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  • Être en équipe CMR c’est avoir le sens de l’engagement

    Être en équipe CMR c’est avoir le sens de l’engagement

    Laurent Misandeau et Joseph Braud sont les nouveaux co-présidents du CMR Maine-et-Loire(49). Élus depuis le mois de mai, ils partagent le sens de leur engagement.

    Qui êtes-vous et qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager au CMR ?

    Laurent Misandeau : Je suis né en 1975. Je me suis marié en 1999 et nous avons 4 garçons. Je suis enseignant en école primaire au Bourg d’Iré et à Segré. Aujourd’hui, je m’engage en tant que coprésident pour le mouvement. J’ai envie de porter la voix des chrétiens du monde rural dans une société en évolution. Je suis bien dans ce mouvement qui met l’Homme au centre de ses projets et de ses actions, comme le Christ qui nous montre cette voie.

    Il est important pour moi d’appartenir à un mouvement et de sentir la présence de ces visages d’Église qui ne fréquentent peut-être pas leur église. J’ai grandi dans cette mouvance et cet état d’esprit. A l’écoute du pape François, j’ose m’aventurer hors des sentiers battus.

    Joseph Braud : Je suis né en 1962, je me suis marié en 1985 et nous avons 7 enfants. J’ai été 31 ans enseignant en SEGPA (Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté) et je suis depuis peu assistant familial.

    Ayant expérimenté la vie d’équipe au MRJC, j’ai pu goûter à la joie de mener des projets ensemble, de relire ce qui fait nos vies à la lumière de l’Évangile et de trouver une source d’émancipation. Attaché au monde rural, c’est dans cette continuité qu’avec mon épouse nous avons rejoint une équipe CMR.
    La vie d’équipe s’enrichit des moyens et des moments forts du mouvement, ce qui n’est possible que si des gens s’engagent et prennent des responsabilités.

    Qu’est-ce que ces réflexions vous amène à vivre, en équipe et dans la société ?

    Les personnes en équipe CMR se réunissent pour partager des faits de vie du quotidien, ils confrontent leurs points de vue, s’enrichissent de la parole des autres et relient cela à l’évangile ou aux textes bibliques. Le CMR nous invite à nous engager pour le monde, et c’est ainsi qu’on retrouve des membres dans différents collectifs et associations.

    Nos équipes sont des lieux de ressourcement qui permettent aux membres de prendre des engagements très diversifiés, en équipe ou individuellement : animation d’un collectif pour la transition écologique, responsables de commissions démocratiques, énergétiques et agricultures, organisation de ciné-débats pour éveiller les consciences, organisation de parcours autour de l’éducation des enfants, participation aux resto du cœur, à la préparation aux mariage ou au baptême, administration de collectifs pour les migrants ou de centres sociaux, organisation de soirées débat autour de la bioéthique, de la Politique Agricole Commune, de l’autonomie alimentaire, des grandes questions qui traversent l’Église …

    En tant que coprésident, quels vont être vos points d’attention, et quels sont vos espoirs pour le mouvement et ses membres ?

    Pour notre propre diocèse, dans la continuité de ces dernières années, nous allons veiller à ces trois points :

    • Prendre conscience de la place que l’on occupe dans la société : être des éveilleurs de consciences
    • Se constituer collectivement en force de proposition : en mettant le Christ au cœur de nos vies, au cœur de notre monde.
    • Expérimenter la capacité à agir avec nos contemporains : associer les intérêts de chacun pour le bien de tous.

    Outre le congrès national en 2020, en Anjou nous avons les projets d’organiser la veillée pascale dans une paroisse avec le MRJC et l’ACE et de développer spécialement la fondation d’équipe sur le secteur au nord-est d’Angers avec la présence d’un animateur.

    Source : https://www.diocese49.org/chretiens-dans-le-monde-rural-nouveaux-presidents-et-nouveaux-defis

  • Le CMR Maine-et-Loire répond présent à la « conversion » écologique du diocèse d’Angers

    Le CMR Maine-et-Loire répond présent à la « conversion » écologique du diocèse d’Angers

    L’église d’Anjou organisait, mercredi 8 mai, à la Pommeraye sa première journée diocésaine consacrée à l’écologie intégrale.

    L’occasion de fédérer les acteurs engagés dans cette transition à la lumière de l’encyclique Laudato Si’.

