pandémie pour que toutes les strates professionnelles pensent à démissionner ou se mettre en grève. Et l’organisation de la santé en dehors de l’hôpital n’allait pas mieux : fermeture de maternités en rural, difficulté de remplacer les médecins de campagne à cause entre autres de la dureté de leurs vies, difficultés des infirmières à domicile tellement mal rémunérées, difficulté pour la prise en charge des personnes âgées désirant rester à domicile, etc.
La lumière, peu à peu, apparaît, car l’Esprit d’Amour ne s’arrête jamais d’éclairer l’humanité, quelquefois à son insu. Elle éclaire le dévouement des professionnels de la santé, le dévouement surtout des femmes, à l’hôpital, dans les magasins encore ouverts, ou bien dans les services des ordures ou du nettoyage des lieux publics. C’est cette même lumière qui fait qu’une partie de la population se met à applaudir…Mais la lumière éclaire aussi l’égoïsme qui traverse notre humanité…la mauvaise gestion des masques, les choix politiques qui nous conduisent à vivre un confinement qui bloque l’économie certes, mais qui remet en cause toutes les relations sociales, le fait qu’il faudrait déconfiner en testant toute la population, mais sans en avoir les moyens faute de ne pas avoir prévu. Dieu ne juge pas… Il éclaire… Eh bien, nous sommes invité-es, nous les disciples, à nous transformer en petite table ou Dieu peut poser sa lumière. Il pourra ainsi éclairer le chemin que l’humanité, dès aujourd’hui, doit prendre pour sauver la planète au niveau écologique, pour éviter que les pandémies suivantes ne conduisent aux confinements. Travaillons en acte et en prière pour que l’humanité choisisse enfin le seul chemin de vie : celui de l’amour de nos sœurs et nos frères en humanité.
Philippe, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)
Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.
Vous pourrez trouver les textes référencés en vous rendant par exemple sur le site https://www.aelf.org/.
« L’égalité […] n’existera d’une manière véritable que lorsque chacun […] produira selon ses facultés et consommera selon ses besoins. »
Commentaires à partir d’Actes des Apôtres 4,32-37 & Jean 3,7b-15
En lisant cet extrait des Actes des Apôtres, je suis demandé dans quelle utopie j’étais soudain transporté ! En effet, tout mettre en commun, même après la pandémie que nous vivons, j’ose à peine y croire… Il aurait déjà fallu commencer par les masques, les respirateurs, les moyens hospitaliers, et cela, pas seulement entre les régions, mais aussi les pays et même les continents, alors que le réflexe premier est celui de la fermeture…
Rendre témoignage de la Résurrection, c’est à dire de l’entrée dans une vie nouvelle, c’est veiller nous dit Saint Luc à ce que personne ne soit dans l’indigence, au point de distribuer à chacun-e en fonction de ses besoins… et, continuons à rêver, remettre les dettes, les compteurs à zéro pour pouvoir repartir avec les mêmes chances ; en finir avec les profits éhontés (peut-être avez-vous aussi reçu cette proposition : comment tirer profit – financier – de la crise ?), et choisir avec détermination la solidarité.
Pour cela, « il nous faut naître d’en haut », dit Jésus à Nicodème. Mais « comment cela peut-il se faire ? » En se laissant porter par un souffle nouveau qui peut nourrir notre vie intérieure (de confiné-e), de quoi nous mettre à l’écoute de cette voix tout aussi intérieure, que les bruits de la société avaient progressivement occultée.
Inspirons-nous du titre de ce livre de Christiane Singer : Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? Mais il faut du temps et du silence pour croire, pour mettre notre confiance en Celui qui nous parle des choses du ciel, non pas pour que nous nous évadions de la terre, mais pour que nous y vivions avec le désir de contribuer ensemble à l’émergence d’une vie nouvelle au service d’une maison commune pour toute l’humanité.
Marc, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)
Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.
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-un notable juif pharisien qui cherche la vérité : « Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n’est pas avec lui. »
Jésus lui répond : « Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais d’où il ne vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. »
-un membre du sanhédrin qui prend la parole : « Notre Loi juge-telle un homme sans d’abord l’entendre et savoir ce qu’il fait » ? (Jn 7/49)
-un disciple de Jésus qui le dépose avec Joseph d’Arimathie dans le tombeau du jardin. Nicodème apporte cent livres de mélange de myrrhe et d’aloès. (Jn 19/39)
Merci Nicodème !
Béatrice, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)
Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.
