Auteur/autrice : sebastienserre

  • Face à la crise économique, quels signes d’espérance ?

    C’est devant une salle comble et sur l’invitation de 5 mouvements d’action catholique (ACI, ACO, CMR, les EDC et MCR) que l’évêque de Poitiers, Monseigneur Albert Rouet est intervenu le 20 mai dernier à Secondigny.

    Dans un premier temps, David de l’ACI apporte son témoignage, son vécu face au contexte actuel. Il travaille dans une industrie qui emploie 500 personnes en France et à l’étranger. David s’occupe d’installer de nouveaux sites. Il est actuellement confronté à 3 situations :

      Il doit appliquer les directives de la direction et licencier certains de ces collègues.

      Il doit prendre la décision de se séparer de certains de ces collègues notamment à l’étranger.

     Il sait que d’autres licenciements auront lieu, peut-être sera-t-il le prochain licencié ?

    Dans un deuxième temps, Albert Rouet est intervenu. Il a replacé la crise dans le contexte de la mondialisation et dans l’histoire. C’est une crise financière, économique, sociale et mondiale. Pourtant, même si cette crise touche la planète dans son ensemble et que l’on peu se sentir impuissant, le propos du Père Rouet pose la question : Et si nous pouvions quelque chose ? Le Père Rouet va donner 6 piliers d’une espérance possible.

    L’analyse : A l’heure actuelle, 83 % de la production du monde appartient à 17% de la population du monde, ce système est foncièrement inégalitaire, il est entrain de se fracturer. Le système du marché libéral, néo-libéral tel qu’on le connaissait, ne peut pas répondre aux crises, en ajoutant davantage de néo-libéralisme.

    S’engager : Le point le plus urgent, c’est de pousser, les responsables de nos pays à revoir les procédures en œuvre dans le maniement de l’argent.

    Favoriser les corps intermédiaires : Notre société est organisée pour favoriser l’individualisme. Le but est de favoriser le commerce, la concurrence. Ensuite l’individualisme permet à l’État d’être en principe plus facile à gouverner (pas de groupes de pression ou d’ opposition constitués). Et la grande parade à l’individualisme, c’est de savoir aujourd’hui nous regrouper, il n’y aura pas d’espérance individuelle. Si nous sommes capables de demander à des corps intermédiaires que sont les syndicats, les partis politiques, les chambres de commerce… ) d’être réellement consistants, des choses seront possibles. « La France est le pays d’Europe occidentale le moins syndiqué, ne nous plaignons pas si au moment où l’on a besoin d’avoir des projets ou des contre-projets, on se sent un peu démuni.» Également voter nous donne des droits, le droit d’interroger les candidats, le droit de poser aux candidats des conditions, le droit de voir si les partis auxquels nous adhérons, pour lesquels nous votons ont un réellement un programme devant cette crise.

    Modifier notre style de vie : Le taux d’emprunt était de 68 % en France en 2007 (pour comparaison il était de 145 % en Grande-Bretagne). On ne peut pas continuer à vivre d’emprunt. Donc notre style de vie doit nous mener vers une vie plus sobre. On pourra par exemple demander collectivement à l’échelle d’une commune, d’un canton, d’une communauté de communes, à voir comment mieux orienter notre style de vie. Il faut que l’argent soit investi pour le bien public.

    Le problème social des salaires : Le rapport Cotty qui vient de sortir récemment, déclare que le revenu salarial moyen a quasiment stagné depuis 30 ans. Mais quand on regarde dans le détail, on s’aperçoit qu’une partie des salaires a diminué en pouvoir d’achat, et une partie a atteint des sommets injustifiables, autrement dit, la moyenne des salaires, ça ne veut rien dire. Ce à quoi, il faut veiller, c’est à une meilleure harmonisation des salaires, à une meilleure justice salariale et rééquilibrer le rapport entre l’argent qui va aux salaires et l’argent qui est rendu au capital qui est actuellement excessivement élevé par rapport aux dépenses globales d’une entreprise.

