Catégorie : federation

  • Zoom sur le CMR roannais

    Zoom sur le CMR roannais

    Le CMR national

    Le CMR (Chrétiens en Monde Rural) est une association d’éducation populaire et d’action catholique régie par la loi de 1901. Respectueuse des convictions de chacun, elle est profondément attachée au principe républicain de laïcité. Son but est de promouvoir le vivre ensemble, la fraternité et les solidarités en rural au travers d’une vie d’équipe, de rencontres ponctuelles et de projets collectifs en vue de contribuer à la transformation de la société. Il porte les préoccupations de la vie quotidienne des ruraux, qu’ils soient agriculteurs ou non, favorise les échanges et le discernement et encourage à agir sur les territoires pour contribuer à une vie sociale et à un développement harmonieux, respectueux des hommes, en particulier des plus fragiles, et de la planète.

    Le CMR roannais 

    Le CMR roannais est composé de 15 équipes, qui se réunissent régulièrement. La association est gérée par un bureau fédéral soutenu par 1 temps ¼ porté par -une animatrice, une aumônière, un prêtre référent-.

    Une équipe CMR est en général composée de 4 à 12 personnes, seules ou en couple, habitant une même zone géographique, et ayant plus ou moins le même âge. Dans l’équipe, il y a une personne qui est chargée de l’accompagnement. C’est un diacre, une personne laïque, un(e) religieux (se), un prêtre, qui s’est formée pour accompagner l’équipe dans sa réflexion. L’équipe se réunit tous les mois, chez l’un ou l’autre des membres, en soirée, en journée ou le weekend. Une réunion dure en général 2 ou 3 heures, avec un moment convivial à la fin, autour d’un verre et d’une pâtisserie.

    On commence par se partager des nouvelles de nos vies respectives, puis nous suivons la méthode appelée la Démarche de Réflexion Chrétienne (DRC), qui consiste à :

    • partir du récit d’un « fait de vie », d’un événement, d’une action… qui nous touche personnellement ;
    • le partager avec les autres et l’analyser ensemble ;
    • le mettre sous l’éclairage de l’Évangile ;
    • agir pour changer la situation.

    Par l’écoute bienveillante, sans jugement des personnes, et par la durée (une équipe se réunit régulièrement pendant plusieurs années) des relations de confiance et une amitié forte se créent dans l’équipe.

    Le CMR roannais : un acteur dans le développement de son territoire

    La vie d’équipe permet la réflexion et le ressourcement nécessaire à l’action. Le CMR roannais comme les autres fédérations locales organisent des temps forts ouverts à toutes et tous qui permettent aux membres CMR (et non CMR) de se retrouver, se former et d’approfondir certaines thématiques en vue de la transformation de leur territoire.

    Le 9 juillet 2022, la fédération a proposé à ses membres d’aller à la rencontre des bénévoles de l’association « Je fais ma part », à Villers. Cette association soutient les initiatives tournées vers la préservation de l’environnement. Un échange de pratiques et d’expériences qui viennent conforter nos convictions en matière environnementale.

     Les vacances-formation

    En 2021, les fédérations de Loire et Rhône ont accueilli et organisée avec le CMR national, un événement majeur du CMR : les vacances formation. Au lycée agricole de Ressins, près de Charlieu, plus de 80 personnes venues de toute la France se sont réunis pour expérimenter « l’aller vers ». Comment aujourd’hui aller vers l’autre, dans une démarche individuelle et collective, en vue d’agir pour une transition sociale et environnementale ? Il s’agit pour le CMR de promouvoir le vivre ensemble et d’expérimenter des pistes pour aller vers l’autre et faire vivre les mots Solidarité et Fraternité au sein de son territoire.

    Si vous êtes intéressées par ce que propose le CMR en Roannais, vous pouvez joindre :

     Florence Vindrier au 06 50 74 68 87 ou Marie-Pierre Monachon-Martin au 06 87 23 84 38

     

     

  • D’une démarche de réflexion chrétienne au réveillon

    D’une démarche de réflexion chrétienne au réveillon

    Tout a commencé en septembre 2022, dans notre équipe CMR du secteur d’Henrichemont, avec le récit d’un fait de vie : une fête familiale. Cette histoire a fait écho en chacun et les membres de l’équipe ont réagi en exprimant la joie de préparer, le plaisir de se retrouver, le bonheur de partager. Nous avons également évoqué les souvenirs qui surgissent lors des rassemblements familiaux et l’importance de jalonner les étapes de vie.