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Les apôtres sont désœuvrés. Christ est ressuscité. Mais il les laisse seuls. Que faire, sinon leur métier, la pêche ? Et ils partent sur la mer, plutôt hostile car c’est la nuit… Et ils ne prennent rien. C’est le matin. La fatigue est là. Et quelqu’un les interpelle de manière familière pour demander de la nourriture. Ils ne peuvent que dire leur inefficacité. Et voici cet homme sur la berge qui leur demande de pêcher à nouveau. Ils le font. Et les filets sont pleins… Alors le disciple le plus aimant reconnaît Jésus. Il ouvre les yeux de Pierre qui, comme dans le jardin d’Éden, se rencontre qu’il est nu et qu’il faut qu’il remette son habit avant de plonger dans la mer hostile pendant que les autres reconduisent tranquillement les barques.
Oh, ironie de Dieu ! Sur un feu de braise, des poissons sont déjà préparés… Depuis des années, disciples du Christ, nous naviguons dans les mers hostiles. L’humain est tellement capable de tout, mais particulièrement du pire. Tant de crises économiques, tant de guerres, tant de génocides et quelquefois des génocides au nom du Christ ! Et puis, ce virus qui actuellement met à mal toute l’organisation de la planète, cette organisation qui nous a été vendue par les marchands du temple, ceux qui font de la maison commune du Père une maison de commerce, comme la seule organisation économique possible ! Nous jetons nos filets dans la mer hostile comme nous pouvons, souvent avec prudence et sans bruit pour ne pas effrayer le poisson.
Soyons dans la confiance, dans la Foi : Jésus est là sur le bord. Il a tout préparé. Et laissons inviter à jeter encore et encore nos filets, sans aucune peur. Oui, partageons pour l’humanité à la fois merveilleuse et triste à regarder, le pain et le poisson, le corps et le sang du Christ.
Philippe, équipe nationale d’aumônerie diversifiée (ENAD)
Pour vous accompagner pendant ces prochaines semaines, l’ENAD (Équipe nationale d’aumônerie diversifiée) du CMR vous propose chaque jour un petit texte ou un commentaire d’Évangile.
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Roger Clorennec, La Pêche miraculeuse, 1968, église Sainte-Bernadette d’Orvault
Il y a quelques semaines nous vous proposions de venir à Tarare « porter la clameur du rural dans l’Espérance ». L’actualité mondiale en a décidé autrement…
Nous voilà aujourd’hui tous et toutes confiné-es, comme perdu-es dans nos maisons, avec parfois un sentiment d’immobilisme, de solitude, de crainte mais aussi une envie de sortir de cette situation différent-es, en mettant ce temps à profit.
Nombreux-ses sont ceux et celles qui s’engagent pour apporter leur aide, aux soignant-es, aux oublié-es, aux isolé-es…
Aussi il nous parait important de permettre à tou-tes ceux et celles qui le souhaitent de faire entendre
la clameur du confinement.
En d’autres mots, permettre, aux équipes CMR, fédé, citoyen-nes, groupe de jeunes… de s’exprimer avec le mode d’expression qui leur convient (chant, danse, photo, vidéo, dessin, texte, témoignage audio…) sur ce qu’ils et elles souhaitent nous dire, nous faire entendre sur ce temps que nous vivons.
Comment arrivons-nous à transformer ce que nous vivons, avec toutes les difficultés de nos quotidiens, en quelque chose de positif, de beau, porteur d’espérance ?
Pas de consignes techniques particulières. Une clameur peut être un témoignage, un récit, la photo d’une action, d’une rencontre, le résultat d’une réflexion… Soyez apôtres de ces clameurs !
Alors à vos crayons, claviers, instruments de musique, appareil photo… faites nous entendre ces témoignages, ces clameurs, nous les relayerons dans un premier temps (si vous en êtes d’accord) via le site internet du CMR et les réseaux sociaux.
Envoyez votre clameur à l’adresse suivante : communication@cmr.cef.fr.
En cette période de confinement, chercher à mettre des mots (1) sur cet événement brutal qu’est la crise sanitaire mondiale est un exercice à la fois exigeant et bienfaisant. Il met, en effet, dans l’obligation de prendre la mesure des conséquences tragiques de la pandémie et de tout tenter pour y faire face, sans ignorer, cependant, les causes qui en sont à l’origine, celles-ci pouvant, à la réflexion, fissurer quelques certitudes ou renforcer certaines convictions.
Chacun·e, avec sa sensibilité propre, depuis sa petite fenêtre sur le monde extérieur, et comme il le peut, nous essayons d’exprimer modestement ce que nous ressentons intimement et ce que nous commençons à comprendre et à apprendre de ce qui nous arrive.