    Ils sont prêtres, diacre jardinier, mère de famille, vendeur d’éoliennes, militante associative ou permanente de l’Action catholique des enfants (ACE). Tous forment la commission « écologie » du diocèse d’Angers, fondée il y a deux ans pour soutenir les initiatives en faveur de l’environnement et tisser des liens avec des acteurs engagés dans ce domaine en dehors de l’Église. « Ce n’est pas anodin que cette commission réunit des jeunes parents car c’est une génération qui nous pousse à agir », commente le père Pascal Batardière, vicaire général.

    Pas si simple. « Le travail de sensibilisation des communautés chrétiennes n’est pas évident et l’on se heurte à des réticences, poursuit-il. Jusqu’alors, nous n’étions pas habitués à nous poser ce genre de questions, notamment dans la gestion de nos biens. » D’où l’organisation d’une journée diocésaine sur l’écologie intégrale – expression du pape François dans son encyclique Laudato Si’– pour faire connaître les initiatives en place et en encourager d’autres.

    Rencontres intergénérationnelles

    Curé de paroisse et délégué épiscopal du service Foi et cultures, qui abrite la commission « écologie », le père Jean-Marie Gautreau croit « aux rencontres intergénérationnelles pour faire évoluer les choses » : « Les personnes aux manettes dans les paroisses sont d’une génération, celle des Trente Glorieuses, sans doute moins sensible à ces questions. Il ne s’agit pas de juger mais de voir où l’on en est pour faire évoluer nos pratiques. »

    Son ancienne paroisse de Cholet a fait partie des premières à s’engager dans le label église verte, initiative œcuménique incitant les communautés chrétiennes à réaliser un « éco-diagnostic », allant de la gestion des bâtiments et des terrains à la liturgie et la prière. « On peut commencer par des choses très simples comme ne plus utiliser de plastique lors des pots de l’amitié », illustre-t-il.

    Pont vers les non croyants

    Dans le diocèse, certains mouvements ont pris une longueur d’avance. Lors d’un camp national réunissant 300 lycéens en juillet, le MRJC Anjou a organisé une fête « zéro déchets », en construisant des toilettes sèches et s’approvisionnant en produits bio et locaux. Alors que les Chrétiens dans le monde rural (CMR) du Maine-et-Loire multiplient les conférences autour de la conversion écologique, les bénédictines de Martigné ont quant à elles créé un jardin en permaculture après le départ à la retraite de leur jardinier.

    Nombre de jeunes parents entreprennent des actions, comme ceux de la paroisse Saint-Lazare Saint-Nicolas d’Angers, qui ont créé une fraternité alliant convivialité et projets écologiques (journée festive avec construction d’hôtels à insectes et fabrication de lessive verte, lancement d’un poulailler…). « Protéger la Création est un pont qui relie croyants comme non croyants », note Isabelle Lafond, laïque en mission ecclésiale et membre de la commission écologie, qui fait partie de cette fraternité avec son mari non croyant.

    Trois ans après Laudato si’, des catholiques se mettent à l’écologie intégrale

    Même souci d’agir chez Antoine Rigalleau, développeur éolien et membre de la commission diocésaine : « Le sujet de l’effondrement des espèces, comme jeune chrétien et jeune père, me touche beaucoup. Il y a des tas de chantiers à mener dans l’Église, ne serait-ce que transformer les jardins des presbytères en refuges de biodiversité. »

    Écouter les « prophètes »

    L’encyclique Laudato Si’ constitue en ce sens un excellent point d’appui. « Ce texte va marquer toute une génération », estime le père Dominique Lang, assomptionniste et journaliste à Pèlerin, intervenant de cette journée diocésaine : « Il nous rappelle que tout est créature de Dieu et que l’homme n’est pas le seul qui doit être sauvé. C’est cette théologie qu’il faut raviver. » « Dans notre diocèse, les formations à la doctrine sociale de l’Église font florès. Y intégrer l’écologie intégrale peut être un ressort très fort », confirme le vicaire général. Le père Lang enjoint aussi les chrétiens à laisser plus de place aux « prophètes, à ceux qui nous interpellent ». Florence Denier-Pasquier, membre de la commission écologie du diocèse et vice-présidente de la fédération France Nature environnement (FNE), en est un bon exemple. Membre d’une fraternité franciscaine, elle articule pleinement son engagement pour l’environnement avec sa foi. « L’écologie n’est pas triste et on peut s’y engager ensemble, lance-t-elle. C’est en multipliant les rencontres qu’on finit par se transformer soi-même. »