    Le père Maxime a exprimé que nos échanges lui faisaient penser à l’anamnèse liturgique. « Ce sont plus que des souvenirs, c’est la mémoire de la famille. Le passé est rendu présent et est actualisé ici et maintenant. Et l’avenir est déjà là dans les projets en préparation. » 

    En octobre, la 3ème étape nous a conduit à lire un chapitre de l’Evangile sur le dernier repas du Christ avec ses apôtres, celui où il leur lave les pieds, où il initie le partage du pain et du vin : « Faites ceci en mémoire de moi » et où Juda le trahi. L’analyse du texte nous a fait réfléchir à l’humilité, au don de soi, aux choix à faire, aux conséquences de nos actions.

    La dernière étape de notre démarche en novembre et décembre nous a permis d’Agir en organisant un réveillon avec des personnes seules.

    C’est ainsi que le 31 décembre, nous nous sommes retrouvées une vingtaine à la salle St Guy de Saint-Martin d’Auxigny. Des personnes de tous horizons dont cinq réfugiés Ukrainiens. Chacun est arrivé avec quelque chose pour construire ensemble cette soirée de fête. La fin d’après-midi fut consacrée à faire connaissance et à divers ateliers de cuisine et des décorations.

    Le buffet bien garni a ensuite accueilli les convives pour déguster les spécialités gourmandes et variées. Pendant le repas chacun y est allé de sa chansonnette et Dima et Anatolii ont pris la guitare pour s’accompagner sur des mélodies de leur pays.

    En attendant les 12 coups de minuit, des jeux, des danses et des discussions ont permis de bien s’amuser, de créer des connivences et un esprit de communauté.

    La soirée fut à l’image de ce que nous espérions, simple, conviviale, joyeuse et fraternelle.

    Mais au-delà de ces bons moments, nous avons tous souhaité que la guerre en Ukraine cesse et que nos nouveaux amis rentrent au plus vite chez eux.

    Bonne et heureuse année à tous les lecteurs

    Véronique, Marie, Odette, Geneviève,

    DRC : Démarche de Réflexion Chrétienne (Voir- Juger/Discerner – Agir)

     

     

     

  • Quelle place peut prendre le CMR dans le mouvement pour une révolution agricole et alimentaire ?

    Quelle place peut prendre le CMR dans le mouvement pour une révolution agricole et alimentaire ?

    LA MARTINIQUE, LABORATOIRE POUR UN NOUVEAU MODELE DE DEVELOPPEMENT DANS LA CARAÏBE ?

    Le professeur Godfrey NZAMUJO a été sollicité pour présenter son modèle SONGHAI à la Martinique et à la demande du diocèse, le CMR est entré dans la démarche pour porter cette action avec les autres partenaires déjà engagés dans ce projet.

    Aujourd’hui beaucoup de voix s’élèvent dans le monde pour dire que le modèle de développement actuel de la mondialisation est à bout de souffle : précarisation des situations, guerre économique entre les états avec le rapport de force comme seule arme diplomatique. Le constat est effroyable les gouvernements des états ne peuvent plus aujourd’hui rechercher l’intérêt général, mais leur principal objectif est de garantir la sécurité des intérêts des grands groupes dont les budgets sont souvent plus importants que ceux des états eux-mêmes. Les écarts se creusent entre les plus riches et le reste de la population, le travail ne joue plus son rôle d’intégration sociale.

    La Martinique se trouve à l’heure d’un choix et pour se donner les moyens de la réflexion, elle a fait appel au professeur Godfrey NZAMUJO, prêtre dominicain fondateur et directeur général du centre agroécologique de SONGHAI à Porto Novo au Bénin, modèle d’excellence selon l’ONU. Ce centre fonctionne sur la base de principes écologiques et en système d’autosuffisance. SONGHAI a pour principes fondateurs de ; Remettre l’homme au cœur de son développement dans le respect de son environnement. Selon le professeur NZAMUJO la terre doit être respectée, il veut revenir à « l’intelligence de la nature ». Le développement économique doit être durable et sans déchets, il parle de danse avec la nature. Le fondateur du centre part d’un constat, notre modèle d’agriculture conventionnel a trouvé ses limites : il ne peut pas nourrir l’humanité sans épuiser le sol et il n’est pas venu à bout de la pauvreté.