Viendra ensuite, le moment venu, le temps de la relecture avec d’autres, proches ou plus éloigné·es, pour partager ce que nous sommes devenu·es, individuellement et collectivement, dans la traversée de cette épreuve sans précédent.
Rester confiné·es, donc sans sortir, ne signifie pas qu’il faut s’enfermer et vivre replié·es dans nos maisons, chacun·e pour soi. Au contraire, il faut rester ouvert·es et attentifs aux inquiétudes et aux peurs qui s’expriment autour de nous.
Dans la situation actuelle, nous avons besoin d’informations. Elles sont nombreuses et certaines parfois tendancieuses. Nous devons, là aussi, nous protéger en préservant une bonne distance critique pour ne pas s’attarder aux polémiques inutiles qui empoisonnent l’opinion, ni aux rumeurs et « fausses nouvelles » véhiculées par ceux qui prétendent tout savoir et pour ne pas, non plus, se laisser submerger par la vague montante de la maladie, car il nous faudra encore apprendre à vivre avec elle pendant quelque temps, non dans le déni, mais dans le courage et la lucidité.
Affronter le coronavirus
Ils et elles sont mobilisé·es avec beaucoup d’énergie et toute la rigueur, l’expertise et l’intelligence collective qui les caractérisent, les scientifiques, les chercheurs et les hauts responsables des grands services de santé. Nous n’avons, sans doute pas, jusqu’à ce jour, apprécié à leur juste valeur la pertinence et le bien-fondé de leurs travaux.
Ils et elles sont aussi mobilisé·es, avec la même énergie et avec leurs compétences et leur savoir-faire, tou·tes les professionnel·les de santé. Leur engagement et leur investissement exceptionnels font l’admiration de tous et l’hommage qui leur est rendu est tout à fait mérité. Ils et elles mettent de côté, temporairement, leurs revendications, exprimées depuis longtemps déjà en matière d’amélioration du budget des hôpitaux, de salaires, d’effectifs et de conditions de travail, pour donner priorité à leur mission première qui est de soigner.
Ils sont également mobilisés avec beaucoup d’énergie, les pouvoirs publics et tous les services de l’État, avec la lourde responsabilité de prendre les meilleures décisions politiques possible pour des mesures fortes, jugées dans l’immédiat comme étant les plus efficaces. Il leur revient, de plus, de fournir une information claire et transparente sur l’évolution de la pandémie. Nous avons besoin de savoir pour comprendre la nature, l’ampleur de cette maladie et la manière la meilleure de s’en protéger.
Des contraintes à assumer
L’obligation de « rester chez soi », la fermeture des écoles, de certains commerces et services, l’activité réduite de nombreuses entreprises changent brutalement la manière de vivre de chacun·e, même si la majorité d’entre nous semble s’y adapter plus ou moins bien et avoir pris la mesure du danger.
Il faut cependant regretter et condamner l’inconscience et les comportements irresponsables de ceux qui prennent à la légère l’application des consignes établies pour se protéger soi-même et pour protéger les autres.
« Rester chez soi », évidemment oui, mais que deviennent ceux et celles qui n’ont pas de chez soi et qui voient leurs problèmes quotidiens démultipliés : les sans-abri dans la rue, les migrant·es refoulé·es d’un pays à l’autre, les réfugié·es syrien·nes dans les camps, sous les bombes, et tant d’autres déplacé·es, partout ailleurs, à travers le monde.
Les grandes concentrations de population qui, dans les villes, comme en Inde, avec les très mauvaises conditions de logement et la promiscuité, rendent impossibles les consignes de sécurité sanitaire. De plus, dans une économie informelle, le travail manquant, une crise alimentaire risque de s’ajouter à la crise sanitaire.
Les désagréments occasionnés par le confinement bousculent le quotidien de tou·tes, et d’une manière très particulière, celui des personnes âgées et invalides pour qui l’aide ménagère ne vient plus à la maison, le cabinet du kiné est fermé et l’infirmier·e ne vient plus qu’une fois par jour au lieu de deux. Pourtant, pour ceux qui en ont la possibilité, recevoir les repas du jour livrés à domicile permet de répondre à un besoin essentiel.
Et celles et ceux qui ont la chance de vivre à la campagne bénéficient des atouts précieux que sont la facilité de s’aérer librement et d’admirer les fleurs de printemps qui égaient, en abondance, à cette période, leur petit coin de jardin.
Des petites solidarités de voisinage s’inventent, comme par exemple de regrouper les courses, de prendre soin les un·es des autres par téléphone ou encore de s’assurer que personne ne manque de l’essentiel.