    Si on prend, tout ce qui est produit en France, tout le travail productif en France, l’industrie, énergie comprise (gaz et électricité), ne compte que pour 14% du PIB. Presque 17 % en Grande-Bretagne et 26.5% en Allemagne. Nous sommes donc devenus progressivement un pays sous-producteur au profit essentiellement du tertiaire ce qui pose un problème énorme parce que, l’argent lui repose sur quelle réalité ? Remettre l’argent à sa place et ne pas voir une finalité d’abord spéculative. D’où l’importance de règles.

    En conclusion. « Une espérance est possible si nous redonnons confiance à notre vie commune. »

    Après l’intervention du Père Rouet, des carrefours ont été organisés, afin de permettre à chacun de s’exprimer en petits groupes. Des questions, des réactions ont émergé. Voici quelques réponses des intervenants.

    « Il est important qu’entre l’Etat et ses services, et les individus, il existe des corps intermédiaires. C’est le seul moyen de regrouper des opinions, des actions, des combats différents pour leur donner consistance. Nous assistons aujourd’hui en France, à une fragilisation de ces corps intermédiaires. Ils ont été remplacés dans notre pays en bonne part par une réalité associative. Ces associations ont énormément d’avantages, mais le but d’une association n’est pas de soi de se préoccuper de la vie politique, de tel ou tel corps de métier. L’associatif a aussi la fragilité de ne se regrouper que pour un certain temps. »

    « Il faut replacer l’homme au cœur de toutes les questions posées. »
    « Les Etats-Unis vivent à crédits grâce à la Chine et aux pays du Golfe. On a la chance d’avoir fait l’euro, c’est une zone de protection, qui peut attirer des investisseurs en Europe. L’Europe est un signe d’espérance.

    « Une réflexion écologique. Le Grenelle de l’environnement a révélé qu’il y a des pistes d’investissement très intéressantes en particulier dans l’habitat. On va pouvoir investir individuellement et cette somme d’investissements individuels est créatrice d’emplois et est respectueuse de l’environnement. »

    « Il faut réaménager la consommation pour mieux équilibrer les dépenses personnelles et les dépenses collectives. Et surtout répartir la production en pensant aux pays du Sud. Les pays du Sud sont les plus grandes victimes de cette crise, en nuançant. Ce sont eux qui nous permettent d’avoir le train de vie que l’on a. Il faudra bien un jour réaménager cette répartition des richesses. »

    « La société ce n’est pas une somme d’individus, c’est une organisation de personnes. Il y a des organisations qui favorisent la liberté et la dignité et il y a des organisations, qui blessent et qui annihilent la liberté et la dignité. »

    « DEVENIR Homme : notre responsabilité commune, c’est de créer les conditions pour que chacun existe et c’est la vocation première d’un croyant. »

    Pour conclure, Marc Taillebois (Service de communication du diocèse)revient sur les signes d’espérance égrenés au fil de cette rencontre:
    « Mettre l’homme au centre – On peut quelque chose – Réhabiliter les corps intermédiaires – La justice dans les organisations-Remettre l’argent à sa place et ne pas voir une finalité d’abord spéculative (importance de règles) – Changer de direction quand on voit qu’on va dans le mur (conversion personnelle) – Collectivement, se battre pour tenir des institutions justes – Se battre pour que les systèmes collectifs qu’on a mis en place, les règles qui sont injustes et qui provoquent des dégâts graves sur le plan humain soient réformées- L’Europe-Le Grenelle de l’environnement– L’espérance fondée sur une promesse « Choisis la vie » – Dans la foi, il y a sans doute des ressources à aller puiser pour croire en une alliance que Dieu a confié à l’homme, de construire l’homme- Confiance et se lier – L’opportunité : « la crise est une opportunité pour passer à un état nouveau, la crise peut être une opportunité de faire autrement. »

    Laétitia PRAT.