    L’objectif est de se reconnecter avec la nature et respecter la création à partir d’une vision systémique du monde car pour lui tout est connecté

    Certaines communes sont très intéressées par ce modèle et mettront à disposition des terrains pour cette ouvrir la voie à cette expérience

    Le professeur pendant deux semaines (19 novembre au 2 décembre) fera des visites de terrain, pour analyser apprendre le fonctionnement de la nature dans notre milieu. Il se basera aussi sur la ressource humaine, des personnes qui adhèrent complètement au concept et qui sont en mesure de développer cette vision sur le reste du territoire. Il faut convaincre le reste de la population, les élus mais en premier lieu les agriculteurs, les porteurs de projet et les institutions. Son modèle tridimensionnel (agriculture élevage et pisciculture) a une portée systémique c’est un levier qui permet le développement de toute une économie

    Le CMR s’inscrit pleinement dans cette vision qui renverse les données de l’ordre économique mondial actuel basé sur une compétitivité exacerbée et qui aboutit à la marchandisation de l’homme.

    Le CMR ECLAIREUR DE CONSCIENCE

    Le CMR avant d’être informé de ce projet s’était déjà inscrit dans une démarche de conscientisation de la population. Face à l’urgence climatique, il a paru nécessaire de jouer la proximité pour rappeler la réalité du réchauffement climatique à partir de faits précis et des rapports des experts et faire adhérer à l’impératif d’adopter de nouvelles pratiques de consommation et de comportement pour préserver notre environnement.

    Le 30 octobre dernier le CMR a donc organisé une conférence-débat sur le thème : agriculture et réchauffement climatique à la Martinique. Il s’agissait de débattre sur les conséquences de ce phénomène sur notre agriculture, de s’interroger sur les choix de nos agriculteurs, sur nos modes de consommation, de mettre en lumière que la préservation de notre environnement relève aussi du domaine individuel.

    Devant une salle bien remplie malgré les intempéries, Le président de l’université populaire de Martinique a brossé un tableau sombre mais réaliste des conséquences de ce réchauffement sur l’écosystème de la Martinique : diminution de la ressource en eau, violence des évènements climatiques, dégradation de certaines zones boisées particulièrement visible sur la montagne Pelée, augmentation du niveau de la mer avec en ligne de mire la gestion du problème du déplacement des populations côtières…

    Puis ce fut au Président de la chambre d’agriculture de souligner l’impact de l’aggravation des phénomènes climatiques sur le cycle des cultures. En effet l’allongement des cycles ou la perte des récoltes a pour conséquence de modifier l’offre sur les marchés et de ce fait de renchérir les prix des produits. A cette occasion, Il invitait les consommateurs à soutenir cette économie qui peine à survivre plutôt que de faire le choix des produits importés qui envahissent nos supermarchés ceux provenant notamment du Costa Rica pour lesquels ils n’étaient pas suffisamment informés de la teneur en pesticides. Il relève également la situation matérielle difficile dans laquelle se trouvent certains agriculteurs et les difficultés rencontrées par la profession dans les procédures avec l’Administration.  Il ébauche quelques solutions pour se prémunir contre les conséquences du réchauffement.

    Un début de dialogue s’est enclenché avec le public et même si les contraintes horaires n’ont pas permis de le mener à terme, de l’avis général la rencontre s’est révélée instructive et cette démarche doit être renouvelée

    Roseline MARTINVALET

    Secrétaire CMR Martinique (97)

    discours CMR pour accueil P. Godfrey NZAMUJO

  • Clameur d’espérance à Bernwiller : la création d’une épicerie participative

    Clameur d’espérance à Bernwiller : la création d’une épicerie participative

    À Bernwiller, village sundgauvien de 1180 âmes, on ne saurait mieux dire que de reprendre le slogan publicitaire bien connu des années 1970 : « On n’a pas de pétrole mais on a des idées ! » Pensez donc : le 26 janvier 2020 est créée l’association L’Épiquoi (Épi étant l’acronyme d’« espace des possibles et des idées »). Elle est constituée d’une trentaine de bénévoles qui prennent le relais du projet « MaisonFaitQuoi », porté en 2019 par les élus et une association d’architectes afin de réfléchir au devenir de trois bâtiments communaux vacants : le presbytère à Ammertzwiller, la Maison Henner et la mairie à Bernwiller […] Pour lire la suite cliquez sur le lien ci-dessous :

    L’épicerie participative l’épiquoi

     

     

  • Avec le Tour de France Agri 2022 initié par le MRJC à la ferme de La Chaux en Côte d’Or

    Avec le Tour de France Agri 2022 initié par le MRJC à la ferme de La Chaux en Côte d’Or

    Ils étaient plus de 70 à avoir répondu à l’initiative du MRJC pour cet Agritour 2022 de
    deux semaines qui se terminait par un festival le dernier week end d’août à la ferme de
    La Chaux à La Bussière sur Ouche en Côte d’Or.