Tous ces petits gestes du quotidien qui sont importants ne suffiront pas pour enrayer la pandémie, il faudra encore la mobilisation des soignant·es et des politiques énergiques pour les accompagner.
La vie économique durement touchée
Les consignes sanitaires actuelles entraînent à l’évidence un ralentissement de l’économie et dans certains secteurs un arrêt partiel, avec, globalement, selon l’INSEE, un tiers de salariés qui seraient en activité sur leur lieu de travail, un tiers en télétravail et un tiers en chômage partiel. Nous n’oublions pas que derrière les chiffres et les statistiques il y a des familles, des hommes et des femmes qui vivent la période avec beaucoup de difficultés.
Le gouvernement a été amené à prendre des mesures exceptionnelles pour que l’économie du pays ne s’effondre pas, l’urgence étant d’éviter les licenciements et les faillites d’entreprises.
Il offre le maximum de facilités aux entreprises, avec l’indemnisation du chômage partiel et tout un arsenal de mesures pour tenir pendant la bataille sanitaire et pour redémarrer correctement après.
Certaines filières souffrent particulièrement : le tourisme, la restauration, le transport, le monde du spectacle, de la culture et de l’événementiel, et sans doute d’autres encore.
Le secteur agricole et alimentaire n’est pas concerné directement par les restrictions d’activités, mais il reste très dépendant des possibilités de transport pour les approvisionnements et pour l’acheminement de la production. Les producteurs de fruits et de légumes craignent cependant le manque de main d’œuvre dans les prochaines semaines, faute de pouvoir accueillir, comme les années précédentes, les saisonnier·es étranger·es, confiné·es elles et eux aussi, pour la plupart, dans leur pays et qui ne peuvent ou ne veulent plus venir en France.
Les deux impératifs qui s’imposent à l’activité économique d’aujourd’hui sont bien de continuer à assurer les services nécessaires à la vie de chaque jour et d’éviter l’arrêt complet de l’économie du pays, tout en protégeant la santé des salariés qui sont obligés d’aller travailler et en refusant que leur vie soit mise en danger.
Des remises en cause difficiles
Il n’est pas encore l’heure de tirer les leçons de cette période mais déjà se profilent des interrogations et des remises en cause douloureuses. Il nous faut déjà, pour le moins, continuer à cultiver les liens entre tous les âges de la vie. Ils ne sont pas faciles à exprimer aujourd’hui dans les Ehpad et les familles éclatées. Plus que jamais nous avons bien le sentiment que la vie passe par les liens que nous entretenons entre nous et par le souci que nous avons les uns des autres.
Il nous faut aussi consentir collectivement à un mode de vie et de consommation auxquels, jusqu’à ces derniers temps, nous n’étions pas bien préparé·es.
La crise aujourd’hui nous pousse encore à interroger le fonctionnement de l’économie nationale et mondiale et à envisager d’autres perspectives et un profond changement de vision pour l’avenir.
La croissance économique n’est plus, pour le moment, la seule manière d’évaluer le succès des politiques publiques. Il faudra donc interroger le modèle de développement dans lequel nous sommes engagé·es et qui laisse apparaître de nombreuses failles au grand jour, comme par exemple au niveau du commerce mondial ou des relations avec les pays moins développés. De plus en plus, il semble que la récession sera plus forte qu’annoncée et le redémarrage plus long que prévu.
La santé des populations doit aujourd’hui et plus que jamais primer sur celle des entreprises, en somme, la vie avant l’économie, avec des priorités qui s’imposent, quel qu’en soit le prix, (« quoiqu’il en coûte », dit le président) et pour l’aide aux entreprises et la relocalisation de l’économie et pour que le malade redevienne le centre d’un système de santé qui humanise et qui ne s’en tienne pas à la rigueur d’une gestion comptable pour réduire les coûts.
Un changement de cap et une remise en cause sont donc obligatoires pour sortir d’une politique d’inspiration ultra-libérale qui apporte la preuve qu’il est impossible de continuer sur la trajectoire actuelle.
Un autre monde à inventer
La fragilité de notre société
Il est évident qu’il faut d’abord admettre la réalité de la crise, ne pas la nier, mais avoir le courage de la regarder en face, sans naïveté et sans illusion. Nous devons chercher à comprendre ce qu’elle signifie et ce qu’il conviendra de reconstruire à partir de ce que nous aurons appris.