  • La lettre aux équipes n°3

    2009, une année toute ouïe ! Le CMR termine sa phase d’écoute du mouvement. Maintenant, du 3 au 8 août, en Vendée, à l’écoute de la société et de l’Église, aux universités d’été !

    Vaste défi me direz-vous !

    Mais vous, êtes-vous prêt pour que le CMR prenne un vrai tournant ? Sommes-nous à une époque charnière pour le CMR ? Sortirons-nous transformés de cette démarche ? Ce sont toutes ces questions qui nous animent dans notre réflexion vers le congrès 2010.

    Quand on voit dans les résultats que plus de 200 personnes participent à 22 réunions CMR chaque jour de l’année, qu’un événement de fédération a lieu tous les 2 jours, qu’il y a une assemblée générale de fédération tous les 5 jours, tout le dynamisme du CMR se révèle.

    Si vous êtes vraiment prêts, alors vous pouvez télécharger la lettre aux équipe numéro 3 qui suit ! Alors, vous aurez encore plus envie de proposer le CMR à des jeunes, d’inviter des amis ou connaissances à découvrir le CMR.

    On compte sur vous !

    Cyril MARTIN, responsable de la commission communication

  • Echos ruraliens mai 2009

    Vous trouverez dans ce numéro de notre journal départemental des informations sur ce qui s’est passé sur la fédération de Moselle ces derniers mois.
    Il y a également des échos de la vie diocésaine et d’une conférence de Joël MORLET sur la ruralité. Et puis bien sur la rubrique de Denise et les dates à noter pour les prochains mois !
    Bonne lecture

  • Les universités d’été du CMR

    Cet événement national aura lieu du lundi 3 au samedi 8 août 2009, à Saint Laurent sur Sèvre, en Vendée.

    Ces universités d’été doivent permettre de croiser la réflexion interne du mouvement (bilan-relecture de vie du mouvement et travail sur les fondements) avec l’actualité et les besoins de la société et de l’Église.

    Sont invités deux personnes par fédération ainsi que les administrateurs, les permanents, l’équipe d’aumônerie, les délégués des animateurs fédéraux. Ces personnes peuvent venir accompagné de votre conjoint et/ou de vos enfants. Des animations spécifiques seront prévues pour eux.

    La réflexion se construira à partir d’interventions d’experts, des apports des participants acteurs de la construction du CMR de demain (le CMR n’est pas mouvement d’Éducation populaire pour rien !) et grâce à des méthodes d’animation diversifiées et innovantes.

    Trois thèmes seront abordés avec des experts :

    • les mutations sociologiques,

    • notre représentation des territoires et du rural,

    • l’Église aujourd’hui.

    La fin de la semaine sera consacrée à une phase de créativité, pour croiser les éléments issus du travail de bilan interne du mouvement avec tout ce qui aura été analysé, compris et validé dans la semaine. Ainsi seront identifiés les champs de défi dans lesquels le CMR veut s’inscrire dans les 10 prochaines années.

    Jean-François PETIT, docteur en philosophie, enseignant à la faculté de philosophie et la faculté de théologie de l’Institut Catholique de Paris, sera le fil rouge de ces universités d’été. Il participera à tous les travaux, nous apportera sa vision de l’avancement de la réflexion chaque jour et en fin de semaine nous aidera à réaliser la synthèse.

    Ce temps de travail intense s’accompagnera aussi de moments de détente conviviaux. Ainsi, ces universités d’été seront tout à la fois une semaine de formation enrichissante pour tous les participants et un moment clé de la vie du mouvement, où chacun sera partie prenante d’une œuvre collective et démocratique.

    Bulletin d’inscription contenant les tarifs à télécharger et à renvoyer au plus vite :
    Bulletin d’inscription Université d’été Programme

  • Universités d’été : le contenu se précise

    Rappelons qu’y sont invités le conseil d’administration, l’équipe nationale, l’équipe nationale d’aumônerie diversifiée, les délégués des APF et deux membres maximum par fédération. Pour favoriser la participation de jeunes membres du CMR, les enfants et les conjoints seront accueillis avec un programme spécifique.