    Une rencontre marquée par l’enthousiasme de ces jeunes ruraux de la « génération Covid », agriculteurs,
    cuisinière, charpentier, techniciens ou ingénieurs… qui s’interrogent sur leur devenir, qui cherchent à
    répondre aux défis de la production alimentaire, à donner du sens à leurs projets. Organisés en 3 groupes, partis de Rennes et de Nancy, ils sont allés à la rencontre d’agricultrices et d’agriculteurs d’une cinquantaine de fermes dans différentes régions. Ils ont pu évaluer la diversité des projets de jeunes et de moins jeunes autour de l’agriculture et des difficultés à s’installer. Ils ont pu percevoir les préoccupations de celles et ceux qui vivent de leur production locale mais souffrent d’isolement. Ils ont pu mesurer l’intérêt de modes de production intégrés et coopératifs comme celui du Comté où la transformation locale permet aux agriculteurs de ne pas être dépouillés de la plus-value sur leur production laitière. Ils ont été sensibles à l’engagement local de la Scoop Ardelaine en Ardèche qui a su recréer des emplois locaux autour de la valorisation de la laine. Ils se sont interrogés sur la biodynamie, est-elle une pseudo-science ? Ils ont pris conscience des défis environnementaux et des besoins de revitaliser les liens sociaux au sein du territoire, avec la rencontre notamment d’un maire en Alsace qui entre autres initiatives écologiques a organisé un ramassage scolaire avec des chevaux.

    À travers les exposés des groupes, on a perçu le sérieux de l’écoute des expériences partagées, l’enthousiasme discret mais réel suscité par la richesse et la diversité des témoignages, le sentiment d’un enrichissement commun, la joie d’avoir vécu une expérience originale et marquante pour les projets de chacun(e).

    Quelques préoccupations communes : préserver un équilibre de vie entre activité professionnelle/vie de
    famille/vie sociale pour éviter d’être écrasés par le travail, ne pas s’enfermer dans l’isolement et pouvoir s’épanouir au quotidien comme agriculteur. Mais aussi l’affirmation de la place des femmes dans la production agricole. Au sein de l’un des groupes pour libérer la parole, des échanges non-mixtes (hommes/femmes séparés) ont précédé un temps de partage en commun sur leurs observations.
    Et en arrière-plan des préoccupations, la question transparente de la transmission des exploitations. Quels leviers trouver pour faciliter l’installation, comment assurer les débouchés de la production en association avec les consommateurs, quelles conditions pour une gestion collective de l’exploitation ?

    Dans un contexte où certains raisonnent sur un modèle de production agricole qui pourrait fonctionner avec seulement 150 000 exploitations à l’échelle du territoire national, les préoccupations exprimées par ces jeunes autour du maintien d’activités diversifiées sur un territoire habité, étaient un bol d’air rafraichissant.

    Jean Claude et Nicole Germon, CMR 21

  • Soupe fraternelle et solidaire

    Soupe fraternelle et solidaire

    L’équipe CMR Astarac-Magnoac remercie pour leur don toutes les personnes qui ont fait bon accueil à leur distribution de soupe fraternelle et solidaire à emporter.

    Chaque année, en période de Carême, elle organise une action pour soutenir une association d’aide aux plus fragiles au plan local ou international. L’an dernier c’était Réseau Education Sans Frontières pour la famille d’Hayk et Narek, lycéens demandeurs d’asile, à Tarbes.

    Cette année, un don de 170 euros a été versé aux Petits Frères des Pauvres qui, tout au long du confinement, a visité nos aînés isolés maintenant le précieux lien social.

    Grâce à vous, la valeur de fraternité est bien vivante sur notre territoire !

     

     

     

  • Terres d’espérance : rencontre avec Jean-Louis Nicolas, agriculteur retraité et membre du CMR Rhône

    Terres d’espérance : rencontre avec Jean-Louis Nicolas, agriculteur retraité et membre du CMR Rhône

    Le 23/24 avril 2022 avait lieu le rassemblement Terres d’espérance, événement national autour du monde rural, organisé pour cette première édition dans la Drôme par la Conférence des évêques de France.

    Près de 70 délégations diocésaines sont de la partie, ainsi que des acteurs du monde rural et agricole pour témoigner des défis rencontrés, des défis de demain, pour faire entendre leur voix et questionner aussi la place de l’Église dans les campagnes.

    Ecouter son interview :

    Terres d’espérance : rencontre avec un agriculteur retraité de l’Ouest lyonnais | Commune Planète autour de Lyon | RCF

  • 2022 Pour quoi voter ?