La crise parle déjà de notre civilisation et de notre société, des dégâts qu’il faut évaluer et des leçons qu’il faudra en tirer. Elle parle de l’état de notre organisation sociale et économique et en démontre toute la fragilité. La chute des cours de la Bourse en est une illustration. Elle prouve qu’il ne faut pas accorder une confiance aveugle au libre-échange et qu’il est urgent qu’un autre temps commence.
Nous sommes désorienté·es parce que nous avions le sentiment de vivre dans une société hyper-technique et très puissante qui, avec tous les moyens à sa disposition, pouvait se rendre maître de tout, sauf de ce minuscule virus qui sévit partout dans le monde et qui nous contraint à reconnaître la fragilité de notre condition humaine et aussi celle de notre environnement et de nos systèmes économiques.
La mondialisation à repenser
Sur le volet économique, nous pensions que le marché était la meilleure stratégie puisqu’il était plus facile, parce que moins cher en raison des coûts salariaux dérisoires, de fabriquer du matériel médical et des médicaments à l’étranger.
Nous découvrons que des souverainetés, comme celle de la santé, sont primordiales, que le marché ne peut pas tout réguler et qu’il faut impérativement relocaliser la production de certains produits pharmaceutiques, le pays n’ayant pas su, à temps, préserver son indépendance sanitaire. Il nous faut donc repenser la mondialisation et approfondir la réflexion sur les dérives de l’économie libérale et mondialisée.
La politique de santé à revoir
Depuis plusieurs décennies déjà, les réformes de l’hôpital en France ont porté surtout sur l’organisation et la manière de réduire les coûts, alors qu’il y a un manque cruel d’équipements et de personnels. L’État devra revoir sa politique de santé et en augmenter considérablement le budget qui avait été mis à mal avec les plans d’austérité, suite à la crise financière de 2008.
La transition écologique en cause
Nous commençons aussi à constater que la pollution a diminué au même rythme que l’activité économique de la planète, ce qui n’est pas sans poser beaucoup de questions au niveau de l’industrie automobile ou du développement du transport par rail.
Le dôme de pollution au-dessus de la province industrielle du Hubei, en Chine, là où tout a commencé, est en train de disparaître et le ciel redevient bleu quand les industries et les automobiles s’arrêtent, preuve évidente, s’il en fallait, que les activités humaines sont bien à l’origine de la pollution.
Dans la vallée de l’Arve, les indicateurs de la pollution de l’air liée au trafic routier ont baissé de manière significative et l’air y devient plus respirable.
Ces premières constatations positives permettront-elles d’opérer une véritable transition écologique ou la reprise économique qui suivra immanquablement la crise réduira-t-elle à néant ces avancées ?
Le travail à revaloriser
Au niveau économique et social, nous devrons prendre en compte le fait que le travail, y compris des plus modestes, est vraiment indispensable et qu’il doit être revalorisé et mieux rémunéré.
Il nous faudra réapprendre à donner plus de considération à ce qu’on appelle avec condescendance « les petits métiers ». En temps de crise, ils ont une importance très particulière comme c’est le cas de celles et de ceux qui sont derrière les caisses de nos supermarchés, des éboueurs et de leurs services qui continuent à collecter nos ordures ménagères, des livreurs et des salarié·es du transport routier qui nous approvisionnent, des agents d’entretien des sociétés de nettoyage qui nous protègent, des postier·es qui sont un lien quotidien ou des aides à la personne si utiles pour le maintien à domicile de ceux qui ne pourraient plus vivre seul·es et de tant d’autres encore qui sont très concrètement rendu·es visibles alors qu’ils elles étaient jusqu’à maintenant ignoré·es par une partie de la société.
Le commerce de proximité à encourager
Au niveau de notre quotidien, en tant que consommateurs et consommatrices, pour ne pas trop s’éloigner de nos appartements et pour ne pas croiser beaucoup de monde dans les grandes surfaces, nous avons choisi d’acheter dans le petit commerce de proximité et dans les épiceries et supérettes de quartier qui voient doubler leur chiffre d’affaires.
De leur côté, les petites structures agricoles et fromagères, comme c’est le cas dans nos deux départements de Savoie, ont besoin de notre soutien, leurs produits sous label AOP ou IGP, (appellation d’origine protégée – indication géographique protégée) n’étant pas considérés comme de première nécessité. Ces producteurs sont pourtant plus que jamais essentiels au développement local et ils veulent, avec des prix rémunérateurs, pouvoir vivre dignement de leur travail. Espérons qu’on ne les oubliera pas non plus après la crise.
Une autre solidarité entre les peuples
Un autre monde est aussi à inventer au niveau international. Il faut se réjouir de la coopération des États qui échangent leurs connaissances, partagent leurs recherches et proposent leur aide. Mais les règles du commerce mondialisé les engagent plutôt dans une tout autre direction, celle de la compétition économique et de la concurrence pour acquérir de nouvelles parts de marché et asseoir leur influence et leur domination sur les autres.