    Les travaux démarreront le lundi après-midi et se termineront le samedi à 14 h après le repas.

    L’objectif de ces universités d’été est de s’ouvrir à la société et à l’Église et d’aboutir à des pistes d’orientation qui fourniront le contenu des orientations adoptées au congrès. Ainsi, la réflexion se construira à partir d’interventions d’experts, de l’apport des participants qui contribuent à la construction du savoir (le CMR n’est pas mouvement
    d’éducation populaire pour rien !) et grâce à des méthodes d’animation qui seront diversifiées et pour certaines innovantes. Trois thèmes seront abordés avec des experts :

     les mutations sociologiques,

     notre représentation des territoires et du rural,

     l’Eglise aujourd’hui, quelle est-elle et à quoi sert-elle ?

    La fin de la semaine sera consacrée à une phase de créativité pour, croiser les éléments issus du travail de bilan interne du mouvement avec tout ce qui aura été analysé dans la semaine, compris et validé, et ainsi identifier les champs de défi dans lesquels le CMR devra s’inscrire dans les 10 prochaines années. Jean-François Petit sera le fil rouge de ces universités d’été, il participera à tous les travaux, nous apportera sa vision de l’avancement de la réflexion chaque jour et, en fin de semaine, nous aidera à réaliser la synthèse.

    Ce temps de travail intense s’accompagnera aussi de moments de détente conviviaux, en soirée et avec une demi-journée conçue comme un véritable temps de respiration et d’aération.

    Un temps de formation enrichissant pour tous les participants et un moment clé de la vie du mouvement.

    Ainsi, ces universités d’été seront tout à la fois un temps de formation
    enrichissant pour tous les participants et un moment clé de la vie du
    mouvement, où chacun sera partie prenante d’une œuvre collective et
    démocratique. C’est un moment à ne pas manquer !

    Sandrine Morard

    Secrétaire général

    Tél. : 01 69 73 25 20

    Courriel : smorard@cmr.asso.fr

  • Séminaire national : un point d’étape vers les universités d’été

    Les 12, 13 et 14 juin, l’ensemble du Conseil d’Administration, de l’équi pe nationale et les délégués des APF se retrouvent au Rocheton, près de Melun, pour travailler, trois jours durant, sur la préparation du congrès.
    Il s’agira de valider ce que le CMR retient de son travail sur Action catholique et Education populaire, de faire la synthèse de la matière apportée par les questionnaires tant sur le plan quantitatif que qualitatif, de tirer les enseignements des journées régionales et les enjeux qui se dégagent, et enfin, de commencer à s’ouvrir à la société, avec une réflexion sur la ruralité avec un intervenant de l’INRA. Ce sera le véritable trait d’union entre tout le travail mené depuis septembre 2008 et les universités d’été.

  • Journées régionales : une réussite

    Le 18 avril 2009, à Mer, Dole, Toulouse, Niort et Lisieux, une centaine de membres du CMR découvraient le programme des fameuses journées régionales.

    C’était une gageure d’organiser ces journées au plus près du terrain,
    dans un timing on ne peut plus serré. Le défi était de taille et il a été relevé.

    Sur l’ensemble des journées, dont la dernière s’est déroulée le 17 mai à Saint-Etienne de Saint-Geoir, près de 320 membres de 66 fédérations ont participé ! Tous sont repartis satisfaits, même quand la météo donnait plus envie de faire des activités en extérieur !

    Pour chaque rencontre, un compte rendu a été ou sera fait. Tous les compte-rendus seront ensuite analysés au travers d’une grille permettant d’organiser la réflexion pour la suite : séminaire national au mois de juin et universités d’été, pour alimenter le travail sur les orientations du congrès.
    Des journées denses qui appellent d’autres partages en fédérations avec
    ceux qui n’étaient pas là : pour reprendre la réflexion sur Action catholique
    et Éducation populaire ou les résultats statistiques des questionnaires aux équipes et aux fédérations.