    2022 Pour quoi voter ?

    La fédération du CMR du Rhône vient de signer un document rédigé à l’initiative de l’antenne sociale et du secours catholique. En tout, ce sont sept mouvements chrétiens qui s’associent pour permettre à leurs membres de s’interroger avant de voter et d’interpeller également les candidats, notamment aux législatives.

    2022 Pour quoi voter-1

  • « Penser la présence du CMR autrement »

    « Penser la présence du CMR autrement »

    Quand je regarde le CMR Tarnais, il y a quelques équipes qui existent depuis 25 ou 30 ans, mais pas encore d’équipe avec la jeune génération. Ces équipes anciennes sont composées de personnes très engagées dans la société et dans l’Eglise ; chacune à partir soit de la place qu’elle occupe par son travail, ou par sa place au sein d’un conseil municipal, où à la Communauté des communes, d’autres encore sont engagés auprès des migrants sans papier…

    Pour ces personnes, l’équipe CMR a été, et continue d’être le lieu de parole qui permet à chacun-e d’exprimer en toute confiance ce qu’elles vivent, d’être à l’écoute, d’approfondir les situations apportées et d’accueillir la Bonne Nouvelle. Chacun-e, revenant sur son terrain, essaie de mener l’action de transformation qui est possible avec d’autres.

    C’est ce type d’équipe qui existe. Je pense que cette façon de se retrouver est difficile aujourd’hui à
    développer : elle me semble correspondre à une époque du rural et même je dirais à un temps de l’Eglise qui a changé. Ce n’est pas pour rien que le CMR dans sa structure nationale, réfléchit sur la jeune génération faisant des propositions (voir « Agir en rural » n° 125 p.10-11).

    Sur les territoires ruraux, chercher à faire équipe pour y porter la clameur du rural amène sans doute à penser la présence du CMR autrement. Sur nos territoires ruraux en bien des endroits, « des personnes nouvelles venues » sont présentes et porteuses d’aspirations au sein d’associations. Au cours de la rencontre de lancement à Saint Pierre, j’ai insisté sur ce monde nouveau qui se construit. Le texte* que je vous ai donné à lire et que j’ai présenté nous rejoint dans ce projet.

    André Fossion invite à nous risquer à l’hospitalité et à la moisson. Dans le discours habituel, la mission est souvent présentée comme la nécessité pour nous d’être accueillants et bienveillants vers ceux que nous voulons rejoindre, André Fossion n’est pas contre, mais il invite à un renversement de ces perspectives : il nous dit qu’il s’agit en premier de se risquer à l’accueil dans le lieu de l’autre, sortir, c’est-à-dire pour nous se faire accueillir en inversant la logique : non pas chercher à accueillir l’autre chez nous, dans notre univers,
    mais se risquer soi-même à l’accueil chez lui, dans son monde à lui, en faisant foi en ses propres capacités d’accueil.

    Il cite l’appel du pape François encourageant fortement à s’allier et à collaborer avec tous les chercheurs
    d’humanité : « je vous recommande de manière particulière la capacité de dialogue et de rencontre. Dialoguer, c’est rechercher le bien commun pour tous, et il ajoute que la meilleure façon de le vivre c’est de faire quelque chose ensemble, de construire ensemble, de faire des projets pas seuls entre catholiques, mais avec tous ceux qui ont la bonne volonté.

    « Cet envoi de l’Eglise dans les carrefours de l’existence ne relève ni d’un esprit de reconquête, ni d’un
    prosélytisme tapageur, ni d’un communautarisme identitaire. Il s’agit bien plutôt de rendre témoignage à l’évangile au sein d’un dialogue authentique, en quête et au service de l’humain. Un dialogue authentique suppose que les interlocuteurs en présence se parlent comme un ami parle à un ami, acceptent au sein de leur rencontre une case vide qui les déloge du centre et laisse une place à l’inconnu, au « Dieu inconnu », dirait Paul, ou en d’autres termes, au mystère de l’existence que l’on ne pourra jamais enfermer dans nos mots et nos représentations ».

    Nous sommes toujours évangélisés par ceux et celles que l’on évangélise. La mission, de ce point de vue, ne se sépare pas de la moisson : missionner, c’est toujours moissonner. C’est toujours découvrir une moisson déjà là. « Il vous précède en Galilée, c’est là que vous le verrez. »

    Vous pouvez renvoyer à la fédération vos réactions, vos questions et les défis à relever : cmr12@laposte.net

    Michel Pignol