Pour sortir de la crise, la coopération et la solidarité entre les pays et les peuples apparaissent comme les meilleures options à privilégier à l’échelle planétaire.
Comment fera-t-on demain ?
Après l’immense choc économique et social qui s’annonce, il faudra encore résister et empêcher l’ancien monde de reprendre ses vieilles habitudes, le risque étant toujours d’oublier assez vite ce que nous avons appris de la traversée de cette épreuve.
La tentation sera de recommencer comme avant, alors qu’il s’agit d’ouvrir un nouveau chemin et d’apprendre à voir la vie autrement d’autant que nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle crise, après la crise financière de 2008, la crise migratoire des années 2015, la crise écologique en cours, la crise alimentaire actuelle dans certains pays et la crise de notre système économique avec la crise sanitaire du coronavirus.
Il faudra refuser que l’argent gouverne nos vies et faire passer la vie avant la Bourse ou les profits qui font croître les inégalités et la pauvreté, avec des échelles de salaires indécentes. Il faudra s’interroger sur le rôle et le pouvoir des actionnaires dans la répartition du résultat des entreprises ainsi que sur le rapport dominant du capital sur le travail.
Finalement, la question de fond sera toujours de s’attacher à écrire un autre récit pour l’avenir, non seulement sur ce que nous sommes et voulons être, mais aussi sur ce que nous voulons réussir ensemble qui soit en rupture avec les logiques du capitalisme et du libéralisme et qui ne s’en tienne pas, à la marge, à des ajustements de détail.
La tragédie silencieuse vécue, ces dernières semaines, dans les Ehpad a attiré notre attention sur la situation des personnes âgées plus susceptibles d’être touchées par la maladie et plus encore sur les résidents peu autonomes et touchés très intimement par le manque de visites de leurs proches. Selon les informations recueillies, il y aurait eu 106 décès dans les Ehpad de Haute-Savoie entre le 1er mars et le 15 avril.
Il faudra donc, de manière urgente, revoir la prise en charge de la dépendance, en préparant une nouvelle loi dans le cadre d’un grand service public d’aide à l’autonomie. Il en va de l’humanité de notre société.
Il faudra encore, avec une autre volonté politique, compter avec nos organisations syndicales et s’appuyer sur elles. Leur rôle est d’organiser les salarié·es pour défendre leurs intérêts. Elles ont aussi en perspective la visée du progrès social pour tous et le projet d’une autre société à construire. Elles peuvent contribuer utilement à envisager les jours d’après la crise sanitaire, à la condition toutefois de mettre en place un vrai dialogue social où elles ne seront plus seulement consultées, mais associées comme de véritables partenaires, à même de faire valoir leurs propositions et leurs attentes pour le monde de demain.
La contagion de l’espérance
C’est le souhait du pape François, le jour de Pâques. Il s’adressait « à la ville et au monde », seul, depuis l’immense place Saint-Pierre, à Rome, étonnamment vide. Selon lui, la contagion de l’espérance passe par l’indispensable respect des consignes de sécurité pour faire barrage au coronavirus et par l’espoir de voir les nations plus solidaires pour faciliter et accélérer l’accès aux médicaments plutôt que la production des armes, mais aussi la levée des sanctions internationales, l’annulation des dettes des pays les plus pauvres et un traitement juste pour les migrants.
L’espérance, en effet, n’est pas un rêve béat, elle est le fruit des solidarités retrouvées et d’un combat sans répit, à l’image du combat acharné des scientifiques pour traquer le virus et chercher les traitements et vaccins appropriés, le combat des soignant·es, admirables et fatigué·es, celui des petites mains qui, sans bruit, fabriquent des sur-blouses et des masques, celui des anonymes, très nombreux qui, discrètement, à proximité des hôpitaux, préparent des repas pour les personnels soignants.
Face à l’urgence du moment, le réel et le présent prennent un relief tout particulier et pèsent lourdement sur les décisions à prendre. Les projets et les prévisions programmées sont suspendues. Tout ce que nous avions planifié s’est évaporé, comme si on s’interdisait de penser le futur, comme si le futur était vide et qu’aucune promesse ne pouvait l’habiter, ni le faire vivre.
Cette épreuve, pour les chrétiens, rappelle étrangement le silence du samedi avant Pâques. Nous sommes aujourd’hui les frères et les sœurs de ces hommes et de ces femmes qui, un soir de vendredi noir, ont vu leur monde et leur espérance s’effondrer avec, devant eux, un grand vide, une absence insoutenable et un tombeau également vide.
Ils et elles restent alors confiné·es dans leurs maisons, l’horizon bouché, replié·es sur eux-mêmes, jusqu’au jour où, leurs peurs déverrouillées, ils et elles osent sortir. Là, ils et elles sont ébranlé·es par un immense coup de vent qui les projette en avant, dans un nouvel élan pour un nouveau départ. Ce Souffle devient pour eux source d’énergie pour le présent et d’inspiration pour le futur.
Brusquement, ils et elles découvrent qu’ils n’ont jamais été abandonné·es et que les chemins d’espérance et de vie qui leur ont été enseignés l’ont été pour une expérience à vivre dans la condition ordinaire de tous les jours. Dans une langue que tous les peuples de la Terre comprennent, ils et elles annoncent que désormais ils et elles devront apprendre à vivre autrement, de même que nous, aujourd’hui, nous devons revoir nos priorités, distinguer le futile du nécessaire et l’accessoire de l’essentiel qui fait vivre, qui est porteur de sens et mérite qu’on s’y donne tout entier.
Et il nous faudra encore nous laisser entraîner par un souffle de vie beaucoup plus fort pour aider la planète et l’humanité malades à respirer un peu mieux. Ainsi, avec beaucoup d’autres qui, individuellement ou avec leurs associations, prennent un peu partout, en rural comme ailleurs des initiatives tout à fait nouvelles et prometteuses, nous croyons qu’un autre monde est possible et que peut donc se propager la contagion de l’espérance.
Pierre Miot, prêtre-ouvrier en Haute-Savoie (74)
(1) Texte écrit pendant la première période de confinement, du 17 mars au 15 avril 2020, sans prétendre aborder tous les aspects de l’événement.
Le CMR, inquiet des difficultés auxquelles sont confronté-es les plus modestes depuis le début du confinement, s’associe à cet appel.
À monsieur le président de la République
Monsieur le Président de la République,
À la crise sanitaire est en train de s’ajouter une crise sociale.
Pour les personnes et les familles les plus modestes, le confinement signifie baisse de revenus, surconsommation de chauffage et d’électricité, hausse des dépenses pour se nourrir face à la fermeture des cantines scolaires, alors même que les circuits d’aide alimentaire sont affaiblis.
C’est pourquoi nous demandons aujourd’hui le versement d’une prime de solidarité de 250€ par personne et par mois pour les personnes les plus en difficulté.
Cette somme est nécessaire pour couvrir les dépenses alimentaires et les factures énergétiques des logements.
Elle devrait :
être versée automatiquement à tous les allocataires de minima sociaux, aux jeunes précaires et aux familles bénéficiaires de l’allocation de rentrée scolaire.
être reconductible pendant toute la durée de la fermeture des cantines scolaires.
Ce signe fort de solidarité de notre société pour soutenir les plus vulnérables est plus que jamais nécessaire.
Un appel lancé par le Secours Catholique-Caritas France en partenariat avec la CFDT, Emmaüs France, l’UNIOPSS, APF – France handicap, FAS (Fédération des acteurs de la solidarité), FAP (Fondation Abbé Pierre), Collectif ALERTE, ATD Quart Monde, Fapil, l’Ansa, Semaines sociales de France, Mission de France, Apprentis d’Auteuil et avec le soutien d’Oxfam France, des Petits frères des pauvres, Vacances et Familles et Vacances ouvertes.
C’est le souhait du pape François, le jour de Pâques. Il s’adressait « à la ville et au monde », seul, depuis l’immense place Saint-Pierre, à Rome, étonnamment vide. Selon lui, la contagion de l’espérance passe par l’indispensable respect des consignes de sécurité pour faire barrage au Covid-19 et par l’espoir de voir les nations plus solidaires pour faciliter et accélérer l’accès aux médicaments plutôt que la production des armes, mais aussi la levée des sanctions internationales, l’annulation des dettes des pays les plus pauvres et un traitement juste pour les migrants dans le monde entier.
L’espérance, en effet, n’est pas un rêve béat, elle est le fruit des solidarités retrouvées et d’un combat sans répit, à l’image du combat acharné des scientifiques pour traquer le virus et chercher les traitements et vaccins appropriés, le combat des soignants, admirables et fatigués, celui des petites mains qui, sans bruit, fabriquent des sur-blouses et des masques, celui des anonymes, très nombreux, qui discrètement, à proximité des hôpitaux, préparent des repas pour les personnels soignants.
Face à l’urgence du moment, le réel et le présent prennent un relief tout particulier et pèsent lourdement sur les décisions à prendre. Les projets et les prévisions programmés sont suspendus. Tout ce que nous avions planifié s’est évaporé, comme si on s’interdisait de penser le futur, comme si le futur était vide et qu’aucune promesse ne pouvait l’habiter, ni le faire vivre. Cette épreuve, pour les chrétiens, rappelle étrangement le silence du samedi avant Pâques. Nous sommes aujourd’hui les frères et les sœurs de ces hommes et de ces femmes qui, un soir de vendredi noir, ont vu leur monde et leur espérance s’effondrer avec, devant eux, un grand vide, une absence insoutenable et un tombeau également vide.
Ils restent alors confinés dans leurs maisons, l’horizon bouché, repliés sur eux-mêmes, jusqu’au jour où, leurs peurs déverrouillées, ils osent sortir. Là, ils sont ébranlés par un immense coup de vent qui les projette en avant, dans un nouvel élan pour un nouveau départ. Ce Souffle devient pour eux source d’énergie pour le présent et d’inspiration pour le futur.
Brusquement, ils découvrent qu’ils n’ont jamais été abandonnés et que les chemins d’espérance et de vie qui leur ont été enseignés l’ont été pour une expérience à vivre dans la condition ordinaire de tous les jours. Dans une langue que tous les peuples de la terre comprennent, ils annoncent que désormais ils devront apprendre à vivre tout autrement, de même que nous, aujourd’hui, nous devons revoir nos priorités, distinguer le futile du nécessaire et l’accessoire de l’essentiel qui fait vivre, qui est porteur de sens et mérite qu’on s’y donne tout entier. Et il nous faudra encore nous laisser entraîner par un souffle de vie beaucoup plus fort pour aider la planète et l’humanité malades à respirer un peu mieux. Ainsi, avec beaucoup d’autres qui, individuellement ou avec leurs associations, prennent un peu partout, en rural comme ailleurs, des initiatives tout à fait nouvelles et prometteuses, nous croyons qu’un autre monde est possible et que peut donc se propager la contagion de l’espérance.
Pâques 2020 – Pierre Miot, prêtre accompagnateur du CMR 74
Jörg Bergmann, ermitage San Isidro, La Gomera, îles Canaries, CC BY-NC-ND.
Pas facile d’écrire quelques lignes en ces temps très particuliers où la vie semble avoir pris un chemin inattendu. Dans nos sociétés occidentales, nous avons pris l’habitude que tout soit formaté, planifié, optimisé, calculé, budgété, contraint… Et voilà qu’un minuscule virus vient tout bouleverser.
Tout cela, parce que nous avons perdu, individuellement et collectivement, notre capacité à faire face aux imprévus. Nous avons oublié, parait-il, l’essentiel ! Mais c’est quoi l’essentiel ? Tout bêtement, nous redécouvrons que c’est pouvoir se nourrir, être soigné dans les meilleurs conditions possibles, aller à l’école, pouvoir vivre de son travail, aller voir nos proches ! Rien de vraiment neuf sous le soleil ! Revenir à ces valeurs, c’est remettre l’économie à l’endroit. On prend conscience que les personnes qui sont au service de cet essentiel sont souvent les personnes les moins considérées et les moins payées : les soignants, les producteurs, les magasiniers, les éboueurs, les travailleurs saisonniers…
Nous sommes donc en période de crise, au sens où une crise est une transition, un passage vers autre chose. Lors de la crise d’adolescence, on passe de l’état d’enfant à celui d’adulte. Dans une crise, il y a toujours un avant et un après et au passage, notre vision du monde a changé. Mais quel sera cet après ? Personne ne peut le dire avec certitude. Nous allons peut être reprendre certaines de nos habitudes (bonnes ou mauvaises). Peut-être allons-nous aussi tirer certaines leçons de cette situation ! Relocaliser la production, apprendre à se débrouiller par soi-même, consommer autrement, être plus attentifs aux personnes, à nos voisins, nos proches…
Et je voudrais terminer cet édito en citant Hervé Coves qui était l’intervenant de la réco de mars, malheureusement annulée. Dans une conférence filmée disponible sur Internet, il nous rappelle que la vie est belle et que la nature qui nous porte sait trouver des solutions souvent inattendues, la nature et la
création dont nous faisons pleinement partie. La vie est belle, mais fragile, et comme nous le rappelait le pape François dans l’encyclique Laudato si’, une de nos missions est d’en prendre soin, en particulier dans ce qu’elle a de plus fragile.